[Avis] Reveal PlayStation 5

Le 11 Juin 2020 à 22h le temps d’une heure, Sony a levé le rideau sur la très attendue PlayStation 5 toujours prévue pour la fin de l’année. Avec des visuels sur les premiers jeux de la machine, et surtout l’apparence de cette dernière qui n’aura laissé personne indifférent.

La console

Si je devais décrire ce design en un mot, ça serait audacieux. Déjà par le fait qu’elle soit bicolore comme sa manette en reprenant la même gamme de couleurs blanche et noire. Et aussi par ses courbures qui tranchent avec l’aspect plus « régulier » des anciens modèles, qui prennent un sacré coup de vieux à côté.

À ce jour on ne connait pas encore ses dimensions exactes, mais si j’en crois certaines images comparatives avec les anciennes PlayStation, cette PS5 sera la plus grosse console de Sony en termes de taille et de volume. Il va falloir trouver de la place pour ranger tout ça, en hauteur comme en largeur.

Par contre l’annonce qui m’a surpris et pas que en bien, fut la présence d’un second modèle « Digital Edition« . Et dont je me demande si ce n’était pas le modèle prévu de base car plus « harmonieux » que la version simple par son apparence. Version dont la présence du lecteur CD fait un peu tâche en comparaison.

On a donc un modèle légèrement plus fin, sans lecteur, et donc entièrement aux jeux en dématérialisé. Et je me demande sincèrement si ce n’est pas la plus grosse erreur qu’a faite Sony sur ce coup. Car cela implique qu’il faudra télécharger des jeux qui vont peser un poids non négligeable (au moins une centaine de Gigas) sur le disque dur. Jeux qu’on ne pourra plus prêter ou revendre après achat en ligne, ce qui mettrait un sacré coup de frein au marché de l’occasion. Et ça rendra la fameuse rétrocompatibilité annoncée avec les jeux PS4 difficile voire impossible. Un pari très risqué mais qui pourrait jouer en leur faveur connaissant la popularité de la marque. Car cette version coûtera certainement moins chère que la normale et ça risque de jouer énormément sur les ventes.

En revanche, ça serait la machine parfaite pour du cloud gaming tel que le PlayStation Now qui sous réserve d’un abonnement et d’une bonne connexion internet, permet de jouer à des jeux PS4 en streaming sans avoir à les télécharger. Je ne vois pas pourquoi la PS5 n’y aurait pas droit elle aussi.

Les jeux

Au final l’apparence de la console, c’est juste un détail. Car ce qui nous intéressera réellement en tant que joueurs, ce sont les jeux. Plus d’une vingtaine de genres variés ont été présentés entre ceux qui accompagneront la PS5 à sa sortie, ou plus tard dans les années qui viennent. Globalement j’ai été plutôt satisfait de ce qui a été montré, mais rien qui ne me donne envie d’acquérir la console le jour j. En tout cas, voici ceux qui ont retenu mon attention.

Kena : Bridge of Spirits

Cross-gen et prévu pour la fin d’année, c’était mon petit coup de cœur de cette présentation. Jolie direction artistique, avec une ambiance très enchanteresse et féerique. Et dont la phase de gameplay montre bien le potentiel de la PS5 avec une multitude de détails et des effets visuels à tout va.

Et pour la petite info, Ember Lab le petit studio qui est derrière le jeu avait réalisé 4 ans auparavant le magnifique court métrage Majora’s Mask : Terrible Fate dont j’avais moi-même parlé. Et même Theophany qui avait œuvré pour la bande-son rempilera pour Kena. Autant vous dire qu’après avoir su ça, je l’attends encore plus.

Project Athia (Titre provisoire)

On n’en a pas vu beaucoup, mais ça m’intrigue pas mal. D’autant plus qu’il est de la main de Luminous Productions à qui l’ont doit Final Fantasy XV. Le gameplay a l’air vif et le bestiaire de qualité. À surveiller.

Deathloop

Du pur Dishonored dans le feeling. Mais en dehors de l’époque victorienne steampunk et avec un peu plus d’armes à feu. Chose peu étonnante quand on sait que c’est la branche Lyonnaise du studio Arkane qui s’occupe de ce titre prévu pour la fin de l’année. Et reposant sur le principe de boucle temporelle mortelle nous faisant recommencer chaque fois au même endroit en cas de mort par notre adversaire (Juliana ou Colt selon le personnage qu’on incarne) qui ne cessera de nous traquer durant notre partie. En tout cas ça m’a l’air bien nerveux.

Hitman 3

Ayant beaucoup apprécié l’épisode 2 de 2018, c’est tout naturellement que j’attends l’ultime opus de cette trilogie sur ce cher Agent 47 pour Janvier 2021. Peut-être pas le jeu le plus « next-gen » visuellement parlant, mais j’ai hâte de voir les nouvelles idées qu’auront eus les développeurs pour venir à bout de nos cibles.

Spiderman : Miles Morales

Insomiac Games n’a pas chômé depuis son rachat par Sony. En plus du Ratchet & Clank : Rift Apart dont je n’ai pas parlé ici mais qui est une belle vitrine des capacités de la PS5, un autre jeu de chez eux arrivera lui aussi au lancement. Un stand-alone et non pas le véritable Spider-Man 2 qui attendra encore un peu, centré sur le personnage de Miles Morales qu’on a eu l’occasion de voir récemment dans le très satisfaisant opus PS4 en 2018, puis dans l’excellent film d’animation Into the Spiderverse la même année. D’ailleurs je me demande si on verra les autres Spiderman vus dedans, comme Spider Gwen pour ne citer qu’elle.

Horizon : Forbidden West

Finissons avec le titre PS5 que j’attends le plus à l’heure actuelle, et qui aurait pu me donner envie de prendre la console s’il sortait en même temps qu’elle. La suite directe d’Horizon Zero Dawn (dont j’ai déjà écrit un Test quelques mois auparavant), et qui m’a donné une petite impression de déjà-vu. Certes ça m’a l’air d’aller encore plus loin visuellement que ne l’était déjà l’épisode PS4, mais je n’ai pas été bluffé comme à l’époque de l’annonce du 1er. Ceci dit, j’en attends beaucoup de la toute nouvelle exploration sous-marine, ainsi que davantage de révélations sur le monde des anciens.

Conclusion

Concernant les jeux sur l’aspect purement technique et visuel, c’est conforme à ce à quoi je m’attendais. Plus beaux avec la technologie du Ray Tracing et ses éclairages encore plus dynamiques, plus détaillés, mais pas un gap graphique énorme comme ce fut le cas entre la PS2 et la PS3 par exemple. Pour la console, son apparence m’a agréablement surpris, même si j’aurais aimé avoir plus d’infos comme le fonctionnement de cette fameuse rétro-compatibilité, le prix, et la date de sortie. La next-gen est en marche, mais pas pour tout de suite me concernant.

[Avis] La manette DualSense de la PlayStation 5

Le 7 Avril 2020, Sony a pris tout le monde de court en dévoilant la DualSense. Le pad de la future PlayStation 5, qui elle n’a pas encore été montrée en tant que telle. Voici ce que j’en pense à  froid. 🎮

DualShock est mort. Vive DualSense !

Déjà en 2013 lorsque Sony avait présenté sa PlayStation 4 durant une conférence à New York, la console en elle-même était absente. À l’époque il était question des caractéristiques techniques de la bête, des jeux de lancement, et de la DualShock 4 qui change son nom historique en DualSense.

De base, je n’ai jamais été un très grand fan des manettes DualShock (que je vais abréger en « DS« ). Qu’il s’agisse de leur design que je n’aime pas des masses en plus de n’avoir quasiment pas évolué de la DS1 à la DS3. De leur ergonomie avec un placement des joysticks peu naturel manettes en mains, et qui manquent d’accroche tout comme les gâchettes L2 et R2. Et surtout de leur manque de rigidité et leur faible qualité. Pour la petite histoire, beaucoup des DS3 que j’ai achetés sont devenues dysfonctionnelles. Soient les touches et les joysticks ne répondaient pas correctement, soit le pad ne pouvait carrément plus se charger.

Puis vint la DS4 qui corrigea un peu le tir avec un changement de design bienvenu et une ergonomie revue. De nouveaux boutons avaient vus le jour notamment la touche Share qui pour moi est l’une des meilleures features ayant vus le jour chez la marque. Hâte de voir ce que donnera son successeur que sera la touche Create. Même si parmi les points m’ayant dérangé sur cette manette, le touchpad au centre qui au final n’est pas si utile que ça en plus d’avoir été sous-exploité.

Touchpad que l’on retrouvera dans la DS5 et qui s’intègre plutôt bien au design. Bordée de l’ancienne barre lumineuse autrefois placée en haut de la DS4, et quasi inutile aujourd’hui. On nous promet une utilisation plus poussée de cette surface tactile avec cette fois des images s’affichant dessus et indiquant les gestes à effectuer.

D’ailleurs à propos du design, je le trouve vraiment intéressant. À la fois plus épuré et plus robuste que les anciens pads de la marque. Ça dégage quelque chose de plus « moderne » et dans l’air du temps. Je peux comprendre qu’il ne plaise pas à tous mais est-ce qu’il existe une seule manette ayant fait l’unanimité sur cet aspect lors de son propre reveal ? Qu’on le veuille ou non, on devra s’habituer.

Et pour la première fois leurs manettes sont bicolores, ce qui donne un côté harmonieux à la chose. Je me demande bien à qui pourraient ressembler les autres coloris sachant que des internautes comme @DormStreams ci-dessus ont déjà une imagination débordante. Peut-être que la console suivra ce chemin aussi.

Concernant le matos embarqué, on nous promet des vibrations plus poussées sur la surface et les gâchettes à l’instar des « vibrations HD » des JoyCons de la Nintendo Switch. Et aussi la technologie de retour haptique qui augure des sensations jusqu’alors inédites (d’où le « Sense » du nom du pad). Mais le point le plus intéressant de cet aspect concerne les gâchettes adaptatives qui cette fois géreront le retour de force. Afin de sentir au mieux la tension lorsqu’on bande une flèche en plein jeu par exemple. La présence de microphones intégrés dans le pad est une bonne idée et pourra permettre de s’affranchir un peu (mais pas complètement) d’un casque. Micro qui sera capable d’isoler le bruit ambiant afin d’être plus audible. L’immersion est le maitre mot.

L’increvable Wii U Pro Controller

Mais tout ça me fait un peu peur et vous savez pourquoi ? La batterie, ici rechargeable via USB-C. Ils ont intérêt à méchamment améliorer cet aspect parce que c’était l’un des plus gros points noirs de la DS4. Personnellement, je n’ai pas souvenir d’avoir tenu plus de 10h sans devoir la recharger. On est très loin de chez la firme au Plombier avec les 40h d’autonomie de la manette Pro Switch, et presque le double pour la manette pro Wii U. Qui sont toutes deux sans-fil et fonctionnant sur batterie.

Et pour finir, la question du prix se pose aussi. À sa sortie (et encore aujourd’hui chez certains revendeurs) la DS4 était vendue à 59,99€. Et je doute fortement que la DS5 coûtera moins cher vu son attirail. À titre de comparaison, la manette Pro Switch et celle de la Xbox One coutent une soixantaine d’euros chacune. Autant dire qu’une DS5 à 70€ ou plus me semble inévitable.

Conclusion

C’est bien beau tout ça, mais au final toute cette technologie est-elle vraiment nécessaire ? Et je ne parle pas spécifiquement de Sony mais aussi chez la concurrence. Où les principaux arguments de vente reposent sur des features vendues comme révolutionnaires, mais qui au final ont été boudés par les consommateurs et les développeurs au fil du temps. L’un des meilleurs exemples reste l’abandon de la 3D stéréoscopique de la 3DS.

Pour moi le plus important pour une manette au delà même du design, c’est la prise en main. Et sur ce point cette DualSense me fait une bonne impression et j’ai hâte de pouvoir la prendre en main pour juger.

[Avis] Nintendo Switch Lite – Un retour en arrière ?

Pas plus tard que hier, la firme au plombier nous a présenté la Nintendo Switch Lite. Nouvelle version de cette console hybride disponible (le jour de mon anniversaire) le 20 Septembre prochain. Une annonce faisant taire par la même occasion toutes les rumeurs persistantes de ces derniers mois quant à l’arrivée imminente d’une nouveau modèle de Switch. Voici ce que j’en pense.

Comme un air de déjà-vu

La première version de la Nintendo 2DS

Une fois encore, Nintendo a jeté à la poubelle le concept qu’ils avaient eux-mêmes instaurés pour leur propre machine. Exactement comme la 3DS en son temps qui s’est vu amputer de son argument de vente principal qu’était sa 3D stéréoscopique. Argument vite passé à la trappe à cause de la qualité très discutable de cette même 3D, le peu d’intérêt que portait le public à son égard, et sa sous-exploitation au sein des jeux de la console. Pour au final devenir la 2DS que l’on connait depuis presque 6 ans déjà (et bientôt 2 ans pour sa déclinaison « XL »).

Puis ce n’est pas comme si la firme avait sorti moult variantes différentes pour chacune de leurs consoles portables par le passé.

Nintendo « Switch » ?

Le tweet qui résume tout 😁

Maintenant, c’est le sigle même de la Switch qui perd de son sens avec cette version Lite, qui ne permet rien d’autre que le jeu portable en solo. Fini les Joy-Con détachables et la possibilité de jouer à deux en local n’importe où avec un seul écran. Exit l’aspect hybride permettant de basculer en un rien de temps d’un écran de télé à l’écran de la console. D’ailleurs il est précisé que la console ne pourra plus être branchée à une télé comme possible avec le Dock de la version de base.

À moins qu’il soit possible de la brancher sur le même type d’adaptateur que sur l’image ci-dessus.

C’est dommage de se priver de cet aspect « console portable de salon » qui est encore aujourd’hui un très bon argument de vente et ayant de beaux jours devant lui.

Qui dit version allégé dit concessions. Et parmi elles, on notera la disparition de la technologie des vibrations HD et du capteur infrarouge à détection de mouvements. Des fonctionnalités intéressantes quand elles étaient bien exploités mais dont on pourra se passer sans trop de regrets. Fort heureusement, le gyroscope quant à lui répond toujours présent sur cette nouvelle version. Le tout permet à la Lite de gagner un peu en autonomie, ce qui est toujours ça de pris.

Mais là où ça pourra éventuellement poser problème, c’est sur la poignée de jeux plus ou moins populaires qui dépendent de ces fonctionnalités. Comme 1-2 Switch et Super Mario Party pour ne citer que ces deux-là. Et tous deux jouables uniquement avec les Joy-Con détachés. Et c’est là que Nintendo nous dit que pour y jouer sur la Lite, on sera forcé d’acheter (pour ceux qui n’ont pas déjà la Switch) les Joy-Con séparément. Et à 70~80€ la paire, autant dire que ça pique.

Et vu que ces deux versions vont cohabiter ensemble, il vaudrait mieux cette fois-ci que l’intégralité du catalogue Switch à venir soit jouable sur chacune d’entre elles. Histoire de ne pas répéter le cas de Xenoblade 3DS, uniquement jouable sur la New 3DS car plus « puissante ».

Une « vraie » console portable

Concernant la forme, disons que c’est conforme aux leaks et à l’imagination de certains. Même si je n’aurais pas été contre un aspect plus « noble » comme le concept de la Nintendo Switch UP sur Behance ci-dessus (bien que j’aurais placé le joystick droit en bas des boutons).

On a donc une console plus compacte, plus légère d’une bonne centaine de grammes, et donc bien plus pratique d’utilisation. L’écran a lui aussi légèrement diminué en taille (mais pas en résolution) passant de 6,2 pouces (15,7 cm) à 5,5 pouces (14 cm). Ce n’est pas bien grand, mais ça reste encore suffisant pour profiter des jeux Switch en solo en mode portable.

En revanche, le multi local à 2 sur une seule console va être très compliqué sur la Lite. Déjà par le fait que les Joy-Con ne sont plus détachables comme dit précédemment. Mais surtout a cause de l’absence sur la Lite du petit support (en numéro 1) permettant de faire tenir la Switch sur une surface plane.

Les 4 boutons du Joy-Con gauche (on va en reparler juste après) de la Switch originelle ont laissé place à une vraie croix directionnelle comme sur la manette Pro. En tout cas, avoir miniaturisé à nouveau une console de cette trempe qui n’était déjà pas bien grande, je trouve que c’est une belle prouesse. Reste à voir si l’ergonomie sera au rendez-vous parce que je ne suis pas sûr que les grosses mains vont apprécier.

Et il y a intérêt que les problèmes encore d’actualité du Joy-Con gauche, et plus particulièrement de son stick, soient définitivement résolus d’ici la sortie de cette version. Parce qu’en cas de problème, ce n’est pas juste le Joy-Con qu’il faudra renvoyer au SAV, mais la machine toute entière avec le prix que ça impliquera…

 

Pour quel public ?

Là pour le coup, la cible est large. Cette Switch Lite pourrait intéresser ceux qui n’ont pas encore acheté la console de base et qui seraient trop réticents à lâcher environ 300€ au lieu des 200€ de cette nouvelle version. Un prix plutôt correct pour ce que la machine propose, et à peine 50~70€ plus cher qu’une 2DS XL.

Elle pourrait aussi s’adresser aux plus jeunes comme c’était le cas pour la première version de la 2DS en début d’article. Non pliable, et beaucoup plus robuste que sa grande sœur. Voilà qui devrait arranger les parents.

Nombreux sont les possesseurs actuels de la Switch qui y jouent essentiellement en nomade, et qui pourraient franchir le pas avec une machine entièrement optimisée pour leurs besoins. Et enfin n’oublions pas les éternels collectionneurs qui quoiqu’il arrive, achèteront la machine juste pour l’objet en lui-même.

 

Conclusion

Me concernant, cette version Lite ne m’intéresse pas. Ça fera bientôt deux ans que j’ai l’actuelle et elle me convient déjà très bien. Et même si un jour je devrais la remplacer, je ne pense pas opter pour une Lite ne serait-ce que pour le coté hybride et les Joy-Con détachables de la version d’origine. Et en plus de cela je ne suis pas fan des coloris de cette gamme. Mais bon les goûts et les couleurs me dira t-on.

Mais à défaut de remplacer la Switch actuelle, ce modèle sera certainement le coup de grâce infligé à une 3DS / 2DS déjà sur le déclin depuis un long moment. D’ailleurs, je n’arrive pas à imaginer quel genre de console portable pourra leur succéder après ça. À voir à l’avenir si une éventuelle Switch « Pro » (jouable seulement en docké par exemple et proche de la PS4 Pro et la Xbox One X en termes de performances) verra le jour même si je n’y crois pas trop.

Merci de m’avoir lu.

[Avis] Nintendo Direct du 13.02.2019

Le 13 Février à 23h heure française, s’est tenu le premier Nintendo Direct de l’année 2019 entièrement dédié à la Switch et ses futurs titres à venir pour le courant de l’année. Voici donc mon avis à froid sur ce que j’en ai retenu (hors portages) parmi ce qui a été montré.

Super Mario Maker 2 (Juin 2019)

Une annonce prévisible. Étant donné que ce fut une licence à succès sur Wii U, son retour sur Switch me paraissait être une évidence. Et malgré le fait que la firme au plombier ait insisté sur son statut de suite avec son « 2 », pour moi ce jeu tient plus d’une version « Deluxe » que d’un nouveau jeu. Et ce malgré certaines nouveautés comme la possibilité de faire des dénivelés, l’ajout de nouveaux décors d’arrière-plan, et la possibilité de jouer avec Luigi.

Super Smash Bros. Ultimate (MAJ 3.0 pour le Printemps)

Annonce que j’ai trouvée de mauvais goût. Faire une vidéo juste pour dire qu’une grosse mise à jour arrive mais sans en toucher un mot, c’est juste inutile et énervant. D’autant plus que il y a des chances que cette mise à jour “Ultime” comme ils l’appellent, permettra d’étoffer le contenu d’un jeu qui n’en a pas tant que ça au-delà des personnages et des stages.

Tetris 99 (Disponible)

Les Battle Royale ont la côte c’est certain. Surtout avec le très récent Apex Legends de chez EA qui a déjà un certain succès. Mais de là à s’imaginer qu’une telle déclinaison verrait le jour… On parle quand même d’un Tetris en BR où 99 joueurs s’affrontent en ligne. Je sens que ça va ouvrir des possibilités à pas mal de variantes. D’ailleurs certains internautes ont déjà des idées notamment avec ce Pong BR par Mister Flech.

Oninaki (Été 2019)

J-RPG qui m’intéresse par le fait que ce sont ceux derrière I am Setsuna (dispo sur l’eShop et pas encore terminé de mon côté) qui chapeautent le projet. Et par son ambiance générale assez mélancolique.

Dragon Quest XI – Definitive Edition (Automne 2019)

En 2015, il fut un des tous premiers jeux annoncés sur une Switch que l’on appelait encore “NX” à l’époque. 4 ans plus tard et bien après la concurrence, cette version a enfin une fenêtre de sortie définitive et se paye même le luxe d’être la meilleure version du jeu en termes de contenu. Avec entre-autres la possibilité de switcher (sans mauvais jeux de mots) de la 3D du jeu à une 2D à l’ancienne type SNES, la présence des voix japonaises, et une bande-son orchestrale.

Astral Chain (30 août 2019)

Un des jeux les plus intéressants de ce N-Direct.  Avec une esthétique assez plaisante à voir, un Gameplay bien nerveux et une ambiance me rappelant très fortement un certain NieR Automata. Ce qui n’est guère étonnant vu que c’est le studio Platinum Games qui s’en charge. D’ailleurs, ce même studio a assuré que le développement de Bayonetta 3 suivait toujours son cours.

The Legend of Zelda : A Link’s Awakening (2019)

L’annonce qui a retourné le web (et c’est peu dire) et qui fait qu’on se souviendra longtemps d’un ND qui était pourtant loin d’être parfait avant ça. Pour ma part, j’étais content de voir ce remake Switch d’un opus Gameboy aussi vieux que moi. Et bien que je comprends tout à fait les éclats de joie des fans, je ne partage pas autant d’enthousiasme qu’eux. Déjà parce que ce n’est pas le jeu de la saga qui m’a le plus marqué bien qu’il soit excellent, et aussi par son style graphique “pâte à modeler” qui me perturbe. Je ne sais pas pour vous, mais je trouve qu’un style “manga” comme dans l’intro du trailer lui irait à merveille. Mais bon je suis conscient que ça n’enlèvera rien à la qualité du jeu d’origine.

 

Conclusion

Pas le meilleur ND mais certainement pas le pire. Même si l’absence de licences très attendues comme le futur Animal Crossing, le Pokemon 8G et le Luigi’s Mansion 3 se sont faites cruellement ressentir.

Au-delà de ça, il y a quand même eu beaucoup d’annonces de jeux aux genres et styles assez variés, mais hélas un bon paquet de jeux “osef” dont je ne comprenais pas la présence. Surtout qu’il y a eu d’autres annonces hors ND qui auraient mérité une place comme la suite de Hollow Knight par exemple. En plus des nombreux portages Switch qui font parfois mal à la rétine quand on les compare à leurs équivalents sur les autres consoles comme le Assassin’s Creed III Remaster.

Et vous, vous retenez quoi ?

[Avis] Le cas Retro Studios / Metroid Prime 4

Shinya Takahashi, le responsable du développement chez Nintendo, a annoncé hier dans une vidéo très solennelle visible ci-dessous, que le développement du futur Metroid Prime 4 repartait de zéro. Dit autrement, le jeu qui fut annoncé par le biais d’un simple logo à l’E3 2017, et dont on a rien eu de concret depuis plus d’un an et demi, n’existe plus.

Mais la nouvelle ne s’arrête pas là. Puisqu’on apprend dans cette même vidéo, que le développeur qui reprendra le projet initialement porté par Namco Bandai Singapour, n’est autre que Retro Studios (que je vais abréger en “RS”). Ceux à qui on doit la première trilogie des Metroid Prime, et plus récemment les derniers Donkey Kong Country en date.

Avis

Pour ma part et en tant que fan de la saga des Metroid, je suis partagé entre le soulagement, la frustration et l’inquiétude.

Rendre à César ce qui appartient à César

Soulagement d’abord. Parce qu’on aura l’assurance que le projet sera entre des mains expérimentées. Puisque personne ne connaît mieux les Prime que ceux qui les ont créé n’est-ce pas ? Cela-dit, il aurait été tout aussi intéressant de confier ce projet à d’autres comme ce fut le cas ici. Mais selon les dires de Takahashi, des soucis survenus durant le développement ainsi que le résultat actuel insatisfaisant pour la firme au plombier, ne permettaient pas de laisser le projet en l’état.

Peut-être qu’on ne connaîtra jamais le fin mot de l’histoire, mais j’imagine qu’il y a eu une grosse mésentente entre Namco et Nintendo en termes de choix ludiques et artistiques. Et ce, malgré l’appui de Kensuke Tanabe qui fut le producteur des anciens Prime. Pourtant, ce n’est pas la première fois que la saga passe entre d’autres mains que leurs créateurs d’origine. Comme la Team Ninja qui s’était occupé de Metroid Other M sur Wii, et plus récemment Mercury Steam avec Metroid Samus Returns sur 3DS.

En tout cas, on pourra blâmer Nintendo sur plein d’aspects, mais on ne pourra jamais reprocher leur honnêteté et leur transparence. Eux au moins on la décence de tout dire sans filtres, contrairement à d’autres développeurs qui se gardent bien de communiquer quoi que ce soit sur leur projets jusqu’à ce qu’ils se retrouvent annulés du jour au lendemain sans explications. Je pense notamment au regretté Star Wars 1313, qui comble du destin, avait une équipe similaire à celle derrière ce Prime 4. Décidément…

Une attente insoutenable

La frustration ensuite. Car ce Metroid était un des jeux les plus attendus sur Switch en 2019. Même si rien ne nous garantissait une sortie pour cette année. Et ce qu’on apprend nous laisse fortement penser qu’on ne verra rien de concret sur ce jeu avant 2021 au mieux. Je ne suis peut-être pas développeur, mais il n’y a pas besoin de l’être pour comprendre qu’un jeu vidéo ne se créé pas si facilement en un claquement de doigts. Surtout à partir de rien. Et connaissant RS et leur souci du détail, si le jeu sortait en 2022 ça serait déjà un miracle. Je sens qu’on l’aura pour la fin de vie de la console à ce train-là…

Qu’est ce qu’il reste comme gros titres à venir cette année sur Switch ? Yoshi’s Crafted World en Mars prochain, et tous ceux dont on a aucune date de sortie comme Fire Emblem: Three Houses, Pokémon, Animal Crossing, Luigi’s Mansion 3, l’incertain Bayonetta 3 et on l’espère d’autres surprises. Ce n’est pas rien, mais ce n’est pas la folie non plus.

Voilà ce qui arrive quand on annonce un jeu beaucoup trop tôt. Déjà à l’E3 2017 je trouvais ça stupide de l’annoncer ainsi sans avoir de matière derrière. Les arlésiennes ou autres vaporware ça va deux minutes à un moment donné. Pourvu que ça leur serve de leçon pour la prochaine fois. Quand on n’a rien à montrer, on ne montre rien, point barre.

Mauvais timing

Et le dernier sentiment qui domine est l’inquiétude. Car comme beaucoup, je me demande bien ce que RS à mijoté ces 5 dernières années depuis la sortie de Donkey Kong Country: Tropical Freeze sur Wii U. Pourtant, on sait de sources sûres que le studio était bel et bien sur un projet encore aujourd’hui inconnu.

J’espère quand même que ça soit autre chose que le Star Fox Grand Prix qui fut la rumeur la plus insistante en période d’E3 l’année passée. Et si c’est cet “autre chose”, quid de son devenir ? Sera-t-il mis en stand-by comme l’a fait le studio CD Projekt pour Cyberpunk 2077 au profit de The Witcher 3 ? Ou bien carrément annulé ? Quel que soit l’issue, ils ont tout intérêt à communiquer rapidement dessus.

Surtout que l’actualité de RS était loin d’être rassurante ces derniers temps. Avec des témoignages d’anciens de la boite qui se plaignaient des mauvaises conditions de travail. Ce n’était clairement pas le meilleur moment pour confier ce genre de tâche. La pression sur leurs épaules va être gargantuesque.

Conclusion

Ça fait mal, mais c’est peut être un mal pour un bien. Je ne vais pas dire que Nintendo a pris une “bonne” décision. Car elle est lourde de conséquences aussi bien pour l’image de la firme que pour tout ce que ça implique derrière. On parle quand même d’au moins 2 ans de boulot partis en fumée. Une perte de temps et d’argent colossale. Non, je dirais plutôt qu’ils ont pris la meilleure décision possible. La plus rationnelle.

Imaginons que cette vidéo n’ait jamais vue le jour et que le jeu soit sorti comme initialement prévu. Qu’est ce qui se serait passé si nous joueurs, aient fait le même constat que Nintendo à l’égard de ce Metroid Prime 4 ? Ça serait une catastrophe, un accident industriel. Le jeu aurait été encore plus mal reçu que Federation Force sur 3DS.

La violence du ratio likes / dislikes…

Personne n’aurait souhaité un tel scénario. Tant pis, on attendra le temps qu’il faut. J’ai entièrement confiance en RS. Jusqu’ici, ils ont fait leurs preuves avec des jeux dont la qualité est difficile à contester. Et je suis intimement convaincu que ça sera encore le cas ici. Pour finir, je vais clôturer cet article par cette citation de Shigeru Miyamoto qui résume à elle seule, tout ce que je pense.

Merci de m’avoir lu.