[Reportage] Polymanga 2022

Après deux ans de « pause forcée », la Polymanga fit son retour à Montreux en Suisse romande. Durant le week-end prolongé de pâques du 15 au 18 Avril 2022. Voici mon compte-rendu de ma toute première venue au 2m2c le Vendredi et le Samedi.

Un cadre imbattable 🏔

Une des principales raisons pour laquelle je tenais absolument à faire la Polymanga depuis 3 ans, c’est sa situation géographique. La ville de Montreux étant située en bordure du Lac Léman, offrant une vue imprenable sur cette immense étendue d’eau et les montagnes des Alpes. À ma connaissance, peu de conventions francophones peuvent se targuer d’avoir un tel panorama. Je comprends mieux après avoir vu cette merveille de mes propres yeux pourquoi ce spot est tant prisé pour les shootings photos.

La pop-culture à tous les étages

Concernant le 2m2c en lui-même, je m’attendais à plus grand. Dans le sens où malgré ses 18.000m² exploitables répartis sur plusieurs étages avec un thème propre à chacun, j’ai trouvé que c’était assez resserré. Par ses stands très proches les uns des autres, davantage d’allées que de zones espacées, et surtout un monde conséquent.

J’ai d’ailleurs très largement sous-estimé la fréquentation du salon pour le premier jour. Moi qui pensais naïvement que le Vendredi (qui était un jour férié en Suisse) de l’ouverture serait « calme », la grosse heure que j’aurais passée dans une file d’attente de 200 m m’aura convaincu du contraire. D’autant plus que c’était un passage obligé pour me procurer le fameux bracelet de 2020 2022 me permettant d’entrer et sortir du salon à loisir et gagner énormément de temps dans la file dédiée.

De toute manière, j’allais vite comprendre qu’il fallait s’y prendre à l’avance pour à peu près tout à cette Polymanga. Notamment pour accéder aux scènes Miles Davis et Stravinski (j’en reparlerai) dans les étages supérieurs. Le mieux étant de se pointer maximum 30 min avant le show en question sous peine de ne pas avoir de place assise. Les salles étant systématiquement combles.

D’ailleurs cette Polymanga aurait explosé tous ses records en termes d’affluence avec plus de 50k visiteurs durant ces 4 jours (en 2019 c’était 40k). Un score qui doit être beaucoup aidé par le calendrier avec un week-end pile entre deux jours fériés Suisses. Preuve que la hype des conventions n’est pas redescendue malgré la crise sanitaire. Cela fait beaucoup de bien après ces deux années blanches sans salons et pleines d’incertitudes à ce sujet.

Il est temps de parler de la disposition de cette Polymanga. Qui de ce que j’ai cru comprendre, avait pas mal évoluée par rapport aux anciennes éditions. À commencer par le rez-de chaussé divisé en deux avec d’abord la grande zone commerciale où on y retrouve tous les produits dérivés typiques des salons du genre. Mais l’un d’entre eux aura retenu mon attention (à défaut de l’acheter). Il s’agit de cette incroyable figurine d’Hinata au tarif encore plus incroyable de 600 CHF

L’autre zone était le coin jeu vidéo. Avec des tournois organisés par l’asso Swiss Gamers Network, et le premier vrai stand Nintendo que je vois en convention depuis 3 ans.

À l’étage supérieur, des zones dédiés à la photo et au cosplay. Avec un petit district érigé par la Swiss Cosplay Family proposant divers ateliers et mettant en avant les créations et les costumes des cosplayers locaux. Et le stand de maquillage artistique tenu par Thousand Faces Studio qui faisait du relooking en temps réel.

Le 2ème étage était lui aussi divisé en deux zones. D’un côté la salle Miles Davis où je n’ai pas mis les pieds. Et de l’autre le village (beaucoup trop étroit) des artistes comme Nogi San. J’ai trouvé que la disposition des lieux ne les mettait pas en avant car trop rapprochés entre eux, et pas du tout dans le sens de circulation général. Et en cas de forte affluence, c’est encore plus difficile d’en profiter à cause de ces petites allées.

Néanmoins, j’ai retenu la présence du stand de l’école de dessin Cordeb’Art qui organisait des concours ouverts à tous âges et tous niveaux. Sinon pour les plus pressés, une fresque était à disposition juste derrière pour ceux qui voulaient laisser une trace artistique de leur passage.

Une grosse partie du 3ème étage était dédiée à la bouffe. D’ailleurs en parlant nourriture, j’ai pu me prendre un café servi dans un cornet de glace. La définition la plus pure d’un café gourmand, puisque 100% comestible.

Cet étage n’était pas le plus intéressant pour moi, mais il donnait l’accès à l’atout majeur de cette Polymanga.

Tous en scène !

Je veux bien sûr (re)parler de l’auditorium Stravinski. Nommé en l’honneur du pianiste russe Igor Stravinski ayant vécu au 20ème siècle. Une salle de spectacles de 1600m² et d’une capacité de 1800 places assises. Historiquement connue pour avoir accueilli des évènements tels que le Montreux Jazz Festival ou le Montreux Comedy Festival pour ne citer que les plus connus.

C’est là où j’aurais passé la majeure partie de mon temps quand j’étais pas dehors ou à arpenter les allés. Une salle splendide et idéale pour accueillir les multiples conférences des invités venus de YouTube, Twitch, et de la TV avec un certain Denis Brognart qui n’était présent que Vendredi. Et des shows que je ne suis pas prêt d’oublier.Parmi eux, les concours cosplay solo et groupe qui auront vu défiler les participants en lice pour les concours nationaux et internationaux tels que l’ECG en France, l’ICL en Espagne ou encore le WCS au Japon pour ceux que j’ai pu voir les deux premiers jours. J’aurais tant voulu ajouter des vidéos complètes des prestas qui m’ont marqué mais à l’heure où cet article est publié, elles ne sont disponibles nulle part sur YouTube.

Pour mon dernier jour à la Polymanga qu’était le Samedi, je voulais clore le salon en beauté en assistant au dernier évènement de la journée. Un show cosplay spécial prévu à 19h30, et qui selon certains dires serait à ne manquer sous aucun prétexte. J’avais anticipé en venant une heure plus tôt et j’ai bien fait car non seulement cela m’aura permis d’avoir accès au niveau inférieur de la salle, et donc de me rapprocher sensiblement de la scène. Mais cela m’aura surtout permis d’assister à l’incroyable performance de Benyamin Nuss. Un virtuose piano qui aura tout donné sur scène en composant quelques musiques incontournables d’animes et de jeux vidéos. Du pur bonheur auditif.

Le temps de me remettre de mes émotions, j’étais loin, mais alors très loin d’être au bout de mes surprises avec le fameux show cosplay qui s’ensuivit.  M’ayant mis des étoiles plein les mirettes et rempli mon « kokoro » d’otaku. Un show réunissant avec brio les plus grands héros de Shonen d’une manière que je n’avais encore jamais vu en 13 ans de conventions. En termes de chorégraphies, d’interactions entre les différents protagonistes, et surtout de références aux mangas respectifs, c’était impeccable. Et on sent les 5 mois de préparation nécessaires pour ce résultat. Un immense bravo à tous les cosplayers de la @cym_cosplay_show pour avoir mené à bout de bras ce projet titanesque et d’avoir enflammé la scène.

Conclusion

Depuis le temps que je voulais faire cette fameuse Polymanga, je n’ai clairement pas été déçu de cette première visite dans ce salon et de mon premier « vrai » voyage en Suisse. Avec un cadre qui fait rêver, des shows incroyables, des cosplays du tonnerre, et une ambiance et une hospitalité sans bornes.

Pour ce dernier point c’est exactement ce que je m’imaginais en arrivant en Suisse et ça s’est confirmé aussi bien dans la convention qu’en dehors. J’en place une à tous ceux qui se reconnaitront à travers ces lignes et qui auront rendu mon séjour inoubliable. C’est pour ce genre de moments que je fais encore des conventions depuis si longtemps. Pourvu que ça dure.

En tout cas j’espère de tout cœur pouvoir revenir l’année prochaine. La date étant déjà fixée puisque ça sera pour le week-end de Pâques 2023 du Vendredi 7 au Lundi 10 Avril.

L’intégralité de mes photos de la Polymanga 2022 sur mon Album FB

[Reportage] Japan Expo Sud 2022

En Février 2020, la 11ème édition de la Japan Expo Sud à Marseille fut une des dernières conventions francophones à avoir lieu avant les premiers confinements et l’annulation totale de tous les autres évènements.

Il aura fallu attendre deux ans pour que cette entité renaisse de ses cendres avec son premier retour post-Covid du 18 au 20 Février 2022. Voici donc mon retour mitigé sur ma première JE hors de Paris tout en étant accrédité, et mon second passage au Parc Chanot.

« Mini » Japan Expo

Jusqu’à présent la seule JE que j’ai faite est celle se situant au Parc des Expos de Villepinte près de la capitale. Je n’avais pas encore eu l’occasion de tester les autres salons du même groupe en dehors de la grande couronne. Le plus connu et l’un des seuls qui aura perduré avec les années étant la JE Sud à Marseille. Située au même emplacement que le Hero Festival que j’ai faite 3 mois auparavant, et qui avait fêté ses 10 ans en 2019.

Une JE dans un lieu que j’ai déjà fréquenté, c’est comme si je connaissais déjà le salon avant même d’y mettre les pieds. Sauf que j’allais assez vite déchanter en constatant à quel point cette édition n’était pas au niveau d’une JE classique de mon point de vue et pour plein de raisons.

2019 vs 2022

Restrictions Covid oblige, beaucoup des salons qui ont rouverts leurs portes ces derniers mois ont vu leur taille se réduire drastiquement par rapport à leurs éditions passées. La JE Sud n’y a pas échappé avec un hall en moins en comparaison avec l’édition de 2019. Et si j’en crois les anciens plans, c’est à peu de choses près la même disposition que lors de ses toutes premières éditions.

Mais le vrai problème n’est pas ce retour en arrière, surtout vu le contexte actuel. D’autant plus qu’une convention plus petite ne veut pas forcément dire qu’elle sera moins intéressante si sa surface est bien exploitée et que les activités suivent derrière. Ce qui n’était pas le cas de cette JE Sud qui pour moi n’avait pas grand-chose d’intéressant et de neuf à proposer sur ces aspects.

Le groupe No Time No Tune qui performait sur du NieR Automata

Certes, il y a eu quelques conférences avec les invités et les différents shows musicaux et cosplay sur la scène Ichigo. Mais c’est pas suffisant. D’autant plus qu’allouer quasiment un hall entier pour cette grande scène qui auparavant était situé dans l’amphithéâtre du Parc Chanot, c’est du gâchis à mon sens.

D’ailleurs on en parle de la disposition du salon ? Le seul moyen d’en sortir étant d’aller tout au fond du grand Hall pour ensuite revenir sur la place principale près de l’entrée. Ça n’aurait pas été plus simple de mettre une sortie plus proche de l’entrée du salon afin d’éviter d’en refaire le tour ?

Même constat pour certains stands thématiques bien moins attrayants que d’ordinaire. Je pense notamment au jeu vidéo qui était trop peu représenté. Mis à part la Réalité Virtuelle, où sont les jeux rétro comme récents ? Même Just Dance n’avait pas son propre espace à mon grand étonnement. Aujourd’hui je suis incapable de dire si des tournois JV ont été organisés durant le salon. Cette info ne figurait même pas dans le programme du festival.

Pour une telle entité qui a toujours mis les grands moyens pour organiser des événements à grande échelle en France et ailleurs, ça m’étonne beaucoup. Ou alors ils n’ont eu guère le choix et cette crise sanitaire a eu un impact plus conséquent que je ne l’aurais imaginé.

Artistes

Malgré les déceptions évoquées plus haut, cette JE Sud a plutôt bien mis en avant les nombreux créateurs présents. Certains étant regroupés dans une zone spécifique au fond du hall principal.

Pour les autres qui m’ont tapé dans l’œil, j’ai retenu les illustrations de Sekai of Kangae., le magnifique stand de L’Atelier des Flammes Noires, et les objets geek et pop-culture de chez Themadmirrors et PopCut.

Gô Nagai & Buichi Terasawa

Dans le premier hall après l’entrée, se trouvait deux expos difficiles à rater. D’abord celle de Dynamic Heroes, on y retrouvait les héros mythiques imaginés par le mangaka Gô Nagai. Parmi eux, Goldorak, Devilman, Mazinger, et bien d’autres au sein d’un stand qui à première vue m’a donné une sensation de « déjà-vu ».

Et c’était le cas car déjà présent à la JE 2019 de Paris dans une disposition similaire. Avec la présence des mêmes statues à taille humaine des héros précités. À la différence que le mangaka lui-même nous avait honoré de sa présence à Paris.

Dit comme ça on pourrait croire à une simple redite, mais le but était en réalité de présenter une toute nouvelle histoire sous la forme d’un crossover réunissant ces héros. On pouvait d’ailleurs découvrir sur place les premières pages de cette nouvelle série de 4 tomes dont le 1er sortira en Septembre prochain via l’éditeur isan manga.

La seconde expo qui pour le coup était inédite à ma connaissance, fut celle retraçant l’œuvre majeure de Buichi Terasawa qu’était le manga Cobra paru en 1978.

Dioramas

Un espace Diorama bien plus petit que ceux que j’avais l’habitude de voir en convention. Érigé essentiellement par Star Hill Team, JakssDio et XIII-art&work.

Invités

Autrefois les invités des conventions étaient dans la majorité des cas des Youtubers. À l’image de 123 Lunatic présent à cette JE Sud et connu pour les Epic Pixel Battle. Cela tend à évoluer petit à petit avec la présence de streamers de Twitch. Parmi eux, BagheraJones, DJBoucherie, Hiuuugs, Hortyunderscore, et Trinity. Sans oublier Brigitte Lecordier sur Twitch elle aussi, la voix française de Goku entre-autres depuis toujours.

Cosplay

Parmi les cosplayers croisés à cette JE Sud, beaucoup étaient déjà présents au Hero Festival de Novembre dernier. Ce qui m’a permis de revoir certaines têtes mais aussi d’en rencontrer des nouvelles. J’en ai pas pris énormément en photo mais le nombre et la qualité y était en tout cas.

Cosplayers : Rasensky cosplay (Madara), Noboru Tsuki (Tenten)

Cosplayers : Hooctis Cosplay (Eren), Tyrfing Cosplay (Zeke), @hyunagirliciious (Yoruichi), Switchy cosplay (Harley Quinn)

Groupe Genshin Impact

Et pour terminer sur le cosplay, j’avais pu assister aux concours cosplay des Samedi et Dimanche organisés par l’asso EPIC. Voici quelques vidéos filmés par pierre DreamCosMod des prestations qui m’ont le plus marqués. Sa playlist complète du salon est sur ce lien.

Cosplayers : @dothytrunks (Pepa) et @cosplay_100_visages (Bruno)

Battle de Rap entre Cendrillon et Belle

Cosplayers : @galounetteyumeji (Daenerys aka « Doudou »)

Cosplayeuse : Foxy cosplay (Arya)

Van Helsing

Conclusion

Cette Japan Expo Sud fut relativement décevante pour ma part. La faute à un nombre restreint d’activités, une taille réduite qui n’a pas été exploitée à sa juste valeur, et une disposition hasardeuse au niveau des stands et des accès. Ce qui sauve cette édition d’un naufrage total c’est la présence de certains invités et les différents shows organisés sur scène.

De toute manière, j’avais senti qu’il fallait revoir mes attentes à la baisse au moment où les plans du salon ont été dévoilés quelques semaines avant l’ouverture. Pour être tout à fait honnête, si je n’avais pas obtenu l’accréditation, je ne serais probablement pas venu en sachant ça. Et je pense que ça a dû freiner beaucoup de visiteurs et cosplayers qui prévoyaient de venir. En espérant que la JE Paris de Juillet, si elle est toujours maintenue, sera à la hauteur.

Malgré tout, je ne regrette pas ma venue car j’ai passé un très bon moment grâce à certaines personnes rencontrées et revus sur place qui se reconnaitront.

L’intégralité de mes photos de la JE Sud 2022 sur mon Album FB