[Cinéma] Critique – The Batman

Neuvième film solo sur le Batman, voici mon avis sans spoilers sur ce reebot de la franchise par Matt Reeves, sorti le 2 Mars 2022 en salles obscures.

Avant-propos

Saga octogénaire et pionnière dans le genre super-héroique, Batman aura traversé le temps et les époques. Et bien qu’elle soit passée par énormément de médias différents tels que les comics, séries TV, animes, et jeux vidéos pour ne citer que ça, je l’ai connue essentiellement à travers ses films. Parmi ceux que j’ai vu à date, les excellents films de Tim Burton. Les plus discutables par feu Joel Schumacher. Les très bons de la trilogie de Christopher Nolan. Et les films « multi » par Zack Snyder au sein de l’univers cinématographique de DC. Avec Batman V Superman et Justice League dont j’ai déjà longuement parlé.

Autant dire que chaque sortie d’un film Batman est un évènement. Puisque le dernier film centré uniquement sur ce personnage à avoir vu le jour, c’était The Dark Knight Rises il y a presque dix ans. D’ailleurs, un projet d’un film solo incarné et réalisé par Ben Affleck était en chantier durant un temps. Mais ce dernier finira par passer le flambeau à Matt Reeves qui fera porter le costume mythique et flambant neuf à un certain Robert Pattinson. Alors la relève est-elle assurée ?

Esthétique

Une des grandes qualités de The Batman est sa photographie. Beaucoup de plans sont très stylisés quand ils ne sont pas carrément iconiques.

Le principal bénéficiaire étant notre homme chauve-souris. Qui incarne avec brio la terreur nocturne de Gotham à chacune de ses apparitions. Il marque les esprits et on comprend d’emblée qu’il n’est pas là pour jouer aux cartes (pas même avec le Joker). Les meilleurs exemples qui me viennent en tête étant la rixe au tout début du film, et la course poursuite face au Pingouin avec un final en apothéose. Dommage qu’une partie de celle-ci ait déjà été montrée dans les différents trailers.

Une iconisation fortement appuyée par l’excellente composition de Michael Giacchino. S’inscrivant parfaitement dans le ton ténébreux du film et de ses personnages. Tout comme l’incroyable thème du Batman qui reste facilement en tête. Avec ses simples accords qui ne cessent de monter en puissance au fil du morceau jusqu’à la fanfare finale. Idem pour Catwoman avec une musique aussi mystérieuse et imprévisible que l’intéressée.

Et histoire de finir sur l’OST, le choix du thème de l’Ave Maria légèrement remixée pour le méchant principal est très pertinent. Définitivement la musique inquiétante par excellence. Ceux qui ont joué à un certain Hitman Blood Money savent de quoi il en retourne.

Bons baisers de Gotham

Au vu du genre, le film est forcément très sombre. Voire très « noir » tout comme le genre du polar dont il s’inspire allègrement. On est loin du film de super héros classique, d’autant plus que The Batman ne fait pas partie de l’univers cinématographique DC. L’action est présente certes, mais n’est pas le matériau principal. On est davantage sur de l’enquête, avec une traque d’un tueur psychopathe qui n’est pas sans rappeler les classiques du genre tels que Seven de David Fincher. Puis ça colle assez bien au personnage dans sa version classique, connu pour utiliser sa tête avant ses poings.

D’autant plus que la trame se passe majoritairement de nuit au sein d’un Gotham en perdition. Plutôt convaincant et tellement peu rassurant. À mi-chemin visuellement entre le Gotham réaliste des films de Nolan, et le magnifique Gotham fantaisiste de ceux de Burton. D’ailleurs le film (et par extension la saga toute entière) est à l’image de cette version de Gotham, c’est à dire violent. Autant psychologiquement avec cette tension permanente qui règne au sein d’une ville qui n’attend que l’étincelle pour s’embraser, que physiquement avec les nombreux coups reçus et portés par le Batman. Mais sans la moindre goutte de sang à mon grand étonnement.

Avec sa durée de 3h, je craignais d’avance que le film me fasse passer par de nombreuses phases de flottement. Et c’est effectivement le cas au sein d’un film au rythme assez lent. Pour autant, ça ne m’avait pas posé de problèmes car j’ai trouvé que ça desservait le film en lui laissant le temps de raconter son récit. En tout cas jusqu’au dernier arc où tout va soudainement très vite. Un parti pris qui peut diviser, mais en tout cas pleinement assumé par Reeves qui aura eu carte blanche de la part de la Warner pour faire son film comme il l’entendait.

Distribution

Pour le dire sans détour, je trouve le casting parfait. À commencer par Pattinson qui s’en tire très bien. Incarnant une version plus jeune du chevalier noir qui est sur le circuit depuis peu. Et même si il est loin d’avoir l’expérience (la scène étonnamment drôle du wingsuit l’atteste) et le physique de l’armoire à glace incarné par son prédécesseur Affleck, il n’est pas moins brutal que lui. Rien à redire sur son costume qui quant à lui me rappelle davantage celui de Christian Bale. La voix exagérément rauque en moins.

C’est aussi un Batman plus humain et bien plus ténébreux que d’ordinaire. Il suffit simplement de le regarder sous son mascara masque pour le comprendre, et de prêter l’oreille à ses nombreux monologues en voix off qui nous dévoilent ses pensées profondes. Les pensées d’un Bruce Wayne qui au début ne vit que de vengeance en la déchainant sur les malfrats qui ont la malchance de croiser sa route. Mais qui évoluera petit à petit vers une meilleure version de lui-même. D’ailleurs on le voit assez peu en tant que cet héritier orphelin de la richissime famille à son nom, et fils adoptif de son majordome Alfred incarné par un Andy Serkis assez touchant.

Ce film, ce n’est pas seulement celui de Batman. C’est aussi celui de Selina Kyle. Incarnée par Zoé Kravitz qui fait une très bonne Catwoman. Certes bien différente de la version incarnée par Michelle Pfeifer 30 ans plus tôt dans Batman Le Défi par Burton, qui était littéralement féline. Ici, elle est plus « soft » mais la sensualité demeure. Au grand dam du Batman avec qui elle joue littéralement au jeu du « chat et de la (chauve) souris ». En plus de ça elle se défend aussi bien que son homologue vêtu de noir. Une femme forte qui traîne un lourd passé, et mène une double vie tourmentée. Ce qui la rend d’autant plus attachante.

Parmi les acteurs en vogue en ce moment, je n’aurais pas pensé à un meilleur choix que Jeffrey Wright pour incarner le bras droit du Batman qu’est le commissaire Gordon. Tant il transpire la confiance et la loyauté au sein de ce monde de brutes corrompues jusqu’à la moelle. Le temps nous le confirmera peut-être mais je trouve qu’il fait déjà jeu égal avec l’excellent Gary Oldman de la trilogie de Nolan.

En ce qui concerne l’antagoniste principal l’Homme Mystère, je l’ai trouvé terrifiant mais dans le bon sens du terme. Un vrai psychopathe qui m’aura mis mal à l’aise à de multiples reprises. Prenant un malin plaisir à jouer à mort avec ses proies. Et ce dans l’unique but d’attirer le Batman à travers une série d’énigmes que ce dernier résout un peu trop facilement à mon goût. Un vilain qui s’inscrit bien dans l’air du temps et n’ayant rien à voir avec la version de Jim Carrey dans Forever qui était kitsch à souhait.

Maintenant celui que je qualifierais d’antagoniste secondaire, Le Pingouin ou « Oz » pour les intimes. Joué par un Collin Farrell tout bonnement méconnaissable dans le rôle. Si je le qualifie ainsi c’est parce que malgré sa stature et sa réputation, il n’a pas une place centrale dans l’intrigue. On pourrait presque l’enlever du film que son déroulement n’en serait que peu chamboulé. Mais on n’aurait pas eu ces savoureux échanges  musclés avec Batman. Chose assez étonnante pour un méchant iconique qui était le « monstre » au cœur de Batman le Défi. Ceci dit, il aura bientôt droit à sa propre série chapeauté par Reeves en personne. Ce qui lui donnera enfin l’occasion de briller à sa juste valeur.

Pour le coup, Carmine Falcone joué par John Turturro, fait bien plus avancer le récit. Un personnage connu surtout des comics que je n’ai pas lus, et qui est intimement lié au personnage de Kyle.

Conclusion

Pour moi, The Batman se hisse sans difficulté dans le top 3 des meilleurs films de la franchise aux côtés de The Dark Knight et le film de 1989. Une réalisation irréprochable, un casting sans aucune fausse note, et surtout un nouveau Batman très prometteur que j’ai hâte de voir évoluer lors des suites.

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