[Cinéma] Critique – Venom

Il aura fallu attendre 11 ans avant de revoir le plus dangereux des parasites en salles obscures. Mais cette fois-ci, sans Spiderman dont il est censé être un des plus grands rivaux. Voici ma critique ciné sur le film Venom. Dont on est loin de chanter les louanges alors qu’il est tout juste sorti. Et après visionnage, je comprends pourquoi…

Avant-Propos

La première et dernière fois que le symbiote a souri à pleines dents au cinéma, remonte à 2007 avec le très décrié Spiderman 3 de Sam Raimi. Une des principales raisons de cette levée de boucliers à l’époque, fut le traitement infligé au duo Eddie Brock / Venom.

Aujourd’hui, c’est Sony Pictures qui distribue le projet de cette origin-story. Comme ils l’ont fait avec les 2 volets des The Amazing Spider-Man de Marc Webb sortis en 2012 et 2014. Tant pis pour tous ceux qui rêvaient de voir Venom dans le Marvel Cinematic Universe.

Et histoire de me situer par rapport au film, j’ai pu le voir en avant-première le 8 Octobre (2 jours avant sa sortie officielle) au Pathé Gaumont de la Villette, en VOSTFR. Et en qualité IMAX 3D. D’ailleurs, cette séance était spéciale car étant la première d’une série de “Séances Geek” comme ils l’appellent. Inaugurée en compagnie du Vidéaste Captain Popcorn, et d’un Venom (presque) grandeur nature. L’ambiance dans la salle fut au rendez-vous et j’en garderai un meilleur souvenir que la séance elle-même

Venom, un personnage “attachant”

N’ayant pas lu les comics en question, j’ignore si le personnage est fidèle ou non au matériau d’origine. Mais ce que je peux en dire, c’est que ce binôme fonctionne parfaitement ici et demeure la plus grande qualité du film. Peut-être la seule d’ailleurs.

La créature en impose sous sa forme humanoïde, et rend bien à l’écran avec un aspect “organique” qui lui va bien mieux que le côté “plastoc” de Spiderman 3. Et contrairement à ce dernier film, Venom est un personnage à part entière avec une vraie personnalité. Il n’est pas que mortellement dangereux et friand de boyaux humains, le symbiote a aussi un humour qui fait souvent mouche, et se révèle être attachant de la manière la plus littérale qui soit.

Le personnage d’Eddie Brock en tant que reporter loser s’en sort assez bien. Tom Hardy a de toute manière la carrure, la dégaine et surtout le talent pour ce genre de rôle. Puis ce n’est pas comme si le dernier personnage iconique des comics qu’il a incarné était Bane dans The Dark Knight Rises (2012). Et il faut savoir que c’est lui qui double son alter-ego. Dit autrement, il se parle à lui-même durant tout le film. Chose impossible à deviner pour quelqu’un comme moi qui a fait le choix de se renseigner le moins possible sur ce film.

Ça manque de sang par ici

Esthétiquement parlant, c’est mitigé. Bien que le film ait une photographie correcte avec quelques plans intéressants, difficile de comprendre ce qui s’y passait lors des grosses scènes d’action mettant en scène le symbiote. Pas toujours très lisibles et surtout brouillonnes, en particulier l’affrontement final. Les seules exceptions pour ma part qui valaient à peu près le coup étant le moment où Eddy teste ses pouvoirs pour la première fois, et la scène de la course-poursuite dans les rues de San Francisco.

De plus, c’est moi ou ce film a été censuré comme c’est pas permis ? Parce que malgré les cadavres qui s’accumulent par dizaines, les arrachages de têtes avec des dents grandes comme des couteaux, ou encore les attaques avec des armes tranchantes diverses, pas une seule goutte de sang à signaler. Ça c’est pas normal. D’autant plus que pour une raison qui m’échappe, le film est passé d’une classification Rated R (interdit au moins de 17 ans) à un PG-13 (moins de 13 ans) entre sa production et sa sortie en salles.

Je ne demande pas des effusions de sang à la Tarantino, ou des boyaux bien visibles à l’écran loin de là. Mais on parle quand même de Venom non ? Je trouve ça étonnant de se brider autant après des films comme Deadpool et Logan (tous deux des films Marvel), qui avaient placé la barre assez haute en terme de violence graphique. Et qui en prime ont été de gros succès au box-office. Alors pourquoi s’en priver ici ? Si c’était pour une volonté de plaire à un public plus large, c’est raté.

Distribution aux oubliettes

À part Eddie et Venom, il n’y a rien à garder niveau casting. Les personnages sont soit complètement anecdotiques, soit inintéressants au possible. Le méchant joué par Riz Ahmed en tant que Carlton Drake, est tellement une parodie du genre que ça en était gênant. L’ex-copine d’Eddie qu’est Anne Weying incarné par Michelle Williams, manque de profondeur et sa relation avec l’intéressé  de moins en moins crédible au fil du film.

Et les symbiotes dans tout ça ? On ne sait pas d’où ils viennent et leur but n’est ni clair, ni logique. Envahir une planète où ils sont voués à une mort certaine sans hôte à parasiter ? Superbe idée, j’applaudis. J’ose espérer qu cela sera développé dans les suites déjà prévues.

En vrac

Les enjeux du film sont assez facile à deviner tant le scénario est prévisible et les rebondissements inexistants. Et je ne parle pas des incohérences et autres facilités scénaristiques qui me font demander si les scénaristes ont relu leur script avant validation. De plus, le film oscille constamment entre l’action, la comédie et l’horreur et n’arrive jamais à se positionner.

Niveau rythme, c’est pas bon non plus. Le film a été bouffé au montage par Venom coupé au montage et ça se sent. Il doit manquer au moins une bonne trentaine de minutes au film c’est pas possible autrement.

La bande-son est anecdotique et manque clairement d’identité. Ludwig Göransson nous avait habitués à mieux dans Black Panther. Je n’ai même pas souvenir d’avoir entendu un thème propre à Venom.

À l’issue de la scène post-crédits qui a du ravir les fans et connaisseurs des comics, mais qui m’a personnellement fait ni chaud ni froid, on a eu un petit extrait plutôt sympathique du prochain film d’animation intitulé Spider-Man : New Generation à venir pour le 12 Décembre prochain. Mettant en scène le nouveau porteur du costume Miles Morales.

Conclusion

Loin d’être une catastrophe comme certains fanatiques le prétendent au point de le comparer à l’affreux Catwoman (2004), ce Venom reste un “beau” gâchis. Et le plus paradoxal dans tout ça, c’est que la créature et son hôte forment une bonne paire au sein d’un film qui ne les mérite pas.

En plus des soucis de narration, de distribution et de rythme, il manque quelque chose de crucial à ce film, une identité. Vous savez ce “truc” en plus qui aurait pu le démarquer des autres films du genre. Et peut-être le rendre un peu plus intéressant. Je me demande s’il n’aurait pas davantage gagné à intégrer le MCU, dans la suite de Spiderman Homecoming par exemple.

Sincèrement, si vous aviez l’intention de le voir au ciné, passez votre chemin. Sauf si vous êtes réellement fan de Venom. Auquel cas vous passerez peut être un moment sympathique.

2 réflexions sur “[Cinéma] Critique – Venom

  1. Merci pour ce retour tres interessant. Un mot sur la 3d, peut être ! (Comme l image a l air assez sombre, jme doute que ca doit pas être genial…) Et le dolby atmos ? Tu l as bien entendu ?

    Aimé par 1 personne

    • Le son est bon et la 3D est correcte. D’autant plus que j’étais pas idéalement placé dans la salle (côté droit devant). Après garde toi cette expérience pour un meilleur film 😁

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