[Anime] Critique – L’Attaque des Titans: Saison Finale, partie 1

aot-s4Il y a 8 ans, l’adaptation du manga d’Hajime Isayama vit le jour. Manga qui lui, s’apprête à se terminer dans les jours qui viennent après 12 ans de publication. Cette première partie de saison 4 étant tout juste terminée, l’heure est au bilan de mi-parcours d’une saison bien différente de ce dont on nous avait habitués jusqu’alors. Sans spoilers majeurs.

De Wit à MAPPA

Le premier gros changement concernait l’animation. Qui n’a plus été supervisée par le studio Wit comme ce fut le cas pour les 3 premières saisons, mais par MAPPA. Studio à qui l’on doit Gambling School, et plus récemment Jujutsu Kaisen pour ne citer qu’eux. Pour ma part, j’ai trouvé qu’ils se sont relativement bien débrouillés pour cette saison même si l’animation est assez inégale. Oscillant souvent entre le bon et médiocre même dans les moments importants. Avec une CGI presque omniprésente durant les affrontements entre titans. De plus, le ton chatoyant des saisons d’avant a laissé place à des couleurs plus ternes, assez raccord avec le contexte. De toute manière, c’était compliqué d’avance de passer après Wit qui a sublimé le manga de la plus belle des manières. Et même si je salue l’effort de MAPPA, j’ai toujours une préférence pour l’ancien style. Plus virevoltant et plus impactant.

En plus de cela, j’ai cru comprendre que les conditions de travail chez MAPPA étaient loin d’être réjouissantes. Avec des deadlines très serrés pour un rythme de production acharné. Sans parler des très nombreuses animes sur lesquels MAPPA bossait en parallèle de SNK. Un cas qui malheureusement est loin d’être isolé dans le milieu, et il serait grand temps que ça change. Ne serait que pour certains internautes visiblement mal éduqués n’aillent pas jusqu’à harceler violemment des employés qui ne font que leur mieux avec les contraintes qui leur sont imposées. Car frustrés que la qualité de l’anime ne soit pas conforme à leur attentes.

Une levée de boucliers qui s’est intensifiée dès l’épisode 6 qui avait déçu pas mal de monde. Au point où certains allaient jusqu’à dire que cette adaptation était une « purge ». Ces gens-là n’ont pas dû voir beaucoup d’anime à la réalisation réellement douteuse (ou d’anime tout court) pour tenir ce genre de propos. Comme la S2 d’One Punch Man ou la S3 de Seven Deadly Sins qui sont clairement des accidents industriels. À un moment donné faut arrêter la mauvaise foi.

De l’autre côté de la mer, la guerre

Le berceau des Titans qu’était l’île du Paradis a laissé place à l’enfer des contrées de Mahr. Un changement de contexte et d’époque qui m’avait pas mal dérouté durant les chapitres parus il y a quelques années déjà. Où étions-nous ? Que sont devenus les personnages principaux de la série ? Qui étaient ces nouveaux titans et ces jeunes gens que l’on envoyait au front ? Combien de temps s’était écoulé depuis les évènements du district de Shiganshina ? Tant de questions dont on aura des réponses au compte-goutte, au sein d’un monde pas beaucoup plus accueillant qu’Eldia. Très loin de la liberté autrefois recherché par le trio de tête.

Dès le départ, nous étions directement plongés dans l’ambiance d’un monde en guerre, avec une technologie plus avancée et une atmosphère nous rappelant la Seconde Guerre Mondiale et le régime du 3ème Reich Allemand. D’un côté la coalition Mahr qui passent pour les oppresseurs, et de l’autre les Eldiens victimes de leur condition, et considérés comme des monstres sans distinction. Même si dans le fond c’est bien plus nuancé que ça. D’ailleurs même les titans n’ont plus la même aura qu’auparavant. Car en plus de servir d’armes pour Mahr, la puissante artillerie pourrait avoir raison d’eux en un claquement de doigts. Le mythe titanesque s’effondre donc.

Un conflit armé que l’on ressent jusqu’à son générique qui tranche radicalement avec ses prédécesseurs dans le ton. Les protagonistes principaux ont quasiment disparus des visuels pour laisser place à tout ce qui touche de près ou de loin à l’horreur de la guerre. Explosions, marches militaires, morts, un tout qui contraste beaucoup avec la musique assez entrainante et joyeuse en fond. Un opening que j’aime beaucoup même si celui de la première saison reste indétrônable à mes yeux.

Ce qui m’amène à parler de la bande-son toujours supervisé par Hiroyuki Sawano, mais cette fois accompagné de Kohta Yamamoto. Une composition dans la plus pure lignée des saisons d’avant, même si moins marquante à mon goût. J’ai surtout retenu le thème principal Ashes of the Fire que l’on doit à Yamamoto justement, et qui est excellent.

Narration

Niveau rythme, ça ne venait peut-être que de moi mais j’ai trouvé que les évènements s’enchainaient assez vite dans la trame par rapport aux chapitres du manga. Chose qui s’est confirmée au fil des épisodes avec des scènes du manga qui ont été écourtées, passées à la trappe, voire même désordonnées. De toute manière, je pense que cette saison est arrivée trop tôt. Le nouveau studio aurait dû se laisser 6 mois ou 1 an de plus ne serait-ce que pour laisser le temps au manga de se finir pour de bon. Mais j’imagine que pour des raisons pécuniaires c’était trop demander. Le profit avant la santé du staff j’imagine… Puis faut se rappeler que 4 années se sont écoulées entre la toute première saison et la seconde, avant de passer sur un rythme annuel.

En termes de narration, cette saison a prouvé une fois de plus qu’Isayama maitrise son œuvre à 200%. Avec des éléments qui à première vue peuvent paraitre anecdotiques, mais qui quelques épisodes voire quelques saisons plus tard, bousculent tout sans qu’on ait le temps de le voir venir et nous font porter un regard tout autre à l’œuvre. Le meilleur exemple pour cette saison 4 est le flashback du personnage de Sieg de l’épisode 15. Expliquant comment il a été endoctriné par le même père qu’Eren avant lui, et le terrible choix qu’il a du faire pour se sortir de sa condition et devenir l’individu qu’il est aujourd’hui. D’ailleurs, il est temps de parler du cœur de cette œuvre, les personnages.

La roue a tourné

Ce que j’aime dans SNK, c’est à quel point il démonte toute forme de manichéisme. La notion de bien ou de mal n’est juste qu’une question de point de vue. On le voit rien qu’à l’affiche promotionnelle de cette saison qui illustre mon article. Montrant le titan d’Eren s’apprêtant à ravager une ville, de la même manière que le Colossal et le Cuirassé l’ont fait dans le tout premier épisode de la série. Un « juste » retour des choses.

Il en va de même pour les protagonistes qui ont méchamment gagnés en profondeur. À savoir Armin, Mikasa, Jean, Connie, Sasha et d’autres. Toujours complices mais on ressent à quel point ils se sont endurcis au fil des années. Au point d’avoir maintenant autant de sang sur les mains que Reiner, Berthold et Annie en leur temps. D’ailleurs, ces membres restants du bataillon d’exploration en paieront le prix avec une victime collatérale dont ils se seraient bien passés à l’épisode 8. Un moment qui fut déchirant, même pour moi qui savait ce qui allait se passer. Pour les nouveaux venus comme Jelena pour ne citer qu’elle, j’ai trouvé qu’ils s’intégraient bien dans le lot.

Il y a deux personnages en particulier dont j’ai envie de parler. D’abord Eren, qui est totalement méconnaissable dans cette saison. Passant quasiment du protagoniste à l’antagoniste. L’adolescent pleurnichard mais avec des rêves pleins la tête du début d’œuvre, à laisse placé à un jeune adulte froid et calculateur. Un changement de personnalité qui aura des répercussions directes sur la relation qu’il entretenait avec ses amis les plus proches. La rupture définitive ayant lieu durant l’épisode 13 où il balancera ses 4 vérités à un Armin et une Mikasa complètement déboussolés. Bien que les motivations du Jeager demeurent encore mystérieuses durant cette saison, nul doute qu’il continuera à aller de l’avant peu importe les conséquences. Un développement de personnage comme on en voit rarement.

Le second personnage est celui qui s’approche le plus de l’ancienne version d’Eren. Je veux bien sûr parler de Gaby. Qui voue une haine aux Eldiens qui est comparable à celle qu’Eren vouait aux titans autrefois. Déjà détestable dès le début de la saison, elle franchira un cap de non-retour durant cet épisode 8 en devenant l’ennemi public numéro 1 d’une grande partie des fans. Et si je peux me permettre une opinion impopulaire, elle est loin, mais alors très loin d’être le personnage le plus détestable.

Mais ça, c’est ce qu’on pourrait penser en s’arrêtant seulement à la surface des choses. L’intérêt d’une œuvre aussi complexe que SNK, c’est de s’intéresser davantage aux raisons qui ont motivé Gaby et Eren à agir comme ils l’ont fait. Et comment ces derniers peuvent évoluer par rapport à ce passif. Avant d’être une meurtrière, Gaby est avant tout une victime du système Mahr qui a tout fait pour les monter contre des Eldiens qui n’ont pas choisi leurs origines. Et elle comprendra assez vite que ce peuple est loin d’être les démons qu’on lui avait vendus. Concernant Eren, nul doute que ce qui a « vu » lors de son contact avec Historia en fin de S3 à du le transformer lentement, mais sûrement de manière irréversible.

Conclusion

Cette saison 4 fut frustrante. D’abord dans le sens où elle ne m’aura pas fait autant frissonner que par le passé même si j’en retiens quelques grands moments. Et ensuite par son épisode final que je n’ai pas trouvé incroyable pour une fin de saison. Rendant encore plus pénible l’attente de la seconde et ultime partie l’année prochaine.

En tout cas le changement de studio ne m’aura pas fait déprécier cette œuvre qui aura rendu mes Dimanches meilleurs. Et qui peu importe sa conclusion prochaine, fait déjà partie des plus grandes œuvres de la japanimation et du manga. D’avance, merci à Isayama pour tout. Et merci aussi au staff de MAPPA d’avoir assuré du mieux que possible ce projet… Titanesque.

[Anime] Critique – L’Attaque des Titans: Saison 3

Anime scindé en deux parties avec une diffusion sur 12 épisodes de Juillet à Octobre 2018 pour la première, et sur 10 épisodes d’Avril à Juin 2019 pour la seconde, voici mon avis global sur cette Saison 3 de L’Attaque des Titans finie depuis quelques temps déjà. Et que je considère comme étant la meilleure Saison depuis que cet anime existe.

Concernant la première partie de la saison, elle fut globalement beaucoup plus calme et posée que ce que la série nous avait habitué jusqu’alors. Et cela se ressentait jusqu’à l’opening beaucoup moins épique que ses prédécesseurs, et qui avait pas mal divisé au sein de la communauté même si je l’aimais bien personnellement. La menace des titans avait temporairement laissé place à la menace humaine et aux intrigues plus politiques. Le tout agrémenté de quelques flashbacks très importants pour le développement de certains personnages clés. Comme Livai qui aura été énormément mis en avant durant cette saison, Historia et Eren pour ne citer que ceux-là. Un changement de ton qui n’a pas plu à tous, mais qui pour moi était nécessaire.

Saison qui démarra sur les chapeaux de roues dès l’épisode 2 (épisode 39 de la série), avec des affrontements d’homme à homme d’anthologie. À l’image de la course poursuite entre Livai et les hommes de son ancien mentor Kenny. Épisode qui fut un bijou d’animation que l’on doit en grande partie à Arifumi Irai. Suivi d’un match retour à l’épisode 7 (épisode 44) lui aussi de qualité dans la chapelle souterraine où fut emprisonné Eren. Où c’est toute l’escouade de Livai qui a échafaudé un plan pour terrasser une bonne fois pour toutes leurs adversaires. On aura vu par la même occasion que cette même escouade a passé un cap en tuant non plus des titans, mais des hommes.

Deux épisodes après ça, j’ai été à nouveau marqué par celui sur le gigantesque titan de Rhodes Reiss rampant en direction du district d’Orvud. Épique lui aussi, mais surtout l’un des plus répugnants de toute la série à cause de l’apparence de ce titan aux boyaux apparents et dégoulinants. Valait mieux ne pas manger en le visionnant

Pour la seconde partie de cette saison 3 qui pour moi tutoyait la perfection à tous les étages, ce fut un retour aux sources dans le sens le plus littéral qui soit. D’abord un retour dans la ville désormais fantôme de Shiganshina. Là où l’histoire même de la série a débuté 5 ans avant la trame actuelle. Et aussi le retour des titans emblématiques avec le Cuirassé et le Colossal qui avaient ravagé ce même district à l’époque. Et qui sont à nouveau présents sur les lieux pour finir le boulot. Un clin d’œil m’a fait remémorer les excellents souvenirs de la toute première saison sortie il y a déjà 6 ans. La boucle était presque bouclée à ce moment-là.

Deux épisodes m’auront marqué au fer rouge durant cet arc. D’abord le 15ème (épisode 52) qui m’a coupé le souffle par son intensité. Les séquences où on voit la quasi-totalité du bataillon d’exploration se faire broyer par les jets de pierres du titan Bestial furent glaçantes. Et comme si la situation n’était pas assez critique, le titan d’Eren se fait balayer au sens propre du terme par le Colossal dans l’enceinte des murs au même moment. Tout était là pour nous faire croire que c’est sans issue pour nos protagonistes.

Sauf que ça serait mal connaitre le major Erwin de penser que tout est perdu. Qui du début à la fin, aura été un leader d’un charisme inégalable et d’une volonté inébranlable. Il n’aura reculé devant rien, même pas face à la mort qui lui tendait les bras lui et ses soldats (dont je n’ose même pas imaginer leur état d’esprit) suite à l’ultime charge désespéré qu’il aura mené face au Bestial. Un sacrifice qui a eu pour but de laisser un certain individu s’occuper de ce dernier à l’épisode suivant.

Et qui de plus puissant que Livai pour s’en charger ? Qui nous aura livré l’une des plus belles démonstrations de force de tout l’anime en acculant le Bestial presque sans difficulté. Le doute n’est plus permis, c’est lui le boss.

Mais le véritable héros de cet arc, c’est Armin. Qui durant le même épisode, m’aura impressionné par son esprit de déduction qu’on lui connait si bien, et surtout ému par son courage en se « sacrifiant » face au Colossal afin de permettre à Eren d’en finir avec lui. Et c’était d’autant plus émouvant quand on sait que le rêve le plus profond dArmin était de voir l’océan. Et qui a accepté d’y renoncer pour offrir un futur à ses compagnons.

Et c’était sans compter le lourd dilemme auquel il était impliqué juste après cet acte héroïque. Puisqu’il a été remis sur pied en héritant du Colossal au détriment de Erwin qui était tout aussi méritant que lui et qui avait lui aussi un rêve. Celui de voir ce que renfermait cette fameuse cave du père d’Eren. Encore aujourd’hui je me pose la question. Qu’aurions-nous faits à leur place ?

Au final malgré les très lourdes pertes, les objectifs initiaux de nos protagonistes auront tous étés remplis ou presque. À l’exception du Cuirassé et du Bestial qui ont pris la tangente, les titans ont été quasiment tous éradiqués conformément au souhait initial d’un Eren qui aura gagné en maturité entre-temps. Le sous-sol a révélé tous ses secrets dont la véritable origine des titans d’Eldia, et l’existence d’une autre civilisation ennemie des Mahr, au-delà d’une mer qui était aussi l’objectif du trio Eren, Mikasa et Armin. La série aurait presque pu s’arrêter là si nos protagonistes n’étaient pas sur le point de livrer leur véritable, et plus grand combat.

 

 

Conclusion

Qu’il s’agisse du manga en tomes reliés et surtout de l’anime qui le surclasse sur tous les points, cette Saison 3 a davantage confirmé le fait que Shingeki no Kyojin fait partie des meilleures œuvres existantes du genre. Autant on peut trouver des choses à redire sur son rythme, autant pour son écriture c’est un sans-faute. Quand on revisionne les anciens épisodes, on se rend compte que par des petits indices glissés ça et là, l’auteur Hajime Isayama avait véritablement tout prévu depuis le début. Avec des révélations et retournements de situation qui arrivent à des moments où on ne s’y attend jamais. Du génie tout simplement.

Et que dire de sa qualité visuelle globale que l’on doit à Wit Studio depuis tant d’années et qui est toujours au-dessus de presque tout ce qui se fait actuellement en termes d’adaptation de mangas en animes. Et de son OST par Hiroyuki Sawano (Kill la Kill, Xenoblade X) qui bien que moins marquante pour cette saison, comporte quelques excellents nouvelles pistes toujours placés au bon moment.

Même pour moi qui étais à jour dans les scans, j’étais pas préparé pour ça. Je n’ai qu’une hâte, c’est de voir le fin mot de l’histoire en anime à partir d’Octobre 2020.