Retour sur Batman V Superman – ULTIMATE EDITION

bvs_faceoff_wpwSuite spirituelle de Man Of Steel (2013) et par conséquent le 2ème film du DC Extended Universe, voici mon avis sur la version Blu-Ray Ultimate Edition de Batman V Superman : L’Aube de la Justice par Zack Snyder. Préparant le terrain pour l’avènement de la Justice League au cinéma en 2017, à l’instar des Avengers de Marvel, je vais décortiquer ce « Choc des Titans » victime d’un bashing sans commune mesure dans l’histoire des films de super-héros. Mais cette levée de boucliers est-elle justifiée ? Réponse garanti sans spoilers.

Réalisateur : Zack Snyder
Scénaristes : David S. Goyer & Chris Terrio
Producteurs : Charles Roven & Deborah Snyder
Compositeurs : Hans Zimmer & Junkie XL
Société de distribution : Warner Bros. Pictures
Casting : Ben Affleck (Bruce Wayne /Batman), Henry Cavill (Clark Kent / Superman), Gal Gadot (Diana Prince / Wonder Woman), Amy Adams (Lois Lane), Jesse Eisenberg (Lex Luthor), Diane Lane (Martha Kent), Laurence Fishburne (Perry White), Jeremy Irons (Alfred Pennyworth), Holly Hunter (Sénatrice Finch)
Genre : Action, Fantastique
Sortie ciné : 23 Mars 2016 (2h33 min)
Sortie Blu-Ray:
Août 2016 (3h03 min)

Avant-propos

Batman V. Superman: Dawn Of Justice

Ben Affleck & Zack Snyder

Avant de parler du film en détails et des critiques à son encontre, je vais évoquer un peu le style de Zack Snyder. Ceux qui connaissent bien sa filmographie, savent qu’il a une grande maîtrise du visuel lors des scènes d’action. Par exemple, lors de cet affrontement épique du film 300 (2006), où le roi Léonidas achève ses adversaires à la chaîne, à coups de Slow Motion et de Zoom Caméra au moment opportun. Cette fameuse séquence démarre à partir de 3:50 dans la vidéo qui suit.

Artistiquement, Snyder se démarque aussi grâce à la palette très monochrome de ses films. Qui ne plait pas à tout le monde d’ailleurs. Watchmen (2009) en est le parfait exemple car souvent très sombre aussi bien dans le visuel que par son atmosphère. D’ailleurs, beaucoup lui reprochent de se prendre trop au sérieux dans ses longs métrages.

Et dernier point le caractérisant, l’aspect politico-social vu dans sa filmographie et parfois tabous comme entres-autres, la religion et la discrimination. Des sujets qui divisent depuis la nuit des temps et dont rien que le fait de les aborder, ont transformé Snyder en cible à abattre malgré lui pour les plus extrémistes. Mais j’en reparlerai plus bas.

Et c’est pour ces raisons que j’ai beaucoup d’admiration pour son travail. Il prend des risques, sublime un univers dans un style propre à lui ne laissant personne indifférent, et maîtrise parfaitement l’image.

614b39865acd67f2fbe17d32b678538720160723215402Conaissant bien sa filmographie, j’étais naturellement très curieux de ce qu’allait donner Batman V Superman (que j’appellerai BvS à partir de maintenant). Un film dans la continuité de Man Of Steel (que j’appellerai MoS), mais qui pose les bases pour la série de films à venir centrés sur les personnages de la Justice League de DC Comics. Dont le film éponyme est prévu pour Novembre 2017. Mais avant ça, je tiens à pousser un grosse gueulante.

Coup de Gueule

Bien avant que le film sorte en salles, une partie du web avait déjà préparé le lance flammes. Quelques jours seulement après sa sortie en salles obscures, le petit feu de rageux devenu un brasier de haters, l’avait déjà bien consumé. Et malgré que les choses se soient calmées depuis, les plaies sont encore béantes et les séquelles terribles

4b5À ma connaissance, rares sont les films dans l’histoire du cinéma qui auront autant divisé les gens. Même Stars Wars 7 (2015), dont la fan-base est pourtant immense, et qui n’est pourtant pas apprécié de tous, n’a pas eu droit à un tel traitement de défaveur. Rien qu’à l’époque des premiers teasers révélant le nouveau Batman incarné par Ben Affleck (que j’aime appeler “Batfleck”) les huées virtuelles qui s’ensuivirent furent assourdissantes.

birden-fazla-super-kahraman-rolunde-boy-gostermis-8-aktor_780x527Donc, c’est parce qu’il a joué le rôle titre dans le très décrié Daredevil (2003) qu’il n’a plus le droit d’incarner un autre Super-Héros ? D’autant plus qu’il est très loin d’être mauvais dans BvS ? (j’en reparlerai).  C’est un gros problème de cette société où les gens jugent sans réfléchir, sans connaître, sans aucun recul et ce dès la première impression. Voyez l’exemple de Ryan Reynolds, unanimement hué en tant que Green Lantern (2011), mais unanimement salué dans le dernier Deadpool (2016). Tout le monde à droit à une seconde chance. Et ce ne sont pas les exemples qui manquent.

tumblr_static_afv7h6d6wv4k04gksg0ocoo88Même constat pour Gal Gadot qui incarne magnifiquement Wonder Woman. Critiquée elle aussi car “pas assez de formes” selon certains… Là, je m’adresse à ces superficiels qui ne jurent qu’à la taille du bonnet et du fessier. Sachez qu’une femme qui a du charisme, du charme et de l’attitude vaut infiniment plus qu’une autre qui n’est que bien gaulée. Et malheureusement pour ces “gens” là, elle possède les 3 critères cités en amont. Et j’ai hâte de voir le film centrée sur elle prévu pour Juin 2017.

Il y a aussi les fanboys les plus hardcores. Les pires de tous. Qui sont prêts à partir en croisade contre ceux dont l’avis diffère du leur. Et qui ont le culot d’imposer par la force leur vision de l’univers. Comme si c’était à eux de décider…Vous voyez la séquence vidéo du film 300 postée en amont ? Eh bien cela illustre parfaitement la violence du net.

david-s-goyer-interview-dc-movie-tv-universeAutant, je veux bien qu’il y ait une certaine cohérence avec l’univers de DC, même si je suis très loin de le connaitre parfaitement moi même. Autant faut pas se voiler la face. Pas besoin d’avoir un diplôme de Cinéma pour constater que transposer un univers vieux de plusieurs décennies, regroupé en des centaines d’ouvrages et autant d’histoires différentes, et le tout dans un seul film, c’est très compliqué. Surtout si les 3/4 des héros présents dans le film n’ont pas étés introduits avant (exception faite de Superman dans MoS). Ce qu’a très bien fait Marvel avec des films centrés sur Iron Man, Captain America et Thor avant de les voir parmi les Avengers.

Les thèmes abordés dans le film mais aussi dans la filmographie de Snyder en général, n’ont pas du aider à cette impopularité. Quand des thèmes comme la religion, le racisme ou l’immigration s’entrecroisent dans un seul et même film, faut pas s’attendre à des débats tendres. D’ailleurs, le ton de BvS demeure tellement sérieux qu’il n’est jamais vraiment « drôle ». La seule chose pouvant s’en approcher étant l’humour noir.

Un des reproches que je ferais à ce film, c’est son marketing fait via les trailers. Là y a deux écoles. Ceux qui sont suffisamment bien réalisés pour ne pas trop en révéler, voire même dérouter les spectateurs sur la véritable intrigue (comme le premier trailer de Godzilla 2014). Soit comme c’est le cas ici, ceux qui te résument toute l’intrigue. Et celui avec le trio face à « cette » créature (on repassera sur son design au passage) en est le triste exemple. Il en montrait trop.

Ce film bien que plein de défauts et d’incohérences, ne mérite pas ça. Et quand je vois qu’une pétition (qui avait récolté des dizaines de milliers de signatures) a vu le jour  dans le but d’évincer Snyder des prochains films de la Justice League, ca me donne envie de gerber.

Esthétique

tumblr_o4ongjdb8h1rrxps4o1_1280À la fois visuellement et en terme de mise en scène, ça dépote pas mal. Les 20 premières minutes du film annoncent déjà le ton avec 2 séquences clés. D’abord l’intro, avec le flashback tragique du jeune Bruce Wayne. Qui même si je trouve qu’on en a pas mal bouffé dans les anciens Batman au ciné, séries TV, dessins animés et j’en passe, reste esthétiquement très réussie.

Et ensuite, toute la scène vue dans les trailers, faisant la connexion avec MoS avec la quasi destruction de la ville de Métropolis durant l’affrontement entre le Général Zod et Superman. Impressionnante en termes de rendu et d’intensité. Et le fait d’observer ce combat d’un point de vue humain, celui d’un Bruce complètement désemparé et impuissant, rend la scène définitivement marquante.

sam_r3_v11c6_151015_15mj_g_r709f.278306.tifPlus loin dans le film se déroule ce qui est pour moi une des meilleurs scènes de BvS. Quand Batman affronte à lui tout seul, toute une horde de mercenaires dans un décor post-apocalyptique rappelant Mad Max : Fury Road (2015). On a rarement, peut être même jamais vu le chevalier noir aussi puissant dans ce film qu’auparavant. Presque comme dans la série des jeux vidéos Arkham par le studio Rocksteady. C’est à partir de ce moment là que j’ai définitivement validé Ben Affleck en tant que tel.

Les exemples visuels sont nombreux, mais ceux-là m’ont bien plus marqué.

Scénario

C’est mitigé. Car il y a à la fois de bonnes idées comme des complètement maladroites. Toutefois la Ultimate Edition rehausse un peu le tout en apportant 30 minutes supplémentaires d’éléments cruciaux absents de la version ciné. Avec des personnages principaux comme secondaires bien plus mis en avant, voire inédits. Comme Jenet Klyburn incarnée par Jena Malone, personnage exclusif à cette version et qui sera d’une aide précieuse pour Lois Lane. Ces ajouts bien qu’ils n’aient pas changé mon avis global sur la version vue au cinéma, rend le film déjà bien plus regardable.

Par contre ce que je ne valide pas, c’est que ce schéma risque de se répéter à l’avenir. Suicide Squad, film sorti en Août dernier et lui aussi intégré dans l’univers DC aura également droit à une « version longue »… À croire que la Warner le fait vraiment exprès de sortir des films en kit. Autant ne plus aller au ciné dans ce cas la non ?

Batman V. Superman: Dawn Of JusticeBref. Parmi ce que j’ai pas trop aimé, c’est que le fameux combat pour lequel le film nous est vendu, ne dure même pas un quart d’heure montre en main. Ok durant une bonne partie du film, une forte tension s’installe entre ces 2 colosses, et ce choc des titans est très bien mis en scène. Mais pour un film qui se nomme Batman “Versus” Superman, c’est non. Autant l’appeler “Justice League le commencement” tout court. Un titre plus approprié à mon sens vu la masse de protagonistes issus de cet univers qui apparaissent très (très) brièvement. J’y reviendrais dans la partie personnages.

Le fameux retournement de situation engendré par cette révélation commune aux deux super héros est à mon sens, logique. Même si ça arrive comme un cheveu sur la soupe.

Comme dit plus haut, le film se construit au départ à partir des événements apocalyptiques de Metropolis, qui tente tant bien que mal de s’en relever. Événements dont l’homme d’acier est tenu comme unique responsable malgré lui, et malgré son indiscutable bonne volonté.

À partir de là, deux camps se forment au sein de la population. Ceux qui lui vouent un culte, le considérant comme un sauveur, un Dieu bienfaiteur. Et les anti, le pointant du doigt comme un imposteur “False God”, convaincus qu’il pourrait détruire le monde à tout moment. Là tout de suite, on peut faire le parallèle avec la religion, avec ce culte de la personnalité, représenté par la statue à son effigie. D’autres thématiques viennent s’entremêler, comme l’immigration, car on parle d’un être venu de l’espace, et le racisme. Et Superman va en prendre plein la poire à ce niveau là.

C’est un aspect du scénario que j’ai vraiment trouvé intéressant. Car il remet en question la place du super héros dans la société et le danger qu’il peut représenter. Et c’est là qu’on prend conscience que “gentil” ou “méchant”, tout dépend du point de vue de chacun en fin de compte.

Par moment, BvS se la joue Inception (2010), avec Bruce Wayne et ses rêves imbriqués dans d’autres rêves. Une mise en abîme qui en dit long sur sa vision du monde, et de Superman lui même. Qu’il craint visiblement au plus profond de son être malgré son envie « de le faire saigner ». Des rêves peut être prémonitoires, que les prochains films de la Justice League confirmeront, ou pas.

Finalement pour développer tout ça, l’intrigue prend fatalement beaucoup de temps à tout mettre en place avant le début des hostilités.

Distribution

La prestation globale est à la fois un des gros points forts du film, comme une de ses plus grandes faiblesses selon les acteurs.

batman-vs-superman-el-origen-de-la-justicia_00Et on va commencer par celui que tout le monde attendait au tournant, le Batfleck. Qui a eu la lourde tache de succéder au très convaincant Christian Bale de la trilogie The Dark Knight (2008-2012) par Christopher Nolan. Et force est de constater qu’il a les épaules suffisamment larges (littéralement) pour porter ce flambeau. Si j’en crois sa prise de masse musculaire et les efforts physiques que l’oncle Ben à fourni pour endosser ce rôle au mieux.

Mais au delà de la carrure et de la performance physique, on a affaire à un Batman convaincant. Un super héros crédible qui nous fait définitivement oublier l’accident de parcours qu’était le film Daredevil. Tranchant radicalement avec celui de Nolan pour visiblement se rapprocher un peu plus des comics. Notamment le bouquin intitulé La Cour des Hiboux de Scott Snyder (n’y voyez aucun lien de parenté entre ces 2 auteurs, simple coïncidence). Avec un héros plus sombre, vieillissant, tourmenté psychologiquement et usé de son combat contre la justice durant plusieurs décennies. Mais beaucoup plus brutal. Voire létal. En définitive, un héros à l’image de la dangerosité de Gotham.

behind-the-scenes-of-batman-vs-superman-with-zack-snyder-and-how-henry-cavill-embodies-cl-536160Son costume lui aussi est plutôt réussi. Tout comme sa version “armure”, indispensable contre “l’homme de fer”. Idem pour la Batmobile, qui ferait même rougir de honte un char d’assaut. Il forme d’ailleurs un très bon duo avec Jeremy Irons dans le rôle de ce bon vieux AlfredEt qui nous avait pas habitué à autant de cynisme.

henry-cavill-clark-kent-batman-vs-supermanVient ensuite Henry Carvill qui incarne à nouveau le tout premier super héros de l’histoire pour la 2ème fois au cinéma. Et encore une fois avec brio.  Et qui a pas mal évolué depuis MoS (et pas qu’en masse musculaire, lui aussi).

Évolution par rapport à ses pouvoirs d’abord. Qu’il maîtrise davantage que dans son propre film et qu’il sait utiliser au moment opportun. Notamment sa Super Ouïe qui lui sera bien pratique. Mais paradoxalement, c’est un Superman plus fragile et quasiment seul contre tous que nous présente Snyder. À cause de ses Super Doutes et ses Super Problèmes.

bvs-fp-0588Il ira même jusqu’à se remettre en question sur son rôle. Sauver du monde certes, mais pour recevoir quoi en retour ? Les cris de colère des habitants de Metropolis, dont il devra assumer les conséquences de ses actes malgré lui. Non seulement celui impliquant son combat contre le Général Zod, mais aussi un autre. Inattendu et dramatique. Marquant un tournant dans le film et que l’on doit au personnage qui suit.

batman_vs_superman-09Et ce personnage ne pouvait être que Lex Luthor.  Méchant iconique de la saga incarné par Jesse Einserberg lui aussi très attendu au tournant.

Sauf que je ne suis pas aussi enthousiaste à l’égard de Lex que je ne l’étais pour Bruce Wayne. Ca n’engage que moi mais vu comme tel, il n’a rien de « menaçant » au premier égard. Et en plus de ça (et même si c’est voulu), il cabotine pas mal et demeure très caricatural. Et ce n’est pas la version VF vue au ciné la première fois qui allait aider à me faire apprécier le personnage. Par ce que doubler quelqu’un qui surjoue déjà beaucoup, surtout dans un film aussi sérieux que celui-ci, ça laisse des traces. Pour le coup ça passe franchement mieux en VO.

bvs-fp-0323Mans ne dit-on pas qu’il vaut mieux juger les gens non pas sur ce qu’ils laissent paraître, mais plutôt sur ce qu’ils laissent transparaître ? Par ce que malgré la tentation de ne pas vouloir le prendre au sérieux, sous-estimer cet individu équivaudrait à un aller simple pour l’au-delà. Calculateur et extrêmement dangereux il n’hésitera pas à user de tous les moyens nécessaires, même les pires,  afin d’accomplir ses objectifs. Même si cela implique des innocents. Comme cette fameuse « scène » au Capitole. Il jouera aussi un rôle central dans ce choc des titans, et pas que.

Pour le coup, on est beaucoup plus proche d’un « Joker » qu’autre chose.

Plusieurs autres super héros font une (trop) brève apparition. Vous vous souvenez de l’image de la Justice League postée en début d’article ? Dites-vous que les trois qui sont un peu plus en retrait, à savoir The Flash, Cyborg et Aquaman, on un temps de présence qui ne doit pas dépasser la minute dans BvS. Et je n’exagère même pas. D’autant plus qu’à par pour faire office de figuration, leurs scènes ne servent à rien. Les enlever du film n’aurait aucune incidence sur le scénario. Exception faite de Wonder Woman, aka Diana Price jouée par Gal Gadot. Une mystérieuse guerrière amazone qui n’a visiblement peur de rien.

Bien qu’elle ait un temps d’apparition moindre que Batman et Superman, et qu’elle n’est pas directement impliquée dans leur querelle, elle sera d’une aide cruciale lors du combat final. Et comme je l’ai écrit plus haut dans l’article, Diana aura son propre film en 2017. Ce qui explique pourquoi on en apprend si peu sur elle dans BvS. Je le redis encore une fois mais DC aurait beaucoup gagné à d’abord introduire ses héros avant ce film.

Batman V. Superman: Dawn Of JusticeEt je fais finir avec Amy Adams qui joue le personnage de Lois Lane, et qui m’a beaucoup déçu. Alors oui elle sert de soutien moral à Clark Kent, mais à coté de ça ce n’est pas glorieux. Non seulement elle représente le cliché de la demoiselle en détresse qu’on doit secourir presque tout le temps, et en plus de cela elle fait des choses incohérentes. Comme jeter un objet clé du film dans la flotte pour le récupérer quelques minutes plus tard, et non sans mal…

Bande Son

Alors que Hanz Zimmer s’était chargé lui même de la Bande Originale de MoS, il sera accompagné cette fois de Junkie XL. De son vrai nom  Tom Holkenborg, c’est un compositeur néerlandais qui a déjà composé pour Snyder auparavant. Comme dans 300 pour ne citer que lui. Concernant Hanz, j’ai de base beaucoup d’admiration pour son travail. Et on saluera le fait que c’est musicalement très différent de la trilogie de Nolan pour laquelle il avait déjà composé. D’ailleurs, il a annoncé après ce film que ce serait la dernière fois qu’il composerait pour un film de super héros.

Mais ici à part 2-3 thèmes, dont celui de Wonder Woman qui est mon coup de cœur perso et celui de Superman joué à un moment clé de l’histoire (scène magnifique au passage), je m’attendais à mieux. Pourtant la combinaison des deux donne des thèmes parfois assez Rock’n Roll, parfois plus orchestral. Ce qui colle très bien au ton du film par moments.

Conclusion

171809dddodh7sohoukouaCe film ne mérite bien évidemment pas la tollé qu’il a subi avant et après sa sortie en salles. Je respecte totalement le fait qu’on puisse l’apprécier ou le détester selon les attentes de chacun. Et qu’on se le dise, Batman V Superman est loin d’être parfait. Beaucoup de persos pas assez exploités, un scénario inégal avec des incohérences (même si certaines sont corrigés avec la version Ultimate), un « Versus » sur-médiatisé pour pas grand chose à l’écran, et j’en passe. Mais est-ce une raison pour aller aussi loin dans cette discorde ?

Et ce n’est pas comme si ce film était dénué de qualités. La bande son est correcte. Le nouveau Batman est une réussite totale, tout comme l’esthétique et la mise en scène très soignés. Et il soulève tout en illustrant très bien la problématique sur le danger que peuvent représenter les super héros dans une société moderne. Même son atmosphère sombre, trop sérieuse pour certains, lui confère une réelle identité je trouve. Identité qui à l’air de se perdre quand je vois l’orientation plus axé « humour » du futur film sur la Justice League

Mais depuis le temps que l’on rêvait de voir ce chocs des titans au ciné, on ne boudera pas ce plaisir. Je pense que l’Aube de la Justice représente surtout l’aube de quelque chose de plus grand  encore pour les années à venir. Je l’espère.

Merci de m’avoir lu.

Critique Ciné : Les 8 Salopards par Quentin Tarantino

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8ème film de Quentin Tarantino, voici ma critique ciné des Huit Salopards, un Western en huit clos rassemblant 8 personnages haut en couleurs. Et ça commence à faire pas mal de « 8 » d’un coup…

Réalisateur & Scénariste : Quentin Tarantino
Producteurs : Richard N. Gladstein, Shannon McIntosh, Stacey Sher
Compositeur : Ennio Morricone
Directeur photo : Robert Richardson
Casting : Samuel L. Jackson (Major Marquis Warren), Kurt Russell (John Ruth), Jennifer Jason Leigh (Daisy Domergue), Walton Goggins (Sheriff Chris Mannix), Demián Bichir (Marco), Tim Roth (Oswaldo Mobray), Michael Madsen (Joe Gage), Bruce Dern (Général Sanford Smithers)
Genre : Western, Horreur
Sortie : 6 Janvier 2016 (2h53 min)

Avant-propos

Dans ce 7ème art qu’est le Cinéma, innombrables sont les réalisateurs et scénaristes que les décennies auront vu défiler, mais rares sont ceux qui ont marqué durablement l’histoire du média. De par leur filmographie, techniques de tournage, thèmes abordés, contexte historique, acteurs et j’en passe. Je pense notamment à feu Alfred Hitchcock, Steven Spileberg, Georges Lucas et tellement d’autres (que j’oublie) parmi les « parrains » du genre. Et mes coups de cœur perso comme Michael Mann, Martin Scorsese, Brian De Palma, Christopher Nolan et celui qui va nous intéresser ici, Quentin Tarantino.

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Uma Thurman et Quentin Tarantino sur le Tournage de Kill Bill

Beaucoup seront d’accord, même sans forcément aimer ce qu’il fait, qu’il a apporté énormément au cinéma et a su, en une petite dizaine de films, à imposer son propre style et sa couleur (et je ne parle pas seulement d’hémoglobine). À tel point qu’on finira par le surnommer « l’enfant terrible du Cinéma ». Par exemple, ça ne court pas les rues les réalisateurs comme lui qui ont le cran encore aujourd’hui, de structurer leur film en chapitres, et parfois même dans le désordre.

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Tout ca pour dire que Tarantino est un de mes réalisateurs et scénaristes préférés. A l’heure où cette critique est publiée, j’ai du voir 7 films de sa filmographie (celui-ci inclus). Les Kill Bill (2003-2004), Pulp Fiction (1994), Inglourious Basterds (2009) et Django Unchained (2013) étant mes préférés. J’apprécie beaucoup son souci du détail apporté aux dialogues. Le soin apporté à l’image et la mise en scène. La place de la musique dans ses films. Et surtout, le travail derrière le développement des personnages principaux ET secondaires. Bref vous l’aurez compris, j’aime ce qu’il fait.

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Tous ces « codes » se retrouvent quasi systématiquement dans ses films, le rendant identifiable au premier coup d’œil. Je sais que c’est un style auquel beaucoup n’y accrochent pas et je le conçois. D’ailleurs, on lui reproche ces dernières années de ne pas assez se renouveler, avec la même soupe servie à chaque fois. Certes, mais est-il utile de reprocher à Tarantino de faire du Tarantino ? Surtout si le résultat est assez souvent de bonne qualité ?

Et bien, il se trouve que Les Huit Salopards (The Hateful Eight en VO), est un film qui tranche radicalement dans ce qu’il avait l’habitude de faire. Et il n’a absolument rien à voir avec Django qui est lui même un Western. Allons, couvrez-vous de vêtements chauds, préparez vos chevaux et vôtre diligence car on part pour un voyage mouvementé dans le brouillard américain à travers cette critique ciné.

Synopsis

Peu après la Guerre de Sécession aux USA en plein milieu du 19ème siècle, l’histoire suit le périple de deux chasseurs de primes. Le 1er, John Ruth, fait route en plein blizzard vers Red Rock afin d’y livrer sa prisonnière, la tumultueuse Daisy Domergue, condamnée à la pendaison pour meurtre. Le second est le Major Marquis Warren, un ex-soldat qui passait dans le coin. Ces trois-là feront par la suite connaissance avec Chris Mannix, le nouveau Shérif de Red Rock selon ses dires. Avec leur diligence, ils trouveront refuge dans une auberge, abritant d’autres personnages énigmatiques. Mais ce qui est sur, c’est que parmi ces 8 énergumènes, au moins un n’est pas celui qu’il prétend être

Esthétique

Le soin apporté à l’aspect visuel est une des grandes qualités du film. Tourné en grande partie dans l’état du Colorado, on sent clairement que les décors réels sont privilégiés au détriment des effets spéciaux. C’est beau à voir, surtout au travers de certains panoramas enneigés. Panoramas que l’ont doit en grande partie au directeur photo, Robert Richardson, qui a déjà collaboré avec Tarantino dans le passé. D’autant plus que les acteurs ont réellement tournés dans des conditions climatiques peu enviables, et ca se ressent. Un bon point pour le réalisme et l’immersion.

Le film est aussi monté au format 70mm, qui diffère du format classique, le 35mm, par sa plus grande résolution d’image et un nombre accru de détails. Peu de salles dans le monde sont équipées de cette technologie, et je n’ai malheureusement pas pu en profiter. Mais j’imagine sans doute le confort visuel qu’aurait apporté ce format.

 

Bonne mise en scène également, avec des plans maitrisés, et ce tout le long du film. Film qui est sacrément violent par moments. Pas seulement esthétiquement avec je ne sais combien de litres de sang écoulés, mais aussi dans le langage très cru et l’attitude des personnages. C’est de l’humour noir à l’état brut. Clairement, ce n’est pas un film destiné aux plus jeunes. Mais les habitués des films de Tarantino ne seront pas surpris, ça fait parti de son style.

Scénario

Le scénario est bien raconté et tient la route de bout en bout. Le seul reproche que je pourrais lui faire, c’est le temps assez long que celui-ci prend pour s’installer au début, notamment présenter ses personnages (qui sont plutôt bien développés au passage). D’ailleurs, le film dure 3h, ce qui n’aide pas franchement pour les moins patients. Mais passé la première moitié du film, celui-ci prend son envol et devient réellement captivant.

Ce qui m’amène directement au plus gros point fort du film selon moi, son excellente écriture. Malgré le fait qu’il soit très bavard, les dialogues sont savoureux et les personnages le rendent extrêmement bien. Sachez que çe n’est pas parce que y a beaucoup de parlotte dans un film que c’est forcément chiant. Chaque mot à son importance. Une phrase qui peut paraître anodine est souvent lourde de sens au fil du film. Je l’ai vu dans une VF plus que correcte, alors j’imagine même pas le pied que ça serait en VO

Le film est découpé en chapitres, ce qui n’est pas une première pour le réalisateur comme je l’ai dit plus haut. Ça plaira (ou non) à qui le voudra, mais moi j’ai apprécié, sauf peut être une chose. Le narrateur (qui est Tarantino lui même), débarquant sans prévenir entre 2 chapitres pour résumer l’histoire et teaser la suite. Ça m’a un peu sorti du film, même si ça a toutefois son intérêt scénaristique.

Une atmosphère de tension permanente plane autour des personnages, qui passent leur temps à se dévisager, se mentir, et se menacer. Le suspense est bien maintenu et les revirements de situation sont légion. Puis avec des personnages aussi antipathiques, on se doute que ça va fatalement partir en vrille à un moment donné, mais difficile d’anticiper qui allumera la mèche en premier. Sinon, le film sait aussi être drôle si il le faut, notamment avec le « Running Gag » de cette fameuse « porte« 

D’ailleurs, ce film a failli ne jamais voir le jour à cause d’une fuite du script, survenue seulement quelques jours après que Tarantino finalise l’écriture du scénario en Janvier 2014. On ignore encore aujourd’hui qui en était le responsable, mais ça avait sacrément découragé le réalisateur, renonçant même à faire le film pour finalement le transformer en un roman. Mais il finira par changer d’avis en Mai de la même année, avec le résultat qu’on a déjà sous les yeux.

Distribution

Tarantino a toujours su bien s’entourer. Beaucoup d’acteurs avec lesquels il a collaboré figurent parmi les grosses pointures du Cinéma. Comme par exemple Bruce Willis, Uma Thurman, Robert De Niro, Leonardo DiCaprio, Kurt Russel, et etc…Mais il a également ses « habitués« , qui au fil de sa filmographie, reviennent à la charge. Un peu comme ici, ou les 3/4 des acteurs ont déjà joué dans ses précédents longs métrages. Fin de la parenthèse.

Concernant la prestation de ces 8 Salopards, c’est un quasi sans faute. Tous sont très bons voire excellents dans leur rôle. À commencer par un des acteurs fétiches du réalisateur, Samuel L. Jackson, que je n’ai pas vu à un si haut niveau depuis Pulp Fiction, un des 5 films de Tarantino où il a joué.

Ici, il tient le rôle titre du Major Marquis Warren, un chasseur de primes aussi malin qu’impitoyable quand il le faut, et qu’il incarne avec brio. D’ailleurs, son monologue racontant ce qu’il a fait à quelqu’un m’a mis sur le cul. Monologue qui est d’ailleurs accompagné d’une belle mélodie, marquant un tournant du film selon moi.

Il en va de même pour Kurt Russell et sa magnifique moustache, qui est le « rival » de Warren car lui aussi chasseur de primes , incarnant un John Ruth très déterminé à en finir avec son butin et partenaire malgré lui, l’antipathique Daisy Domergue, jouée par Jennifer Jason Leigh. Tous deux forment un duo assez comique avec les roustes régulières qu’il s’échangent à longueur du film. Les autres ne sont pas en reste. Walton Goggins aka le Sheriff, très bon lui aussi. Tim Roth dans le rôle de Oswaldo Mobray, (qui me rappelle furieusement l’excellent Christoph Waltz dans Django). Seuls « légères » déceptions, Michael Madsen alias Joe Gage un peu en retrait selon moi, et un autre dont je tairais le nom (de peur de Spoil) mais qui surgit un peu de nulle part à un moment clé du film.

Tarantino avait exprimé l’envie d’en faire une pièce de théâtre, ce qui n’est pas surprenant. Car les acteurs livrent une prestation assez théâtrale au final et le film s’y prête bien. Reste à voir si il gardera les mêmes acteurs ou non.

Bande Son

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On la doit à Ennio Morricone, qui est juste un des compositeurs et chefs d’orchestre les plus renommés au monde. Vous avez forcément du entendre une de ses musiques, même sans le savoir. The Ecstacy Of Gold du western Le Bon, la Brute et le Truand (1966), c’était lui, ainsi que d’autres grands westerns spaghetti des années 60 qu’il aura entièrement composé. D’ailleurs, Les 8 Salopards est le premier western entièrement composé par ses soins depuis Buddy Goes West (1981).

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Concernant l’OST, on est dans un trip orchestral qui n’est pas sans rappeler les anciennes compositions d’Ennio. Dont The Thing de John Carpenter (1982), où certains partitions non utilisées ont été récupérés dans Les 8 Salopards. Ce qui explique l’atmosphère inquiétante que retransmet la musique à certains moments, assez loin d’un Western classique pour le coup. Tarantino a d’ailleurs dit lui même que d’apparence c’était son 2ème Western, mais que dans le fond, c’est son premier vrai film d’horreur. Tout ça pour dire que ce film et l’OST se complètent.

D’ailleurs, les clins d’œil à The Thing ne se limitent pas qu’à la Bande Originale. Le cadre, le contexte et même les acteurs ont servis d’inspiration pour le film de Tarantino. Une auberge isolée en plein brouillard, des personnages qui ne se font pas confiance, et Kurt Russel avec 35 ans de moins (mais déjà avec une belle moustache). A la seule différence que Tarantino nous a épargné des créatures pas très appétissantes du film de Carpenter.

Conclusion

Tarantino aurait pu se reposer sur ses acquis ou réutiliser ses codes à outrance, mais il en est rien, ou presque. Pour avoir vu presque toute la filmographie du réalisateur, je peux dire que les 8 Salopards est un des films où il aura pris le plus de risques. En tentant par exemple, une nouvelle approche avec le genre « horreur », hérité de John Carpenter. 

Puis en tant que film, c’est du très bon cru dans le fond comme dans la forme. Avec un casting et une prestation globale de grande qualité. Une très bonne OST avec un retour triomphal d’Ennio Morricone dans un western. Un scénario bien ficelé et riche en rebondissements, couplés avec des dialogues bavards certes, mais d’anthologie. Une qualité visuelle et une mise en scène tous deux très travaillées. Franchement, ce n’est pas évident de trouver des reproches à ce film, à moins de ne pas être fan du genre. Un film à voir absolument, au moins une fois.

 

Merci à ceux qui auront lu jusqu’au bout

Critique Ciné : 007 Spectre

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24ème film d’une des plus grandes franchises de l’histoire du cinéma ayant récemment fêté ses 50 ans. Voici ma critique de Spectre, 4ème James Bond avec Daniel Craig dans le rôle titre.

Réalisateur : Sam Mendes
Scénaristes : John Logan, Neal Purvis, Robert Wade
Compositeur : Thomas Newman
Casting : Daniel Craig (Bond), Léa Seydoux (Madeleine), Ralph Fiennes (M), Christoph Waltz (Franz), Monica Bellucci (Lucia), Ben Whishaw (Q), Naomie Harris (Moneypenny), Dave Bautista (Hinx), Andrew Scott (C)
Genre : Action, Espionnage
Sortie : 11 Novembre 2015 (2h30min)

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A l’heure actuelle, les seuls acteurs dont j’ai vu tous leurs James Bond respectifs sont Pierce Bronsman et Daniel Craig. J’ai une affection toute particulière pour le 1er cité, surement parce que j’ai grandi avec les films où il a joué, de Goldeneye (1995) à Meurs un autre jour (2002). Et sans compter les excellents souvenirs que j’ai gardé des jeux vidéos à son effigie (Nightfire & Quitte ou Double sur Game Cube) mais ça, c’est un autre sujet.

Autant vous dire que le changement de cap amorcé par le très bon Casino Royale (2006) faisant table rase des gadgets kitsch (que j’aimais bien) des anciens, m’a pas mal dérouté à l’époque. Mais avec du recul, j’ai apprécié le coté plus « humain » de Bond, la tournure plus sombre qu’a pris la saga et surtout la prestation impeccable de Craig au fil des épisodes. Exception faite de Quantum Of Solace (2008) que j’ai pas apprécié, contrairement à Skyfall (2012) que j’ai adoré. D’ailleurs allons voir ce que vaut sa suite directe, qu’est Spectre.

Critique

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Suite aux événements tragiques survenus à la fin de Skyfall, Le MI6 est en proie à une restructuration majeure qui pourrait mettre en cause l’existence du programme Double Zéro et la place de M, Q et Moneypenny. L’instigateur n’est autre que Max Benbigh alias C, le nouveau directeur du Centre pour la Sécurité Nationale.

Pendant ce temps, Bond reçoit un message cryptique sorti tout droit du passé qui le pousse à enquêter sur une organisation ultra secrète nommée Spectre. Il devra pour ça approcher Madeleine, la fille de son vieil ennemi Mr White, afin de percer le secret de ce groupe et éclaircir le lien qui lie le leader et l’agent double.

Esthétique

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Les James Bond sont réputés pour leur réalisation de haute volée et le travail visuel effectué derrière. Et ce n’est pas Spectre qui dérogera à la règle en mettant la barre très haut. Notamment avec la scène d’intro à Mexico et son plan-séquence qui même si il apporte peu au scénario, demeure un des meilleurs moments du film. Les affrontements sont toujours aussi bien chorégraphiés avec une mention spéciale pour le fight entre Bond et Xinx d’une rare violence dans un film de la saga.

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Concernant les effets visuels, c’est du tout bon aussi. La scène de la réunion des Illumina..membres du Spectre, brille littéralement par son jeu de lumières très bien rendu.  Et pour finir avec ce point, voici une anecdote.

Vous êtes peut être au courant que ce film est entré cette année dans le Guinness Book (Livre des records) en détenant le record de la plus grosse explosion jamais filmée au Cinéma.  S’étant déroulé à Erfoud au Maroc le 29 Juin 2015 pour les besoins d’une scène clé du film, 68,47 tonnes de TNT, 8418 litres de kérosène et 33kg de poudre explosive auront été nécessaires pour provoquer ce spectacle pyrotechnique d’une durée de 7.5s. Le précieux sésame à été attribué à Chris Corbould, le responsable des effets spéciaux du film.

Quand on a un budget (lui aussi record) estimé à plus de 300 millions de $, j’imagine que c’est le genre de folies que l’on peut se permettre…

Moi même étant tellement habitué aux effets spéciaux foutus un peu partout, l’idée que cette explosion soit réelle ne m’avait même pas traversé l’esprit en salle. Comme quoi rien ne vaut les bonnes vielles méthodes artisanales pour faire des scènes marquantes.

Scénario

Alors que Skyfall amorçait lentement mais surement la « rupture » avec l’ancien MI6 autrefois représenté par l’actrice Judi Dench (M), Spectre y met un point final, fortement appuyé par une des dernières scènes du film. Cette volonté de faire table rase du passé des services secrets britanniques d’antan est le seul aspect du scénario que j’ai vraiment apprécié. Parce que pour le reste, c’est pas top…

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Premièrement, gros problème de rythme. Entre les scènes d’action qui n’apportent rien au scénario (coucou la course poursuite à Rome), et les longueurs avec des séquences interminables où il ne se passe rien. Y a eu des moments où j’ai failli m’endormir dans la salle.

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Ensuite,  l’écriture qui aurait pu être mieux travaillé. À titre d’exemple, la façon dont Bond abat un hélicoptère à la fin du film, on se croirait dans un jeu vidéo sans déconner…Une fin facile, un peu à l’image du film tout entier. Bond se sort de situations complètement improbables par pure chance. À aucun moment on ne s’inquiète sur son sort tellement le suspens est mal géré.

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Et enfin l’origine du Spectre, qui me force dévoiler quelques éléments de l’intrigue. Donc si vous souhaitez vous préserver, descendez directement au paragraphe suivant sur le Casting.

SPOIL ON

Pour faire simple, le Spectre est le dénominateur commun de tous les ennemis que Bond a rencontré depuis Casino Royale. Autrement dit, Le Chiffre, Dominic Greene et Raoul Silva entre autres ont tous été manipulés dans l’ombre par Franz. L’idée de lier les 3 précédents films n’est pas mauvaise sur le papier, mais la façon dont celui-ci l’amène est maladroite. Parce que rien n’indique dans les films cités, une quelconque allusion à une instance supérieure à l’image du Spectre. Ça a clairement été ajouté au dernier moment et ça se ressent.

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Et pendant qu’on parle de Franz, quelle est la raison qui l’a poussé à monter cette organisation ? La réponse tient en un mot, Bond. Selon ses propres dires, c’est lui qui serait à l’origine de toutes les souffrances que ce dernier a du endurer. Cela comprend la perte de ses proches dans les anciens volets.

Mais pourquoi en veut il autant à 007 en particulier me direz vous ? Il faut remonter dans le passé pour y répondre. À une époque où le jeune Bond tout juste orphelin fut pris en charge par le père de Franz. Ce que ce dernier n’a pas apprécié car se sentant délaissé, le poussant à préparer sa vengeance sur tant d’années. Oui vous m’avez bien lu, c’est de la pure jalousie… Voila comment ruiner en un script, tout le background d’un personnage qui s’annonçait pourtant prometteur. Mais je reparlerai de lui dans la section suivante.

SPOIL OFF

Distribution

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Alors là y a beaucoup à dire, et pas en bien. Un casting joli sur le papier mais pas si flamboyant que ca dans la pratique. Je pense notamment au traitement réservé d’abord à Monica Belluci, toujours aussi charmante malgré ses 50 balais. Détail qui fait d’elle la plus âgée des « James Bond Girls« . Mais dans ce film, Lucia ne sert à rien si ce n’est que de servir de énième conquête pour l’agent double. Et au vu de ce qui est arrivé au personnage dans le film, c’était pas vraiment le moment de se faire séduire

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Ma 2ème déception va pour Christoph Waltz qui incarne le personnage de Franz. Impitoyable dans Inglorious Basterds (2009) et très bon dans Django Unchained (2012), j’en attendais beaucoup pour un acteur de cette trempe pour jouer le rôle du grand méchant dans un James Bond. Mais je l’ai peut-être surestimé sur ce coup. Pourtant ca partait bien avec la très bonne entrée en matière du personnage lors de la réunion du Spectre. Mais ses motivations  « surprenantes » (déjà expliquées plus haut) et le peu de menace qu’il représente (la scène avec la perceuse) au final l’ont décrédibilisé.

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Dernière déception, Dave Bautista qui incarne Xinx, l’homme de main de Franz. Un méchant qui a une carrure rarement vue dans un Bond (pas surprenant venant d’un ancien catcheur champion de la WWE et des poids lourds). Le dernier acteur auquel on pourrait le comparer sur cet aspect là est feu Richard Kiel qui incarnait l’illustre Requin, méchant iconique de la saga dans L’espion qui m’aimait (1977) et Moonraker (1979) sous l’ère de Roger Moore.

Mais presque 40 ans plus tard, la donne à quelque peu changé. Et malgré l’excellence de son affrontement à main nues contre Bond, le tout est gâché par une fin et une réplique de merde (littéralement) tous deux ridicules. Ah oui, et ce personnage à 2 lignes de texte dans TOUT le film, et je n’exagère même pas. Une coquille vide en somme.

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Mais sinon du coté des autres acteurs, ça va encore. Daniel Craig reste fidèle à lui même et porte toujours aussi bien son Smoking qu’à ses débuts. Que ce soit physiquement et mentalement, il a toujours la pêche malgré sa quasi cinquantaine. Son humour British fait toujours mouche et il a même réussi à me faire rire par moments (notamment avec une certaine souris). Aussi, on apprend encore un peu plus sur son passé même si ce n’est pas du niveau de Skyfall.

 

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Quant à la « vraie » James Bond Girl qu’est la Française Léa Seydoux, elle s’en sort plutôt bien aussi en tant que Madeleine. Son élégance et son caractère bien trempé crèvent l’écran pour le plus grand bonheur (ou pas) de 007. Elle succède ainsi aux autres françaises (entre autres) ayant déjà endossé ce rôle comme Sophie Marceau (Elektra King) dans Le monde ne suffit pas (1999) ou plus récemment Eva Green (Vesper) dans Casino Royale.

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Et enfin pour le reste, ca va encore. Les alliés de Bond que sont M, Moneypenny et Q sont beaucoup plus mis en avant que dans Skyfall qui les avait vus apparaitre pour la première fois. Certains d’entre eux se retrouveront même dans des situations bien délicates.

Bande Son

Composée par Thomas Newman, signant par l’occasion sa 5ème collaboration avec le réalisateur Sam Mendes (la précédente étant Skyfall), elle reste assez semblable au film précédent au niveau des sonorités. Mais ca reste une OST de bonne facture qui se marie très bien avec l’action du film.

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La musique d’intro quand à elle est chantée par Sam Smith avec le titre Writing’s on the wall. Succédant à Adele et son Skyfall, qui reste encore aujourd’hui une de mes musiques d’intro favorites tous Bonds confondus. D’ailleurs le single de Smith se paye le luxe d’être le premier thème principal de la saga à se hisser directement à la 1ere place des charts au Royaume Uni.

 

Conclusion

Si je devais faire mon propre classement des meilleurs Bond sous l’ère de Craig, en 1ère position je mettrais Skyfall suivi de très près par Casino Royale, puis vient Spectre en 3ème et enfin Quantum Of Solace au pied du podium. Pourquoi avant dernier ? Parce que c’est un film que j’aurais beaucoup de mal à revoir et apprécier à cause de ses défauts évidents. Et le traitement infligé à certains personnages est regrettable, surtout pour Franz. Néanmoins, Bond lui même est toujours au top et forme un très bon duo avec Madeleine. C’est déjà ça.

C’est un film qui s’est plus concentré sur la forme que le fond j’ai l’impression. Un casting globalement joli à l’extérieur mais pas complètement mûr à l’intérieur. Un scénario peu fouillé mais une excellente mise en scène. Ca oscille à chaque fois entre le bon et le mauvais sans jamais trouver le juste équilibre.

Pour conclure, c’est un film dans la lignée des précédents opus mais en déca en termes de qualité et prise de risques. Si vous aimez le genre vous passerez peut être un bon moment. Dans le cas contraire passez votre chemin.

Merci de m’avoir lu

Critique Ciné : Jurassic World

A l’occasion de la sortie du Blu-Ray ce 20 Octobre, voici aujourd’hui ma critique ciné sur Jurassic World. Suite directe de l’épisode pionnier sorti 22 ans avant, c’est un film « monstre » dans tous les sens du terme. Pas seulement pour la présence des Dinos, mais surtout à cause de son succès sans commune mesure au box office mondial (3ème plus gros succès de tous les temps). Mais au delà de ça, que vaut ce film en tant que blockbuster et surtout en tant qu’héritier des Jurassic ?

Réalisateur : Colin Trevorrow
Scénaristes : Colin Trevorrow, Derek Connolly, Rick Jaffa, Amanda Silver
Compositeur : Michael Giacchino
Casting : Chris Pratt (Owen Grady), Bryce Dallas Howard (Claire Dearing), Omar Sy (Barry), Nick Robinson (Zach Mitchell), Ty Simpkins (Gray Mitchell), Irfan Khan (Simon Masrani), Vincent D’Onofrio (Vic Hoskins), B. D. Wong (Dr Henry Wu)
Genre : Aventure, Science Fiction
Sortie : 10 Juin 2015 (2h05min)

Le jour où je ferais un Top 10 des films qui m’ont le plus marqué, nul doute que le 1er Jurassic Park de 1993 y figurera. Avec un Steven Spielberg à son apogée qui nous a pondu un des films les plus révolutionnaires de l’époque. De par ses idées de mise en scène (le verre tremblant annonçant la venue imminente du T-Rex par exemple), et ses effets spéciaux spectaculaires bien qu’ils aient bien vieilli aujourd’hui. Un film aussi vieux que moi et qui aura marqué le 7ème art à tout jamais. C’est justement sur ces bases solides que s’est construit Jurassic World, en jouant la carte de la nostalgie jusqu’au bout.

Critique

Synopsis

Une vingtaine d’années se sont écoulées depuis le premier volet. L’héritage de John Hammond (incarné autrefois par feu Richard Attenborough) s’est matérialisé et l’ancien « Park » de l’Isla Nubar est devenu un immense zoo ouvert au public où les touristes peuvent contempler et approcher sans crainte des Dinos de (presque) toutes espèces. D’ailleurs, l’île est magnifique avec une faune et flore crédibles. Ça donne réellement envie de s’y rendre, pour peu qu’on ignore ce qui s’y cache réellement…

Dino Crysis

Car la nouvelle star de cet opus est l’Indominus Rex. Un carnivore crée de toutes pièces et extrêmement dangereux. Il est le résultat de manipulations génétiques menées par le Dr. Henry Wu. Mais si, celui même qui était tout fier de présenter ses Raptors fraîchement éclos dans le tout 1er volet. Le genre d’expériences qui ne peut que mal tourner en somme. Et quand on réalise qu’un sacré paquet de monde se trouve sur l’île, une Apocalypse est vite arrivée. Ce que le film retranscrit très bien avec tous ces pauvres gens tentant désespérément de survivre. Cette séquence fait froid dans le dos, même dans un Jurassic..

Tout doux les cocos…

Et c’est là qu’intervient Owen. Un Ex Navy devenu dresseur de Raptors à temps plein. Certes, ce n’est pas franchement le boulot le plus sûr qui soit, mais y a rien de plus dissuasif qu’avoir une escouade de Raptors affamés à ses bottes pas vrai ? C’est d’ailleurs ce filon que tentera d’exploiter Vic qui ambitionne d’en faire des armes de guerre.  Une idée typique du Bad Guy quoi.

Film Jurassic oblige, les Dinos se doivent de « crever » littéralement l’écran. Mais à la différence des anciens volets, tous ne se contentent pas que de bouffer tout ce qui passe à leur portée, à l’image des Raptors dressés cités plus haut. Les autres créatures occupent une place plus particulière dans le scénario. Sans trop spoiler, attendez vous à en voir (ou revoir) certains dans des situations inattendues. J’ai également eu un coup de cœur pour les minis-Tricératops tout mignons et le Mosasaure qui en impose clairement.

Esthétique

Visuellement, c’est pas trop mal. Loin de révolutionner le genre en matière d’effets spéciaux, le rendu global est appréciable et les dinos sont toujours aussi impressionnants. Par contre, la 3D est complètement inutile. Elle n’apporte rien de plus à part gonfler le prix de la place de ciné. Sachez que de base, je n’ai aucun problème avec la 3D. Mais quand on veut autant l’imposer pour un résultat pas toujours à la hauteur, ca à tendance à m’irriter

Scénario

Pas grand chose à dire la dessus à part qu’il reste dans le classique avec une histoire d’expériences génétiques et de légers rebondissements. Le rythme du film commence à s’emballer durant ses 30 dernières minutes avec un final qui a fait débat (j’y reviendrai).

Distribution

Concernant les acteurs, c’est passable mais on a vu mieux. Parmi ceux que je retiens, Chris Pratt que j’ai surtout connu grâce aux film « les Gardiens de la Galaxie » (très bon divertissement au passage) fait plutôt bien son taf. Même si selon moi, il ne remplace pas Sam Neil (Alan) et Jeff Goldblum (Ian) que j’aurais bien aimé revoir aussi. Bryce Dallas Howard (Gwen Stacy dans Spider-Man 3) à une « belle » stature mais privilégie un peu trop son boulot au détriment de sa famille. Omar Sy qui m’a bien faire rire par le passé (SAV des émissions, Intouchables) demeure plus discret et plus sérieux ici en tant que soutien à Pratt Pratt. Vincent D’Onfrio (Men In Black, Série Dardevil) représente l’antagoniste basique. Les frères Mitchell incarnés par l’ainé Nick Robinson (qui mate à tout bout de champ) et le cadet Ty Simpkins (Iron Man 3) m’ont laissé complètement indifférent au début mais demeurent heureusement plus matures vers la fin.

Bande Son

Composée par Michael Giacchino qui a déjà apporté sa contribution dans d’anciens jeux Jurassic Park, elle conserve l’atmosphère des thèmes originaux du légendaire John Williams tout en y ajoutant son propre style. En tant que fan, réentendre le thème culte de la saga en salle m’a procuré des frissons de nostalgie.

En vrac

Comme je l’ai évoqué plus haut, le film fait la part belle à la nostalgie, avec des clins d’œil omniprésents sur le 1er volet. Selon la sensibilité de chacun, cela pourra soit être apprécié, redondant, ou laisser indifférent pour ceux qui n’ont pas vu Jurassic Park premier du nom. Un Fan-Service plus ou moins bien dosé mais qui ne m’a pas tant dérangé que ca. Sauf peut être à la toute fin du film. D’ailleurs, parlons en !

(Attentions Spoilers )

À un certain moment du film, on découvrira que des dinos de même espèce (Raptors en l’occurrence) peuvent communiquer entre eux. Ok, pas de soucis jusque là, c’était déjà le cas dans les anciens volets.

Mais là où ca me choque, c’est lorsque ces mêmes Raptors communiquent avec The T-Rex afin d’élaborer un plan pour mettre à terre l’I-Rex…C’est quand même assez troublant quand on se rappelle que durant la scène finale de Jurassic Park, ce même T-Rex à mis K.O tous les Raptors présents.

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Mais pour moi la pire des incohérences (qui m’a même fait marrer), c’est tout de même Claire Dearing qui arrive à distancer Mr T-Rex, avec des tallons aiguilles…Encore heureux qu’elle n’ait pas trébuché sinon elle aurait fini direct en casse croûte.

(Fin du Spoiler)

C’est dommage parce que ce combat final était sympa à regarder, avec le retour triomphant du roi.

Conclusion

Ceux qui ont gardé un bon souvenir du 1er Jurassic Park devraient retrouver leurs marques. Mais au delà de l’aspect nostalgie, ca reste un divertissement classique, sympa à regarder mais clairement pas le film du siècle malgré son succès phénoménal au Box Office. Moi, j’ai passé un bon moment et ce Jurassic World est un film qui mérite d’être vu, à moins de ne pas être fan du genre.

Merci de m’avoir lu.