[Cinéma] Critique – Avengers : Infinity War

Cette année, le Marvel Cinematic Universe (MCU pour les intimes) initié en 2008 avec le film Iron Man souffle sa 10ème bougie. Et quoi de mieux pour marquer le coup que Avengers : Infinity War ? Le premier acte du point culminant de cet univers de 19 films en comptant celui-ci. Voici mon avis sur ce film qui n’a laissé personne indifférent.

PS : À la fin de l’article, y aura une partie spoilers. Ça sera indiqué le moment venu.

Avant-propos

On vit quand même une époque formidable. Si on m’avait dit qu’un jour des héros tels qu’Iron Man, Captain America, Thor et Hulk pour ne citer qu’eux partageraient l’affiche dans un seul et même film, je n’y aurais pas cru. Puis un certain Joss Whedon a rendu ce fantasme possible avec Avengers  en 2012. Pour l’époque c’était déjà dingue de réunir autant d’icônes de la pop culture. Et pourtant les frères Russo à qui on doit les 2 derniers films Captain America (Le Soldat de l’Hiver et Civil War) ont mis la barre à un niveau encore plus haut avec cet Infinity War (que j’appellerais IW à partir de maintenant). Dire que ce n’est que la première partie..

Ce fut les 2h30 les plus intenses que j’ai jamais vécues devant un film de super-héros. Il m’aura pris aux tripes sur toute sa durée, et son dénouement qui fera date dans l’histoire du cinéma m’a presque laissé sur le carreau. Un choc qui fut proportionnel à mon degré d’attachement (très élevé) à ce MCU. Pour vous dire, j’ai été même jusqu’à le voir 2 fois au cinéma.

L’Odyssée de Thanos

Il aura beau être l’ennemi commun des Avengers et de l’Univers tout entier, Thanos est LE personnage principal de ce film. Toute l’histoire est centrée sur ce Titan Fou. Et il est incontestablement le meilleur antagoniste de tout le MCU, très loin devant Loki et Killmonger (dont j’ai déjà parlé dans ma critique de Black Panther).

Moi qui m’attendais à voir une grosse brute qui détruit tout sans réfléchir, il n’en est rien. On a affaire à un individu déjà doté d’une puissance inégalée sans même avoir toutes les pierres de l’infini, est un fin stratège, et est prêt à absolument tout pour satisfaire son ambition démesurée. Qui n’est pas simplement de détruire l’Univers comme on pourrait le croire, mais d’en « rétablir l’équilibre » selon ses dires.

Bien que je ne valide pas ses méthodes, je ne peux difficilement lui donner tort dans son raisonnement lorsqu’il dit que les ressources de l’Univers sont limitées et qu’à terme cela entrainera une crise sans précédent entre les civilisations. Et c’est pour anticiper cette crise que Thanos recourt à des moyens aussi drastiques. De son point de vue, il ne le fait pas par égoïsme, mais pour rendre service à la population. Même si personnellement, je ne me vois pas capable d’ôter une vie pour en sauver des millions d’autres

Mais à ma grande surprise, sous sa solide carcasse se cache un être protecteur et doté de sentiments réels envers les rares personnes auquel il tient. Ce qui contraste avec les points cités plus haut.

Et puis faut dire qu’il en impose le bonhomme. Ça fout des roustes à tour de bras, à tel point que les Avengers doivent se mettre à plusieurs ne serait-ce que pour le mettre en difficulté (et encore). En tout cas Josh Brolin, l’acteur qui prête ses traits à Thanos depuis ses premières apparitions dans le MCU a fait un excellent boulot d’interprétation. J’en ai presque oublié qu’il était fait d’images de synthèse. À croire qu’il est né pour ce type de rôle puisque c’est lui qui jouera Cable, le méchant du futur Deadpool 2.

Les Avengers à leur apogée

Tous les Avengers sans exception ont eu un rôle crucial à jouer face à Thanos. Bien évidemment certains sont plus exposés que d’autres, mais que ce soit directement en lui faisant face, ou indirectement en servant de support, y en a pas un seul qui ne mérite pas sa place ici.

Et quel plaisir de voir se rencontrer pour la première fois (ou se revoir pour certains) ces personnages issus du même Univers mais aux origines tellement différentes. Les joutes verbales entre Tony Stark vs Dr. Strange et Thor vs Starlord sont savoureuses.

D’ailleurs, l’humour propre au MCU  est relativement bien dosé pour une fois et fait souvent mouche. Contrairement au film Thor Ragnarok (se déroulant juste avant IW dans la chronologie) qui en abusait pas mal même durant les moments critiques.

Les protagonistes issus des films Gardiens de la Galaxie (les plus drôles au demeurant) sont ceux qui sont le plus mis en avant. Logique quand on sait ce qui les lie à Thanos, dont un personnage en particulier (j’en reparlerai dans la partie spoil). Idem pour Thor directement impliqué dans les premières minutes du film, et qui n’a jamais aussi bien porté son titre de Dieu nordique que dans cet opus.

Esthétique

Ce film se passe à la fois sur Terre, dans l’Espace et ailleurs pour ne pas en dire plus. Ce qui donne lieu à une grande variété d’environnements assez jolis visuellement, dont certains qui sont liés intrinsèquement à des personnages du MCU.

Les scènes d’actions sont excellentes et assez bien filmées. Que ce soit dans la chorégraphie des combats à mains nues ou à armes blanches, ou des affrontements à base de pouvoirs magiques, c’est du grand spectacle. Celles impliquant le Dr. Strange en sont le meilleur exemple, même si on n’est pas au même niveau que dans son propre film ou la barre était mise très haute en matière d’effets visuels.

Le film de la maturité

Cet IW est certainement le plus mature des films du MCU. Pas seulement à cause du contexte apocalyptique avec le danger d’une fin des temps imminente, mais aussi par ses thèmes abordés.

Le premier qui crève l’écran est la mort (pour des raisons évidentes) et aussi le sacrifice. Pour cette dernière je ne dirais pas tout de suite qui est concerné, mais cette notion est abordée dans un acte clé du film.

Le second c’est le désir de vengeance. Partagé par une partie des protagonistes envers Thanos car le tenant responsable de leurs maux.

Et le dernier est l’amour. Alors certes dans la plupart des films du MCU une romance survient avec les personnages principaux, mais ici certaines relations déjà amorcées dans d’anciens films se cristallisent et ont un enjeu plus dramatique. Je pense notamment au couple Starlord / Gamora qui pour ma part est très bien traité, et à Vision / Wanda dont je suis moins fan et que je trouve un peu niaise.

Conclusion

Infinity War est un film qui fera date dans l’histoire des super-héros, et des films tout cours. Non pas grâce aux nombre d’icônes présents à l’écran, mais surtout par le fait qu’il tient quasiment toutes ses promesses. Un méchant excellent et très ambigu, beaucoup de moments de gloire, et son final extrêmement couillu. Même si on n’est loin d’en avoir fini avec les Avengers, je tiens à remercier tous ceux qui ont contribué à la réussite de ce film, et ainsi que Kevin Feige sans qui tout cela aurait été impossible. Rdv l’année prochaine !

 

 

 

ZONE SPOILERS

À partir de maintenant, on entre dans la partie Spoil. Je sors de l’aspect critique du film pour revenir en détails sur certains points. Si vous n’avez pas encore vu IW, je vous conseille chaudement de vous arrêter là.

Vous êtes encore là ? Alors allons y

 

Impossible de parler de ce film sans évoquer les (très) nombreuses morts dues à Thanos. Certaines étaient plus faciles à deviner que d’autres, comme Vision à cause de la pierre de l’esprit qui était logée dans son crâne et arrachée par Thanos lui-même, et Loki, qui a eu une belle fin pour ma part. Ce dernier était présent dans les trailers mais pas dans l’affiche du film, le calcul était donc simple. Mais de là à imaginer que un des seuls survivants du royaume d’Asgard soit Thor (devenu méchamment badass pour le coup) me fait beaucoup de peine pour ce dernier. Que ce soit son père, sa mère, son peuple, son meilleur ami Heimdall et son frère, il aura réellement tout perdu. Sa haine, sa rage et sa grande puissance sont totalement justifiés pour le coup.

J’en place une pour Gamora. Le meilleur personnage féminin de ce film pour moi. Et de loin la plus réfléchie de son groupe (la seule qui ne déconne pas). Elle est même allée jusqu’à tenter de se sacrifier pour les sauver de son Titan de père adoptif. Et sa mort des mains d’un Thanos déchiré mais résigné pour l’obtention de la pierre de l’âme fut la scène la plus poignante de tout le MCU.

Maintenant que j’ai parlé des morts « définitives », parlons des morts post-claquement de doigts. Donc certains que je n’ai pas vu venir.

C’était quand même osé de faire mourir les 3 derniers arrivants du MCU que sont Dr. Strange, Spiderman (inattendue et avec une courte scène très touchante avec Stark) et Black Panther. Ainsi que la quasi-totalité des Gardiens de la Galaxie qui sont partis en fumée. Seuls Rocket et Nebula ont survécu. Et le plus étonnant, c’est que d’autres films solo sont prévus pour eux à l’avenir. Ce qui laisse finalement peu de doutes quant à leur survie après IW. Reste à voir comment cela sera amené avec l’intervention très certaine de Captain Marvel si j’en crois la scène post-générique.

Merci de m’avoir lu.

 

[Cinéma] Critique : Black Panther

Ayant eu droit à une première apparition pour le moins étincelante dans Captain America : Civil War (que j’aime appeler Avengers 2.5), la Panthère Noire a eu droit à son propre film juste avant le grand final du Marvel Cinematic Universe contre Thanos qui débutera avec la 1ère partie de Avengers : Infinity War le 25 Avril prochain. Voici donc mon avis sans spoil sur ce Black Panther qui en ce moment pulvérise les scores au Box Office mondial.

Avant-Propos

Me concernant, je ne me suis jamais intéressé plus que ça au personnage de Black Panther issu des Comics Marvel avant son apparition au ciné. Par contre, j’ai vu suffisamment de films du MCU pour dire que ce film est certainement l’un des plus rafraîchissants de cet univers. Et ce pour plusieurs raisons.

Bienvenue au Wakanda

La première et la plus notable de ces raisons tient en un mot, Wakanda. Une nation qui nous offre une représentation à la fois fidèle et inédite (à ma connaissance) de l’Afrique noire telle qu’on la connaît du cinéma et de la vie de tous les jours.

Esthétique

Avec d’abord l’aspect sauvage que l’on doit aux environnements naturels tels que la savane africaine, des cascades, canyons, forêts tropicales et j’en passe. C’est beau, même si on peut regretter que le tout soit du numérique et qu’aucune scène n’a réellement été tournée dans ce continent.

Les différentes tribus du Wakanda renforcent cet aspect avec leurs attributs physiques (piercings, coiffures, tatouages) et costumes (environ 700) inspirés des tenues traditionnelles Africaines à base d’ornements et de tissus des plus exotiques. J’en place une pour la chef costumière Ruth E. Carter ainsi qu’à tous les acteurs, cascadeurs et figurants qui ont contribué à porter les couleurs du Wakanda.

Par contre pour les scènes d’action c’est un peu plus mitigé pour ma part. Certaines d’entre elles manquent de lisibilité. Comme les affrontements au pied de la cascadel’action change sans cesse de point de vue et nous empêche d’apprécier les chorégraphies comme il se doit. Et je trouve qu’on ressent beaucoup trop l’effet « fond vert » surtout durant les scènes avec le costume du Black Panther. Néanmoins, j’ai  pas mal apprécié toute la séquence en Asie et la course poursuite qui s’en est ensuive.

Bande Son

Ludwig Göransson & Ryan Coogler

Cela se ressent aussi au niveau de la bande originale du film composée par Ludwig Göransson (qui avait déjà œuvré pour celle de Creed, le précédent film de  Ryan Coogler) avec un mélange de sonorités tribales, chœurs africains, hip-hop et épiques qui confère au film une sacré identité. Ci-dessous, 2 morceaux parmi mes favoris.

Le thème du Wakanda

Le thème de Killmonger

L’Afrique du futur ?

Mais ce qui fait l’originalité du Wakanda, c’est son aspect Afrique-Futuriste. Chose qui n’a jamais été représenté au cinéma jusqu’ici, du moins à ma connaissance. Une utopie qui fait rêver surtout quand on sait que l’Afrique actuelle malgré ses innombrables ressources, n’a pas encore le même niveau de vie que dans les pays occidentaux.

D’ailleurs en parlant de ressources, cet état-fictif est le seul dans le monde du MCU à exploiter le Vibranium. Un matériau d’une résistance inégalée et qui fait partie intégrante de leur culture. Toute la modernité et la technologie du pays reposent sur lui, dont la combinaison du Black Panther et le fameux bouclier du Captain America pour ne citer qu’eux.

On est donc loin du cliché du pays Africain « pauvre » bien au contraire. Le Wakanda est une superpuissance en avance sur son temps malgré sa politique isolationniste qui sera une des sujets centraux du film.

 

Plus ou moins éloigné du MCU

Black Panther dans Civil War

Autre caractéristique le démarquant des autres films du MCU, c’est l’absence d’interactions entre Black Panther et les autres Avengers dans ce film. Alors que sa trame scénaristique suit directement celle de Civil War. À l’exception près de la 2ème scène post-générique ci-dessous.

Mais à part ça, pas de caméos à l’image de Tony Stark aka Iron Man dans Spider Man Homecoming par exemple. Ici, il n’est question que du Wakanda. Et ce n’est peut être pas plus mal ainsi.

Distribution

Un des plus grandes forces de ce film réside dans son casting et la manière dont ses personnages sont développés.

2 visions différentes pour un seul et même trône

Parmi ceux qui m’ont marqués coté masculin, Chadwick Boseman incarnant T’Challa et endossant impeccablement le costume de la Panthère Noire pour la seconde fois au cinéma. Sage, noble, mais toujours prêt à en découdre pour le bien de son peuple et pour défendre son statut de jeune Roi du Wakanda. Et si je devais le résumer en une citation, ça serait celle-ci dessous qui critique subtilement le gouvernement Américain actuel :

« En temps de crise, le sage construit des ponts, le fou construit des murs. »

Statut qui sera mis en péril par Erik Killmonger incarné brillamment par Michael B. Jordan qui tenait déjà le rôle-titre dans Creed. Ce qui n’a rien de surprenant vu comment il fait parler les poings ici.  Bien que ses méthodes pour parvenir à ses fins soient très discutables, on comprend par le biais de flashbacks et autres éléments de scénario le pourquoi du comment. En clair il n’est pas méchant juste parce qu’il doit être méchant. Un développement fort intéressant qui le place dans le haut du panier parmi les antagonistes du MCU. À tel point qu’il éclipse presque le Black Panther lui-même.

On le voit rien qu’avec le combat idéologique qui les oppose. Et qui a le mérite d’aller beaucoup plus loin que le classique « gentil » contre « méchant ». Avec d’un côté, l’héritier légitime du trône qui tend à perpétuer les traditions de ses aînés et garder le Wakanda à l’écart du monde. Et de l’autre, un « étranger » qui a de bonnes raisons de prétendre lui aussi au trône (ceux qui ont vu le film sauront où je veux en venir), voulant renverser par la force les traditions déjà établies et avec pour objectif d’ouvrir le Wakanda au reste du monde. En résumé, T’Challa et Killmonger ne sont que deux faces d’une seule et même pièce.

Et un dernier point qui m’a convaincu sur le fait que le personnage de Killmonger est très bien écrit, c’est ce post Facebook ci-dessous illustré avec une photo du fameux masque qui lui a fait de l’œil dans le film. Racontant une histoire vraie et m’ayant fait prendre conscience que Coogler n’a rien laissé au hasard.

Pour les non-anglophones, ça dit grosso modo que ce masque appartenait à une ancienne tribu du Nigeria du Sud. Et qu’en 1803 dans l’état de la Géorgie, une rébellion éclata sur un bateau entre les esclaves de cette tribu et leur maîtres qui se soldera par le meurtre de ces derniers. Livrés à eux-mêmes tout en sachant qu’ils ne pourront jamais revenir sur leurs terres d’origines et que leur seul destin était de devenir à nouveau esclaves, cette tribu a entrepris un suicide groupé en se jetant dans l’océan.

Ce qui fait écho à la punchline de Killmonger qui dit à un moment dans le film :

« Fous-moi dans l’océan avec mes ancêtres qui se sont jetés des bateaux parce qu’ils savaient que la mort valait mieux que l’esclavage »

Petite déception pour Andy Serkis. Un immense acteur qui a donné vie à des personnages emblématiques du cinéma tels que Gollum dans le Seigneur des Anneaux, Kong dans King Kong, César dans La Planète des Singes et j’en passe. Et qui joue pour la seconde fois (la première fois étant dans Avengers : L’Ère d’Ultron) le rôle de l’autre antagoniste du film Ulysses Klaue. Bien qu’il soit à fond dans son rôle et cabotine comme pas permis, il est hélas mis en retrait pour une raison que je ne spoilerai pas ici.

Le 1er film de Super-héroïnes noires

J’insiste sur le féminin car les femmes tiennent une place extrêmement importante dans ce film et n’ont rien à envier à leur homologues masculins. Certainement le film le plus féministe qu’il m’ait été donné de voir depuis Mad Max : Fury Road. Si je devais toutes les décrire en 4 adjectifs, ça serait intelligence, sagesseforce et caractère.

D’abord l’éclatante Shuri la sœur du héros incarnée par Letitia Wright, qui pour moi est l’équivalent de « Q » dans les James Bond qui confiera à T’Challa tout l’équipement dont il aura besoin. Elle son atout c’est l’intelligence, et aussi son humour qui fait presque toujours mouche. Mais elle sait aussi se montrer décisive dans les moments cruciaux.

Ensuite la promise du héros  qu’est Nakia jouée par Lupita Nyong’o. Et qui lui ressemble un peu sur le plan de la sagesse. Tout comme la mère du héros Ramonda incarnée par Angela Bassett. Et le meilleur pour la fin, l’impitoyable guerrière Okoye jouée par Danai Gurira (Michonne dans The Walking Dead). Qui allie force et caractère. Nul doute que sans leur présence, T’Challa aurait eu beaucoup de mal à défendre son royaume.

Conclusion

En tant que film de super-héros, ce Black Panther joue dans le classique. Mais tout l’intérêt se porte pour le reste. Le Wakanda, les personnages, les thématiques abordées, la rivalité entre T’Challa et Killmonger etc. Pour moi, il est dans le haut du panier des films du MCU et de Marvel en général.

Ce film c’est non seulement une belle lettre d’amour à la culture africaine, mais aussi une belle leçon de politique et de féminisme. Et le fait que le cast soit noir à 95% joue énormément, surtout que c’est tellement peu courant. Même si c’est loin d’être le premier film avec un tel casting contrairement à ce qui se dit un peu partout sur le net.

Et je dois vous avouer qu’en tant qu’Africain moi-même, voir un film aussi couillu sur ces aspects avoir autant de succès me fait énormément plaisir. Est-ce un film important ? Peut-être. Mais une chose est sûre, il est porteur d’espoirs.

Merci de m’avoir lu et n’hésitez pas à me donner votre avis sur ce film ou ma critique. 😉

Retour sur Batman V Superman – ULTIMATE EDITION

bvs_faceoff_wpwSuite spirituelle de Man Of Steel (2013) et par conséquent le 2ème film du DC Extended Universe, voici mon avis sur la version Blu-Ray Ultimate Edition de Batman V Superman : L’Aube de la Justice par Zack Snyder. Préparant le terrain pour l’avènement de la Justice League au cinéma en 2017, à l’instar des Avengers de Marvel, je vais décortiquer ce « Choc des Titans » victime d’un bashing sans commune mesure dans l’histoire des films de super-héros. Mais cette levée de boucliers est-elle justifiée ? Réponse garanti sans spoilers.

Réalisateur : Zack Snyder
Scénaristes : David S. Goyer & Chris Terrio
Producteurs : Charles Roven & Deborah Snyder
Compositeurs : Hans Zimmer & Junkie XL
Société de distribution : Warner Bros. Pictures
Casting : Ben Affleck (Bruce Wayne /Batman), Henry Cavill (Clark Kent / Superman), Gal Gadot (Diana Prince / Wonder Woman), Amy Adams (Lois Lane), Jesse Eisenberg (Lex Luthor), Diane Lane (Martha Kent), Laurence Fishburne (Perry White), Jeremy Irons (Alfred Pennyworth), Holly Hunter (Sénatrice Finch)
Genre : Action, Fantastique
Sortie ciné : 23 Mars 2016 (2h33 min)
Sortie Blu-Ray:
Août 2016 (3h03 min)

Avant-propos

Batman V. Superman: Dawn Of Justice

Ben Affleck & Zack Snyder

Avant de parler du film en détails et des critiques à son encontre, je vais évoquer un peu le style de Zack Snyder. Ceux qui connaissent bien sa filmographie, savent qu’il a une grande maîtrise du visuel lors des scènes d’action. Par exemple, lors de cet affrontement épique du film 300 (2006), où le roi Léonidas achève ses adversaires à la chaîne, à coups de Slow Motion et de Zoom Caméra au moment opportun. Cette fameuse séquence démarre à partir de 3:50 dans la vidéo qui suit.

Artistiquement, Snyder se démarque aussi grâce à la palette très monochrome de ses films. Qui ne plait pas à tout le monde d’ailleurs. Watchmen (2009) en est le parfait exemple car souvent très sombre aussi bien dans le visuel que par son atmosphère. D’ailleurs, beaucoup lui reprochent de se prendre trop au sérieux dans ses longs métrages.

Et dernier point le caractérisant, l’aspect politico-social vu dans sa filmographie et parfois tabous comme entres-autres, la religion et la discrimination. Des sujets qui divisent depuis la nuit des temps et dont rien que le fait de les aborder, ont transformé Snyder en cible à abattre malgré lui pour les plus extrémistes. Mais j’en reparlerai plus bas.

Et c’est pour ces raisons que j’ai beaucoup d’admiration pour son travail. Il prend des risques, sublime un univers dans un style propre à lui ne laissant personne indifférent, et maîtrise parfaitement l’image.

614b39865acd67f2fbe17d32b678538720160723215402Conaissant bien sa filmographie, j’étais naturellement très curieux de ce qu’allait donner Batman V Superman (que j’appellerai BvS à partir de maintenant). Un film dans la continuité de Man Of Steel (que j’appellerai MoS), mais qui pose les bases pour la série de films à venir centrés sur les personnages de la Justice League de DC Comics. Dont le film éponyme est prévu pour Novembre 2017. Mais avant ça, je tiens à pousser un grosse gueulante.

Coup de Gueule

Bien avant que le film sorte en salles, une partie du web avait déjà préparé le lance flammes. Quelques jours seulement après sa sortie en salles obscures, le petit feu de rageux devenu un brasier de haters, l’avait déjà bien consumé. Et malgré que les choses se soient calmées depuis, les plaies sont encore béantes et les séquelles terribles

4b5À ma connaissance, rares sont les films dans l’histoire du cinéma qui auront autant divisé les gens. Même Stars Wars 7 (2015), dont la fan-base est pourtant immense, et qui n’est pourtant pas apprécié de tous, n’a pas eu droit à un tel traitement de défaveur. Rien qu’à l’époque des premiers teasers révélant le nouveau Batman incarné par Ben Affleck (que j’aime appeler “Batfleck”) les huées virtuelles qui s’ensuivirent furent assourdissantes.

birden-fazla-super-kahraman-rolunde-boy-gostermis-8-aktor_780x527Donc, c’est parce qu’il a joué le rôle titre dans le très décrié Daredevil (2003) qu’il n’a plus le droit d’incarner un autre Super-Héros ? D’autant plus qu’il est très loin d’être mauvais dans BvS ? (j’en reparlerai).  C’est un gros problème de cette société où les gens jugent sans réfléchir, sans connaître, sans aucun recul et ce dès la première impression. Voyez l’exemple de Ryan Reynolds, unanimement hué en tant que Green Lantern (2011), mais unanimement salué dans le dernier Deadpool (2016). Tout le monde à droit à une seconde chance. Et ce ne sont pas les exemples qui manquent.

tumblr_static_afv7h6d6wv4k04gksg0ocoo88Même constat pour Gal Gadot qui incarne magnifiquement Wonder Woman. Critiquée elle aussi car “pas assez de formes” selon certains… Là, je m’adresse à ces superficiels qui ne jurent qu’à la taille du bonnet et du fessier. Sachez qu’une femme qui a du charisme, du charme et de l’attitude vaut infiniment plus qu’une autre qui n’est que bien gaulée. Et malheureusement pour ces “gens” là, elle possède les 3 critères cités en amont. Et j’ai hâte de voir le film centrée sur elle prévu pour Juin 2017.

Il y a aussi les fanboys les plus hardcores. Les pires de tous. Qui sont prêts à partir en croisade contre ceux dont l’avis diffère du leur. Et qui ont le culot d’imposer par la force leur vision de l’univers. Comme si c’était à eux de décider…Vous voyez la séquence vidéo du film 300 postée en amont ? Eh bien cela illustre parfaitement la violence du net.

david-s-goyer-interview-dc-movie-tv-universeAutant, je veux bien qu’il y ait une certaine cohérence avec l’univers de DC, même si je suis très loin de le connaitre parfaitement moi même. Autant faut pas se voiler la face. Pas besoin d’avoir un diplôme de Cinéma pour constater que transposer un univers vieux de plusieurs décennies, regroupé en des centaines d’ouvrages et autant d’histoires différentes, et le tout dans un seul film, c’est très compliqué. Surtout si les 3/4 des héros présents dans le film n’ont pas étés introduits avant (exception faite de Superman dans MoS). Ce qu’a très bien fait Marvel avec des films centrés sur Iron Man, Captain America et Thor avant de les voir parmi les Avengers.

Les thèmes abordés dans le film mais aussi dans la filmographie de Snyder en général, n’ont pas du aider à cette impopularité. Quand des thèmes comme la religion, le racisme ou l’immigration s’entrecroisent dans un seul et même film, faut pas s’attendre à des débats tendres. D’ailleurs, le ton de BvS demeure tellement sérieux qu’il n’est jamais vraiment « drôle ». La seule chose pouvant s’en approcher étant l’humour noir.

Un des reproches que je ferais à ce film, c’est son marketing fait via les trailers. Là y a deux écoles. Ceux qui sont suffisamment bien réalisés pour ne pas trop en révéler, voire même dérouter les spectateurs sur la véritable intrigue (comme le premier trailer de Godzilla 2014). Soit comme c’est le cas ici, ceux qui te résument toute l’intrigue. Et celui avec le trio face à « cette » créature (on repassera sur son design au passage) en est le triste exemple. Il en montrait trop.

Ce film bien que plein de défauts et d’incohérences, ne mérite pas ça. Et quand je vois qu’une pétition (qui avait récolté des dizaines de milliers de signatures) a vu le jour  dans le but d’évincer Snyder des prochains films de la Justice League, ca me donne envie de gerber.

Esthétique

tumblr_o4ongjdb8h1rrxps4o1_1280À la fois visuellement et en terme de mise en scène, ça dépote pas mal. Les 20 premières minutes du film annoncent déjà le ton avec 2 séquences clés. D’abord l’intro, avec le flashback tragique du jeune Bruce Wayne. Qui même si je trouve qu’on en a pas mal bouffé dans les anciens Batman au ciné, séries TV, dessins animés et j’en passe, reste esthétiquement très réussie.

Et ensuite, toute la scène vue dans les trailers, faisant la connexion avec MoS avec la quasi destruction de la ville de Métropolis durant l’affrontement entre le Général Zod et Superman. Impressionnante en termes de rendu et d’intensité. Et le fait d’observer ce combat d’un point de vue humain, celui d’un Bruce complètement désemparé et impuissant, rend la scène définitivement marquante.

sam_r3_v11c6_151015_15mj_g_r709f.278306.tifPlus loin dans le film se déroule ce qui est pour moi une des meilleurs scènes de BvS. Quand Batman affronte à lui tout seul, toute une horde de mercenaires dans un décor post-apocalyptique rappelant Mad Max : Fury Road (2015). On a rarement, peut être même jamais vu le chevalier noir aussi puissant dans ce film qu’auparavant. Presque comme dans la série des jeux vidéos Arkham par le studio Rocksteady. C’est à partir de ce moment là que j’ai définitivement validé Ben Affleck en tant que tel.

Les exemples visuels sont nombreux, mais ceux-là m’ont bien plus marqué.

Scénario

C’est mitigé. Car il y a à la fois de bonnes idées comme des complètement maladroites. Toutefois la Ultimate Edition rehausse un peu le tout en apportant 30 minutes supplémentaires d’éléments cruciaux absents de la version ciné. Avec des personnages principaux comme secondaires bien plus mis en avant, voire inédits. Comme Jenet Klyburn incarnée par Jena Malone, personnage exclusif à cette version et qui sera d’une aide précieuse pour Lois Lane. Ces ajouts bien qu’ils n’aient pas changé mon avis global sur la version vue au cinéma, rend le film déjà bien plus regardable.

Par contre ce que je ne valide pas, c’est que ce schéma risque de se répéter à l’avenir. Suicide Squad, film sorti en Août dernier et lui aussi intégré dans l’univers DC aura également droit à une « version longue »… À croire que la Warner le fait vraiment exprès de sortir des films en kit. Autant ne plus aller au ciné dans ce cas la non ?

Batman V. Superman: Dawn Of JusticeBref. Parmi ce que j’ai pas trop aimé, c’est que le fameux combat pour lequel le film nous est vendu, ne dure même pas un quart d’heure montre en main. Ok durant une bonne partie du film, une forte tension s’installe entre ces 2 colosses, et ce choc des titans est très bien mis en scène. Mais pour un film qui se nomme Batman “Versus” Superman, c’est non. Autant l’appeler “Justice League le commencement” tout court. Un titre plus approprié à mon sens vu la masse de protagonistes issus de cet univers qui apparaissent très (très) brièvement. J’y reviendrais dans la partie personnages.

Le fameux retournement de situation engendré par cette révélation commune aux deux super héros est à mon sens, logique. Même si ça arrive comme un cheveu sur la soupe.

Comme dit plus haut, le film se construit au départ à partir des événements apocalyptiques de Metropolis, qui tente tant bien que mal de s’en relever. Événements dont l’homme d’acier est tenu comme unique responsable malgré lui, et malgré son indiscutable bonne volonté.

À partir de là, deux camps se forment au sein de la population. Ceux qui lui vouent un culte, le considérant comme un sauveur, un Dieu bienfaiteur. Et les anti, le pointant du doigt comme un imposteur “False God”, convaincus qu’il pourrait détruire le monde à tout moment. Là tout de suite, on peut faire le parallèle avec la religion, avec ce culte de la personnalité, représenté par la statue à son effigie. D’autres thématiques viennent s’entremêler, comme l’immigration, car on parle d’un être venu de l’espace, et le racisme. Et Superman va en prendre plein la poire à ce niveau là.

C’est un aspect du scénario que j’ai vraiment trouvé intéressant. Car il remet en question la place du super héros dans la société et le danger qu’il peut représenter. Et c’est là qu’on prend conscience que “gentil” ou “méchant”, tout dépend du point de vue de chacun en fin de compte.

Par moment, BvS se la joue Inception (2010), avec Bruce Wayne et ses rêves imbriqués dans d’autres rêves. Une mise en abîme qui en dit long sur sa vision du monde, et de Superman lui même. Qu’il craint visiblement au plus profond de son être malgré son envie « de le faire saigner ». Des rêves peut être prémonitoires, que les prochains films de la Justice League confirmeront, ou pas.

Finalement pour développer tout ça, l’intrigue prend fatalement beaucoup de temps à tout mettre en place avant le début des hostilités.

Distribution

La prestation globale est à la fois un des gros points forts du film, comme une de ses plus grandes faiblesses selon les acteurs.

batman-vs-superman-el-origen-de-la-justicia_00Et on va commencer par celui que tout le monde attendait au tournant, le Batfleck. Qui a eu la lourde tache de succéder au très convaincant Christian Bale de la trilogie The Dark Knight (2008-2012) par Christopher Nolan. Et force est de constater qu’il a les épaules suffisamment larges (littéralement) pour porter ce flambeau. Si j’en crois sa prise de masse musculaire et les efforts physiques que l’oncle Ben à fourni pour endosser ce rôle au mieux.

Mais au delà de la carrure et de la performance physique, on a affaire à un Batman convaincant. Un super héros crédible qui nous fait définitivement oublier l’accident de parcours qu’était le film Daredevil. Tranchant radicalement avec celui de Nolan pour visiblement se rapprocher un peu plus des comics. Notamment le bouquin intitulé La Cour des Hiboux de Scott Snyder (n’y voyez aucun lien de parenté entre ces 2 auteurs, simple coïncidence). Avec un héros plus sombre, vieillissant, tourmenté psychologiquement et usé de son combat contre la justice durant plusieurs décennies. Mais beaucoup plus brutal. Voire létal. En définitive, un héros à l’image de la dangerosité de Gotham.

behind-the-scenes-of-batman-vs-superman-with-zack-snyder-and-how-henry-cavill-embodies-cl-536160Son costume lui aussi est plutôt réussi. Tout comme sa version “armure”, indispensable contre “l’homme de fer”. Idem pour la Batmobile, qui ferait même rougir de honte un char d’assaut. Il forme d’ailleurs un très bon duo avec Jeremy Irons dans le rôle de ce bon vieux AlfredEt qui nous avait pas habitué à autant de cynisme.

henry-cavill-clark-kent-batman-vs-supermanVient ensuite Henry Carvill qui incarne à nouveau le tout premier super héros de l’histoire pour la 2ème fois au cinéma. Et encore une fois avec brio.  Et qui a pas mal évolué depuis MoS (et pas qu’en masse musculaire, lui aussi).

Évolution par rapport à ses pouvoirs d’abord. Qu’il maîtrise davantage que dans son propre film et qu’il sait utiliser au moment opportun. Notamment sa Super Ouïe qui lui sera bien pratique. Mais paradoxalement, c’est un Superman plus fragile et quasiment seul contre tous que nous présente Snyder. À cause de ses Super Doutes et ses Super Problèmes.

bvs-fp-0588Il ira même jusqu’à se remettre en question sur son rôle. Sauver du monde certes, mais pour recevoir quoi en retour ? Les cris de colère des habitants de Metropolis, dont il devra assumer les conséquences de ses actes malgré lui. Non seulement celui impliquant son combat contre le Général Zod, mais aussi un autre. Inattendu et dramatique. Marquant un tournant dans le film et que l’on doit au personnage qui suit.

batman_vs_superman-09Et ce personnage ne pouvait être que Lex Luthor.  Méchant iconique de la saga incarné par Jesse Einserberg lui aussi très attendu au tournant.

Sauf que je ne suis pas aussi enthousiaste à l’égard de Lex que je ne l’étais pour Bruce Wayne. Ca n’engage que moi mais vu comme tel, il n’a rien de « menaçant » au premier égard. Et en plus de ça (et même si c’est voulu), il cabotine pas mal et demeure très caricatural. Et ce n’est pas la version VF vue au ciné la première fois qui allait aider à me faire apprécier le personnage. Par ce que doubler quelqu’un qui surjoue déjà beaucoup, surtout dans un film aussi sérieux que celui-ci, ça laisse des traces. Pour le coup ça passe franchement mieux en VO.

bvs-fp-0323Mans ne dit-on pas qu’il vaut mieux juger les gens non pas sur ce qu’ils laissent paraître, mais plutôt sur ce qu’ils laissent transparaître ? Par ce que malgré la tentation de ne pas vouloir le prendre au sérieux, sous-estimer cet individu équivaudrait à un aller simple pour l’au-delà. Calculateur et extrêmement dangereux il n’hésitera pas à user de tous les moyens nécessaires, même les pires,  afin d’accomplir ses objectifs. Même si cela implique des innocents. Comme cette fameuse « scène » au Capitole. Il jouera aussi un rôle central dans ce choc des titans, et pas que.

Pour le coup, on est beaucoup plus proche d’un « Joker » qu’autre chose.

Plusieurs autres super héros font une (trop) brève apparition. Vous vous souvenez de l’image de la Justice League postée en début d’article ? Dites-vous que les trois qui sont un peu plus en retrait, à savoir The Flash, Cyborg et Aquaman, on un temps de présence qui ne doit pas dépasser la minute dans BvS. Et je n’exagère même pas. D’autant plus qu’à par pour faire office de figuration, leurs scènes ne servent à rien. Les enlever du film n’aurait aucune incidence sur le scénario. Exception faite de Wonder Woman, aka Diana Price jouée par Gal Gadot. Une mystérieuse guerrière amazone qui n’a visiblement peur de rien.

Bien qu’elle ait un temps d’apparition moindre que Batman et Superman, et qu’elle n’est pas directement impliquée dans leur querelle, elle sera d’une aide cruciale lors du combat final. Et comme je l’ai écrit plus haut dans l’article, Diana aura son propre film en 2017. Ce qui explique pourquoi on en apprend si peu sur elle dans BvS. Je le redis encore une fois mais DC aurait beaucoup gagné à d’abord introduire ses héros avant ce film.

Batman V. Superman: Dawn Of JusticeEt je fais finir avec Amy Adams qui joue le personnage de Lois Lane, et qui m’a beaucoup déçu. Alors oui elle sert de soutien moral à Clark Kent, mais à coté de ça ce n’est pas glorieux. Non seulement elle représente le cliché de la demoiselle en détresse qu’on doit secourir presque tout le temps, et en plus de cela elle fait des choses incohérentes. Comme jeter un objet clé du film dans la flotte pour le récupérer quelques minutes plus tard, et non sans mal…

Bande Son

Alors que Hanz Zimmer s’était chargé lui même de la Bande Originale de MoS, il sera accompagné cette fois de Junkie XL. De son vrai nom  Tom Holkenborg, c’est un compositeur néerlandais qui a déjà composé pour Snyder auparavant. Comme dans 300 pour ne citer que lui. Concernant Hanz, j’ai de base beaucoup d’admiration pour son travail. Et on saluera le fait que c’est musicalement très différent de la trilogie de Nolan pour laquelle il avait déjà composé. D’ailleurs, il a annoncé après ce film que ce serait la dernière fois qu’il composerait pour un film de super héros.

Mais ici à part 2-3 thèmes, dont celui de Wonder Woman qui est mon coup de cœur perso et celui de Superman joué à un moment clé de l’histoire (scène magnifique au passage), je m’attendais à mieux. Pourtant la combinaison des deux donne des thèmes parfois assez Rock’n Roll, parfois plus orchestral. Ce qui colle très bien au ton du film par moments.

Conclusion

171809dddodh7sohoukouaCe film ne mérite bien évidemment pas la tollé qu’il a subi avant et après sa sortie en salles. Je respecte totalement le fait qu’on puisse l’apprécier ou le détester selon les attentes de chacun. Et qu’on se le dise, Batman V Superman est loin d’être parfait. Beaucoup de persos pas assez exploités, un scénario inégal avec des incohérences (même si certaines sont corrigés avec la version Ultimate), un « Versus » sur-médiatisé pour pas grand chose à l’écran, et j’en passe. Mais est-ce une raison pour aller aussi loin dans cette discorde ?

Et ce n’est pas comme si ce film était dénué de qualités. La bande son est correcte. Le nouveau Batman est une réussite totale, tout comme l’esthétique et la mise en scène très soignés. Et il soulève tout en illustrant très bien la problématique sur le danger que peuvent représenter les super héros dans une société moderne. Même son atmosphère sombre, trop sérieuse pour certains, lui confère une réelle identité je trouve. Identité qui à l’air de se perdre quand je vois l’orientation plus axé « humour » du futur film sur la Justice League

Mais depuis le temps que l’on rêvait de voir ce chocs des titans au ciné, on ne boudera pas ce plaisir. Je pense que l’Aube de la Justice représente surtout l’aube de quelque chose de plus grand  encore pour les années à venir. Je l’espère.

Merci de m’avoir lu.

Critique Ciné : Les 8 Salopards par Quentin Tarantino

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8ème film de Quentin Tarantino, voici ma critique ciné des Huit Salopards, un Western en huit clos rassemblant 8 personnages haut en couleurs. Et ça commence à faire pas mal de « 8 » d’un coup…

Réalisateur & Scénariste : Quentin Tarantino
Producteurs : Richard N. Gladstein, Shannon McIntosh, Stacey Sher
Compositeur : Ennio Morricone
Directeur photo : Robert Richardson
Casting : Samuel L. Jackson (Major Marquis Warren), Kurt Russell (John Ruth), Jennifer Jason Leigh (Daisy Domergue), Walton Goggins (Sheriff Chris Mannix), Demián Bichir (Marco), Tim Roth (Oswaldo Mobray), Michael Madsen (Joe Gage), Bruce Dern (Général Sanford Smithers)
Genre : Western, Horreur
Sortie : 6 Janvier 2016 (2h53 min)

Avant-propos

Dans ce 7ème art qu’est le Cinéma, innombrables sont les réalisateurs et scénaristes que les décennies auront vu défiler, mais rares sont ceux qui ont marqué durablement l’histoire du média. De par leur filmographie, techniques de tournage, thèmes abordés, contexte historique, acteurs et j’en passe. Je pense notamment à feu Alfred Hitchcock, Steven Spileberg, Georges Lucas et tellement d’autres (que j’oublie) parmi les « parrains » du genre. Et mes coups de cœur perso comme Michael Mann, Martin Scorsese, Brian De Palma, Christopher Nolan et celui qui va nous intéresser ici, Quentin Tarantino.

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Uma Thurman et Quentin Tarantino sur le Tournage de Kill Bill

Beaucoup seront d’accord, même sans forcément aimer ce qu’il fait, qu’il a apporté énormément au cinéma et a su, en une petite dizaine de films, à imposer son propre style et sa couleur (et je ne parle pas seulement d’hémoglobine). À tel point qu’on finira par le surnommer « l’enfant terrible du Cinéma ». Par exemple, ça ne court pas les rues les réalisateurs comme lui qui ont le cran encore aujourd’hui, de structurer leur film en chapitres, et parfois même dans le désordre.

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Tout ca pour dire que Tarantino est un de mes réalisateurs et scénaristes préférés. A l’heure où cette critique est publiée, j’ai du voir 7 films de sa filmographie (celui-ci inclus). Les Kill Bill (2003-2004), Pulp Fiction (1994), Inglourious Basterds (2009) et Django Unchained (2013) étant mes préférés. J’apprécie beaucoup son souci du détail apporté aux dialogues. Le soin apporté à l’image et la mise en scène. La place de la musique dans ses films. Et surtout, le travail derrière le développement des personnages principaux ET secondaires. Bref vous l’aurez compris, j’aime ce qu’il fait.

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Tous ces « codes » se retrouvent quasi systématiquement dans ses films, le rendant identifiable au premier coup d’œil. Je sais que c’est un style auquel beaucoup n’y accrochent pas et je le conçois. D’ailleurs, on lui reproche ces dernières années de ne pas assez se renouveler, avec la même soupe servie à chaque fois. Certes, mais est-il utile de reprocher à Tarantino de faire du Tarantino ? Surtout si le résultat est assez souvent de bonne qualité ?

Et bien, il se trouve que Les Huit Salopards (The Hateful Eight en VO), est un film qui tranche radicalement dans ce qu’il avait l’habitude de faire. Et il n’a absolument rien à voir avec Django qui est lui même un Western. Allons, couvrez-vous de vêtements chauds, préparez vos chevaux et vôtre diligence car on part pour un voyage mouvementé dans le brouillard américain à travers cette critique ciné.

Synopsis

Peu après la Guerre de Sécession aux USA en plein milieu du 19ème siècle, l’histoire suit le périple de deux chasseurs de primes. Le 1er, John Ruth, fait route en plein blizzard vers Red Rock afin d’y livrer sa prisonnière, la tumultueuse Daisy Domergue, condamnée à la pendaison pour meurtre. Le second est le Major Marquis Warren, un ex-soldat qui passait dans le coin. Ces trois-là feront par la suite connaissance avec Chris Mannix, le nouveau Shérif de Red Rock selon ses dires. Avec leur diligence, ils trouveront refuge dans une auberge, abritant d’autres personnages énigmatiques. Mais ce qui est sur, c’est que parmi ces 8 énergumènes, au moins un n’est pas celui qu’il prétend être

Esthétique

Le soin apporté à l’aspect visuel est une des grandes qualités du film. Tourné en grande partie dans l’état du Colorado, on sent clairement que les décors réels sont privilégiés au détriment des effets spéciaux. C’est beau à voir, surtout au travers de certains panoramas enneigés. Panoramas que l’ont doit en grande partie au directeur photo, Robert Richardson, qui a déjà collaboré avec Tarantino dans le passé. D’autant plus que les acteurs ont réellement tournés dans des conditions climatiques peu enviables, et ca se ressent. Un bon point pour le réalisme et l’immersion.

Le film est aussi monté au format 70mm, qui diffère du format classique, le 35mm, par sa plus grande résolution d’image et un nombre accru de détails. Peu de salles dans le monde sont équipées de cette technologie, et je n’ai malheureusement pas pu en profiter. Mais j’imagine sans doute le confort visuel qu’aurait apporté ce format.

 

Bonne mise en scène également, avec des plans maitrisés, et ce tout le long du film. Film qui est sacrément violent par moments. Pas seulement esthétiquement avec je ne sais combien de litres de sang écoulés, mais aussi dans le langage très cru et l’attitude des personnages. C’est de l’humour noir à l’état brut. Clairement, ce n’est pas un film destiné aux plus jeunes. Mais les habitués des films de Tarantino ne seront pas surpris, ça fait parti de son style.

Scénario

Le scénario est bien raconté et tient la route de bout en bout. Le seul reproche que je pourrais lui faire, c’est le temps assez long que celui-ci prend pour s’installer au début, notamment présenter ses personnages (qui sont plutôt bien développés au passage). D’ailleurs, le film dure 3h, ce qui n’aide pas franchement pour les moins patients. Mais passé la première moitié du film, celui-ci prend son envol et devient réellement captivant.

Ce qui m’amène directement au plus gros point fort du film selon moi, son excellente écriture. Malgré le fait qu’il soit très bavard, les dialogues sont savoureux et les personnages le rendent extrêmement bien. Sachez que çe n’est pas parce que y a beaucoup de parlotte dans un film que c’est forcément chiant. Chaque mot à son importance. Une phrase qui peut paraître anodine est souvent lourde de sens au fil du film. Je l’ai vu dans une VF plus que correcte, alors j’imagine même pas le pied que ça serait en VO

Le film est découpé en chapitres, ce qui n’est pas une première pour le réalisateur comme je l’ai dit plus haut. Ça plaira (ou non) à qui le voudra, mais moi j’ai apprécié, sauf peut être une chose. Le narrateur (qui est Tarantino lui même), débarquant sans prévenir entre 2 chapitres pour résumer l’histoire et teaser la suite. Ça m’a un peu sorti du film, même si ça a toutefois son intérêt scénaristique.

Une atmosphère de tension permanente plane autour des personnages, qui passent leur temps à se dévisager, se mentir, et se menacer. Le suspense est bien maintenu et les revirements de situation sont légion. Puis avec des personnages aussi antipathiques, on se doute que ça va fatalement partir en vrille à un moment donné, mais difficile d’anticiper qui allumera la mèche en premier. Sinon, le film sait aussi être drôle si il le faut, notamment avec le « Running Gag » de cette fameuse « porte« 

D’ailleurs, ce film a failli ne jamais voir le jour à cause d’une fuite du script, survenue seulement quelques jours après que Tarantino finalise l’écriture du scénario en Janvier 2014. On ignore encore aujourd’hui qui en était le responsable, mais ça avait sacrément découragé le réalisateur, renonçant même à faire le film pour finalement le transformer en un roman. Mais il finira par changer d’avis en Mai de la même année, avec le résultat qu’on a déjà sous les yeux.

Distribution

Tarantino a toujours su bien s’entourer. Beaucoup d’acteurs avec lesquels il a collaboré figurent parmi les grosses pointures du Cinéma. Comme par exemple Bruce Willis, Uma Thurman, Robert De Niro, Leonardo DiCaprio, Kurt Russel, et etc…Mais il a également ses « habitués« , qui au fil de sa filmographie, reviennent à la charge. Un peu comme ici, ou les 3/4 des acteurs ont déjà joué dans ses précédents longs métrages. Fin de la parenthèse.

Concernant la prestation de ces 8 Salopards, c’est un quasi sans faute. Tous sont très bons voire excellents dans leur rôle. À commencer par un des acteurs fétiches du réalisateur, Samuel L. Jackson, que je n’ai pas vu à un si haut niveau depuis Pulp Fiction, un des 5 films de Tarantino où il a joué.

Ici, il tient le rôle titre du Major Marquis Warren, un chasseur de primes aussi malin qu’impitoyable quand il le faut, et qu’il incarne avec brio. D’ailleurs, son monologue racontant ce qu’il a fait à quelqu’un m’a mis sur le cul. Monologue qui est d’ailleurs accompagné d’une belle mélodie, marquant un tournant du film selon moi.

Il en va de même pour Kurt Russell et sa magnifique moustache, qui est le « rival » de Warren car lui aussi chasseur de primes , incarnant un John Ruth très déterminé à en finir avec son butin et partenaire malgré lui, l’antipathique Daisy Domergue, jouée par Jennifer Jason Leigh. Tous deux forment un duo assez comique avec les roustes régulières qu’il s’échangent à longueur du film. Les autres ne sont pas en reste. Walton Goggins aka le Sheriff, très bon lui aussi. Tim Roth dans le rôle de Oswaldo Mobray, (qui me rappelle furieusement l’excellent Christoph Waltz dans Django). Seuls « légères » déceptions, Michael Madsen alias Joe Gage un peu en retrait selon moi, et un autre dont je tairais le nom (de peur de Spoil) mais qui surgit un peu de nulle part à un moment clé du film.

Tarantino avait exprimé l’envie d’en faire une pièce de théâtre, ce qui n’est pas surprenant. Car les acteurs livrent une prestation assez théâtrale au final et le film s’y prête bien. Reste à voir si il gardera les mêmes acteurs ou non.

Bande Son

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On la doit à Ennio Morricone, qui est juste un des compositeurs et chefs d’orchestre les plus renommés au monde. Vous avez forcément du entendre une de ses musiques, même sans le savoir. The Ecstacy Of Gold du western Le Bon, la Brute et le Truand (1966), c’était lui, ainsi que d’autres grands westerns spaghetti des années 60 qu’il aura entièrement composé. D’ailleurs, Les 8 Salopards est le premier western entièrement composé par ses soins depuis Buddy Goes West (1981).

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Concernant l’OST, on est dans un trip orchestral qui n’est pas sans rappeler les anciennes compositions d’Ennio. Dont The Thing de John Carpenter (1982), où certains partitions non utilisées ont été récupérés dans Les 8 Salopards. Ce qui explique l’atmosphère inquiétante que retransmet la musique à certains moments, assez loin d’un Western classique pour le coup. Tarantino a d’ailleurs dit lui même que d’apparence c’était son 2ème Western, mais que dans le fond, c’est son premier vrai film d’horreur. Tout ça pour dire que ce film et l’OST se complètent.

D’ailleurs, les clins d’œil à The Thing ne se limitent pas qu’à la Bande Originale. Le cadre, le contexte et même les acteurs ont servis d’inspiration pour le film de Tarantino. Une auberge isolée en plein brouillard, des personnages qui ne se font pas confiance, et Kurt Russel avec 35 ans de moins (mais déjà avec une belle moustache). A la seule différence que Tarantino nous a épargné des créatures pas très appétissantes du film de Carpenter.

Conclusion

Tarantino aurait pu se reposer sur ses acquis ou réutiliser ses codes à outrance, mais il en est rien, ou presque. Pour avoir vu presque toute la filmographie du réalisateur, je peux dire que les 8 Salopards est un des films où il aura pris le plus de risques. En tentant par exemple, une nouvelle approche avec le genre « horreur », hérité de John Carpenter. 

Puis en tant que film, c’est du très bon cru dans le fond comme dans la forme. Avec un casting et une prestation globale de grande qualité. Une très bonne OST avec un retour triomphal d’Ennio Morricone dans un western. Un scénario bien ficelé et riche en rebondissements, couplés avec des dialogues bavards certes, mais d’anthologie. Une qualité visuelle et une mise en scène tous deux très travaillées. Franchement, ce n’est pas évident de trouver des reproches à ce film, à moins de ne pas être fan du genre. Un film à voir absolument, au moins une fois.

 

Merci à ceux qui auront lu jusqu’au bout

Critique Ciné : 007 Spectre

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24ème film d’une des plus grandes franchises de l’histoire du cinéma ayant récemment fêté ses 50 ans. Voici ma critique de Spectre, 4ème James Bond avec Daniel Craig dans le rôle titre.

Réalisateur : Sam Mendes
Scénaristes : John Logan, Neal Purvis, Robert Wade
Compositeur : Thomas Newman
Casting : Daniel Craig (Bond), Léa Seydoux (Madeleine), Ralph Fiennes (M), Christoph Waltz (Franz), Monica Bellucci (Lucia), Ben Whishaw (Q), Naomie Harris (Moneypenny), Dave Bautista (Hinx), Andrew Scott (C)
Genre : Action, Espionnage
Sortie : 11 Novembre 2015 (2h30min)

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A l’heure actuelle, les seuls acteurs dont j’ai vu tous leurs James Bond respectifs sont Pierce Bronsman et Daniel Craig. J’ai une affection toute particulière pour le 1er cité, surement parce que j’ai grandi avec les films où il a joué, de Goldeneye (1995) à Meurs un autre jour (2002). Et sans compter les excellents souvenirs que j’ai gardé des jeux vidéos à son effigie (Nightfire & Quitte ou Double sur Game Cube) mais ça, c’est un autre sujet.

Autant vous dire que le changement de cap amorcé par le très bon Casino Royale (2006) faisant table rase des gadgets kitsch (que j’aimais bien) des anciens, m’a pas mal dérouté à l’époque. Mais avec du recul, j’ai apprécié le coté plus « humain » de Bond, la tournure plus sombre qu’a pris la saga et surtout la prestation impeccable de Craig au fil des épisodes. Exception faite de Quantum Of Solace (2008) que j’ai pas apprécié, contrairement à Skyfall (2012) que j’ai adoré. D’ailleurs allons voir ce que vaut sa suite directe, qu’est Spectre.

Critique

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Suite aux événements tragiques survenus à la fin de Skyfall, Le MI6 est en proie à une restructuration majeure qui pourrait mettre en cause l’existence du programme Double Zéro et la place de M, Q et Moneypenny. L’instigateur n’est autre que Max Benbigh alias C, le nouveau directeur du Centre pour la Sécurité Nationale.

Pendant ce temps, Bond reçoit un message cryptique sorti tout droit du passé qui le pousse à enquêter sur une organisation ultra secrète nommée Spectre. Il devra pour ça approcher Madeleine, la fille de son vieil ennemi Mr White, afin de percer le secret de ce groupe et éclaircir le lien qui lie le leader et l’agent double.

Esthétique

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Les James Bond sont réputés pour leur réalisation de haute volée et le travail visuel effectué derrière. Et ce n’est pas Spectre qui dérogera à la règle en mettant la barre très haut. Notamment avec la scène d’intro à Mexico et son plan-séquence qui même si il apporte peu au scénario, demeure un des meilleurs moments du film. Les affrontements sont toujours aussi bien chorégraphiés avec une mention spéciale pour le fight entre Bond et Xinx d’une rare violence dans un film de la saga.

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Concernant les effets visuels, c’est du tout bon aussi. La scène de la réunion des Illumina..membres du Spectre, brille littéralement par son jeu de lumières très bien rendu.  Et pour finir avec ce point, voici une anecdote.

Vous êtes peut être au courant que ce film est entré cette année dans le Guinness Book (Livre des records) en détenant le record de la plus grosse explosion jamais filmée au Cinéma.  S’étant déroulé à Erfoud au Maroc le 29 Juin 2015 pour les besoins d’une scène clé du film, 68,47 tonnes de TNT, 8418 litres de kérosène et 33kg de poudre explosive auront été nécessaires pour provoquer ce spectacle pyrotechnique d’une durée de 7.5s. Le précieux sésame à été attribué à Chris Corbould, le responsable des effets spéciaux du film.

Quand on a un budget (lui aussi record) estimé à plus de 300 millions de $, j’imagine que c’est le genre de folies que l’on peut se permettre…

Moi même étant tellement habitué aux effets spéciaux foutus un peu partout, l’idée que cette explosion soit réelle ne m’avait même pas traversé l’esprit en salle. Comme quoi rien ne vaut les bonnes vielles méthodes artisanales pour faire des scènes marquantes.

Scénario

Alors que Skyfall amorçait lentement mais surement la « rupture » avec l’ancien MI6 autrefois représenté par l’actrice Judi Dench (M), Spectre y met un point final, fortement appuyé par une des dernières scènes du film. Cette volonté de faire table rase du passé des services secrets britanniques d’antan est le seul aspect du scénario que j’ai vraiment apprécié. Parce que pour le reste, c’est pas top…

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Premièrement, gros problème de rythme. Entre les scènes d’action qui n’apportent rien au scénario (coucou la course poursuite à Rome), et les longueurs avec des séquences interminables où il ne se passe rien. Y a eu des moments où j’ai failli m’endormir dans la salle.

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Ensuite,  l’écriture qui aurait pu être mieux travaillé. À titre d’exemple, la façon dont Bond abat un hélicoptère à la fin du film, on se croirait dans un jeu vidéo sans déconner…Une fin facile, un peu à l’image du film tout entier. Bond se sort de situations complètement improbables par pure chance. À aucun moment on ne s’inquiète sur son sort tellement le suspens est mal géré.

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Et enfin l’origine du Spectre, qui me force dévoiler quelques éléments de l’intrigue. Donc si vous souhaitez vous préserver, descendez directement au paragraphe suivant sur le Casting.

SPOIL ON

Pour faire simple, le Spectre est le dénominateur commun de tous les ennemis que Bond a rencontré depuis Casino Royale. Autrement dit, Le Chiffre, Dominic Greene et Raoul Silva entre autres ont tous été manipulés dans l’ombre par Franz. L’idée de lier les 3 précédents films n’est pas mauvaise sur le papier, mais la façon dont celui-ci l’amène est maladroite. Parce que rien n’indique dans les films cités, une quelconque allusion à une instance supérieure à l’image du Spectre. Ça a clairement été ajouté au dernier moment et ça se ressent.

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Et pendant qu’on parle de Franz, quelle est la raison qui l’a poussé à monter cette organisation ? La réponse tient en un mot, Bond. Selon ses propres dires, c’est lui qui serait à l’origine de toutes les souffrances que ce dernier a du endurer. Cela comprend la perte de ses proches dans les anciens volets.

Mais pourquoi en veut il autant à 007 en particulier me direz vous ? Il faut remonter dans le passé pour y répondre. À une époque où le jeune Bond tout juste orphelin fut pris en charge par le père de Franz. Ce que ce dernier n’a pas apprécié car se sentant délaissé, le poussant à préparer sa vengeance sur tant d’années. Oui vous m’avez bien lu, c’est de la pure jalousie… Voila comment ruiner en un script, tout le background d’un personnage qui s’annonçait pourtant prometteur. Mais je reparlerai de lui dans la section suivante.

SPOIL OFF

Distribution

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Alors là y a beaucoup à dire, et pas en bien. Un casting joli sur le papier mais pas si flamboyant que ca dans la pratique. Je pense notamment au traitement réservé d’abord à Monica Belluci, toujours aussi charmante malgré ses 50 balais. Détail qui fait d’elle la plus âgée des « James Bond Girls« . Mais dans ce film, Lucia ne sert à rien si ce n’est que de servir de énième conquête pour l’agent double. Et au vu de ce qui est arrivé au personnage dans le film, c’était pas vraiment le moment de se faire séduire

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Ma 2ème déception va pour Christoph Waltz qui incarne le personnage de Franz. Impitoyable dans Inglorious Basterds (2009) et très bon dans Django Unchained (2012), j’en attendais beaucoup pour un acteur de cette trempe pour jouer le rôle du grand méchant dans un James Bond. Mais je l’ai peut-être surestimé sur ce coup. Pourtant ca partait bien avec la très bonne entrée en matière du personnage lors de la réunion du Spectre. Mais ses motivations  « surprenantes » (déjà expliquées plus haut) et le peu de menace qu’il représente (la scène avec la perceuse) au final l’ont décrédibilisé.

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Dernière déception, Dave Bautista qui incarne Xinx, l’homme de main de Franz. Un méchant qui a une carrure rarement vue dans un Bond (pas surprenant venant d’un ancien catcheur champion de la WWE et des poids lourds). Le dernier acteur auquel on pourrait le comparer sur cet aspect là est feu Richard Kiel qui incarnait l’illustre Requin, méchant iconique de la saga dans L’espion qui m’aimait (1977) et Moonraker (1979) sous l’ère de Roger Moore.

Mais presque 40 ans plus tard, la donne à quelque peu changé. Et malgré l’excellence de son affrontement à main nues contre Bond, le tout est gâché par une fin et une réplique de merde (littéralement) tous deux ridicules. Ah oui, et ce personnage à 2 lignes de texte dans TOUT le film, et je n’exagère même pas. Une coquille vide en somme.

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Mais sinon du coté des autres acteurs, ça va encore. Daniel Craig reste fidèle à lui même et porte toujours aussi bien son Smoking qu’à ses débuts. Que ce soit physiquement et mentalement, il a toujours la pêche malgré sa quasi cinquantaine. Son humour British fait toujours mouche et il a même réussi à me faire rire par moments (notamment avec une certaine souris). Aussi, on apprend encore un peu plus sur son passé même si ce n’est pas du niveau de Skyfall.

 

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Quant à la « vraie » James Bond Girl qu’est la Française Léa Seydoux, elle s’en sort plutôt bien aussi en tant que Madeleine. Son élégance et son caractère bien trempé crèvent l’écran pour le plus grand bonheur (ou pas) de 007. Elle succède ainsi aux autres françaises (entre autres) ayant déjà endossé ce rôle comme Sophie Marceau (Elektra King) dans Le monde ne suffit pas (1999) ou plus récemment Eva Green (Vesper) dans Casino Royale.

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Et enfin pour le reste, ca va encore. Les alliés de Bond que sont M, Moneypenny et Q sont beaucoup plus mis en avant que dans Skyfall qui les avait vus apparaitre pour la première fois. Certains d’entre eux se retrouveront même dans des situations bien délicates.

Bande Son

Composée par Thomas Newman, signant par l’occasion sa 5ème collaboration avec le réalisateur Sam Mendes (la précédente étant Skyfall), elle reste assez semblable au film précédent au niveau des sonorités. Mais ca reste une OST de bonne facture qui se marie très bien avec l’action du film.

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La musique d’intro quand à elle est chantée par Sam Smith avec le titre Writing’s on the wall. Succédant à Adele et son Skyfall, qui reste encore aujourd’hui une de mes musiques d’intro favorites tous Bonds confondus. D’ailleurs le single de Smith se paye le luxe d’être le premier thème principal de la saga à se hisser directement à la 1ere place des charts au Royaume Uni.

 

Conclusion

Si je devais faire mon propre classement des meilleurs Bond sous l’ère de Craig, en 1ère position je mettrais Skyfall suivi de très près par Casino Royale, puis vient Spectre en 3ème et enfin Quantum Of Solace au pied du podium. Pourquoi avant dernier ? Parce que c’est un film que j’aurais beaucoup de mal à revoir et apprécier à cause de ses défauts évidents. Et le traitement infligé à certains personnages est regrettable, surtout pour Franz. Néanmoins, Bond lui même est toujours au top et forme un très bon duo avec Madeleine. C’est déjà ça.

C’est un film qui s’est plus concentré sur la forme que le fond j’ai l’impression. Un casting globalement joli à l’extérieur mais pas complètement mûr à l’intérieur. Un scénario peu fouillé mais une excellente mise en scène. Ca oscille à chaque fois entre le bon et le mauvais sans jamais trouver le juste équilibre.

Pour conclure, c’est un film dans la lignée des précédents opus mais en déca en termes de qualité et prise de risques. Si vous aimez le genre vous passerez peut être un bon moment. Dans le cas contraire passez votre chemin.

Merci de m’avoir lu