[Reportage] Gamescom 2022

Après deux éditions digitales en 2020 et 2021, la Gamescom fit son grand retour en physique cette année. Voici mon gros compte-rendu de ma 4ème visite consécutive au sein du plus grand salon de jeux vidéos au monde du 23 au 26 Août 2022.

Une Gamescom pas comme les autres

Entrée sud

Peu de temps avant l’évènement, un certain nombre de constructeurs et d’éditeurs avaient annoncé leur non-participation. Et pas les plus petits. Cela comprenait Sony, Nintendo, Activision Blizzard, EA, 2K, et bien d’autres. J’ignore les raisons officielles mais je suppose que c’était soit par manque de choses nouvelles à montrer. Soit pour des raisons tarifaires afin d’économiser sur le prix très élevé pour venir exposer dans un salon de cette ampleur. Ou soit pour garder ses cartouches pour un autre événement ou conférence. C’est d’ailleurs ce que font la plupart d’entre-eux. Chacun y va de son propre show en ligne pour présenter leurs futurs jeux. Ce qui réduit nettement l’intérêt pour eux de se déplacer.

Paris Games Week 2016 & E3 2019

Un phénomène qui avait déjà touché l’autre gros salon mondial du JV qu’était l’E3 2019 qui avait déjà dû se passer de Sony (toutefois présent à la Gamescom de la même année) et d’EA pendant les jours d’ouverture. Je ne serais même pas étonné que la prochaine Paris Games Week en Novembre soit impacté aussi. Cela est même déjà arrivé en 2016 avec l’absence de Nintendo dans le salon parisien. Sauf que la raison est connue aujourd’hui puisque la firme préparait le terrain pour la Nintendo Switch qui sortait quelques mois après.

Entrée nord

En toute honnêteté quand j’ai appris cette nouvelle, ça a sérieusement remis en doute ma venue à la Gamescom. Et j’en connais pas mal dont ça a coupé l’envie. Voir ses constructeurs fétiches ne pas être présents, c’est moins motivant. Après il faut voir le bon côté. Moins de monde, ça veut aussi dire plus de place pour le reste. Pour voir des choses différentes sur lesquelles on ne se serait pas attardé dans des circonstances classiques par manque de temps ou d’envie. Et c’est là qu’il fallait compter sur les irréductibles comme Xbox, Ubisoft, SEGA, Bandai Namco, THQ Nordic et les indés.

Au final il y avait de quoi faire même si ce n’était pas comme les années précédentes. Je vais y venir dans les prochains paragraphes décrivant Hall par Hall, ce que j’ai vu et fait à cette Gamescom 2022.

Hall 6

À commencer par le Hall 6 qui cette année n’accueillait plus de stands de jeux. Il servait uniquement pour les évènements relatifs à la Gamescom. Comme le concert de Metal du tout juste sorti Metal Hellsinger le 25 Août auquel je n’ai pas assisté, et la cérémonie d’ouverture deux jours avant à laquelle j’ai pu enfin participer.

Opening Night Live

Le 23 Août au soir avait eu lieu l’Opening Night Live de la Gamescom. Un show qui a l’image de ce salon, avait lui aussi fait son retour en présentiel avec un public. Rien que pour l’ambiance, ça valait le coup de venir vivre ce genre de moments sur place plutôt que derrière un écran. Même si ça ne m’a pas empêché de trouver le temps long. Les 2h de présentation m’ont paru durer 3h.

Et si je devais donner mon avis global sur cet ONL, j’ai trouvé que c’était mieux rythmé qu’avant même si les séquences de gameplay se faisaient rares. Il y avait certes beaucoup de jeux dans l’espace, mais il y avait surtout beaucoup de jeux surchargés d’hémoglobine que n’aurait pas reniés un certain Quentin Tarantino. Et seulement une petite poignée m’auront réellement intéressés comme Lies of P que j’ai pu tester, Dead Island 2 qui est revenu d’entre les morts, High of Life qui a l’air bien barré, The Callisto Protocol que j’attends toujours, et Everywhere.

Hall 7

Je ne m’attendais pas à voir un stand Tik Tok dans un salon de JV. Et je m’attendais encore moins à ce que des exclusivités du salon y soient jouables comme Street Fighter 6, Sonic Frontiers (avec des casques), et le récemment sorti Teenage Mutant Ninja Turtles The Cowabunga Collection.

Du côté d’Ubisoft, le seul gros jeu de l’éditeur à être présent était Skull and Bones qui n’était pas jouable mais visible durant une présentation privée à l’intérieur du stand.

Chez la très chouette zone de Bandai Namco (qui avait remporté le prix du meilleur stand durant la Gamescom Award 2022), on pouvait y trouver The Devil In Me, One Piece Odyssey et le même Luffy géant qu’à Japan Expo 2022, ainsi que Park Beyond.

À défaut d’avoir un stand, Nintendo était présent physiquement via cet immense Bowser en LEGO constitué de près de 663.000 briques.

Les stands des jeux « Simulator » et leurs imposants véhicules agricoles.

Scène de concert de la chanteuse Uta du film One Piece Red.

La zone de Level Infinite (Tencent) qui devait être la plus grande (et aussi la plus bruyante) de toute la Gamescom avec son immense place centrale, ainsi que ses jeux testables ou non, et leurs photobooths dédiés. On pouvait y retrouver PUBG Mobile, GTFO, Tower of Fantasy.

Ainsi que V Rising et son gigantesque trône. Warhammer 40.000 Darktide avec un artiste peintre en plein exercice sur des figurines de la licence.

Vampire Bloodhunt et son décor rouge sang où j’ai pu faire quelques photos armé jusqu’aux dents avec @kogascorner. Il me fallait au moins deux arbalètes pour marquer le coup.

L’intérieur du stand de Metal Hellsinger dont j’ai écrit une preview :

[Aperçu] Gamescom 2022 : Metal Hellsinger

Toute une rangée d’appareils photos numériques auront été nécessaires pour cette prise de vue à 90°. J’avais le choix parmi plusieurs décors et il s’est porté sur celui du futur jeu Dune annoncé durant l’ONL.

Hall 8

Chez Genshin, j’ai vu le groupe Starrysky enflammer la scène du stand.

Une fois de plus, THQ Nordic avait un nouveau jeu Bob l’Éponge à présenter au sein d’un sympathique décor. Il s’agissait de SpongeBob SquarePants: The Cosmic Shake que j’ai pu tester. Bien coloré et raccord avec l’univers du dessin animé. Même si étrangement je l’ai trouvé moins « beau » que le Bataille pour Bikini Bottom – Rehydraté  que j’avais testé en ces lieux en 2019, et dont il reprend quasiment le même gameplay. De la pure plateforme 3D qui plaira aux fans de l’éponge carrée et aux plus jeunes.

Chez Thunderful Games, les titres LEGO Brick Tales, Tinkertown, et surtout Planet of Lana étaient jouables. Ce dernier avait un sympathique décor sur lequel je me suis permis de rêvasser un peu. J’en ai aussi écrit une preview :

[Aperçu] Gamescom 2022 : Planet of Lana

Xbox & Fanfest

Avec l’absence inédite de ses concurrents directs, c’était le moment idéal pour la firme de Redmond de briller. Sauf que cette année, Xbox a privilégié la modestie à la démesure. La zone étant beaucoup plus petite que les éditions précédentes, les activités sur places étaient moindres pour ne pas dire inexistantes (adieu la roulette Gamepass), et le nombre de jeux testables fut assez restreint avec une répartition inégale.

Des jeux déjà sortis comme Sea of Thieves, Grounded, Flight Simulator, ainsi que des exclusivités comme Pentiment avaient droit à 4 bornes chacun. Mais pour d’autres, ça ne dépassait pas deux, voire une seule comme pour A Plague Tale Requiem, (testé sur le stand BenQ du même hall), The Last Case of Benedict Fox (ici même), et Lies of P (testé dans la zone Business chez Neowiz). Jouables au centre de la zone et au prix d’une file d’attente grimpant très vite jusqu’à plusieurs heures. J’avoue ne pas avoir compris la démarche, surtout pour des jeux qui sont aussi jouables ailleurs. Voici mes previews des deux premiers jeux cités :

[Aperçu] Gamescom 2022 : A Plague Tale Requiem

[Aperçu] Gamescom 2022 : The Last Case of Benedict Fox

Il y avait quelques décors sympathiques comme ceux de Sea of Thieves, Starfield, et la gargantuesque araignée du jeu Grounded que je me suis gardé de poster ici..

La soirée du 24 Août, j’ai pu me joindre au Xbox Fanfest de la Gamescom. Mon second après celui de la Paris Games Week en 2018. Quelques invités étaient présents comme Klas Martin Eriksson à la tête de Wishfully Studios (Planet of Lana), Jason Park le boss du studio Neowiz (Lies of P). Et surtout Aaron Greenberg le n°2 de chez Xbox avec qui j’ai pu faire le « X » de Xbox aux côtés des copains blogueurs Inforumatik et Ma vie de Geek. Un très bon souvenir. 🥂

Xbox Fanfest Paris 2018

Du coup que vaut ce fanfest allemand comparé à son homologue français ? Et bien c’est le jour et la nuit. D’abord en termes d’emplacement puisqu’à la Gamescom, tout s’est fait au sein du stand. Alors qu’à Paris la fête s’était prolongé sur les toits du Parc des Expos de Porte de Versailles qui avait des faux-airs de discothèque ce soir-là. C’est pas cette année qu’on aura eu la péniche en tout cas.

En termes d’organisation générale, bien que la Gamescom s’en est mieux sortie de mon point de vue que la PGW, niveau cadeaux ils ont été franchement avares. Les participants n’ont eu droit qu’à un simple Tote Bag et un sac banane aux couleurs de la marque. Tandis qu’à Paris, y a pas photo..

Hall 9

Le stand de Sonic Frontiers et sa quinzaine de bornes de jeu (sans casque). Ma preview :

[Aperçu] Gamescom 2022 : Sonic Frontiers

L’enclos de  Goat Simulator 3 auquel je me suis essayé par curiosité. Pas grand-chose à dire sur ce défouloir totalement assumé de ce 3ème opus d’une saga qui rend “chèvre” sans mauvais jeux de mots. Où on peut tracter tout et n’importe quoi d’un simple coup de langue, avec des voitures que l’on peut faire s’envoler vers l’infini et au-delà (il y a même un succès pour cette action). Tout est permis.

Gotham Knights n’était peut-être pas testable dans la partie publique, mais sa moto était enfourchable.

Hall 10.1

La scène du village cosplay qui aura vu défiler bon nombre de pratiquants du milieu, et des concours auquel je n’ai pas pu assister le week-end.

L’incroyable stand / atelier de Dinoshop-Nerdstuff où on y trouvait une tête du robot Veilleur du jeu Horizon Zero Dawn. Le costume Utaru appartenant à Aloy dans Forbidden West. Et des raptors plus vrais que nature.

Pas de bornes de jeu mais un joli décor pour Return to Monkey Island.

La petite allée des artistes avec les œuvres de Reyhan’s Artwork

Les peintures de Kinader Art

Et celles de @marcel_pille

Le superbe décor des chasseurs de fantômes par We Are Ghostbusters « Germany »

Hall 10.2

Les bornes d’arcade de Retro Nerds Münsterland e.V.

Des « nouveaux jeux pour de vieilles consoles » de chez retrospiel. Et un peu de musique avec des bornes Taiko no Tatsujin, et les Bongos de Donkey Konga.

Et pour finir avec ce Hall 10.2, un petit tour en vidéos des très nombreux jeux indépendants présents dans le secteur.

Malheureusement, je n’ai pas pu en tester. Mais parmi ceux que j’ai vu de loin, j’ai retenu The Wandering Village et son magnifique diorama sur son stand, le jeu VR What The Bat, Gibbon Beyond the Trees, Shadow of Doubt, et tant d’autres.

Hall 5

Dans l’habituel hall dédié au merch, The Battinson montait la garde au stand DC.

De splendides figurines de Jin, Ezio, et de Kratos & Atreus respectivement aux prix respectables de 1000€, 1200€, et 1890€.

Et le clou du spectacle, un Licker terriblement réaliste pour « seulement » 1000€.

La voiture 100% électrique MINI Aceman a fait sa première apparition publique durant cette Gamescom. Et quel meilleur représentant que ce cher Pikachu pour la mettre en avant ? ⚡

Business Area (Halls 2, 3, 4)

Retour dans la zone business accessible grâce à mon accréditation. Et ouverte aux journalistes et autres médias les trois premiers jours d’ouverture en semaine. Toujours un plaisir de gambader dans ce salon à part, loin de l’agitation des autres halls de la partie publique. J’y ai pris deux rendez-vous chez Nacon et Neowiz pour y tester les jeux suivants :

[Aperçu] Gamescom 2022 : Steelrising

[Aperçu] Gamescom 2022 : Lies of P

Le même Alien de Destroy All Humans 2 Reprobed état présent dans le Hall 8. Pas de doute, ils nous envahissent.. 👽

Le petit salon de chez Raw Fury.

Et ma rencontre fortuite avec Stefanie Joosten. Connue pour avoir incarnée entre-autres, le personnage de Quiet dans Metal Gear Solid V. Et faisant écho à ma Gamescom 2019 où j’avais pu rencontrer le créateur de ce même jeu Hideo Kojima. La boucle est bouclée. 

Cosplays

Un duo de chevaliers avec qui j’ai pu brandir une hache, et Mirana portant le costume de la reine du jeu The Last Oricru confectionné par Lightning Cosplay.

Après les photos de leur stand, la troupe de We Are Ghostbusters « Germany » au complet 👻

Eressea Cosplay en Givrali, et @annabrandberg incarnant le personnage principal de Metal Hellsinger.

Tingilya Cosplay & MistveinCosplay (Gungrave Gore), et EkurionCosplay & @isabellepiuk (Tower of Fantasy)

Des Transformers et Jaegers par AJ-Designs GmbH toujours aussi impressionnants à voir à la Gamescom.

Un immense robot de la marque @medion.erazer, et un groupe constitué de @greynotblue_cosplay, @capericorn_cosplay (Monster Hunter), et @yuhime_cosplay (Elementalist Lux)

Un Medic et un Pyro de Team Fortress 2 (je devais être le Spy à coup sûr), et Maul Cosplay (Red Hood) & Cie au stand de Gothan Knights.

Et enfin j’ai pu rencontrer Kamui Cosplay. Une des personnes les plus influentes dans ce milieu. Elle m’aura offert un print signé de sa main de son cosplay de Beidou de Genshin Impact qu’elle aura porté le week-end.

Conclusion

Pour une édition où je n’étais même pas sûr de venir à cause des absents, et de la galère sans nom qu’aura été mon obtention de mon accréditation à quelques semaines de l’évènement, je ne regrette finalement pas d’être revenu à la Gamescom pour son retour en physique.

Si on fait abstraction des stands moins nombreux qu’avant, et des halls qui ont été réorganisés voire carrément fermés à cause de ces effectifs réduits, globalement le salon est resté fidèle à sa réputation. De par sa disposition, son organisation, et sa démesure qui me marque toujours autant malgré le fait que ce soit la 4ème fois que j’y mets les pieds. Un temps d’adaptation a même été nécessaire de mon côté pour retrouver mes repères trois ans après ma dernière visite.

Au final j’en ressors plutôt satisfait. En termes d’activités avec l’ONL auquel j’ai enfin pu participer et mon second Xbox Fanfest. Des jeux que j’ai pu tester et les previews réalisés. Et de certaines rencontres que j’ai pu faire. Je pense notamment à Benoist et Arthur du média MaG – Movie & Game avec qui j’ai pu passer du temps dans le salon et en dehors. Au plaisir de tous vous recroiser un de ces quatre, et potentiellement de revenir à Cologne en 2023.

[Reportage] Japan Expo 2022

Après deux années blanches, Japan Expo Paris fit son grand retour du 13 au 17 Juillet 2022. Trois semaines après les festivités, voici mon gros compte-rendu de cette 21ème édition ô combien attendue où je reviens sur mon ressenti sur ce salon, mes activités, les stands et le cosplay. En vous souhaitant une très bonne lecture.

Un retour en grande pompe ?

Entre Japan Expo (que je vais abréger « JE« ) 2019 et 2022, plus de 1000 jours se seront écoulés. Une longue absence étant la conséquence de deux annulations successives en 2020 et 2021, dues aux raisons que l’on connaît tous. Forcément, ça soulevait beaucoup de questions et craintes quant à la manière dont le plus gros festival européen consacré à la culture nippone allait revenir d’entre les morts. En matière de disposition, d’activités, d’invités, de shows, de stands et plus encore.

Au final, ces craintes ont été plus ou moins balayées. J’ai été rassuré par le fait que la disposition n’avait quasiment pas changé depuis 2019. À quelques exceptions près comme la disparition de la scène Karasu autrefois située dans l’autre moitié du Hall 5 partagé avec la scène Ichigo. Mais à part ça, JE Paris n’a rien perdu de son envergure. Sa superficie n’a pas été réduite de manière drastique comme ce fut le cas pour d’autres salons français à leur reprise. C’est ce qui me faisait le plus peur connaissant la fréquentation habituellement élevée au sein du Parc des Expos de Villepinte. Le plus beau aurait été que le salon gagne en superficie mais c’était peut-être trop demander après une si longue pause forcée.

Cependant pour le reste, j’ai quand même senti que ce n’était pas la « fête » comme auparavant. Les éditions précédentes, JE a eu pour habitude de faire venir des invités prestigieux comme des mangakas, doubleurs étrangers, producteurs de jeux vidéos, et autres personnalités publiques en lien avec ces univers.

Je ne dis pas qu’il n’y avait personne cette année. En atteste la présence de cosplayers internationaux pour l’ECG. De doubleurs français tels que Brigitte Lecordier. Créateurs de contenu comme Hiuuugs (un des rares streamers à ne pas avoir été à la Twitchcon d’Amsterdam au même moment). Ou des performers comme E.L Squad. Mais c’était clairement différent. J’imagine que cette interminable situation sanitaire à du jouer sur le nombre d’invités initialement prévus et qui n’ont pas pu venir à cause de ça.

Une des « nouveautés » de JE Paris est la nouvelle période d’ouverture pour le moins inhabituelle. Historiquement, le salon a toujours pris place début juillet. Et pour la première fois cette année, ça a été décalé à la mi-juillet la même semaine que la Fête Nationale. J’en ignore la raison, mais pas sûr que ce soit la période la plus idéale pour que ça ait lieu. À cheval entre les départs en vacances sur les routes, et le début des grands travaux d’été sur les lignes de trains en Île de France.

Fort heureusement, la SNCF s’est adaptée à l’événement en proposant davantage de trains directs de Paris Gare du Nord vers le Parc des Expositions (ou inversement) qu’en temps normal sur le RER B. Il y a rien de plus satisfaisant que de pouvoir monter dans ces trains-là. Même si ça n’aura pas empêché les soucis récurrents sur cette ligne. Notamment durant la soirée du Vendredi marquée par de multiples incidents sur la B et rendant le retour très difficile pour beaucoup de visiteurs.

J’ai été assez surpris de l’affluence durant ces 4 jours qui était moins forte que je ne l’imaginais toutes proportions gardées. Et dont on n’a toujours pas eu les chiffres à l’heure où cet article est publié. Les jours les plus chargés étant le Jeudi férié et surtout le Vendredi (sold-out apparemment) où j’ai dû expérimenter à nouveau les allées bondées de monde. Ça ne m’avait pas manqué…

D’ailleurs ces deux premières journées étaient les moins « chères » avec des billets respectivement à 22€ et 20€ pour les tarifs finaux. Ce qui explique certainement l’affluence. J’insiste sur les guillemets car une fois de plus à JE, on reste dans la moyenne (trop) haute du tarif d’entrée pour une convention de ce type. Et quand on compare avec les anciennes éditions, ça pique.

2019

2022

Dans mon article sur l’édition de 2019, j’avais déjà poussé une gueulante à ce sujet et que je pourrais presque réécrire mot pour mot ici. Il y aurait juste à changer les tarifs des billets journaliers, ZEN et autres, qui ont tous augmenté de manière significative. Et ajouter le fait que le prix d’exploitation du Parc et l’inflation ne sont plus les seules raisons puisque le Covid est passé par là entre-temps. J’en suis à un point où j’aurais beau me plaindre, ça ne changera rien. Mais je me demande quand même jusqu’à quand ça va durer. Est ce qu’on va devoir se taper un billet d’entrée à 40€ d’ici 5 ou 10 ans ?

Certes, je ne suis certainement pas le plus à plaindre à ce sujet sachant que j’ai eu l’accred pour la seconde édition consécutive (merci au staff pour ça), me donnant accès gratuitement au salon sur toute sa durée. Sans ça, je n’aurais probablement pas fait les 4 jours. D’autant plus qu’il me permettait de passer à nouveau par la galerie d’accueil longeant le Hall 4 pour entrer, me faisant éviter la grosse file d’attente du Hall 7. Mais je tenais quand même à en toucher quelques mots.

Et histoire de rester sur le thème de l’argent, ce festival a battu tous les records en termes de tarifs de produits dérivés et surtout de bouffe. Avec des Bubble Tea à 8€, trois Onigiris pour 12,50€, ou encore deux pauvres cheeseburgers à 15€. Ça ne date pas d’hier et pour être honnête ça ne me surprends même plus. Mais en creusant un peu le sujet, j’ai appris que les tarifs de ces stands alimentaires sont imposés par le Parc des Expos qui leur taxe une grosse part de leur CA.

Peu avant le salon, une rumeur s’était propagée avec des « captures » à l’appui affirmant que le salon ne serait pas climatisé. Cela a été vite démenti par l’orga de JE. Et encore heureux vu la canicule annoncée pour cette semaine-là et évitée de justesse. Avec un pic de 40°C prévu pour le week-end qui a finalement eu lieu le Lundi d’après en région parisienne. C’est dans ces moments que je salue le courage (ou la folie) des cosplayers couverts de la tête aux pieds, bravant la chaleur à leurs risques et périls.

En termes d’organisation et de sécurité, ce fut très mitigé de mon point de vue. Notamment sur la gestion de la sortie du festival incompréhensible au premier abord. Je ne comprenais pas la logique de bloquer l’accès direct à la gare en nous faisant contourner l’extérieur du Hall 5 pour la rejoindre. Puis je me suis dit que c’était probablement pour désengorger le chemin vers la gare. Mais j’ai appris plus tard que c’était pour prioriser les exposants et les personnes en difficulté. Chose indiquée nulle part et qu’on ne pouvait savoir que de la bouche du staff. Et j’ai halluciné une fin de journée où les vigiles chargés de bloquer cet accès, n’arrivaient même pas à se mettre d’accord entre eux sur le fait de laisser passer ou non les gens. Alors qu’il était 19h passés et qu’il ne restait plus grand monde sur place.

Et sur une note encore moins joyeuse, il semblerait que des malades de la seringue ait sévit à JE en piquant des personnes à leur insu. Si c’est avéré, la sécurité aura intérêt à être bien plus aux aguets à l’avenir. Aussi bien à l’entrée du festival avec des fouilles plus sérieuses, qu’en son sein. Triste de se dire que même dans ce genre d’évènements on n’est même plus en sécurité..

Sur ce, il est temps pour moi de parler de ce que j’ai vu et fait durant ces 4 jours à JE 2022.

Stands

Cette année, JE aura mis le paquet au niveau des stands aussi bien du côté des vieux de la vielle comme les nouveaux venus. Même si on a eu quelques grands absents comme Square Enix.

Le plus emblématique étant celui de Nintendo. Toujours fidèle au poste après toutes ces années avec ses tournois quotidiens, ses diffusions sur la scène principale, et ses différents espaces avec de jolis décors pour certains. Même si cette année n’aura pas été celle de la nouveauté faute d’E3 du côté de chez Big N. Les jeux présents étant tous déjà sortis avant la convention.

Comme Mario Strikers Battle League Football qui avait son propre terrain de foot et non loin d’un tuyau Mario que j’ai partagé avec ce cher ami blogueur VRTVingt. J’ai moi-même tenté le tournoi de cet opus en gagnant ma première manche de poules (et des goodies) en duo, mais en perdant lamentablement à la seconde manche. Le jeu est à peine sorti que le niveau est déjà particulièrement élevé. Pour s’en convaincre, il suffit de voir ma vidéo ci-dessous de la finale du Dimanche.

Il y avait aussi tout un quartier pour Nintendo Switch Sports et ses multiples disciplines facilement identifiables par les immenses objets dédiés. 🥎

L’espace d’Animal Crossing New Horizons et de son extension Happy Home Paradise divisé en deux parties. Avec un coin « vacances » pour jouer au jeu en mode détente où il ne manquait plus que le sable, les cigales, et le bruit des vagues. 🏖

Et un décor de campement assez fourni mis disposition pour des shootings. Et « privatisé » par un groupe d’une vingtaine de personnes dont je faisais partie. Avec parmi eux des amis que je n’avais pas revus depuis plusieurs années, donc le groupe de vidéastes Nintendo constitué de BibiTM & Synea qui ont récemment fêté le 10ème anniversaire de leur chaine.

À deux pas de chez Nintendo, le stand de Genshin Impact qui est certainement celui qui aura attiré le plus de monde à JE. N’ayant pas fait la queue, j’ai quand même pu contempler de loin un sympathique décor très prisé par les nombreux cosplayeurs de cet univers, et pas mal d’activités sur place. Je pense que pour les fans ça devait être le paradis.

J’avais trouvé étrange le fait qu’un si grand espace soit dédié à Sonic Frontiers (dont les dernières rumeurs parlent d’une sortie pour le 8 Novembre prochain), mais sans bornes de jeu. Quand je pense que les anciens opus comme Forces, Mania, Lost World, Generations ou Colors étaient tous jouables à JE avant leurs sorties respectives.

Au final, les seules exclusivités vidéoludiques testables que j’ai pu recenser (mais sans les tester) sont One Piece Odyssey prévu pour fin 2022, et Street Fighter 6 en 2023.

On quitte les jeux vidéos pour rejoindre la zone où sont regroupés les gros éditeurs de manga et animes dans le Hall 5. Notamment Crunchyroll qui était difficile à louper au vu de l’immensité de son stand. Ou devrais-je dire son village de 400m².

De nombreux quartiers et activités furent dédiés aux animes phares de la plateforme comme The Promised Neverland ci-dessus.

Ou encore Kaiju nᵒ 8 et son stand de tir. Le décor de Jujutsu Kaisen. Le trampoline à cordes de l’Attaque des Titans (à défaut d’avoir le véritable équipement tridimensionnel). Et une expo sur DanDaDan.

On change de rapport de taille avec une chouette exposition retraçant les 10 ans de l’ECG. Le concours européen de cosplay dont la finale a eu lieu le Samedi et dont je reparlerai plus bas.

L’espace Wabi Sabi qui justifie le « Japan » de Japan Expo avec des créations traditionnelles en provenance du pays du soleil levant, telles que des vêtements, bijoux, origamis, et musiques avec quelques représentations quotidiennes d’artistes locaux.

Pour ceux voulant découvrir le Japon où se préparer à y aller, un office de tourisme était présent ainsi que des stands « le Japon en un coup d’œil » qui exposaient de très nombreuses informations concernant ce pays, ses cultures, ses traditions, et lieux phares.

Une expo sur les œuvres de Yuji Kaida à qui l’ont doit les illustrations de nombreux Kaijus dont le mythique Godzilla. 🦖

Et pour finir sur les stands qui m’ont interpellé, un food truck Naruto (qui vend des produits de douche) reprenant l’architecture des habitations du village de Konoha, surplombé par un Kyuubi pas du tout menaçant.

Conférences & Shows

Alors que le Jeudi, Vendredi et Dimanche de JE ont été des journées où je me serais essentiellement baladé, le Samedi fut plus chargé avec les conférences et shows auxquels je voulais assister.

MAPPA x Crunchyroll

La première conférence se tenait sur la scène Yuzu la matinée. Elle réunissait quatre représentants parmi les plus importants du studio d’animation MAPPA. Son président Manabu OTSUKA, le directeur exécutif Makoto KIMURA, le réalisateur Shuhei YABUTA, et le scénariste Hiroshi SEKO.

Durant cette session de questions / réponses, MAPPA à communiqué sur ses productions à venir qui seront licenciés par Crunchyroll chez nous, ainsi que le processus créatif derrière chacune d’elles.

Et ce qu’il fallait en retenir, c’est d’abord que l’anime Chainsaw Man prévu pour cette année sera supervisé par une jeune équipe et promet d’être aussi gore que le manga papier. Puis que la saison 2 de Vinland Saga qui débutera en janvier 2023 sera beaucoup plus « calme » que la première, avec une apparition surprise en vidéo de l’auteur du manga Makoto Yukimura qui adressa un message aux fans. En revanche rien de particulièrement neuf sur la partie finale de la saison 3 de l‘Attaque des Titans toujours annoncé pour l’année prochaine. Même si l’équipe a évoqué le challenge sans précédent qu’était de reprendre cet anime que Wit Studio avait laissé de côté après 4 saisons.

E.L Squad – LIGHTS in the DARK

Plus tard dans la journée sur la scène Ichigo, j’avais pu assister dans un noir total à l’impressionnante représentation des chorégraphes japonais d’E.L Squad. Où la danse urbaine et la lumière dynamique ne faisaient qu’un. N’ayant pas pu trouver à l’heure actuelle de rediffusion de leur show à JE (ce que je trouve étonnant vu que tout était filmé sur place), j’ai mis cette courte vidéo montrant un aperçu de leur talents

Finale de la Saison 10 de l’ECG

Et juste après ce spectacle haut en couleurs, la fameuse finale de la Coupe d’Europe de Cosplay qui clôt ce Samedi. Et jugé par les cosplayers internationaux tels que Pion Cosplay, CYD Cosplay, Ketrin cosplay, LittleJem et Taryn Cosplay. Un show sympathique avec quelques prestas qui valaient le détour. Mais qui m’a moins marqué que la Coupe de France de Cosplay que j’ai pu voir à Japan Tours Festival deux semaines avant JE. Et pour revenir encore plus en arrière, j’ai même un meilleur souvenir de l’ECG de 2019.

Bien sûr cela ne remet pas en cause le travail des compétiteurs venus des quatre coins de l’Europe (pour ceux qui ont pu venir) ayant tout donné sur scène. Et de la régie toujours au taquet qu’on oublie trop souvent, et sans qui il n’y aurait tout simplement pas de show. Sur ce, voici mes 5 performances favorites parmi les 28.

Pays-Bas 🇳🇱 : Pastelcolouredhell Big Sister

Suède 🇸🇪 : Amenoo Cosplay & GodirtypopIdolm@ster

Espagne 🇪🇸 (1ère place Solo) : TaifuCompte Olaf

Suisse 🇨🇭 : @eneldenIrumi & @yayagi_chanKirua

Italie 🇮🇹 : Twins CosplayToy Story 3

Les résultats complets sont dispos sur le site de l’ECG.

Artistes

Les illustrateurs et jeunes créateurs étaient très nombreux à JE pour mon plus grand bonheur. Voici ceux que je tenais à mettre en avant et dont je vous invite à voir leurs travaux sur leurs réseaux. 🎨

Skullvadyr Shuramune & Lady-Nemhesis ST

Djiguito

Aen Art’s

@rapzdrawing

Howling Riot

Anark Grafik

Ladraweuz ૐ

Winter Series

@vaskange

JustLoui

Pakerette SHOP

@mochi_mangaka & @s_d_squad

kabujiro

Mr.Lemur

Anna Karen – painter

Cité internationale de la tapisserie – Aubusson

On pointe souvent du doigt ce salon et d’autres sur l’aspect commercial avec des produits dérivés qui pullulent et souvent plus chers qu’ailleurs. Mais je trouve qu’on ne met pas assez en avant le travail de ces créateurs qui ont eu cette chance d’exposer leurs œuvres à la vue de tous.

Cosplays

Que serait une convention sans ses cosplays ? Surtout à JE où l’on y voit presque tous les univers possibles et imaginables de la pop-culture. Parmi les plus représentés, j’ai vu du Genshin Impact, Demon Slayer (avec une dizaine de Tengen différents au moins), One Piece, League of Legends, et Marvel pour ne citer que ça. Place à ceux que j’ai pu immortaliser 📸

Riven Arcade : LittleJem – OC : Lacy Pandora Cosplay

Genshin – Yumeko : @wildlysa – Predator : @takaxora

Rassemblement One Piece

Monster Hunter : @altaya_cosplay – Eggman : The Epical Panda

Tengen : Siwen Cosplay – Hinatsuru : @cosplaybakiii

Nelliel : Kyllie CosplayCaptain Falcon

Daki : @lovy_cosplayAlexstrasza : @claireobscurecosplay

Héros : @just.micka – Dr. Strange : @goku8164_cosplay

Janna : @nine_et_nora – OC : @master_akuma

Pactole

Avant de conclure, petit point sur mon « loot » de ces 4 jours. Après presque autant de produits achetés que de produits gagnés.

À commencer par des stickers Animal Crossing New Horizons et un porte-clés de Marie offerts après mon passage sur le décor de campement.

Un Bob Omb (factice bien entendu) imprimé en 3D acheté chez un artisan. Et un porte-clés Splatoon offert en jouant au jeu.

Un carnet du manga Sakamoto Days et un nerf gagné au stand de tir dédié.

Un t-shirt de Mario Strikers Battle League et des stickers offerts en gagnant un match de poules du tournoi quotidien.

Des dessins de Skullvadyr avec l’original de la peinture du jeu The Last Guardian, ainsi un dessin de Eggman. Et des marque-page rigolos par Lady-Nemhesis.

Trois posters des World-maps de @nayth sur Zelda, One Piece, et les JRPG. Que j’avais acheté une première fois et que pensais avoir malencontreusement paumés en sortie de festival. J’étais même prêt à les lui repayer lors de mon nouveau passage sur son stand, mais il a choisi par pure générosité de sa part de me les offrir. Un grand merci à lui.

Et j’ai appris quelques jours avant cet article que les premiers posters que je croyais perdus, étaient en possession d’une âme charitable qui les a sécurisés pour moi. Ce qui fait que j’ai techniquement 2 exemplaires de chaque. Une histoire qui se finit doublement bien.

Et enfin, je « triche » un peu avec un objet me tenant à cœur que je n’ai pas acheté à JE même, mais juste avant d’y aller. L’édition collector du volume 41 de Berserk trouvé dans les rayons de la Fnac de bon matin. Le dernier tome à avoir été écrit par Kentaro Miura avant son décès.

Conclusion

Ces 13 dernières années, j’aurais fait un sacré paquet de conventions. Mais Japan Expo aura toujours une place particulière puisque ce fut mon tout premier salon. C’était comme mon second chez-moi, que j’étais très heureux de retrouver après deux ans absence. Un salon qui m’avait beaucoup manqué, et qui m’aura beaucoup marqué.
Le festival en lui-même était plutôt appréciable dans sa globalité. La programmation était fournie malgré l’absence de gros invités de marque. Les stands étaient de qualité et bien agencés. Beaucoup d’artistes et de cosplayers talentueux présents sur place. Et une bonne mise en avant de la culture nippone. Je regrette l’organisation assez confuse, des tarifs toujours plus abusés, et un RER B qui met des bâtons dans ses propres roues.
Mais ce qui a fait que cette édition sera inoubliable pour moi, c’est par le fait d’avoir pu rencontrer, et surtout revoir autant de personnes au même endroit après si longtemps. Il y a même eu une personne que je n’avais pas revu depuis JE 2012. Un immense merci à eux pour ces moments au sein et en dehors du salon qui resteront gravés dans ma mémoire. Et surtout merci à vous, lecteurs, d’avoir lu ce compte-rendu jusqu’au bout. ✌