[Cinéma] Critique – Glass

L’ultime volet d’une trilogie surprise que personne n’attendait. Initiée avec le film Incassable / Unbreakable 19 ans plus tôt, et suivi par Split en 2017. Est-ce que Glass est la conclusion que cette saga mérite ?

PS : Et histoire de se mettre dans l’ambiance, je vous propose de lire cette critique en écoutant ceci. Bonne lecture. 😉

Avant-propos

À ce jour, j’ai vu 6 films de Mr Night Shyamalan. Réalisateur connu pour ses twists difficilement prévisibles. Dont celui dans un de mes favoris de sa filmographie qu’est Sixième Sens (1999). Qui comporte un twist final d’une importance telle qu’il change à tout jamais la manière dont ce film sera perçu après (re)visionnage. Autant dire qu’il ne faut surtout pas le spoiler ou se le faire spoiler. J’avais également un souvenir assez marqué de Signes (2002) avec une ambiance assez oppressante qui ne faisait pas du bien au gosse que j’étais à l’époque. Puis j’ai vu After Earth (2013), qui fut extrêmement décevant.

Les 3 films restants sont donc ceux de cette trilogie qui s’est étendue sur presque deux décennies. D’abord Incassable que j’ai beaucoup aimé et qui se place juste derrière Sixième Sens en matière de préférence. Puis Split, pas mauvais mais que j’ai moins aimé. Et celui qui fait l’objet de cette critique, Glass.

Remise en contexte

Mais avant d’en parler, il est pour moi nécessaire afin de comprendre les enjeux de Glass, de recontextualiser les choses en spoilant allègrement les 2 précédents films de cette trilogie. Si vous ne les avez pas encore vus, vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Dans Incassable, David Dunn était l’unique survivant d’un terrible accident de train survenu au début du film. Mais le plus incroyable au-delà de sa survie, était le fait qu’il s’en soit sorti complètement indemne. Sans aucune séquelle ni égratignure. Et on apprendra plus tard que David n’a jamais été ni blessé, ni malade. Un homme littéralement “incassable” comme le film éponyme.

Et c’est justement ce genre d’individu que recherchait désespérément Elijah Price. Un fanatique de Bandes Dessinés / Comics, convaincu que les Super-Héros existent bel et bien dans le vrai monde. Sauf que contrairement à David, c’est un homme “cassable” car atteint d’un handicap rare appelé ostéogenèse imparfaite. Plus connu en tant que “maladie des os de verre”. Et c’est pour trouver son exact opposé comme dans les Comics, et par la même occasion « trouver sa place dans ce monde » selon ses propres dires, qu’il a perpétré de multiples attentats dont ce fameux accident de train qui a révélé David aux yeux du monde entier. À ce moment précis, le Super-Vilain Mr. Glass avait enfin trouvé son rival Super-Héros qu’il recherchait depuis si longtemps.

Split quant à lui racontait l’histoire de Dennis, de son vrai nom Kevin Wendell Crumb alias “La Horde”. Un imprévisible et dangereux individu atteint d’un trouble dissociatif de l’identité. Plus connu sous l’appellation de trouble de la personnalité multiple. Et lors de la toute dernière scène, on revoit le David d’Incassable mentionner le pseudonyme de Mr. Glass. Confirmant que ces 2 films se déroulaient bel et bien dans le même univers. Il ne restait plus qu’à attendre la suite qui allait faire le lien entre-eux et que l’on connait aujourd’hui sous le nom de Glass.

Mr. Glass ou le « Bonhomme qui casse »

Les 3 films de cette trilogie partagent un point commun assez intéressant. Leurs titres sont intrinsèquement liés à la nature des personnages principaux qui jouent dedans. Incassable était le film de David Dunn pour les raisons que j’ai expliqués plus haut (même si Mr Glass y tient un rôle important). Split quant à lui est celui de Kevin, tout simplement car le titre peut se traduire en français par “fracture” ou “fissure”. Ce qui est une traduction de son état mental. Un homme fracturé psychologiquement à cause de ses 24 personnalités.

Il était donc tout naturel qu’Elijah Price ait aussi un film dédié. Puisque Glass est la traduction du mot “Verre”. Ce qui est la caractéristique même de ce personnage qui est littéralement un “homme de verre”. Et bien qu’il y soit mis en avant un peu tard, et pas au top de sa forme durant une grosse partie du film, c’est sur ce grand manitou que reposent les principaux enjeux du scénario. Et on le comprend au moment d’une révélation d’une importance capitale vers le milieu du film, qui fait que David et Kevin sont “liés” à cause de lui.

Ce Mr. Glass est à nouveau incarné par Samuel L. Jackson presque 20 ans plus tard. Et même si je préfère sa performance dans Incassable, il reste aussi incisif et charismatique que d’habitude. Et on comprend très vite qu’il ne vaut mieux ne pas le quitter des yeux et encore moins le sous-estimer. Car il est aussi dangereux que son corps est fragile. D’ailleurs, c’est le bon moment pour parler de la distribution de ce film.

Distribution

En plus d’avoir un casting qui vaut son pesant de cacahuètes, ce Glass se paye une distribution plus que correcte même si certains acteurs sont moins mis en avant que d’autres.

Bruce Willis qui ne nous avait pas habitués à d’excellents rôles ces dernières années se rattrape en se réappropriant son personnage de David, qui a fini par s’accepter et est devenu le Super-héros local. Mais comme pour Jackson, je l’ai préféré dans le premier film même si on le sens bien impliqué dans son rôle. En tant que “Superviseur” comme on le surnomme, et aussi lors de ses face à face contre “La Bête” de Kevin. Malheureusement, on ne le voit pas assez à l’écran.

Tout comme dans Split, la prestation de McAvoy est une des plus grandes qualités de Glass et mériterait un Oscar à elle seule. Et même si elle est moins marquante que dans ce dernier d’abord parce que l’effet de surprise est passé par là, mais aussi car il n’est plus tout seul à porter le film, elle reste impressionnante. C’est toujours aussi grisant de le voir basculer aussi naturellement d’une personnalité à l’autre en changeant son langage corporel, son accent, ou encore ses expressions faciales parfois dans la même scène. Un vrai caméléon.

Il est même encore plus menaçant qu’avant en tant que « La Bête« . Rien que physiquement, on sent que McAvoy s’est préparé pour le rôle. Le seul bémol est que je trouve qu’il prend légèrement trop de place par rapport à Elijah et David.

Anya Taylor-Joy qui avait le rôle principal dans Split en tant que Casey Cooke, est moins mise en avant ici. Chose étrange puisque connaissant son passif avec Kevin, c’est certainement la personne qui le connaît le mieux. Elle a donc un rôle crucial à jouer que ses apparitions peu nombreuses à l’écran ne rendent pas honneur.

Constat similaire pour Spencer Treat Clark, qui incarne à nouveau Joseph le fils de David et qui a bien grandi depuis. Par contre pour la mère d’Elijah comment dire…

Sarah Paulson quant à elle, incarne Ellie Staple. Une psychiatre très convaincante et déterminée à faire taire l’existence de « ces êtres qui se prétendent extraordinaires” selon elle. En commençant par tenter de convaincre David, Kevin et Elijah, qu’ils sont atteints de mégalomanie et que leurs capacités surhumaines ne sont qu’illusion et facilement explicables scientifiquement parlant.

Un film de Super-Héros “réaliste”

Glass tout comme ses prédécesseurs, est un mélange de 2 genres. Le « Thriller-Fantastique » qui est prédominant, et celui qui va nous intéresser le genre « Super-Héroïque ». Mais pour ce dernier, ce n’est pas au sens où on l’entend. Avec des déluges d’effets visuels et des pouvoirs magiques pour certains personnages comme c’est le cas chez les films DC ou Marvel.

Ici, on reste dans un cadre plus réaliste et “terre-à-terre” avec des gens comme vous et moi, qui se distinguent des autres par des attributs uniques ou des capacités surhumaines. Qui selon le point de vue de chacun, peuvent effectivement être perçus comme des Supers-Pouvoirs.

Avec d’abord Mr. Glass, qui compense sa fragilité osseuse par sa très grande intelligence et son habileté. Puis Kevin, qui abrite en lui 24 personnalités différentes dont une bestiale qui à défaut de le transformer intégralement comme ça serait le cas pour un Loup Garou, le fait se comporter comme une bête sauvage et lui octroie au passage une très grande force physique.

Et enfin David, qui lui a tout du Super-Héros idéal. Naturellement doté d’une force herculéenne, d’une résistance hors du commun, et de la capacité d’avoir des “visions” du passé de toutes les personnes qu’il touche. Sans parler de son grand sens de la justice. C’est aussi le seul individu qui peut faire physiquement face à La Bête.

En tout cas, j’apprécie le parti pris de Shyamalan de nous proposer un tel rafraichissement au milieu d’une flopée de films de Super-Héros qui se ressemblent beaucoup trop sur le fond pour la plupart, et qui représentent  une très grande part de la production cinématographique d’aujourd’hui.

Conclusion

Non seulement Glass est un très bon cru pour ma part, mais en plus de cela il conclut brillamment cette trilogie qui je l’espère, entrera dans la postérité.

Avec un rythme certes lent, mais maitrisé et qui tient en haleine. Une jolie bande son qui emprunte quelques thèmes phares d’Incassable. Un casting globalement très correct malgré la dominance de McAvoy à l’écran. Et une mise en scène efficace et qui va à l’essentiel surtout lors des scènes d’action.

Le seul élément qui m’a posé problème étant la fin du film que j’ai trouvé très frustrante. Mais rien que sur sa manière d’aborder la question des Super-Héros au sein d’une société comme la nôtre, il mérite d’être vu.

Bilan 2018 (3/4) – Récap Cinéma / Animes / Séries

Bilan (1/4)(2/4)

3ème et avant dernière partie de mon Bilan annuel, cette fois centré sur le 7ème art avec mon degré d’appréciation des films que j’ai vu au ciné en 2018, mais aussi un avis rapide sur les séries et animes vus cette année. 🎬

Et comme pour le bilan JV, chacune des œuvres ici présentes peuvent faire l’objet d’un article dédié dans le futur.

Films de 2018

Top 5 films 2018 👍

5) Astérix : Le Secret de la potion magique [7/10]
4) Mission : Impossible – Fallout [8/10]
3) Les Indestructibles 2 [9/10]
2) Avengers : Infinity War [9/10]
1) Spider-Man : New Generation [9/10]

Flop 5 films 2018 👎

5) Ant-Man et la Guêpe [5/10]
4) Jurassic World : Fallen Kingdom [5/10]
3) Venom [5/10]
2) Tomb Raider [4/10]
1) Fullmetal Alchemist (Netflix) [4/10]

Mentions Honorables 👌

Black Panther [7/10]
Annihilation [7/10]
Ready Player One [6/10]
Deadpool 2 [7/10]
The Equalizer 2 [7/10]
Aquaman [7/10]

 

Animes vus en 2018

Devilman Crybaby

Anime de 10 épisodes ayant vu le jour en exclusivité sur Netflix en début d’année, et adaptation du manga éponyme et culte de 1972 par Go Nagai, ce fut pour moi un électrochoc

Pour me situer, je n’avais aucune connaissance de la mythologie Devilman avant de mater cette version. Mais ce que je peux en dire, c’est que c’est typiquement le genre d’anime qui non seulement ne plaira clairement pas à tout le monde, mais qui en plus n’est pas à mettre entre toutes les mains.

Déjà à cause du parti pris visuel avec les effets de déformation caractéristique au style de Masaaki Yuasa, et les dessins ultra simplistes avec la quasi absence d’ombres sur les personnages. Mais surtout à cause des nombreuses scènes de sexe plus ou moins justifiées et l’extrême violence de l’anime. Mais au-delà ce ça, cet anime pousse à la réflexion sur la nature même de l’humanité. Laissant fortement sous-entendre que les démons ne sont pas toujours ceux que l’on croit.

Et que ce soit au niveau de l’OST et de sa réalisation globale, c’est du tout bon. Encore aujourd’hui, j’ai un souvenir particulièrement marqué des 3 derniers épisodes de la série. En particulier le 8 qui fut certainement un des plus tristes, durs et émouvants qu’il m’ait été donné de voir depuis très longtemps.

My Hero Academia – Saison 3

2018 aura été l’année où j’aurais débuté l’anime My Hero Academia. Un Shonen très sympathique que l’on compare souvent aux ténors du genre comme Naruto en son temps. Même si pour ma part après 3 saisons de visionnées d’une traite, il est encore trop tôt pour en juger. Voici mon bilan de la Saison 3 avec spoilers.

Excellente première moitié de saison marquée par les événements du camp d’entrainement, le sauvetage de Katchan, et le combat dantesque entre All Might et All for One. En revanche, j’ai trouvé la seconde moitié moins marquante avec l’examen du permis provisoire. Et çe, malgré les moments de bravoure des élèves de la Seconde A (et des autres élèves), qui ne cessent de progresser et d’évoluer en tant que héros.

Saison clôturé avec brio par l’affrontement inévitable entre Deku et Katchan. Épisode qui fut un pur délice à regarder et magnifiquement réalisé. Je le mets au moins dans le Top 3 des meilleurs fights de la série.

En bref, une bonne saison même si pour moi la S2 est au-dessus. À l’heure où j’écris ces lignes, je n’ai pas encore lu les scans. Mais j’ai entendu dire que le meilleur est à venir.

Shingeki No Kyojin – Saison 3

Une Saison beaucoup plus calme que les précédentes. Chose dont on aurait pu se douter pour peu qu’on connaisse le déroulement de l’intrigue, et à l’opening beaucoup moins épique que ceux d’avant. Les affrontements contre des titans ont laissé place à des combats d’homme à homme, et les intrigues politiques ont pris le dessus. Un changement de ton qui peut surprendre, mais qui était nécessaire. Et cela permet de développer davantage l’univers et les personnages, et de se focaliser sur autre chose que des titans.

L’animation est toujours aussi irréprochable. Je pense notamment à l’épisode 2 avec la course poursuite entre Livai et une vielle connaissance à lui qui est superbement animée. Et l’épisode 9 qui en plus d’être l’un des plus épiques de la saison, aura donné lieu à une des scènes les plus dégoutantes de tout l’anime avec une certaine créature. Ceux qui l’auront vu sauront de quoi je parle.

Et quelle ne fut pas ma déception quand j’ai appris que cette saison initialement annoncée avec 24 épisodes, ne s’est terminée qu’au 12ème et ne reprendra qu’en Avril 2019 avec un teasing qui annonce beaucoup plus d’action. Et je peux vous dire que pour quelqu’un comme moi qui suis à jour sur les scans et qui sait à peu près ce qui risque d’arriver, j’ai hâte comme c’est pas permis.

 

Gurren Lagann (2007)

Anime que je voulais regarder depuis très longtemps. Et je n’ai pas été déçu du voyage même si j’ai eu du mal à accrocher durant les 7 premiers épisodes. Ce n’est qu’à partir du 8ème suite à un certain évènement, que le tout prend d’un coup une tournure inattendue et a commencé à me scotcher jusqu’à la fin.

Cet anime est la définition même de la démesure et de l’epicness. J’ai eu du mal à me remettre de l’affrontement final gargantuesque (terme à peine exagéré). Sans parler de cette animation virevoltante, son OST Rock’n Roll comme il faut, et ses personnages hyper attachants qu’on se surprend à aimer pour certains, et à détester pour d’autres. Un classique tout simplement.

Séries de 2018

De base je ne suis pas quelqu’un qui regarde énormément de séries. La seule que j’aurais regardé cette année était les 2 saisons de Westworld.

Et ce fut une pépite. Avec un univers immense qui laisse entrevoir des possibilités insoupçonnés. Une OST magnifique que l’ont doit au compositeur de génie qu’est Ramin Djawadi.  Et un casting d’exception avec la sublime Evan Rachel Wood (Dolores), le déterminé Jeffrey Wright (Bernard), l’effrayant Ed Harris (L’homme en noir), la dangereuse Thandie Newton (Maeve) et Monsieur Anthony Hopkins (Dr. Robert Ford), qui portent la série à eux seuls. Il faudra juste se faire au rythme assez lent, et au fait que plusieurs temporalités se côtoient au sein d’un même épisode. Ce qui peut rendre le tout compliqué à suivre si on a pas la timeline sous la main.

La première saison plaçait tranquillement toutes les pièces sur son échiquier jusqu’à son final en apothéose. Et la seconde, sortie en 2018, était très largement au dessus. D’ailleurs une Saison 3 a été annoncée même si je me demande bien comment ils vont nous raconter ça vu tout ce qui s’est passé dans la 2.

Autres

1 image de film par jour jusqu'à la fin du mois. Défi inspiré par la blogueuse Lillysteria http://www.lillysteria.com/2017/06/juin-le-mois-du-film.html

Posted by Nindo64 on Tuesday, January 30, 2018

Sur Facebook, j’avais relevé le défi de poster une image de film par jour pendant 1 mois, en prenant en compte les critères de l’image ci-dessous.

Et comme pour les Jeux Vidéos, j’avais réalisé un bingo mais cette fois sur les animes que j’ai déjà vus toutes années confondues. Ça me fait penser qu’il faudrait que j’en fasse un sur les films tiens.

À suivre dans la Partie 4, mon récap des RS (FB, Twitter, Instagram) et la conclusion.

[Cinéma] Critique – Venom

Il aura fallu attendre 11 ans avant de revoir le plus dangereux des parasites en salles obscures. Mais cette fois-ci, sans Spiderman dont il est censé être un des plus grands rivaux. Voici ma critique ciné sur le film Venom. Dont on est loin de chanter les louanges alors qu’il est tout juste sorti. Et après visionnage, je comprends pourquoi…

Avant-Propos

La première et dernière fois que le symbiote a souri à pleines dents au cinéma, remonte à 2007 avec le très décrié Spiderman 3 de Sam Raimi. Une des principales raisons de cette levée de boucliers à l’époque, fut le traitement infligé au duo Eddie Brock / Venom.

Aujourd’hui, c’est Sony Pictures qui distribue le projet de cette origin-story. Comme ils l’ont fait avec les 2 volets des The Amazing Spider-Man de Marc Webb sortis en 2012 et 2014. Tant pis pour tous ceux qui rêvaient de voir Venom dans le Marvel Cinematic Universe.

Et histoire de me situer par rapport au film, j’ai pu le voir en avant-première le 8 Octobre (2 jours avant sa sortie officielle) au Pathé Gaumont de la Villette, en VOSTFR. Et en qualité IMAX 3D. D’ailleurs, cette séance était spéciale car étant la première d’une série de “Séances Geek” comme ils l’appellent. Inaugurée en compagnie du Vidéaste Captain Popcorn, et d’un Venom (presque) grandeur nature. L’ambiance dans la salle fut au rendez-vous et j’en garderai un meilleur souvenir que la séance elle-même

Venom, un personnage “attachant”

N’ayant pas lu les comics en question, j’ignore si le personnage est fidèle ou non au matériau d’origine. Mais ce que je peux en dire, c’est que ce binôme fonctionne parfaitement ici et demeure la plus grande qualité du film. Peut-être la seule d’ailleurs.

La créature en impose sous sa forme humanoïde, et rend bien à l’écran avec un aspect “organique” qui lui va bien mieux que le côté “plastoc” de Spiderman 3. Et contrairement à ce dernier film, Venom est un personnage à part entière avec une vraie personnalité. Il n’est pas que mortellement dangereux et friand de boyaux humains, le symbiote a aussi un humour qui fait souvent mouche, et se révèle être attachant de la manière la plus littérale qui soit.

Le personnage d’Eddie Brock en tant que reporter loser s’en sort assez bien. Tom Hardy a de toute manière la carrure, la dégaine et surtout le talent pour ce genre de rôle. Puis ce n’est pas comme si le dernier personnage iconique des comics qu’il a incarné était Bane dans The Dark Knight Rises (2012). Et il faut savoir que c’est lui qui double son alter-ego. Dit autrement, il se parle à lui-même durant tout le film. Chose impossible à deviner pour quelqu’un comme moi qui a fait le choix de se renseigner le moins possible sur ce film.

Ça manque de sang par ici

Esthétiquement parlant, c’est mitigé. Bien que le film ait une photographie correcte avec quelques plans intéressants, difficile de comprendre ce qui s’y passait lors des grosses scènes d’action mettant en scène le symbiote. Pas toujours très lisibles et surtout brouillonnes, en particulier l’affrontement final. Les seules exceptions pour ma part qui valaient à peu près le coup étant le moment où Eddy teste ses pouvoirs pour la première fois, et la scène de la course-poursuite dans les rues de San Francisco.

De plus, c’est moi ou ce film a été censuré comme c’est pas permis ? Parce que malgré les cadavres qui s’accumulent par dizaines, les arrachages de têtes avec des dents grandes comme des couteaux, ou encore les attaques avec des armes tranchantes diverses, pas une seule goutte de sang à signaler. Ça c’est pas normal. D’autant plus que pour une raison qui m’échappe, le film est passé d’une classification Rated R (interdit au moins de 17 ans) à un PG-13 (moins de 13 ans) entre sa production et sa sortie en salles.

Je ne demande pas des effusions de sang à la Tarantino, ou des boyaux bien visibles à l’écran loin de là. Mais on parle quand même de Venom non ? Je trouve ça étonnant de se brider autant après des films comme Deadpool et Logan (tous deux des films Marvel), qui avaient placé la barre assez haute en terme de violence graphique. Et qui en prime ont été de gros succès au box-office. Alors pourquoi s’en priver ici ? Si c’était pour une volonté de plaire à un public plus large, c’est raté.

Distribution aux oubliettes

À part Eddie et Venom, il n’y a rien à garder niveau casting. Les personnages sont soit complètement anecdotiques, soit inintéressants au possible. Le méchant joué par Riz Ahmed en tant que Carlton Drake, est tellement une parodie du genre que ça en était gênant. L’ex-copine d’Eddie qu’est Anne Weying incarné par Michelle Williams, manque de profondeur et sa relation avec l’intéressé  de moins en moins crédible au fil du film.

Et les symbiotes dans tout ça ? On ne sait pas d’où ils viennent et leur but n’est ni clair, ni logique. Envahir une planète où ils sont voués à une mort certaine sans hôte à parasiter ? Superbe idée, j’applaudis. J’ose espérer qu cela sera développé dans les suites déjà prévues.

En vrac

Les enjeux du film sont assez facile à deviner tant le scénario est prévisible et les rebondissements inexistants. Et je ne parle pas des incohérences et autres facilités scénaristiques qui me font demander si les scénaristes ont relu leur script avant validation. De plus, le film oscille constamment entre l’action, la comédie et l’horreur et n’arrive jamais à se positionner.

Niveau rythme, c’est pas bon non plus. Le film a été bouffé au montage par Venom coupé au montage et ça se sent. Il doit manquer au moins une bonne trentaine de minutes au film c’est pas possible autrement.

La bande-son est anecdotique et manque clairement d’identité. Ludwig Göransson nous avait habitués à mieux dans Black Panther. Je n’ai même pas souvenir d’avoir entendu un thème propre à Venom.

À l’issue de la scène post-crédits qui a du ravir les fans et connaisseurs des comics, mais qui m’a personnellement fait ni chaud ni froid, on a eu un petit extrait plutôt sympathique du prochain film d’animation intitulé Spider-Man : New Generation à venir pour le 12 Décembre prochain. Mettant en scène le nouveau porteur du costume Miles Morales.

Conclusion

Loin d’être une catastrophe comme certains fanatiques le prétendent au point de le comparer à l’affreux Catwoman (2004), ce Venom reste un “beau” gâchis. Et le plus paradoxal dans tout ça, c’est que la créature et son hôte forment une bonne paire au sein d’un film qui ne les mérite pas.

En plus des soucis de narration, de distribution et de rythme, il manque quelque chose de crucial à ce film, une identité. Vous savez ce “truc” en plus qui aurait pu le démarquer des autres films du genre. Et peut-être le rendre un peu plus intéressant. Je me demande s’il n’aurait pas davantage gagné à intégrer le MCU, dans la suite de Spiderman Homecoming par exemple.

Sincèrement, si vous aviez l’intention de le voir au ciné, passez votre chemin. Sauf si vous êtes réellement fan de Venom. Auquel cas vous passerez peut être un moment sympathique.

[Cinéma] Critique – Avengers : Infinity War

Cette année, le Marvel Cinematic Universe (MCU pour les intimes) initié en 2008 avec le film Iron Man souffle sa 10ème bougie. Et quoi de mieux pour marquer le coup que Avengers : Infinity War ? Le premier acte du point culminant de cet univers de 19 films en comptant celui-ci. Voici mon avis sur ce film qui n’a laissé personne indifférent.

PS : À la fin de l’article, y aura une partie spoilers. Ça sera indiqué le moment venu.

Avant-propos

On vit quand même une époque formidable. Si on m’avait dit qu’un jour des héros tels qu’Iron Man, Captain America, Thor et Hulk pour ne citer qu’eux partageraient l’affiche dans un seul et même film, je n’y aurais pas cru. Puis un certain Joss Whedon a rendu ce fantasme possible avec Avengers  en 2012. Pour l’époque c’était déjà dingue de réunir autant d’icônes de la pop culture. Et pourtant les frères Russo à qui on doit les 2 derniers films Captain America (Le Soldat de l’Hiver et Civil War) ont mis la barre à un niveau encore plus haut avec cet Infinity War (que j’appellerais IW à partir de maintenant). Dire que ce n’est que la première partie..

Ce fut les 2h30 les plus intenses que j’ai jamais vécues devant un film de super-héros. Il m’aura pris aux tripes sur toute sa durée, et son dénouement qui fera date dans l’histoire du cinéma m’a presque laissé sur le carreau. Un choc qui fut proportionnel à mon degré d’attachement (très élevé) à ce MCU. Pour vous dire, j’ai été même jusqu’à le voir 2 fois au cinéma.

L’Odyssée de Thanos

Il aura beau être l’ennemi commun des Avengers et de l’Univers tout entier, Thanos est LE personnage principal de ce film. Toute l’histoire est centrée sur ce Titan Fou. Et il est incontestablement le meilleur antagoniste de tout le MCU, très loin devant Loki et Killmonger (dont j’ai déjà parlé dans ma critique de Black Panther).

Moi qui m’attendais à voir une grosse brute qui détruit tout sans réfléchir, il n’en est rien. On a affaire à un individu déjà doté d’une puissance inégalée sans même avoir toutes les pierres de l’infini, est un fin stratège, et est prêt à absolument tout pour satisfaire son ambition démesurée. Qui n’est pas simplement de détruire l’Univers comme on pourrait le croire, mais d’en « rétablir l’équilibre » selon ses dires.

Bien que je ne valide pas ses méthodes, je ne peux difficilement lui donner tort dans son raisonnement lorsqu’il dit que les ressources de l’Univers sont limitées et qu’à terme cela entrainera une crise sans précédent entre les civilisations. Et c’est pour anticiper cette crise que Thanos recourt à des moyens aussi drastiques. De son point de vue, il ne le fait pas par égoïsme, mais pour rendre service à la population. Même si personnellement, je ne me vois pas capable d’ôter une vie pour en sauver des millions d’autres

Mais à ma grande surprise, sous sa solide carcasse se cache un être protecteur et doté de sentiments réels envers les rares personnes auquel il tient. Ce qui contraste avec les points cités plus haut.

Et puis faut dire qu’il en impose le bonhomme. Ça fout des roustes à tour de bras, à tel point que les Avengers doivent se mettre à plusieurs ne serait-ce que pour le mettre en difficulté (et encore). En tout cas Josh Brolin, l’acteur qui prête ses traits à Thanos depuis ses premières apparitions dans le MCU a fait un excellent boulot d’interprétation. J’en ai presque oublié qu’il était fait d’images de synthèse. À croire qu’il est né pour ce type de rôle puisque c’est lui qui jouera Cable, le méchant du futur Deadpool 2.

Les Avengers à leur apogée

Tous les Avengers sans exception ont eu un rôle crucial à jouer face à Thanos. Bien évidemment certains sont plus exposés que d’autres, mais que ce soit directement en lui faisant face, ou indirectement en servant de support, y en a pas un seul qui ne mérite pas sa place ici.

Et quel plaisir de voir se rencontrer pour la première fois (ou se revoir pour certains) ces personnages issus du même Univers mais aux origines tellement différentes. Les joutes verbales entre Tony Stark vs Dr. Strange et Thor vs Starlord sont savoureuses.

D’ailleurs, l’humour propre au MCU  est relativement bien dosé pour une fois et fait souvent mouche. Contrairement au film Thor Ragnarok (se déroulant juste avant IW dans la chronologie) qui en abusait pas mal même durant les moments critiques.

Les protagonistes issus des films Gardiens de la Galaxie (les plus drôles au demeurant) sont ceux qui sont le plus mis en avant. Logique quand on sait ce qui les lie à Thanos, dont un personnage en particulier (j’en reparlerai dans la partie spoil). Idem pour Thor directement impliqué dans les premières minutes du film, et qui n’a jamais aussi bien porté son titre de Dieu nordique que dans cet opus.

Esthétique

Ce film se passe à la fois sur Terre, dans l’Espace et ailleurs pour ne pas en dire plus. Ce qui donne lieu à une grande variété d’environnements assez jolis visuellement, dont certains qui sont liés intrinsèquement à des personnages du MCU.

Les scènes d’actions sont excellentes et assez bien filmées. Que ce soit dans la chorégraphie des combats à mains nues ou à armes blanches, ou des affrontements à base de pouvoirs magiques, c’est du grand spectacle. Celles impliquant le Dr. Strange en sont le meilleur exemple, même si on n’est pas au même niveau que dans son propre film ou la barre était mise très haute en matière d’effets visuels.

Le film de la maturité

Cet IW est certainement le plus mature des films du MCU. Pas seulement à cause du contexte apocalyptique avec le danger d’une fin des temps imminente, mais aussi par ses thèmes abordés.

Le premier qui crève l’écran est la mort (pour des raisons évidentes) et aussi le sacrifice. Pour cette dernière je ne dirais pas tout de suite qui est concerné, mais cette notion est abordée dans un acte clé du film.

Le second c’est le désir de vengeance. Partagé par une partie des protagonistes envers Thanos car le tenant responsable de leurs maux.

Et le dernier est l’amour. Alors certes dans la plupart des films du MCU une romance survient avec les personnages principaux, mais ici certaines relations déjà amorcées dans d’anciens films se cristallisent et ont un enjeu plus dramatique. Je pense notamment au couple Starlord / Gamora qui pour ma part est très bien traité, et à Vision / Wanda dont je suis moins fan et que je trouve un peu niaise.

Conclusion

Infinity War est un film qui fera date dans l’histoire des super-héros, et des films tout court. Non pas grâce aux nombre d’icônes présents à l’écran, mais surtout par le fait qu’il tient quasiment toutes ses promesses. Un méchant excellent et très ambigu, beaucoup de moments de gloire, et son final extrêmement couillu. Même si on n’est loin d’en avoir fini avec les Avengers, je tiens à remercier tous ceux qui ont contribué à la réussite de ce film, et ainsi que Kevin Feige sans qui tout cela aurait été impossible. Rdv l’année prochaine !

 

 

 

ZONE SPOILERS

À partir de maintenant, on entre dans la partie Spoil. Je sors de l’aspect critique du film pour revenir en détails sur certains points. Si vous n’avez pas encore vu IW, je vous conseille chaudement de vous arrêter là.

Vous êtes encore là ? Alors allons y

 

Impossible de parler de ce film sans évoquer les (très) nombreuses morts dues à Thanos. Certaines étaient plus faciles à deviner que d’autres, comme Vision à cause de la pierre de l’esprit qui était logée dans son crâne et arrachée par Thanos lui-même, et Loki, qui a eu une belle fin pour ma part. Ce dernier était présent dans les trailers mais pas dans l’affiche du film, le calcul était donc simple. Mais de là à imaginer que un des seuls survivants du royaume d’Asgard soit Thor (devenu méchamment badass pour le coup) me fait beaucoup de peine pour ce dernier. Que ce soit son père, sa mère, son peuple, son meilleur ami Heimdall et son frère, il aura réellement tout perdu. Sa haine, sa rage et sa grande puissance sont totalement justifiés pour le coup.

J’en place une pour Gamora. Le meilleur personnage féminin de ce film pour moi. Et de loin la plus réfléchie de son groupe (la seule qui ne déconne pas). Elle est même allée jusqu’à tenter de se sacrifier pour les sauver de son Titan de père adoptif. Et sa mort des mains d’un Thanos déchiré mais résigné pour l’obtention de la pierre de l’âme fut la scène la plus poignante de tout le MCU.

Maintenant que j’ai parlé des morts « définitives », parlons des morts post-claquement de doigts. Donc certains que je n’ai pas vu venir.

C’était quand même osé de faire mourir les 3 derniers arrivants du MCU que sont Dr. Strange, Spiderman (inattendue et avec une courte scène très touchante avec Stark) et Black Panther. Ainsi que la quasi-totalité des Gardiens de la Galaxie qui sont partis en fumée. Seuls Rocket et Nebula ont survécu. Et le plus étonnant, c’est que d’autres films solo sont prévus pour eux à l’avenir. Ce qui laisse finalement peu de doutes quant à leur survie après IW. Reste à voir comment cela sera amené avec l’intervention très certaine de Captain Marvel si j’en crois la scène post-générique.

Merci de m’avoir lu.

 

[Cinéma] Critique : Black Panther

Ayant eu droit à une première apparition pour le moins étincelante dans Captain America : Civil War (que j’aime appeler Avengers 2.5), la Panthère Noire a eu droit à son propre film juste avant le grand final du Marvel Cinematic Universe contre Thanos qui débutera avec la 1ère partie de Avengers : Infinity War le 25 Avril prochain. Voici donc mon avis sans spoil sur ce Black Panther qui en ce moment pulvérise les scores au Box Office mondial.

Avant-Propos

Me concernant, je ne me suis jamais intéressé plus que ça au personnage de Black Panther issu des Comics Marvel avant son apparition au ciné. Par contre, j’ai vu suffisamment de films du MCU pour dire que ce film est certainement l’un des plus rafraîchissants de cet univers. Et ce pour plusieurs raisons.

Bienvenue au Wakanda

La première et la plus notable de ces raisons tient en un mot, Wakanda. Une nation qui nous offre une représentation à la fois fidèle et inédite (à ma connaissance) de l’Afrique noire telle qu’on la connaît du cinéma et de la vie de tous les jours.

Esthétique

Avec d’abord l’aspect sauvage que l’on doit aux environnements naturels tels que la savane africaine, des cascades, canyons, forêts tropicales et j’en passe. C’est beau, même si on peut regretter que le tout soit du numérique et qu’aucune scène n’a réellement été tournée dans ce continent.

Les différentes tribus du Wakanda renforcent cet aspect avec leurs attributs physiques (piercings, coiffures, tatouages) et costumes (environ 700) inspirés des tenues traditionnelles Africaines à base d’ornements et de tissus des plus exotiques. J’en place une pour la chef costumière Ruth E. Carter ainsi qu’à tous les acteurs, cascadeurs et figurants qui ont contribué à porter les couleurs du Wakanda.

Par contre pour les scènes d’action c’est un peu plus mitigé pour ma part. Certaines d’entre elles manquent de lisibilité. Comme les affrontements au pied de la cascadel’action change sans cesse de point de vue et nous empêche d’apprécier les chorégraphies comme il se doit. Et je trouve qu’on ressent beaucoup trop l’effet « fond vert » surtout durant les scènes avec le costume du Black Panther. Néanmoins, j’ai  pas mal apprécié toute la séquence en Asie et la course poursuite qui s’en est ensuive.

Bande Son

Ludwig Göransson & Ryan Coogler

Cela se ressent aussi au niveau de la bande originale du film composée par Ludwig Göransson (qui avait déjà œuvré pour celle de Creed, le précédent film de  Ryan Coogler) avec un mélange de sonorités tribales, chœurs africains, hip-hop et épiques qui confère au film une sacré identité. Ci-dessous, 2 morceaux parmi mes favoris.

Le thème du Wakanda

Le thème de Killmonger

L’Afrique du futur ?

Mais ce qui fait l’originalité du Wakanda, c’est son aspect Afrique-Futuriste. Chose qui n’a jamais été représenté au cinéma jusqu’ici, du moins à ma connaissance. Une utopie qui fait rêver surtout quand on sait que l’Afrique actuelle malgré ses innombrables ressources, n’a pas encore le même niveau de vie que dans les pays occidentaux.

D’ailleurs en parlant de ressources, cet état-fictif est le seul dans le monde du MCU à exploiter le Vibranium. Un matériau d’une résistance inégalée et qui fait partie intégrante de leur culture. Toute la modernité et la technologie du pays reposent sur lui, dont la combinaison du Black Panther et le fameux bouclier du Captain America pour ne citer qu’eux.

On est donc loin du cliché du pays Africain « pauvre » bien au contraire. Le Wakanda est une superpuissance en avance sur son temps malgré sa politique isolationniste qui sera une des sujets centraux du film.

 

Plus ou moins éloigné du MCU

Black Panther dans Civil War

Autre caractéristique le démarquant des autres films du MCU, c’est l’absence d’interactions entre Black Panther et les autres Avengers dans ce film. Alors que sa trame scénaristique suit directement celle de Civil War. À l’exception près de la 2ème scène post-générique ci-dessous.

Mais à part ça, pas de caméos à l’image de Tony Stark aka Iron Man dans Spider Man Homecoming par exemple. Ici, il n’est question que du Wakanda. Et ce n’est peut être pas plus mal ainsi.

Distribution

Un des plus grandes forces de ce film réside dans son casting et la manière dont ses personnages sont développés.

2 visions différentes pour un seul et même trône

Parmi ceux qui m’ont marqués coté masculin, Chadwick Boseman incarnant T’Challa et endossant impeccablement le costume de la Panthère Noire pour la seconde fois au cinéma. Sage, noble, mais toujours prêt à en découdre pour le bien de son peuple et pour défendre son statut de jeune Roi du Wakanda. Et si je devais le résumer en une citation, ça serait celle-ci dessous qui critique subtilement le gouvernement Américain actuel :

« En temps de crise, le sage construit des ponts, le fou construit des murs. »

Statut qui sera mis en péril par Erik Killmonger incarné brillamment par Michael B. Jordan qui tenait déjà le rôle-titre dans Creed. Ce qui n’a rien de surprenant vu comment il fait parler les poings ici.  Bien que ses méthodes pour parvenir à ses fins soient très discutables, on comprend par le biais de flashbacks et autres éléments de scénario le pourquoi du comment. En clair il n’est pas méchant juste parce qu’il doit être méchant. Un développement fort intéressant qui le place dans le haut du panier parmi les antagonistes du MCU. À tel point qu’il éclipse presque le Black Panther lui-même.

On le voit rien qu’avec le combat idéologique qui les oppose. Et qui a le mérite d’aller beaucoup plus loin que le classique « gentil » contre « méchant ». Avec d’un côté, l’héritier légitime du trône qui tend à perpétuer les traditions de ses aînés et garder le Wakanda à l’écart du monde. Et de l’autre, un « étranger » qui a de bonnes raisons de prétendre lui aussi au trône (ceux qui ont vu le film sauront où je veux en venir), voulant renverser par la force les traditions déjà établies et avec pour objectif d’ouvrir le Wakanda au reste du monde. En résumé, T’Challa et Killmonger ne sont que deux faces d’une seule et même pièce.

Et un dernier point qui m’a convaincu sur le fait que le personnage de Killmonger est très bien écrit, c’est ce post Facebook ci-dessous illustré avec une photo du fameux masque qui lui a fait de l’œil dans le film. Racontant une histoire vraie et m’ayant fait prendre conscience que Coogler n’a rien laissé au hasard.

Pour les non-anglophones, ça dit grosso modo que ce masque appartenait à une ancienne tribu du Nigeria du Sud. Et qu’en 1803 dans l’état de la Géorgie, une rébellion éclata sur un bateau entre les esclaves de cette tribu et leur maîtres qui se soldera par le meurtre de ces derniers. Livrés à eux-mêmes tout en sachant qu’ils ne pourront jamais revenir sur leurs terres d’origines et que leur seul destin était de devenir à nouveau esclaves, cette tribu a entrepris un suicide groupé en se jetant dans l’océan.

Ce qui fait écho à la punchline de Killmonger qui dit à un moment dans le film :

« Fous-moi dans l’océan avec mes ancêtres qui se sont jetés des bateaux parce qu’ils savaient que la mort valait mieux que l’esclavage »

Petite déception pour Andy Serkis. Un immense acteur qui a donné vie à des personnages emblématiques du cinéma tels que Gollum dans le Seigneur des Anneaux, Kong dans King Kong, César dans La Planète des Singes et j’en passe. Et qui joue pour la seconde fois (la première fois étant dans Avengers : L’Ère d’Ultron) le rôle de l’autre antagoniste du film Ulysses Klaue. Bien qu’il soit à fond dans son rôle et cabotine comme pas permis, il est hélas mis en retrait pour une raison que je ne spoilerai pas ici.

Le 1er film de Super-héroïnes noires

J’insiste sur le féminin car les femmes tiennent une place extrêmement importante dans ce film et n’ont rien à envier à leur homologues masculins. Certainement le film le plus féministe qu’il m’ait été donné de voir depuis Mad Max : Fury Road. Si je devais toutes les décrire en 4 adjectifs, ça serait intelligence, sagesseforce et caractère.

D’abord l’éclatante Shuri la sœur du héros incarnée par Letitia Wright, qui pour moi est l’équivalent de « Q » dans les James Bond qui confiera à T’Challa tout l’équipement dont il aura besoin. Elle son atout c’est l’intelligence, et aussi son humour qui fait presque toujours mouche. Mais elle sait aussi se montrer décisive dans les moments cruciaux.

Ensuite la promise du héros  qu’est Nakia jouée par Lupita Nyong’o. Et qui lui ressemble un peu sur le plan de la sagesse. Tout comme la mère du héros Ramonda incarnée par Angela Bassett. Et le meilleur pour la fin, l’impitoyable guerrière Okoye jouée par Danai Gurira (Michonne dans The Walking Dead). Qui allie force et caractère. Nul doute que sans leur présence, T’Challa aurait eu beaucoup de mal à défendre son royaume.

Conclusion

En tant que film de super-héros, ce Black Panther joue dans le classique. Mais tout l’intérêt se porte pour le reste. Le Wakanda, les personnages, les thématiques abordées, la rivalité entre T’Challa et Killmonger etc. Pour moi, il est dans le haut du panier des films du MCU et de Marvel en général.

Ce film c’est non seulement une belle lettre d’amour à la culture africaine, mais aussi une belle leçon de politique et de féminisme. Et le fait que le cast soit noir à 95% joue énormément, surtout que c’est tellement peu courant. Même si c’est loin d’être le premier film avec un tel casting contrairement à ce qui se dit un peu partout sur le net.

Et je dois vous avouer qu’en tant qu’Africain moi-même, voir un film aussi couillu sur ces aspects avoir autant de succès me fait énormément plaisir. Est-ce un film important ? Peut-être. Mais une chose est sûre, il est porteur d’espoirs.

Merci de m’avoir lu et n’hésitez pas à me donner votre avis sur ce film ou ma critique. 😉