[Anime] Critique – L’Attaque des Titans: Saison Finale, partie 2

De Janvier à Avril 2022 fut diffusé la seconde partie de la saison finale de l’Attaque des Titans. Voici mon avis à froid et avec Spoilers sur ces 12 épisodes réalisés une fois de plus par le studio MAPPA.

Saison finale sans fin

Avant de passer à la critique pure et dure, je souhaite pousser une gueulante. Le principe d’une saison FINALE, c’est bien de FINIR une série en cours non ? Dans ce cas, pourquoi faut-il que ça prenne trois ans et trois parties pour terminer l’œuvre ? Autant ça me pose moins de soucis (même si ça reste très frustrant) quand une saison numérotée est coupée en deux et espacée de quelques mois comme pour la S3. Mais là c’est se moquer du monde. Dès 2020 on nous a vendu cette S4 comme étant la dernière, et maintenant on apprend qu’il faudra encore attendre jusqu’à 2023 pour que ceux qui ne suivent que l’anime puissent en voir le bout ? C’est usant à force.

C’était bien mentionné pourtant

Ceci dit je préfère toujours ça qu’une unique saison complètement bâclée qui ruinerait l’œuvre d’origine. D’autant plus qu’avec les conditions de travail déjà très difficiles chez MAPPA, ça serait malheureux que les animateurs subissent davantage de pression. Personne n’aurait été gagnant dans cette affaire. Ni le studio, ni les spectateurs. Mais il aurait fallu être honnête dès le départ du côté des producteurs avec l’appellation de cet arc final qui techniquement regroupe la S4, la S5 et bientôt la S6.

MAPPA 2020 vs MAPPA 2022

Les premiers essais de MAPPA sur cet anime dans la première partie furent vivement critiqués à tort et à raison. À cause d’un style d’animation qui changeait nettement de ce que Wit Studio faisait durant les trois premières saisons. Me concernant, j’avais trouvé ça correct, même si moins impactant et assez inégal.

Avec cette seconde partie, il est indéniable que des efforts ont été faits. D’abord en termes de dessin avec des personnages et des Titans plus détaillés et mieux animés. Le rendu 3D de ces derniers a également été amélioré même si rien ne vaudra la bonne vieille 2D à mon goût. Je me suis même remis à prendre mon pied sur les phases de virevoltes avec l’équipement tridimensionnel. La colorimétrie a également changée avec la quasi disparition de ce « filtre sépia » pour laisser place à des couleurs un peu plus chatoyantes.

Si le studio continue sur cette lancée, la partie finale risque d’être spectaculaire. Mais mon plus grand souhait au-delà de la qualité visuelle, est que les employés soient moins sous pression.

“If I loose it all…”

La sortie d’un nouveau générique de l’Attaque des Titans est toujours un événement. Celui de la première partie était pas mal même si assez déroutant. Et dans le nouveau chanté par le groupe SiM, il y a tout ce que j’aime. Le retour des personnages principaux à l’écran, du bon gros métal japonais, et des images mystérieuses. Pour moi il se situe dans le top 3 juste derrière les openings 1 et 3.

D’ailleurs en parlant de musique, j’ai énormément apprécié le retour aux sources musical vers les derniers épisodes. Avec des musiques issues des premières saisons.

Contre-Attaque des Titans

Alors que quatre années s’étaient écoulées entre la S3 et la S4, cette seconde partie reprend pile là où la première nous avait laissé. Avec un Livai présumé mort suite à une attaque « suicide » de Sieg. Et un Eren presque seul contre tous au sein du District de Shiganshina. Pour un match retour contre l’armée Mahr qui avait été décimée lors du massacre de Revelio, et surtout contre ce bon vieux Reiner qui m’aura fait de la peine dans ce nouvel arc. Une fin de saison assez frustrante qui manquait d’impact et d’un bon gros cliffhanger. J’aurais préféré qu’elle s’arrête un chouia plus tard. Plus précisément à un moment clé auquel je reviendrai un peu plus bas.

Cette seconde partie commença assez fort. En particulier à partir de l’épisode 19 de la S4 (épisode 78) qui fut déchirant pour les deux camps. Avec d’un côté Sieg qui a poussé son fameux cri et transformant la plupart des officiers Eldiens en Titans. Parmi eux ce cher Pixis qui aura sauvé la mise au trio d’origine à de nombreuses reprises. Et Falco qui avait ingurgité accidentellement le vin interdit. On aurait presque pu croire qu’il dissuaderait Sieg de commettre l’irréparable, mais en vain. Je ne suis pas prêt d’oublier cet ultime regard plein de désespoir avec sa main tendue vers une Gaby à qui il venait tout juste de déclarer sa flamme.

Là où ce fut également déchirant (et au sens littéral), c’est du côté des membres originels du bataillon d’exploration et de Sieg qui ont dû assister impuissants à la décapitation d’Eren durant une séquence très stylisée. Une démonstration de force que l’on doit à une Gaby définitivement inarrêtable et qui aura pas mal évolué dans le bon sens. Même si sans surprise ça ne suffira pas. Puisque le contact entre les deux frères a eu lieu de justesse. Certainement pas pour le meilleur, assurément pour le pire.

Le foreshadowing à son paroxysme

Vient ensuite l’épisode 20. Qui est à date, le meilleur de toute la série et peut-être même l’un des meilleurs de toute l’histoire de la japanimation. Et ce simplement grâce à sa narration.

Cet épisode est à la fois la cause et la conséquence de tous les événements survenus dans la trame depuis la toute première saison. Dit ainsi ça paraît bizarre, mais tout prend son sens durant le « flashback interactif » qui se déroule dans l’Axe. Racontant les souvenirs du père Grisha, celui qu’on pensait être à l’origine de tout ce bazar. Alors qu’en réalité, c’est l‘Eren du futur (du point de vue de Grisha) qui aurait manipulé son propre père dans le passé. Ce dernier n’ayant pas pu se résoudre de lui-même à massacrer la famille royale.Quand j’avais lu ce passage dans les chapitres parus il y a quelques années, ça m’avait retourné la tête. Comment imaginer que ce soit Eren qui ait façonné toute la trame ? C’est du pur génie. J’avais déjà dit dans d’anciennes critiques que l’auteur Hajime Isayama avait une maitrise totale de son œuvre. Voilà une preuve de plus avec ce plot-twist légendaire. Tout était parfaitement calculé dès le départ.

La dernière fois qu’une révélation m’avait autant marqué dans son déroulement, c’était durant la S2 du temps où Wit était encore aux commandes. Lorsque Bertolt et Reiner ont avoué à Eren leur vraie nature dans le plus grand des calmes. Rien que d’y penser j’en ai encore des frissons.

Et j’en profite pour tirer mon chapeau aux doubleurs japonais qui ont fait un travail monstrueux durant cette saison. En particulier Yūki Kaji et Hiroshi Tsuchida respectivement les interprètes d’Eren et Grisha. Ils ont un talent fou pour transmettre autant d’énergie et d’émotions par leur voix.

« À toi qui vis 2000 ans plus tard »

Mais la masterclass ne s’arrête pas là. Car après un épisode 19 poignant, un épisode 20 historique, vient un épisode 21 décisif pour la suite des événements et riche en révélations sur les origines du monde.

Dans la première partie de cet épisode, on apprend via un flashback (un vrai cette fois-ci) qu’Ymir Fritz, la personne qui est à l’origine de l’existence même des titans, est très loin d’être la divinité vantée par les légendes. Dans sa forme humaine, on nous décrit en réalité une femme faible, frêle, et totalement esclave d’un roi tyrannique. C’est sans nul doute le personnage qui aura le plus souffert de toute l’œuvre. Une souffrance qui perdurera même après sa mort puisque bloquée dans l’Axe depuis des millénaires à sculpter des Titans, seule.

Cette condition de vie ne laissera pas Eren insensible puisqu’il parviendra à la comprendre et à la libérer de ses chaînes et tourments. Chose que personne n’avait encore jamais fait avant lui. Ce qui lui permettra de gagner définitivement la confiance d’Ymir, et surtout d’acquérir le pouvoir ultime.

Ce pouvoir étant celui du Titan Originel. Lui permettant de déclencher le Grand Terrassement que tous redoutaient, et qui selon moi aurait dû marquer la fin de la première partie. Le tout durant l’une des plus belles séquences de la saison avec la transformation hors normes de l’ex-Titan Assaillant, suivi de son speech terrifiant confirmant son véritable but. Détruire le monde.

Difficile d’imaginer un pire scénario. Celui où le personnage principal de cette œuvre, passe du héros à la plus grande menace de l’humanité. Et le plus effrayant c’est qu’Eren n’agit même pas sous le coup de la folie. Il est parfaitement lucide et savait pertinemment qu’il allait devoir perpétrer le pire génocide de tous les temps. Le seul et unique moyen d’obtenir la « liberté » qu’il convoitait tant.

Fratricide

Les membres originels du bataillon d’exploration, ne se seront jamais autant endurcis que durant cette seconde partie. À commencer par l’épisode 22 qui est un « triste » retour aux sources. Dans le sens où on revoit nos gaillards découper des colosses par dizaines. À la seule différence que les titans en question sont leurs anciens camarades. Ce qui change dramatiquement la donne pour cette fois.

Puis les épisodes 23 et 24, rassemblant sous la même bannière tous ceux qui n’ont cessé de s’affronter depuis le début de l’histoire. Chose qui aurait clairement été inenvisageable quelques saisons plus tôt. Avec parmi eux une certaine Annie Leonhart, le Titan Féminin laissée en plan depuis la fin de la S1, et qui nous a fait un come-back plutôt en douceur.

Tous ont été contraints de s’unir face à la menace ultime que représente Eren et ses fanatiques de pro-Jäger . L’occasion pour ces ennemis d’hier et alliés d’aujourd’hui de balancer à tour de rôle leurs quatre vérités à chacun. Et de mettre les points (et les poings dans le cas de Jean face à Reiner) sur les i avant le grand final.

Suite à ça, les ex-membres du bataillon ont dû passer un cap sans précédent à l’épisode 26. Qui fut d’éliminer leurs anciens compagnons enrôlés dans les forces ennemies, mais sous leur forme humaine. Ce qui a donné lieu à une scène poignante avec Conny et un Armin réduit violemment au silence par Samuel et Daz qu’ils ont été contraints d’éliminer. Le genre de situation qui ne laisse que peu de place à l’hésitation et aux sentiments. C’est tué ou être tué. Et ça, la terrifiante Mikasa l’a très vite compris en provoquant à elle seule un bain de sang sans précédent. Heureusement pour les pro-Jäger que l’autre Ackerman était hors course..

L’Aube de l’humanité

Et enfin changement total d’ambiance avec le 28ème et ultime épisode. Qui semble hors du temps tant il transpire la joyeuseté et l’insouciance. Du moins au début. Un épisode qui chronologiquement aurait dû arriver beaucoup plus tôt même si je trouve que ce n’est pas une mauvaise idée de l’avoir placé ici. Ce flashback nous fait profiter des derniers moments de liesse de la brigade, de revoir cette chère Sasha, et de voir Eren sourire pour la toute dernière fois. L’atmosphère des premières saisons est là et ça rend nostalgique.

Puis vient le dur retour à la réalité avec l’arrivée des titans colossaux sur le continent durant une scène incroyable. Là on est sur une fin de saison qui en envoie. Le grand terrassement commence réellement et c’est le début de la fin aussi bien pour cet anime que pour ce monde tel qu’on le connait.

Et très sincèrement, je commence à avoir un peu peur de ce qu’on risque de voir à l’écran par la suite. Car normalement, l’épisode qui est censé suivre (et qui devrait être le premier de la partie 3) devrait adapter le chapitre 131 du tome 33. Et à l’époque, ce chapitre m’avait limite traumatisé pour une raison que je ne peux pas évoquer ici au risque de spoiler le manga. Si tout se passe comme prévu, je sais d’avance qu’on en parlera encore dans 10 ans de ce futur épisode 29. Et si je devais donner un ultime conseil à tous ceux qui ne suivent que l’anime, soyez prêts mentalement.

Conclusion

L’affiche de la partie 3 pour 2023

Pour ma part j’ai beaucoup apprécié cette seconde partie qui fut meilleure que la première sur bien des points. En termes de visuels, d’histoire, de développement de persos, et de révélations. Même si j’ai toujours en travers de la gorge le fait que cette saison « finale » ne soit pas réellement finie. Si j’avais su, j’aurais binge cette partie d’une traite au lieu d’attendre chaque Dimanche la sortie de l’épisode. Et c’est peut-être ce que je ferais pour la partie 3 qui devrait être plus courte vu qu’il ne reste que 9 chapitres du manga à adapter.

Dans tous les cas, vivement 2023 pour voir le bouquet final d’une œuvre qui aura marqué son ère. 

[Anime] Critique – L’Attaque des Titans: Saison Finale, partie 1

aot-s4Il y a 8 ans, l’adaptation du manga d’Hajime Isayama vit le jour. Manga qui lui, s’apprête à se terminer dans les jours qui viennent après 12 ans de publication. Cette première partie de saison 4 étant tout juste terminée, l’heure est au bilan de mi-parcours d’une saison bien différente de ce dont on nous avait habitués jusqu’alors. Sans spoilers majeurs.

De Wit à MAPPA

Le premier gros changement concernait l’animation. Qui n’a plus été supervisée par le studio Wit comme ce fut le cas pour les 3 premières saisons, mais par MAPPA. Studio à qui l’on doit Gambling School, et plus récemment Jujutsu Kaisen pour ne citer qu’eux. Pour ma part, j’ai trouvé qu’ils se sont relativement bien débrouillés pour cette saison même si l’animation est assez inégale. Oscillant souvent entre le bon et médiocre même dans les moments importants. Avec une CGI presque omniprésente durant les affrontements entre titans. De plus, le ton chatoyant des saisons d’avant a laissé place à des couleurs plus ternes, assez raccord avec le contexte. De toute manière, c’était compliqué d’avance de passer après Wit qui a sublimé le manga de la plus belle des manières. Et même si je salue l’effort de MAPPA, j’ai toujours une préférence pour l’ancien style. Plus virevoltant et plus impactant.

En plus de cela, j’ai cru comprendre que les conditions de travail chez MAPPA étaient loin d’être réjouissantes. Avec des deadlines très serrés pour un rythme de production acharné. Sans parler des très nombreuses animes sur lesquels MAPPA bossait en parallèle de SNK. Un cas qui malheureusement est loin d’être isolé dans le milieu, et il serait grand temps que ça change. Ne serait que pour certains internautes visiblement mal éduqués n’aillent pas jusqu’à harceler violemment des employés qui ne font que leur mieux avec les contraintes qui leur sont imposées. Car frustrés que la qualité de l’anime ne soit pas conforme à leur attentes.

Une levée de boucliers qui s’est intensifiée dès l’épisode 6 qui avait déçu pas mal de monde. Au point où certains allaient jusqu’à dire que cette adaptation était une « purge ». Ces gens-là n’ont pas dû voir beaucoup d’anime à la réalisation réellement douteuse (ou d’anime tout court) pour tenir ce genre de propos. Comme la S2 d’One Punch Man ou la S3 de Seven Deadly Sins qui sont clairement des accidents industriels. À un moment donné faut arrêter la mauvaise foi.

De l’autre côté de la mer, la guerre

Le berceau des Titans qu’était l’île du Paradis a laissé place à l’enfer des contrées de Mahr. Un changement de contexte et d’époque qui m’avait pas mal dérouté durant les chapitres parus il y a quelques années déjà. Où étions-nous ? Que sont devenus les personnages principaux de la série ? Qui étaient ces nouveaux titans et ces jeunes gens que l’on envoyait au front ? Combien de temps s’était écoulé depuis les évènements du district de Shiganshina ? Tant de questions dont on aura des réponses au compte-goutte, au sein d’un monde pas beaucoup plus accueillant qu’Eldia. Très loin de la liberté autrefois recherché par le trio de tête.

Dès le départ, nous étions directement plongés dans l’ambiance d’un monde en guerre, avec une technologie plus avancée et une atmosphère nous rappelant la Seconde Guerre Mondiale et le régime du 3ème Reich Allemand. D’un côté la coalition Mahr qui passent pour les oppresseurs, et de l’autre les Eldiens victimes de leur condition, et considérés comme des monstres sans distinction. Même si dans le fond c’est bien plus nuancé que ça. D’ailleurs même les titans n’ont plus la même aura qu’auparavant. Car en plus de servir d’armes pour Mahr, la puissante artillerie pourrait avoir raison d’eux en un claquement de doigts. Le mythe titanesque s’effondre donc.

Un conflit armé que l’on ressent jusqu’à son générique qui tranche radicalement avec ses prédécesseurs dans le ton. Les protagonistes principaux ont quasiment disparus des visuels pour laisser place à tout ce qui touche de près ou de loin à l’horreur de la guerre. Explosions, marches militaires, morts, un tout qui contraste beaucoup avec la musique assez entrainante et joyeuse en fond. Un opening que j’aime beaucoup même si celui de la première saison reste indétrônable à mes yeux.

Ce qui m’amène à parler de la bande-son toujours supervisé par Hiroyuki Sawano, mais cette fois accompagné de Kohta Yamamoto. Une composition dans la plus pure lignée des saisons d’avant, même si moins marquante à mon goût. J’ai surtout retenu le thème principal Ashes of the Fire que l’on doit à Yamamoto justement, et qui est excellent.

Narration

Niveau rythme, ça ne venait peut-être que de moi mais j’ai trouvé que les évènements s’enchainaient assez vite dans la trame par rapport aux chapitres du manga. Chose qui s’est confirmée au fil des épisodes avec des scènes du manga qui ont été écourtées, passées à la trappe, voire même désordonnées. De toute manière, je pense que cette saison est arrivée trop tôt. Le nouveau studio aurait dû se laisser 6 mois ou 1 an de plus ne serait-ce que pour laisser le temps au manga de se finir pour de bon. Mais j’imagine que pour des raisons pécuniaires c’était trop demander. Le profit avant la santé du staff j’imagine… Puis faut se rappeler que 4 années se sont écoulées entre la toute première saison et la seconde, avant de passer sur un rythme annuel.

En termes de narration, cette saison a prouvé une fois de plus qu’Isayama maitrise son œuvre à 200%. Avec des éléments qui à première vue peuvent paraitre anecdotiques, mais qui quelques épisodes voire quelques saisons plus tard, bousculent tout sans qu’on ait le temps de le voir venir et nous font porter un regard tout autre à l’œuvre. Le meilleur exemple pour cette saison 4 est le flashback du personnage de Sieg de l’épisode 15. Expliquant comment il a été endoctriné par le même père qu’Eren avant lui, et le terrible choix qu’il a du faire pour se sortir de sa condition et devenir l’individu qu’il est aujourd’hui. D’ailleurs, il est temps de parler du cœur de cette œuvre, les personnages.

La roue a tourné

Ce que j’aime dans SNK, c’est à quel point il démonte toute forme de manichéisme. La notion de bien ou de mal n’est juste qu’une question de point de vue. On le voit rien qu’à l’affiche promotionnelle de cette saison qui illustre mon article. Montrant le titan d’Eren s’apprêtant à ravager une ville, de la même manière que le Colossal et le Cuirassé l’ont fait dans le tout premier épisode de la série. Un « juste » retour des choses.

Il en va de même pour les protagonistes qui ont méchamment gagnés en profondeur. À savoir Armin, Mikasa, Jean, Connie, Sasha et d’autres. Toujours complices mais on ressent à quel point ils se sont endurcis au fil des années. Au point d’avoir maintenant autant de sang sur les mains que Reiner, Berthold et Annie en leur temps. D’ailleurs, ces membres restants du bataillon d’exploration en paieront le prix avec une victime collatérale dont ils se seraient bien passés à l’épisode 8. Un moment qui fut déchirant, même pour moi qui savait ce qui allait se passer. Pour les nouveaux venus comme Jelena pour ne citer qu’elle, j’ai trouvé qu’ils s’intégraient bien dans le lot.

Il y a deux personnages en particulier dont j’ai envie de parler. D’abord Eren, qui est totalement méconnaissable dans cette saison. Passant quasiment du protagoniste à l’antagoniste. L’adolescent pleurnichard mais avec des rêves pleins la tête du début d’œuvre, à laisse placé à un jeune adulte froid et calculateur. Un changement de personnalité qui aura des répercussions directes sur la relation qu’il entretenait avec ses amis les plus proches. La rupture définitive ayant lieu durant l’épisode 13 où il balancera ses 4 vérités à un Armin et une Mikasa complètement déboussolés. Bien que les motivations du Jeager demeurent encore mystérieuses durant cette saison, nul doute qu’il continuera à aller de l’avant peu importe les conséquences. Un développement de personnage comme on en voit rarement.

Le second personnage est celui qui s’approche le plus de l’ancienne version d’Eren. Je veux bien sûr parler de Gaby. Qui voue une haine aux Eldiens qui est comparable à celle qu’Eren vouait aux titans autrefois. Déjà détestable dès le début de la saison, elle franchira un cap de non-retour durant cet épisode 8 en devenant l’ennemi public numéro 1 d’une grande partie des fans. Et si je peux me permettre une opinion impopulaire, elle est loin, mais alors très loin d’être le personnage le plus détestable.

Mais ça, c’est ce qu’on pourrait penser en s’arrêtant seulement à la surface des choses. L’intérêt d’une œuvre aussi complexe que SNK, c’est de s’intéresser davantage aux raisons qui ont motivé Gaby et Eren à agir comme ils l’ont fait. Et comment ces derniers peuvent évoluer par rapport à ce passif. Avant d’être une meurtrière, Gaby est avant tout une victime du système Mahr qui a tout fait pour les monter contre des Eldiens qui n’ont pas choisi leurs origines. Et elle comprendra assez vite que ce peuple est loin d’être les démons qu’on lui avait vendus. Concernant Eren, nul doute que ce qui a « vu » lors de son contact avec Historia en fin de S3 à du le transformer lentement, mais sûrement de manière irréversible.

Conclusion

Cette saison 4 fut frustrante. D’abord dans le sens où elle ne m’aura pas fait autant frissonner que par le passé même si j’en retiens quelques grands moments. Et ensuite par son épisode final que je n’ai pas trouvé incroyable pour une fin de saison. Rendant encore plus pénible l’attente de la seconde et ultime partie l’année prochaine.

En tout cas le changement de studio ne m’aura pas fait déprécier cette œuvre qui aura rendu mes Dimanches meilleurs. Et qui peu importe sa conclusion prochaine, fait déjà partie des plus grandes œuvres de la japanimation et du manga. D’avance, merci à Isayama pour tout. Et merci aussi au staff de MAPPA d’avoir assuré du mieux que possible ce projet… Titanesque.