[Cinéma] Critique – TENET

Dernier film en date de Christopher Nolan qui met une fois de plus le temps à rude épreuve, voici mon avis sans spoilers sur TENET sorti le 26 Août dans les salles obscures françaises.

Nolan n’a pas l’temps

Ceux qui connaissent un tant soit peu la filmographie de Nolan savent qu’il a toujours eu une certaine obsession pour le temps. De la manière dont il s’écoule et dont il dessert le scénario. Au point d’en faire le thème central de films comme Memento et Inception que je ne spoilerai pas ici, mais que j’ai trouvé nettement plus limpides que ce TENET qui a tendance à se noyer dans son propre concept par moments.

Un concept pourtant loin d’être inintéressant dans l’idée. Puisqu’il est non pas question de voyage dans le temps à proprement parler, mais  de « renversement temporel ». Présenté ainsi ça parait barbare mais le film prend bien le temps (peut-être trop même) de nous l’expliquer à travers ses personnages. Des explications aux faux airs de cours de physique et nécessitant d’être bien réveillé durant la séance au risque de ne rien capter. Au point où j’ai dû moi-même éplucher 2-3 articles et vidéos sur le net pour comprendre certains éléments du scénario, et voir les nombreux indices et détails qui m’ont échappé lors du premier visionnage.

Comme cette histoire avec le « carré de SATOR » qui est évoqué dans le film d’une manière assez subtile, et une théorie très intéressante sur le personnage de Neil qui pourrait expliquer certaines de ses actions, et son dévouement envers le Protagoniste.

Autant je ne suis pas contre les films qui poussent à une certaine réflexion et laissent libre court à l’interprétation du spectateur, autant dans le cas de TENET, je trouve que ça va beaucoup trop loin. Pour moi, un film et son seul visionnage devrait se suffire à lui-même pour en saisir les enjeux principaux. À moins qu’on veuille développer un autre regard sur la chose.

Toutefois fallait y penser, surtout quand un paquet de films ont déjà traité du voyage temporel avant ça. Au risque de se retrouver avec un bon nombre d’incohérences scénaristiques et faux-raccords visuels. Aussi perfectionniste que soit Nolan, il est probable que son film en ait fait les frais, mais ça ne m’a pas sauté aux yeux si c’est le cas.

Esthétique

En termes de réalisation et de photographie, TENET se situe dans le haut du panier des films de Nolan, et du genre en général. Le fait de l’avoir vu au Grand Rex de Paris la veille de sa sortie a beaucoup joué sur mon appréciation. Même si le son était un peu trop fort à mon goût mais bref. La plupart des séquences et scènes d’action sont de qualité et certaines m’ont fait penser à du James Bond dans l’esprit, surtout durant la première partie du film.

Comme la toute première à opéra que j’ai trouvé excellente sur ces aspects, avec un rythme effréné caractéristique du film, et la puissante musique de Ludwig Goransson qui accompagne l’action tout du long. Musique qui par moments fait penser à du Hans Zimmer, le partenaire musical habituel du réalisateur jusqu’ici.

D’autres scènes ont le mérite d’être assez originales dans leur exécution. Comme celle dans un certain avion, ou la « course poursuite inversée » sur une autoroute. À ma connaissance, aucun film avant lui n’avait été filmé de cette manière.

Seul point noir, « l’assaut final » que j’ai trouvé très brouillon et où j’ai décroché de l’action tellement ça partait littéralement dans tous les sens.

Distribution

Globalement le casting s’en tire avec les honneurs même si je ne me suis pas autant attaché aux personnages comme ce fut le cas dans un autre film de Nolan qu’était Interstellar par exemple. Avec John David Washington plutôt convaincant dans son rôle de l’autoproclamé Protagoniste. Robert Pattinson mystérieux mais excellent en tant que Neil, et dont sa prestation m’a encore plus donné envie de le revoir endosser le costume du Batman. Elizabeth Debicki très classe en tant que Katherine et qui a une évolution intéressante.

Celui qui m’a le plus marqué étant Kenneth Branagh endossant le costume du vilain. En incarnant un Andrei Sator (comme le carré du même nom tiens) effrayant et avec un accent Russe étonnant en VO connaissant ses origines Irlandaises. Même si vers la toute fin il frôle la caricature.

Conclusion

Bien qu’il ne soit pas mon préféré de la filmographie de Nolan, çe TENET est un film audacieux. Ce qui est à la fois sa force et sa plus grande faiblesse. La faute à un concept qui a défaut d’être original, m’a perdu à plusieurs reprises durant la séance. J’ai passé trop de temps à assimiler les nombreuses infos et comprendre ce qu’il se passait, au lieu de profiter du film comme il se devait. Toutefois, ça reste un long-métrage à voir au ciné au moins une fois ne serait-ce que pour profiter de la réalisation, surtout en ces temps qui courent. « Pour la postérité. »

[Cinéma] Critique – Sonic, le film

Mascotte de SEGA depuis presque 30 ans, le Hérisson Bleu le plus rapide au monde a eu droit à son tout premier long métrage le 12 Février que j’ai pu voir en VO. Voici mon avis sans spoilers sur un film qui était très mal parti.

Avant-propos

Je ne pense pas avoir besoin de présenter le principal rival de Mario durant l’ère SNES / Mega Drive, et à quel point il aura marqué le Jeu Vidéo à tout jamais. Mais pour ma part et sans être un fan de la première heure, j’ai beaucoup apprécié le peu de jeux Sonic que j’ai pu faire. Notamment les plus « récents » tels que Colours (2010), Generations (2011) et Mania (2017). J’ai aussi de vagues, mais bons souvenirs des anciennes séries animés qui datent des années 90.

Puis vint le tout premier trailer en Avril de l’année dernière avec l’ancien design. Et qui fut un choc violent pour nos rétines. À quel moment au sein de l’équipe de production ils se sont dit que cette apparence serait viable ? Le fait que Sonic devait évoluer dans le monde des humains justifiait vraiment un design aussi dégueulasse ? Même dans Detective Pikachu sorti l’année passée (et que je n’ai pas encore vu) ils ont eu la décence de garder dès le début le design des Pokemon d’origine malgré leur aspect « réaliste ».

Fort heureusement, la Paramount aura rectifié le tir quelques mois plus tard avec un design beaucoup plus fidèle au Sonic que l’on connait. Une refonte qui ne fut pas sans conséquences, car ce film qui devait sortir le 8 Novembre 2019 a dû être repoussé de 3 mois. Sans parler des millions de dollars supplémentaires que ça aura coûté. La grosse parenthèse étant refermée, il est temps de parler du film.

Critique

Esthétiquement parlant, le film s’en sort plutôt bien. Revoir des environnements phares des jeux Sonic dans ce style rend beaucoup mieux que je ne l’aurais imaginé. La mise en scène n’est pas en reste avec des effets visuels de qualité.

Comme les séquences en slow motion très clairement inspirées des derniers films X-men. Et les (rares) scènes de course-poursuite et d’affrontements entre Sonic et le Dr. Robotnik qui furent très plaisantes à voir (malgré que les trailers en ont spoilé pas mal d’entre-elles). D’ailleurs parlons-en de cette version de ce savant fou.

Choisir un type aussi déjanté que Jim Carrey pour endosser le rôle du grand méchant est un choix presque aussi surprenant que le premier design de Sonic. Un acteur pour qui j’ai une grande affection et qui dans ma jeunesse, m’avait marqué dans des rôles humoristiques tels que The Mask et Ace Ventura.

Deux films dont il reprend quasiment le même jeu d’acteur ici, où il cabotine comme il sait si bien le faire. Quitte à s’affranchir nettement du Dr. Robotnik originel. Même si dans les deux versions, ils partagent le même ego surdimensionné et la même obsession pour le Hérisson Bleu. Pour moi sa présence est la bienvenue. Il apporte son grain de sel à un film qui aurait clairement manqué de saveur sans lui.

Pour les autres personnages en revanche, c’est pas la folie. Même le Shérif Tom incarné par James Marsden manque de relief à mon goût. Rien à voir avec les rôles qu’il a pu interpréter dans les films X-Men et plus récemment dans la série Westworld. Pourtant, je trouve que l’alchimie fonctionne bien avec Sonic et ils forment tous les deux une bonne paire.

Le scénario est très convenu et demeure assez prévisible. Et pour ne rien arranger, il a fallu que ce film cumule des incohérences m’ayant temporairement sorti du film et tellement absurdes que c’est à se demander si les scénaristes ont relu leur script entre-temps. Je ne vais pas toutes les citer mais rien que la réaction (et parfois l’absence de réaction) des personnages vis à vis de Sonic durant certaines situations, c’est totalement incohérent.

Les références au lore de Sonic sont présentes de manière plus ou moins subtiles mais sans être envahissantes. Une que je n’ai pas vu venir et qui m’a bien fait sourire concernait un certain meme de l’Internet.

Concernant l’intéressé, autant je n’ai rien à redire sur son apparence, autant sur le reste et son caractère je suis mitigé. Parfois je trouve qu’il en fait des tonnes pour pas grand-chose et certains de ses gags sont soit lourds, soit trop enfantins à mon goût. Néanmoins j’ai apprécié la manière dont le thème de la solitude a été traité, ceci faisant qu’on s’attache un peu plus à lui.

Avant de conclure et histoire de rester sur le personnage de Sonic, parlons d’un sujet qui fâche.

Alexandre Gillet

Le doublage en VF qui fut l’objet d’une grosse polémique. Et qui m’a contraint à aller voir ce film en VO non pas par élitisme, mais pour ne pas avoir à « subir » la voix de Malik Bentalha qui a été casté pour doubler le Hérisson. Qu’on soit bien clair je n’ai strictement rien contre cet humoriste. Mais son timbre de voix dont j’ai eu un aperçu via les trailers me pose problème car je trouve qu’il ne colle pas du tout à Sonic. Rien à voir avec le doubleur officiel depuis plus de 10 ans qu’est Alexandre Gillet et dont je ne comprends pas l’absence surtout pour un tel projet. Très honnêtement, savoir que tel « influenceur » à la mode participe à un doublage alors qu’il existe tellement de comédiens talentueux qui sont payés pour ça, ça m’énerve.

Et le plus étrange dans tout ça, c’est que pour un certain personnage que je ne citerai pas pour ne pas spoil, c’est la « vraie » VF qui est utilisée. D’ailleurs j’aimerais bien savoir si le tout premier design de celui-ci était dans la même veine que celui du Sonic tout droit venu des enfers.

Conclusion

L’existence de ce film en l’état tient du miracle. Rien que pour le fait que la Paramount ait écouté le public en changeant complètement le design de Sonic, ce film mérite d’être vu ne serait-ce que pour les encourager à poursuivre sur la bonne voie à l’avenir.

Hélas, ce n’est pas ça qui rend le film exceptionnel pour autant même si c’est loin d’être une catastrophe. La faute à un hérisson en demi-teinte. Un humour trop enfantin. Et beaucoup d’incohérences. Heureusement que Jim Carrey était là pour relever le niveau même si j’en ai jamais vraiment douté.

En tout cas moi qui m’attendais à bien pire, j’ai passé un bon moment devant un film que j’aurais probablement moins apprécié en VF, et avec le 1er design de Sonic.

[Cinéma] Critique – Star Wars épisode IX : L’Ascension de Skywalker

Épisode conclusif de la trilogie amorcée en 2015 par Disney, et de surcroît de cette saga vieille d’une quarantaine d’années et centrée sur les Skywalker. Voici mon avis sans spoilers sur cet épisode IX sorti le 18 Décembre dernier. Et que je ne porte pas particulièrement dans mon cœur.

Avant-propos

Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, il me semble nécessaire d’évoquer mon passif et mon statut envers cette saga. Tout d’abord, ma connaissance actuelle de cet univers se limite exclusivement aux films de la première trilogie de 1977 à 1983, la prélogie de 1999 à 2005, et la postlogie venant tout juste de se terminer. Tout le reste faisant partie de l’univers étendu, comics, jeux vidéo, séries et autres, m’est totalement inconnu à ce jour. Et même si c’est une saga que j’apprécie, je ne me considère pas comme un fan absolu de l’œuvre de Georges Lucas. Qui suis-je pour dire que « tel aspect aurait dû être traité de telle manière » ? Personne. Sauf si cela remet en cause une certaine cohérence que je ne tarderai pas à évoquer.

Et concernant les films de cette dernière trilogie, j’ai plutôt apprécié l’épisode VII dirigé par J. J. Abrams malgré le fait qu’il pompait allégrement le IV sur la forme et le fond.

Puis vint le VIII chapeauté par Rian Johnson cette fois-ci. Que j’avais nettement moins aimé à l’époque, mais qui avec du recul est peut-être l’épisode le plus couillu de la saga. Même s’il partait dans une direction radicalement différente de l’opus précédent en fermant quasiment toutes les portes scénaristiques qui avaient été ouvertes dedans. Ceci faisant qu’il ne restait plus grand chose à raconter après ça.

Je suis donc allé voir le IX sans attentes particulières. Et dont j’ai cru comprendre que la production s’est avérée difficile puisqu’il a été repris en urgence par Abrams alors que ce n’était pas initialement prévu. Et ça se sent. Alors autant être franc avec vous, même si tout ne fut pas à jeter, ce film fut un bordel sans nom qui m’a usé comme peu de films l’ont fait avant lui, et que je ne suis pas prêt de revoir. Désolé pour ceux qui l’ont apprécié et je suis sincèrement content pour vous si c’est le cas. Mais me concernant, c’est au-dessus de mes forces. Ou devrais-je dire de ma Force.

Esthétique

Commençons par l’esthétique globale du film qui fut l’un des rares aspects que j’ai apprécié dans celui-ci. Avec une photographie et des effets spéciaux au top donnant lieu à des plans magnifiques et des séquences stylées aussi bien sur le plancher des vaches que durant les batailles spatiales. Star Wars a toujours été la référence majeure en termes de Space Opera dans le cinéma, et ce n’est pas cet épisode IX qui dérogera à la règle sur ces aspects.  Surtout avec une bande-son composée par le seul et unique John Williams, qui reprenait quelques thèmes cultes de la saga. Et sans qui cette Guerre des Étoiles n’aurait probablement pas eue la même aura.

Par contre, j’ai trouvé les combats au sabre laser en deçà de ce qu’on nous avait habitués jusqu’alors. En termes de chorégraphie, et surtout de rythme avec un en particulier sur les ruines de l’Étoile de la Mort qui m’a paru interminable.

Palpatine, un retour nécessaire ?

Quand j’ai vu qu’ils allaient faire revenir le véritable grand méchant de cette saga de 9 films, j’ai eu très peur. Après visionnage, je me dis que ça aurait pu être pire mais ça ne volait pas haut pour autant.

Pour en arriver là, ils devaient soit être méchamment en manque d’idées au sein de la production, soit ils n’avaient pas d’autres choix vu que Snoke avait été terrassé par Kylo Ren dans le VIII. Même si j’aurais trouvé ça beaucoup plus intéressant et pertinent que ce dernier soit le grand méchant du IX. Mais c’était trop demander visiblement.

Puis Palpatine dans ce film, c’est une caricature de lui-même. Et qui sans trop spoiler,  aurait mieux fait de rester dans l’ombre tout du long avec son immense flotte de Star Destroyers sortant littéralement de nulle part. Et donc chacun des vaisseaux rend la base Starkiller de l’épisode VII ridicule à côté. D’autant plus qu’on sent que son retour a été prévu au dernier moment puisque rien dans les précédents films n’annonçait un éventuel retour. Ce qui m’amène à l’un des principaux défauts de ce film, et de cette trilogie.

Manque de cohérence

Faudra m’expliquer l’intérêt d’une trilogie si les films le constituant ne sont même pas foutus de se suivre entre eux. Où est le fil conducteur ? Déjà que le VII et le VIII avaient très peu de choses en commun, pour le IX c’est encore pire car c’est comme si l’épisode antérieur n’avait servi à rien. Par exemple il y a de quoi tomber de haut quand on voit la manière dont ont été traités individuellement les personnages de Finn et Rose. Eux qui en plus de leur relation naissante dans le VIII, avaient eus droit à quelques moments de bravoure dans ce même épisode.

Le scénario est ultra convenu et prévisible à des années lumières à la ronde. Avec des  facilités scénaristiques (liées à la Force le plus souvent) tellement aberrantes que c’est à se demander s’ils en avaient quelque chose à cirer.

Casting & Fanservice

Autre problème du film, le manque d’enjeux dramatiques. On ne s’inquiète jamais pour personne puisque même les situations qui paraissent critiques sont systématiquement désamorcées juste après. Je n’ai ressenti aucune émotion à part pour le très bavard C3-PO et Chewie à certains moments.

Parlons fanservice. De base, je n’ai rien contre ça tant que c’est bien dosé et qu’il y a un véritable intérêt derrière. Et au vu du statut de cet épisode qui est censé tout conclure, c’était inévitable. Le fait de revoir des têtes connues, clins d’œil ou autres références, est toujours plaisant en soi. Le problème ici, c’est que dans le cas de Lando Calrissian qui a fait son grand retour après la première trilogie (et dont l’acteur a très bien vieilli soit dit en passant), pour moi ça n’a pas apporté pas grand-chose au film.

Que la Force…

Soit avec le scénario. Car concernant celle-ci, je dois avouer que son utilisation m’a beaucoup surpris ici. Notamment durant les « échanges » entre Kylo et Rey, et sa maitrise thérapeutique de la Force (pour ne pas en dire plus) pour cette dernière. Je n’ai pas souvenir d’avoir vu ça dans un autre film de la saga. Peut-être que c’est une utilisation « normale » de la Force vue ailleurs, donc je ne me prononcerais pas davantage à ce sujet.

Ce film a aussi justifié l’origine de la puissance de Rey de la pire des manières. Dans le VII, on nous avait fait comprendre que c’était la Force qui l’avait choisi. Et que n’importe quel individu pouvait en hériter quelque soit son passif. Au final il en n’est rien puisque c’est encore une histoire de gènes pour ne pas en dire davantage. C’est d’ailleurs au moment précis de cette révélation que j’ai définitivement décroché du film. Pour moi, Rey était intéressante justement car c’était selon Kylo, la « fille de personne ».

Et pour rester avec Rey, et également Kylo, j’ai trouvé que l’évolution de leurs personnages respectifs intéressante, et la finalité de la relation entre ces deux-là  logique. Avec une Dyade de la Force (pour reprendre le terme du film) qui prend tout son sens avec du recul. Je le redis mais je suis convaincu que leur confrontation aurait eu beaucoup plus d’impact si Kylo avait été le seul et unique homme à abattre à la place de Palpatine dans cet épisode.

Conclusion

Un gâchis intergalactique. Cette saga ne méritait pas une fin aussi peu audacieuse et de finir sur une note aussi amère. Même si je reconnais que conclure cette épopée en 2h20 de film n’est pas chose aisée. Mais le plus gros problème, ce n’est même pas le film en lui-même, c’est toute cette trilogie qui n’a quasiment aucun liant entre les films la constituant. On parle quand même de Star Wars bon sang comment on a pu en arriver là ?

Un Palpatine qui n’avait pas nécessité d’être là. Des personnages clés dans les anciens opus qui font ici office de figurants. Un scénario ultra convenu et sans surprise. Heureusement que pour rattraper tout ce bazar, il y a l’aspect visuel, la musique et les hommages envers la saga à travers certains personnages et décors.

Mais j’ai quand même envie de faire l’avocat d’Abrams qui a tenté comme il peut de recoller les morceaux qui se sont éparpillés avec le VIII. Même si au final j’aurais préféré que ce soit Johnson qui fasse cet épisode IX ne serait-ce que pour avoir un semblant de continuité.

Je pense que cinématographiquement parlant, il est temps de laisser Star Wars tranquille un moment.

[Cinéma] Critique – One Piece: Stampede

14ème long métrage d’animation du manga d’Eiichirō Oda, voici mon avis sur One Piece Stampede. Sorti le 9 Août 2019 au Japon, et que j’ai pu voir en avant-première française le 12 Septembre, avant sa sortie officielle chez nous le 9 Octobre prochain.

Avant-propos

Avant d’entrer dans la critique pure et dure de ce 1er film One Piece que j’aurais vu au cinéma, je tenais à dire que ma séance du jour J fut émotionnellement intense comme rarement. Avant-première oblige, l’ambiance était explosive au sein d’une salle comble et remplie d’adeptes du manga comme moi.

Entre les hurlements de joie et de surprise, les fous rires, applaudissements, et probablement des larmes pour certains à l’issue d’une des dernières scènes du film. Le tout s’étant déroulé dans le respect et sans heurts durant ma séance. Rien que pour ça j’en garderai un excellent souvenir, au-delà même du film dont je vais enfin parler.

Divertissement assumé

Bien avant la sortie du film, L’auteur avait clairement annoncé la couleur en déclarant que ce Stampede serait un pur divertissement dédié avant tout aux fans. En guise de cadeau d’anniversaire pour les 20 ans de l’anime cette année. Et si je précise cela, c’est parce que beaucoup ont reproché à ce film la « surenchère de fanservice et de combats » son « scénario aux fraises » et le « manque de cohérence avec le manga ».

Sans aller dans les extrêmes, je suis relativement d’accord avec ces critiques-ci. Tout à fait compréhensible de la part de ceux n’ayant pas été mis au courant de la façon dont il serait vendu, ou pour quelqu’un qui est peu familier à l’œuvre. Mais parfois, il faut savoir se replacer dans le contexte et se renseigner un peu avant de donner son avis. C’est quand même étrange de se plaindre sur des aspects qui ont été clairement annoncés comme tels non ? Puis bon depuis le temps que l’anime et ses films existent, ils peuvent bien se permettre de lâcher un peu de lest.

De toute manière, le Film Z sorti 6 ans auparavant reste inégalé pour moi. Il est l’exact opposé de Stampede avec des personnages plus travaillés et un scénario plus mature.

Everyone is here !

Ou presque. Car en plus des Mugiwaras, énormément de têtes connues du manga (et qui pour certains ne se sont jamais croisés auparavant) ont répondu à l’appel de Festa. Ce dernier faisant parti des 3 personnages inédits de ce film avec Bullet, dont je reparlerai dans quelques lignes.

Bien évidemment, tous n’ont pas le même temps d’exposition ni la même importance. Mais chacune de leurs apparitions leur rend magnifiquement hommage et a un intérêt. Qu’il soit contextuel ou faisant juste office de caméo. Quitte à ce qu’il y ait de la redite pour certains avec une entrée en scène copiée / collée au manga.

Je ne vais pas citer tous les personnages mais parmi ceux que j’ai retenu, Baggy toujours aussi couard et qu’il m’aura bien faire rire durant tout le long. Smoker toujours aussi complexe et pas mal mis en avant. Boa Hancock toujours aussi amoureuse de Luffy et qui m’aura surpris par sa puissance. Et je me dois d’évoquer Ussop qui est de très loin le meilleur personnage de tout le film. Et bien qu’il soit fidèle à lui-même, son traitement est impeccable et son dernier fait d’armes durant le film en fut l’un des meilleurs moments de celui-ci.

Et pour finir, Bullet la déception. Et malgré le fait qu’il soit habilement introduit au tout début du film, il ne brille pas par sa personnalité et sa profondeur puisque son leitmotiv se résume à être le plus puissant des pirates et surpasser Gol D. Roger. Pour un ancien membre de l’équipage du Roi des Pirates, je m’attendais à bien mieux que ça. Ne lui reste que sa prestance, son thème musical et son incroyable puissance qui est très bien retranscrite à l’écran.

Esthétique

Avant de conclure, un point qu’on ne pourra difficilement remettre en cause est l’aspect visuel du film. Stampede est de loin le plus beau film One Piece jamais sorti. L’animation est irréprochable avec un style optant parfois pour des bords épais pour les personnages. Le rendant assez proche du manga d’origine. Et les (très) nombreuses scènes d’action sont superbement bien animées.  C’est fluide, on comprend ce qui se passe, et on ressent la puissance des coups. Le genre de film à voir impérativement en salles obscures afin de profiter de ce feu d’artifice visuel et sonore. Et je trouve qu’ils ont mis les gros moyens en termes d’effets spéciaux. En particulier ceux liés à Bullet, même si ça tranche radicalement avec l’univers.

Conclusion

Aussi satisfaisant et spectaculaire qu’il soit, ce One Piece Stampede est loin d’être parfait et n’est certainement pas le meilleur film de l’anime, voire  le meilleur film d’animation de tous les temps comme j’ai déjà dû l’entendre à maintes reprises. L’originalité n’est clairement pas l’atout de ce film puisqu’il se contente de reprendre des gimmicks et d’autres éléments bien connus du manga.

Malgré ça, j’ai passé un moment inoubliable et le film remplit parfaitement son cahier des charges avec du fanservice en veux-tu en voilà, un casting « All Stars », un rythme effréné avec des affrontements qui s’enchainent sans qu’on ait le temps de souffler, et beaucoup de moments forts dont on s’en souviendra longtemps. Si vous êtes fans, c’est un film à ne manquer sous aucun prétexte. Et peut-être même qu’il donnera envie aux non initiés de se plonger dans cet univers d’une richesse inégalée dans le genre.

[Cinéma] Critique – Godzilla 2 : Roi des Monstres

ll y a 5 ans sortait le reboot de Godzilla. Film qui a donné naissance au « MonsterVerse » et ayant engendré Kong : Skull Island en 2017. Voyons voir ce que donne le 3ème film de cet univers cinématographique et suite directe du film de 2014. Où la plus atomique des créatures vivantes devra défendre son titre de Roi des Monstres face à des créatures au moins aussi dangereuses que lui.

2014 vs 2019

Pour revenir rapidement sur le précédent volet par Gareth Edwards, je l’avais plutôt apprécié même si paradoxalement il m’avait beaucoup frustré. Trop de temps pour se lancer, et une première apparition de Godzilla au bout de 1h montre en main. Même si les rares moments où on le voyait en valaient très largement le coup. Ce film s’étant davantage focalisé sur des protagonistes au traitement assez inégal, au détriment des monstres qui sont la raison même pour laquelle on veut voir ce genre de film. Au final, j’ai eu le sentiment de ne pas en avoir assez vu.

La version de 2019 quant à elle, corrige le tir et s’impose davantage en termes de démesure, de rythme et surtout d’intensité. Sans toutefois être parfait, notamment au niveau du casting et de certains choix scénaristiques. Mais je vais y revenir.

On ne plaisante pas avec Mère Nature

Là où les Titans passent, les villes trépassent. Et le ton est déjà donné en début de film en nous montrant les ruines d’un San Francisco post-apocalyptique, 5 ans après le déchaînement entre Godzilla et les Mutos qui ont ravagé les lieux.

Et dans ce film, c’est encore pire. Puisque c’est l’Humanité toute entière qui est concernée par la menace de plusieurs Titans, et qui risque purement et simplement l’extinction. Menace qui est retranscrite avec brio à l’écran, où des villes entières se font balayer par un simple battement d’ailes de Rodan pour ne citer que cet exemple vu dans les trailers. Il y a aussi un aspect « survie » que j’ai beaucoup apprécié. Avec ces pauvres gens qui tentent désespérément de fuir ou de survivre à cette apocalypse.

Le tout servi par une esthétique maitrisée avec quelques plans tout simplement somptueux, et une palette de couleurs associée à chaque créature. Cela fait écho à la photographie déjà excellente d’Edwards dans le film antérieur. Qui avait eu l’excellente idée de filmer la plupart des scènes à hauteur d’homme afin d’accentuer le gigantisme de ces créatures. Un bon moyen de rappeler l’impuissance de l’homme face au déchaînement de la nature. Qui malgré tous ses efforts militaires ou non, n’est au final rien de plus qu’un simple spectateur.

L’Attaque des Titans

Ce film aura vu le retour de quelques créatures mythiques du lore de la saga. Et dont je n’avais jamais entendu parler avant d’aller le voir. À défaut d’évoquer leurs origines mythologiques, je vais plutôt revenir sur l’impression qu’ils m’ont donnée.

Certains Titans ont été moins mis en avant que d’autres. C’est notamment le cas de la mite géante Mothra, qui est le premier d’entre eux que l’on aperçoit dans le film en tant que larve. Et bien qu’il soit moins offensif et dangereux que les autres, il n’en reste pas moins un Titan important surtout pour Godzilla en personne.

Vient ensuite le ptéranodon géant Rodan. Qui en plus d’avoir eu droit à l’une des entrées en scène les plus stylés du film, nous a fait une impressionnante démonstration de son potentiel destructeur et de son agilité. Vaut mieux ne pas voler trop près de lui

Et que dire du rival naturel du Roi des Monstres qu’est Ghidorah. Le « foudroyant » dragon tricéphale et sacré dur à cuire par son statut d’Hydre, dont chacune de ses apparitions est synonyme de danger absolu aussi bien pour les humains que pour Godzilla lui-même. D’ailleurs, leurs face-à-face respectifs sont tous dantesques.

Tout ça pour dire que globalement, j’ai trouvé la CGI opérée sur les monstres (et le reste) très réussis. Que ce soit par leur design ou leurs affrontements d’une intensité jamais vue à ce jour dans un film du genre (à part peut-être dans le premier Pacific Rim).

Le Roi Godzilla

Bien évidemment, je ne pouvais pas ne pas parler de celui qui donne son nom au film, et aussi à cette saga (vieille de 65 ans et 33 films en comptant celui-ci) de surcroit. Cette fois-ci, Godzilla  a eu l’exposition qui lui faisait cruellement défaut dans le précédent volet. On le voit suffisamment et chacune de ses apparitions sont excellentes.

Avec son cri assourdissant caractéristique qui justifie à lui seul le fait de voir le film dans une salle de cinéma afin de profiter au mieux de l’excellente ambiance sonore. Son souffle atomique dévastateur, et bien plus encore. C’est à se demander comment Kong va bien pouvoir lui tenir tête dans Godzilla vs. Kong sortant l’année prochaine. Il y a pas à dire, ce Roi des Monstres a été iconisé de la plus belles des manières, encore mieux qu’en 2014.

Iconisation qui se poursuit à travers la bande-son composée par Bear McCreary (God of War PS4, Outlander, The Walking Dead, etc). Très plaisante à écouter et renforçant le côté « bestial » du film avec des  sonorités tribales accentuées par les tambours et trompettes. Et avec quelques chœurs et cris Japonais par-dessus certaines pistes en hommage aux origines nipponnes du Kaijū.

La seule chose que je regrette à propos de ce Godzilla, c’est qu’il soit quasi systématiquement utilisé pour désamorcer des situations qui de base étaient critiques. Tant qu’on sait qu’il est dans le coin, on ne s’inquiète jamais réellement du sort des personnages principaux. À 2-3 exceptions près.

Distribution

Le film précédent ne m’avait pas particulièrement marqué au niveau des acteurs (à quelques exceptions près). Ici, c’est un peu mieux mais ça ne vole pas très haut la plupart du temps.

À l’image de cette famille déchirée suite aux évènements de 2014, qui est au cœur de l’intrigue du film. Composé de la jeune et convaincante Millie Bobby Brown en tant que Maddie Russel, qui brille par sa débrouillardise. Vera Farmiga qu’on va vite apprendre à détester dans son rôle de Dr. Emma Russell, et qui fait des choix complètement stupides le long du film. Et de Kyle Chandler incarnant Mark, père de la première et ex-mari de la seconde. Prêt à tout pour retrouver sa famille malgré son contentieux avec Godzilla. Du classique.

En revanche, j’ai beaucoup aimé la prestation de Charles Dance en tant que colonel Alan Jonah. Un antagoniste aux méthodes certes radicales, mais plus ambigu qu’on pourrait l’imaginer. Il faut dire que le charisme naturel de l’acteur aide beaucoup.

Ce film marque le retour du Dr. Ishiro Serizawa incarné à nouveau par Ken Watanabe. Toujours aussi adorateur des monstres, et qui aura cette fois un rôle crucial à jouer dans cette bataille. On lui doit également l’une des scènes les plus poignantes du film dont je n’en dirais pas davantage pour ne pas spoiler.

Un message pertinent que fait passer ce film, c’est que malgré la présence de nombreux monstres à l’écran, les humains peuvent se montrer tout aussi monstrueux si ce n’est plus dans leurs agissements et leur façon de penser. Exactement comme l’a souligné Maddie au travers d’une simple phrase qu’elle lâche dans le film à destination d’une certaine personne.

 

Conclusion

Le résultat n’est certes pas parfait mais au moins on a eu ce qu’on voulait avec un film monstrueusement titanesque. Un rythmé efrénné qui laisse peu de répit en termes d’action. Une présence plus marquée des monstres et d’un Godzilla plus puissant que jamais à l’écran, avec des scènes d’affrontements d’anthologie dont on s’en souviendra longtemps.

On en viendrait presque à oublier le casting tout juste correct, certaines facilités scénaristiques et un manque de suspense et d’originalité. En tout cas si les prochains films de ce MonsterVerse sont au moins dans la même lignée (en corrigeant les défauts cités), je marche.