[Test] The Last of Us Part II

Le 14 Juin 2013 sortait le premier The Last of Us qui fut l’un des jeux les plus acclamés d’une PlayStation 3 en fin de vie. Un lourd fardeau pesait sur les épaules déjà larges du studio Naughty Dog afin de réaliser l’inévitable suite d’un tel succès commercial et critique, et ô combien attendue. 7 ans plus tard et presque au jour près, nous y sommes avec un titre qui comme son ainé, sera l’un des derniers gros jeux de sa plateforme à l’aube de la nouvelle génération de consoles à venir. Suite de trop ou tout le contraire ? Je vous dis tout à travers mon Test d’un The Last of Us Part II qui n’aura laissé personne indifférent. En bien, comme en mal.

Test garanti sans spoilers, et réalisé à partir d’une version fournie par PlayStation France. Un grand merci à eux.

La next-gen avant l’heure

Bien que je n’en attendais pas moins d’eux connaissant leur passif, Naughty Dog (que je vais abréger « ND ») a surpassé mes espérances en poussant l’aspect visuel et le souci du détail à un niveau rarement atteint dans un Jeu Vidéo. Par ses animations qui sont parmi les plus réalistes que j’ai pu voir dans ce média, avec des expressions faciales très humaines, et évoluant en temps réel selon la situation. Un résultat que l’on doit à la motion capture et surtout au talent des acteurs ayant interprété leurs personnages.

Les décors m’ont eux aussi bluffé par leur photo-réalisme et les détails environnants. Comme cette végétation quasi omniprésente et ayant repris le dessus dans un monde post-apocalyptique crédible où le temps semble s’être arrêté. Ses forêts denses dont on pourrait compter le nombre de feuilles et grouillant de vie. Les effets d’ombre et lumière, des vrais reflets, ou encore des particules en suspension dans l’air. Un monde plus vaste et plus vertical à l’image d’un Uncharted 4, et moins cloisonné que dans le premier opus. Et dont le level-design nous donne envie d’en explorer les moindres coins et recoins avec souvent des récompenses à la clé. Il y a même un peu de physique, notamment avec la corde manipulable presque à souhait et adoptant un comportement très proche du monde réel.

Le sound-design est impeccable. Le bruit des armes à feu, les hurlements des créatures et j’en passe, tout fait très authentique. Mention spéciale aux coffres forts que l’on peut déverrouiller sans même avoir la combinaison sous la main, mais juste en tendant l’oreille. Et la bande originale composée à nouveau par Gustavo Santaolalla et cette fois-ci Mac Quayle, épouse parfaitement l’atmosphère parfois pesante, et parfois apaisante de cet univers.

D’ailleurs le son, ou plutôt la musique en général tient une part très importante dans l’histoire. L’exemple le plus pertinent étant celui de la guitare d’Ellie que l’on peut même jouer presque comme le véritable instrument durant certains moments via le pavé tactile de la DualShock 4. Dire qu’il aura fallu attendre la fin de vie de la console pour enfin en voir une utilisation pertinente.

Pour tout ce que je viens de citer, je recommande chaudement de faire ce jeu avec un bon casque audio ne serait-ce que pour profiter de la spatialité sonore et s’immerger dans l’ambiance.

Une Intelligence Artificielle, intelligente..

Là où ce TLOU2 s’en sort mieux que la plupart des jeux avant lui, c’est par son IA plus affûtée que la normale. Fini les simples PNJ qui font inlassablement leur ronde sur un chemin prédéfini et agissant comme des robots. On est sur des personnages presque à part entière qui s’appellent même par leur prénom, et avec un comportement plus proche d’un humain. Comme pour nous faire culpabiliser d’avoir ôté une vie, même si c’est pour notre propre survie.

Dans leur manière d’agir y a du progrès par rapport au 1er. En cas d’alerte, ils ratisseront la zone de recherche et n’hésiteront pas à nous contourner au lieu d’attaquer de front. Si bien que plus d’une fois je me suis fait surprendre par un type que je n’ai pas vu arriver. Un sentiment d’être traqué en permanence que j’ai trouvé grisant (et souvent énervant), nous incitant à bouger constamment et rester sur le qui-vive.

Naughty Dog…

Par contre j’ai trouvé un poil abusée leur vue perçante et leur précision chirurgicale. Même de loin et en difficulté « normale ». Mais il y a pire qu’eux. Leurs foutus chiens qui peuvent nous pister à plusieurs dizaines de mètres à la ronde et dont il vaut mieux s’occuper en priorité.

L’IA des compagnons est elle aussi au top. On est loin des simples figurants qui se contentent d’observer et viser à côté. Cette fois ils sont réellement utiles et on est content de les avoir avec nous durant les gunfights.

Ça c’était pour les ennemis humains. Pour le reste, il faudra agir avec prudence avec ces chers claqueurs se repérant au son, et dont il faudra toujours éviter le contact à tout prix sous peine d’une mort instantanée. Une de leurs variantes que sont ces saletés de rôdeurs. Indétectables avec le mode écoute, et qui passeront la majeure partie du temps à nous fuir ou nous prendre par derrière. Et des plus imposants comme certains boss qui vont nous faire courir durant des séquences n’étant pas sans rappeler les jeux Resident Evil.

Entre infiltration et action

Tout un tas de comportements difficiles à prévoir et rendant toute tentative d’infiltration très compliqué. D’ailleurs en parlant de cette mécanique, elle a évolué par rapport au premier opus sans pour autant bouleverser le genre. Puisqu’on peut s’accroupir ou ramper dans des herbes à notre hauteur pour se cacher de la vue d’ennemis, qui pourront quand même nous détecter s’ils passent suffisamment près de nous. Détourner leur attention avec un objet pour les attirer ailleurs. Entreprendre une élimination furtive à mains nues ou avec une arme silencieuse. Et en se débrouillant bien, il est même possible de passer une zone entière sans verser le sang. Même si c’est difficile de s’y soustraire, surtout pour explorer et récupérer tout ce qui est utile à la progression.

C’est du déjà vu, mais ça fonctionne relativement bien ici. Même si je regrette qu’on ne puisse pas cacher des corps (dans l’herbe ou dans l’eau) afin d’éviter qu’un ennemi de passage donne l’alerte en le constatant.

Le gameplay en général de ce TLOU 2 reste assez proche du premier mais avec quelques évolutions notables. Du coté des affrontements au corps à corps qui gagnent en violence et en dynamisme avec la possibilité d’esquiver les coups au moment opportun. Et qui plus d’une fois m’aura sorti de situations tendues.

Pour les armes à feu, il faudra la jouer économe car les munitions partent très vite de leurs petits chargeurs, et les gunfights sont légion. Vaut mieux éviter de se retrouver à sec dans ces moments-là, surtout face aux boss. Les armes de mêlée ne sont pas à négliger même s’ils peuvent résister à une dizaine d’impacts grand max. D’où l’importance de looter un maximum de ressources dans le jeu. Aussi bien pour améliorer nos armes dont on peut apprécier la modélisation dans les ateliers dédiés, que pour faire évoluer un arbre de compétences linéaire qui hélas, renouvelle à peine ce gameplay.

Quand la violence sert le récit

TLOU 2 est un jeu violent. Au point même où ça en devient dérangeant par moments. Une violence d’abord graphique qui se traduit par l’état dans lequel finissent nos adversaires que l’on peut même démembrer par un coup de fusil bien placé. Ou du sort d’autres personnages qu’on sera amené à croiser au fil de l’histoire, dont certains ont été littéralement disséqués pour ne pas en dire plus.

Une violence pas loin d’être gratuite, surtout quand est contraint de l’user durant certaines cinématiques ou en plein jeu. Même si elle n’est pas systématique et que son but premier est de dépeindre l’atmosphère du jeu. Avec des morts brutales, et souvent inattendues. Ici le message est clair, c’est tuer, ou être tué.

Puis ce ne sont pas les moments d’accalmie qui manquent. Mais paradoxalement, je trouve qu’ils figurent parmi les meilleurs moments du jeu. En particulier un flashback entre Ellie et Joel dans un certain parc.

Ce qui m’amène à dire que la narration et la mise en scène de ce TLOU 2 est magistrale. Avec des moments spectaculaires aussi bien visuellement qu’émotionnellement. Couplé à d’excellents dialogues et des jeux de regards qui valent parfois plus que des mots.  On connaissait déjà le talent de ND dans ce domaine, mais là c’est du grand art. La frontière entre le Cinéma et le Jeu Vidéo n’a jamais été aussi mince.

En revanche en termes de scénario je suis plus mitigé. J’aurais aimé avoir plus de réponses concernant le statut d’immunité d’Ellie qui était le propos principal du 1er épisode. Et le fait qu’une grosse partie de la trame de cette suite ne se résume pas qu’à une simple vendetta. D’ailleurs si une Part III voie le jour, je me demande sincèrement ce que ND va bien pouvoir raconter dedans vu le sort de certains personnages. Tiens parlons-en de ceux-là.

Personnages

Il est temps d’évoquer les principaux acteurs de cette histoire. En étant le plus évasif possible afin de ne pas spoiler. Concernant Ellie, je l’avais beaucoup apprécié dans le 1er opus. Passant d’une jeune fille inexpérimenté et fragile malgré son caractère bien trempé, à une guerrière endurcie par les épreuves qu’elle a dû traverser aux côtés de son substitut de père qu’est Joel. Une évolution qui fut très plaisante à voir.

4 ans plus tard dans l’histoire, on la voit évoluer à nouveau, mais d’une manière radicalement différente et que j’ai moins apprécié. Même si c’est justifié par « l’incident » survenu assez tôt dans le jeu, et qui m’a totalement pris de court. C’était incroyablement osé de faire ça de la part de ND, mais dans un sens je me dis que c’était la meilleure manière de la faire « grandir ».

Personnellement je suis moins fan de cette version du personnage que j’ai eu du mal a reconnaître dans cet opus. Aveuglée par sa vengeance quitte à occulter tout le reste et son bon sens. En termes d’écriture je trouve qu’il y a eu une régression la concernant, au point de me dire au moment des crédits de fin « tout ça pour ça ? »

Mais ça, c’était sans compter le personnage d’Abby qui contrebalance un peu tout ça. Une nouvelle venue que j’ai trouvé bien mieux écrite, et pas stéréotypée pour un sou malgré les apparences. Même si j’ai été un peu gêné de ce qu’on nous fait faire d’elle passé un certain moment du jeu. Surtout après « l’incident » dont elle est responsable même si elle a ses raisons, et qui la lie intrinsèquement à Ellie.

De plus par sa faute, le rythme du jeu en prend un sacré coup. Au point où je me demandais quand est-ce que ça s’arrêterait tellement ça traînait en longueur par moments. Et pour un jeu du genre qui se finit en une trentaine d’heures, j’ai vraiment trouvé le temps long. Je comprends la démarche de nous faire vivre l’histoire d’un autre point de vue, mais il aurait été préférable selon moi d’opter pour une narration plus alternée. Que l’histoire d’Ellie et d’Abby soient joués en parallèle.

Pour les autres personnages, disons que leur écriture à défaut d’être mauvaise, est assez inégale. Ça oscille entre le très bon et l’anecdotique. Au final, l’un des personnages les plus intéressants pour moi sans compter ceux dont j’ai déjà parlé, c’est Dina. L’attachante partenaire d’Ellie qui ne manque pas d’humour et se pose comme un soutien de taille à l’héroïne.

Le doublage en VF est d’ailleurs de très bonne facture et j’en place une pour le travail remarquable opéré par Adeline Chetail, Cyrille Monge, Audrey Sourdive (et tous les autres) qui sont les doubleurs respectifs d’Ellie, Joel et Abby.

Coup de gueule

Avant de conclure, je tiens à pousser une grosse gueulante à l’encontre de toutes ces personnes qui ne vivent que pour saboter un travail de longue haleine et pourrir la vie d’autrui. Et ce TLOU 2 en a fait les frais comme aucun jeu avant lui à ma connaissance.

Que ce soit par des leaks survenus peu avant la sortie du jeu et dont énormément s’en sont servis pour spoiler sans vergogne. Les adeptes du « review bombing » s’amusant à coller des notes très basses au jeu tout juste sorti et qui de toute évidence, n’est même pas entre leurs mains. Ceux qui étaient persuadés que le jeu menait une pseudo-propagande pro-LGBT (pour ne citer que ça) alors que ce n’est même pas le propos du titre. Les auteurs de pétitions pour changer le scénario voire même faire annuler le jeu. Et les pires de tous, qui vont jusqu’à harceler et menacer de mort les personnes ayant bossé sur le jeu. Dont Jocelyn Mettler, l’actrice qui a prêté ses traits à Abby et qui s’en est pris plein la gueule pour absolument rien. Donc en 2020 on en est là ? Tout ça pour un putain de Jeu Vidéo ? Déjà que ce média n’a pas toujours eu une bonne opinion publique, c’est pas cette histoire qui va arranger les choses…

Conclusion

Y a pas de quoi 😉

Rares sont les jeux vidéos a m’avoir autant pris aux tripes que ce The Last of Us 2. Une leçon de vie, et surtout une leçon de maitre de la part du studio Naughty Dog qui m’aura fait vivre beaucoup d’émotions différentes. Une suite largement à la hauteur du 1er qu’il surpasse sur de nombreux aspects, et ayant pris énormément de risques quitte à choquer et diviser. Mais mérite t’il pour autant toutes les notes dithyrambiques qui lui sont attribués ? Non, car loin d’être parfait malgré ses grandes qualités.

Je retiendrai son gameplay bien rôdé sans toutefois être révolutionnaire. Une narration digne des plus grands films. Une IA enfin digne de notre époque et qui ne laisse peu de répit. Des personnages d’une authenticité rarement vue dans ce média. Une ambiance parfois à couper le souffle. Et surtout des graphismes en avance sur son temps. Mes seuls regrets se situant au niveau du scénario m’ayant laissé sur ma faim, et du rythme pas assez équilibré à mon goût.

Un grand bravo à Neil Druckmann pour avoir porté ce projet titanesque à bout de bras. Et à tous ceux qui de près ou de loin, ont contribué à la réussite d’un des plus grands jeux de la PS4, et peut-être même l’un des plus marquants de cette 8ème génération de consoles.

[Test] Ori and the Will of the Wisps

Suite directe d’Ori and the Blind Forest par les Autrichiens de chez Moon Studios, voici mon Test sur Ori and the Will of the Wisps. Certainement un des jeux que j’ai le plus attendu ces trois dernières années. Mais est-ce que cette attente en valait la peine ?

Une attente Ori-ble

Concernant le premier opus, il fait partie des jeux qui m’ont le plus marqué sur cette génération de consoles. Par son ambiance onirique, son gameplay exigeant, et sa bande-son majestueuse. Vous n’imaginez même pas ma joie et mon impatience dès lors que sa suite fut annoncée.

Une suite dont j’ai déjà parlé à travers plusieurs articles. Comme dans mes Tops des jeux marquants des derniers E3 en date. Dont l’édition de 2017 qui l’a révélé aux yeux de tous via le sublime trailer ci-dessus. Mais aussi à travers mon Reportage sur la Gamescom 2018 où j’ai pu le prendre en mains pour la première fois. Autant vous dire que depuis, je n’ai cessé de compter les jours les séparant de sa sortie repoussée à maintes reprises. Autrefois fixée au 11 Février de cette année, pour être finalement décalée 1 mois plus tard au 11 Mars 2020. Le hasard du calendrier faisant que ça tombait 5 ans jour pour jour après la date de sortie du 1er opus. Mais si vous voulez mon avis, il aurait gagné à être repoussé encore un peu plus mais ça j’y reviendrai.

Level design intelligent

Ori 2 est un jeu de plate-formes 2D qui fait honneur à son statut de « Metroidvania ». Avec des zones qui deviennent accessibles au fur et à mesure des compétences acquises au cours de notre progression. Parfois, il faudra être assez habile de la manette (ou du clavier c’est selon) pour accéder à certains endroits soient bien cachés, soient bien perchés. Combien de fois j’ai dû me creuser la tête en me demandant comment j’allais bien pouvoir franchir tel obstacle, ou atteindre telle plateforme, avec telle capacité ?

La réponse tient en ce level-design « intelligent » comme je l’appellerais. Très recherché et forçant le joueur à s’adapter à l’environnement et vraiment réfléchir sur comment progresser. En plus des quelques énigmes à résoudre,  dont une en particulier avec des pierres et des cloches que j’ai mis pas mal de temps à comprendre. Beaucoup de secrets demeurent bien cachés au sein d’un jeu nous incitant à fouiller partout, et nous gratifiant en conséquence avec des objets de quêtes, fragments, ou lumières spirituelles à la clé.

Mais après avoir fini le jeu et sans aucun spoiler, j’ai constaté qu’il manquait la zone du chariot minier vue dans cette capture du trailer de l’E3 2018. Le genre de niveau incontournable dans un jeu de plateforme 2D à la Donkey Kong Country, et que je trouve dommage de ne pas retrouver ici. Et à mon avis, il ne faudra certainement pas s’attendre à un DLC pour ce Ori 2.

Rien n’a été laissé au hasard dans ces dédales labyrinthiques qui ne sont pas sans rappeler les anciens jeux Castlevania et Metroid qui constituent le mot-valise cité plus haut. D’ailleurs pour la série de Nintendo, l’un des game-designers de Ori 2 un certain Milton Guasti, fut la personne à l’origine d’AM2R (A Metroid 2 Remake) en 2016. Un remake officieux de Metroid II: Return of Samus (1992) sur Game Boy, que j’ai beaucoup apprécié mais que la firme au plombier a fait interdire l’année de la sortie du vrai Remake Metroid: Samus Returns en 2017 sur 3DS. Le bon côté de la chose étant que ce qu’il avait perdu en se faisant déposséder d’AM2R, il l’a gagné en intégrant un studio  désormais prestigieux qui a reconnu son talent.

Et histoire de savoir où on se situait, je n’aurais pas été contre une mini-map sur un coin de l’écran qui nous aurait évité beaucoup d’allers retours intempestifs entre le jeu et le menu de la carte. Car ça casse pas mal le rythme.

Gameplay spirituel

Y a pas à dire, le gameplay s’est bien enrichi depuis l’opus précédent où on ne pouvait qu’attaquer indirectement avec des orbes de lumière. Maintenant, Ori s’est doté d’un véritable arsenal de guerrier avec entre-autres une Lame spirituelle pour le corps à corps, un Arc spirituel pour tenir les ennemis à distance. Et leurs versions « améliorés » respectives avec le Marteau plus lent à manier mais faisant de gros dégâts aux créatures et au décor désormais destructible. Et la Lance faisant encore plus de dégâts mais dépensant une grande quantité d’énergie. Manquerait plus qu’un bouclier tiens.

Ce renouvellement du gameplay a également eu pour conséquence d’élargir sensiblement la zone d’exploration du jeu avec l’ajout de compétences de « terrain ». Comme l’incontournable Grappin pour activer des mécanismes, ou s’accrocher en hauteur pour se balancer de fil en fil à l’image de nos cousins simiesques le faisant de liane en liane. Ou la Foreuse nous permettant de se déplacer librement dans le sable et se défendre contre les créatures qui s’y terrent.

Histoire de renforcer nos capacités, on peut assigner des Fragments Spirituels achetables et améliorables grâce à de la Lumière Spirituelle. La monnaie d’échange du jeu qu’on trouve un peu partout et qu’il faudra farmer à tout prix. Une gestion de l’arbre de compétences plus poussée qu’auparavant, mais qui reste totalement optionnelle pour les joueurs les plus débrouillards. D’ailleurs les développeurs ont pensé à eux avec des succès à débloquer où il faut finir le jeu sans s’équiper de fragments, ou sans dépenser de lumière spirituelle. Bon courage.

Mais malgré tous ces ajouts, le feeling reste globalement le même et les habitués ne perdront pas trop leur repères. Il sera toujours possible par exemple depuis les airs, d’utiliser les ennemis ou leurs projectiles comme « tremplins » pour s’orienter dans la direction choisie. Ce qui a pour conséquence de figer le temps et laisser un moment de répit souvent bienvenu durant des situations tendues. Comme durant les combats de boss par exemple.

Wallpaper vivant

Le premier opus avait déjà placé la barre très (très) haute sur le plan visuel. Ori 2 se paye le luxe d’aller encore plus loin avec des décors encore plus beaux souvent à en pleurer, plus riches en détails avec un bel effet de profondeur, et surtout plus grands. À tel point que parfois, on a juste envie de s’arrêter quelques instants pour contempler ce monde onirique, et s’imprégner de cette atmosphère si caractéristique.

Pour moi, n’importe quel plan du jeu est éligible en tant que fond d’écran. Surtout durant les somptueuses cinématiques. C’est ce que j’appellerais un « Wallpaper vivant ». Le genre de style graphique qui n’est pas prêt de vieillir. Rien que pour ça j’aurais apprécié qu’on puisse masquer manuellement la barre de vie et d’énergie en bas de l’écran pour gagner en immersion.

Un gros boulot a été fait au niveau des animations également. Pour Ori en premier lieu qui se déplace de manière plus fluide et plus gracieuse. Mais aussi pour tout le reste avec une physique présente même dans les décors avec des feuilles qui réagissent au vent.

L’animation des créatures et des boss, qui parfois se fait simultanément au premier et en arrière-plan. Et concernant ces maitres des lieux, tous sans exceptions sont incroyablement bien foutus. Imposants et inspirants le danger en leur présence, mais dont les affrontements sont d’une difficulté inégale. Comme pour l’araignée Mora ci-dessus qui m’a vraiment donné du fil à retordre comparé aux autres, même le boss final. C’est dans ces moments qu’on retrouve à nouveau les fameuses phases « d’escape » si caractéristiques de la licence. Avec la mise en scène et la musique faisant le reste. D’ailleurs parlons-en.

Musique spirituelle

Pour sa seconde contribution dans la série, Gareth Coker s’est surpassé avec une bande-son encore plus incroyable que dans le 1er. À tel point que je la considère comme étant une des meilleures OST de Jeu Vidéo de cette génération.

En plus d’épouser parfaitement l’ambiance des lieux que l’on explore, elle évolue selon l’état des lieux. Et pour peu qu’on soit un peu sensible à la musique en général, ce compositeur à cette faculté de faire ressentir des émotions à travers ses instruments, et nous faire deviner le type d’environnement joué. Et bien qu’il ne soit pas le seul à savoir le faire, il s’en sort avec brio. Comme pour la musique chaleureuse des Clairières de la Source, ou encore la mélancolie ambiante qui se dégage des Bois du silence. Sans oublier les puissantes musiques des combats de boss ou de leurs échappatoires dont je viens de parler, et qui nous font monter en adrénaline.

D’ailleurs je sais pas pour vous, mais je trouve que la musique du boss araignée s’inspire beaucoup des films Spider-man.

Bien que j’avais déjà un très grande estime de ce monsieur avec le premier opus, Gareth Coker vient avec cet Ori 2, d’entrer définitivement dans le panthéon des plus grands compositeurs du milieu aux cotés de Yoko Shimomura (Xenoblade), Nobuo Uematsu (Final Fantasy), Harry Gregson-Williams (Metal Gear Solid) ou encore David Wise (Donkey Kong Country).

En vrac

Autre évolution par rapport au précédent opus, c’est qu’on est plus tout seul dans cette quête pour les « Feux Follets » (Wisps en Anglais). Car on sera amené à croiser, aider, et marchander avec de nombreux PNJ pour la plupart très attachants. Certains d’entre-eux nous proposeront des quêtes annexes qui se limitent pour la plupart à la récupération ou l’échange d’objets. Mais d’autres vont un peu plus loin comme une quête en particulier intitulée « Réunion de Famille« . Que je ne spoilerai pas mais qui est tout simplement déchirante.

La plupart ont élu domicile aux Clairières de la Source. L’unique village du jeu qu’il faudra reconstruire et repeupler. Ceci faisant qu’on se sent davantage acteur d’un monde plus « vivant » qu’à l’accoutumée.

Même si le challenge est moins relevé par rapport au premier opus (merci la sauvegarde automatique), la progression dite « par l’échec » est toujours présente et pourra rebuter les moins acharnés. Cette capture avec le nombre de morts que j’ai subi par l’environnement (152) comparé au nombre de fois où j’ai succombé face à un ennemi ou un boss (27) peut en témoigner. Comme quoi le vrai danger ne vient pas toujours de là où on le pense.

L’histoire quant à elle est ultra classique et tient littéralement sur un post-it. Puisque tout tourne autour de l’amitié très forte de l’émouvant duo que constitue Ori et Ku. Mais ce n’est pas là qu’on attendait ce jeu surtout quand la narration fait le café. Surplombée par la même voix-off de narrateur que dans le premier Ori. Aussi rassurante que mystérieuse…

Coup de gueule

Cet opus aurait pu s’en tirer avec un sans-faute si je n’avais pas fait face à autant de soucis d’optimisation ayant entaché mon expérience de jeu. Avec un framerate très souvent à la ramasse. Des bugs d’affichage avec des textures qui ne s’affichent pas ou qui s’affichent mal. Le son ambiant qui disparait sans raison aucune et etc. Je ne vous cache pas que ce fut assez pénible de jouer dans ces conditions. Des témoignages que j’ai recueillis çà et là, j’étais loin d’être le seul à avoir eu des problèmes de ce genre quel que soit le support et la configuration matérielle.

Et c’est là que je me dis qu’un report supplémentaire n’aurait pas été de trop même si ça m’aurait fait mal. Pour un jeu de cette trempe surtout en 2020, c’est inadmissible et on aurait mérité bien mieux que ça. Espérons qu’un patch corrigera tout ça à l’avenir.

Conclusion

Pour répondre à la question que j’ai posé en début de Test, bien évidemment que l’attente en valait la peine. Tout ce que l’excellent premier opus faisait, Ori and the Will of the Wisps le fait en encore mieux. Level-design plus recherché, gameplay qui se renouvelle davantage, esthétique léchée, bande son de maitre et plus encore.

Pourtant, on n’est pas face à un jeu « révolutionnaire » surtout quand on connait déjà Ori 1 et le genre en lui-même. Il n’invente rien mais tout ce que cet opus fait, il le fait avec brio. C’est pour ça que sans me laisser indifférent, il m’aura toutefois moins marqué que son prédécesseur. L’effet de surprise étant déjà passé par là forcément.

Et au-delà même du jeu, je tiens à dire qu’il est arrivé au bon moment même si ses problèmes d’optimisation auraient bien valu un autre report. Car vu la situation dans laquelle nous sommes tous confrontés au moment où j’écris ces lignes, c’est un jeu qui m’a fait énormément de bien. L’espace d’une grosse vingtaine d’heures, il m’aura permis de me changer les idées, m’évader, et surtout de rêver. Et rien que pour ça, un immense merci à toutes les personnes de chez Moon Studios impliquées dans ce projet pour nous avoir pondu ce chef d’œuvre.

[Test] Horizon Zero Dawn

Il y a tout juste 3 ans sortait sur PS4 une toute nouvelle licence engendrée par le studio Guerrilla Games, à qui l’on doit la saga des jeux de tir Killzone sur consoles PlayStation. Voici mon Test sur çe Horizon Zero Dawn que j’attendais de faire depuis bien longtemps.

Horizon Zero Downgrade

Ce trailer n’a pas pris une ride

Et pour cause, ce jeu révélé aux yeux de tous à l’E3 2015 via le trailer ci-dessus avait tout pour plaire. Des graphismes de haute volée. Un monde post-apocalyptique attirant. Et une héroïne badass affrontant des « robots dinosaures » aussi impressionnants que dangereux. Une claque ayant mis tout le monde d’accord, moi y compris. Et que j’ai eu la chance d’essayer pour la première fois à la Paris Games Week 2016 après une attente de plus de 3h dans la file. Et le plus incroyable dans tout ça, c’est que le jeu final est extrêmement fidèle à ce trailer et n’a subi aucun downgrade entre-temps.

Ce trailer a méchamment vieilli

Chose étonnante connaissant le passif du studio avec ce vieux trailer de Killzone 2 (2009), éhontément vendu comme du Gameplay par le studio alors qu’il s’agissait juste d’une cinématique CGI. Plus mensonger que ça fallait le faire. Fort heureusement, le studio a l’air d’avoir bien retenu la leçon.

De bon Aloy

On aurait pu s’attendre à une énième héroïne mettant davantage son physique en avant au détriment du reste. Mais il n’en est rien ici avec une Aloy étant l’exact opposé de tout ça, et dont j’aime beaucoup le chara-design de base et les multiples costumes qu’elle arborera.

Puisqu’on a affaire une femme forte aussi bien dans le sens littéral que psychologique du terme, qui a dû endurer des épreuves difficiles ayant forgé la forte personnalité qui la caractérise. Et bien qu’elle ne soit pas du genre à se laisser marcher dessus, elle fait preuve d’un altruisme et d’une bonté sans bornes. Toujours là pour aider son prochain quel que soit la situation. Peut-être pour ne pas voir quelqu’un d’autre vivre à son tour la vie tourmentée qu’elle a vécue, qui sait. En plus de cela elle demeure très intelligente et résout avec l’aide de son Focus, des affaires avec une aisance déconcertante.

On peut aussi « jouer » sur sa personnalité avec différents choix de dialogue. Mais cela n’a pas de grandes incidences sur la suite des évènements.

Et en plus d’Aloy, on apprendra très vite à connaitre son mentor Rost, ainsi que de nombreux autres personnages plus ou moins intéressants. Provenant de tribus éparses et qui auront beaucoup à nous apprendre sur le monde d’Horizon. Parlons-en d’ailleurs.

Beauté sauvage

Je ne vais pas y aller par 4 chemins. Techniquement et artistiquement parlant, Horizon est à ce jour, le plus beau open-world auquel j’ai jamais joué. Pour moi aucun autre jeu vidéo ne lui arrive à la cheville. Pas même les autres vitrines technologiques de la console comme The Order: 1886 (2015), Uncharted 4 (2016), et God of War (2018) pour ne citer qu’eux.

Et c’est en faisant cette petite liste que je me rends compte que la PS4 propose au moins une claque graphique par an. Horizon étant lui-même sorti en 2017 et le prochain à venir qui sera The Last of Us : Part II le 29 Mai prochain.

Presque tout a été soigneusement modélisé. Le monde en lui-même avec des environnements immenses et variés qui par la distance d’affichage colossale, peuvent être contemplés de très loin. Des montagnes enneigés, forêts luxuriantes, ruines d’une civilisation semblable à la nôtre où la nature a repris le dessus, grottes humides, ou encore des déserts arides. Il en va de même pour les villages et cités grouillants de vie et proposant une architecture très recherchée pour certains comme Méridian.

En observant bien on peut même apercevoir la galaxie d’Andromède 🌌

Et comment ne pas parler d’un des plus beaux ciels qu’il m’ait été donné de voir dans un jeu vidéo ? Que ce soit de jour avec des levers et des couchers de Soleil de toute beauté, comme de nuit avec un ciel parsemé d’étoiles et parfois d’aurores boréales.

Mais le sens du détail ne s’arrête pas qu’aux décors. Tous les personnages qu’ils soient principaux ou non, ont subi un traitement similaire. Qu’il s’agisse des traits de leurs visages, ou des vêtements et leurs plis. La seule ombre au tableau étant les expressions faciales manquant de naturel malgré la motion capture. Ça se ressent très fortement durant les dialogues et les cinématiques. On n’est pas loin du syndrome de la « vallée dérangeante » dans ces moments-là.

Je peux évoquer aussi l’herbe qui bouge sur nôtre passage, les traces de pas sur la neige, les cheveux d’Aloy ondulant au vent et que l’on pourrait presque compter un à un. Les effets d’ombre et surtout de lumière avec un lens flare tellement crédible que ça en est parfois aveuglant. Et même le monde du jeu se reflétant à travers ses pupilles

Le genre de souci du détail qui fait plaisir à voir et force le respect. Même s’il n’est pas totalement inédit dans le média car déjà présent dans des titres postérieurs et antérieurs à Horizon. Certains d’entre eux ont déjà été cités quelques paragraphes plus haut.

Il y a même un peu de physique présente avec une destruction partielle de certains éléments du décor (rochers, arbres) mais uniquement par les créatures. Nous obligeant à ne pas rester planqué trop longtemps.

Mais tout n’est pas parfait. Comme l’eau légèrement en deçà en termes de modélisation et manquant de relief. Des variations climatiques assez abruptes avec un passage entre la pluie et le beau temps se faisant en un quart de seconde. Quelques errances visuelles comme ces rochers ci-dessus semblant léviter. Ou encore la tenue de l’héroïne portée en plein jeu, changeant en pleine cinématique pour la tenue par défaut.

Et que serait un tel univers sans une bonne OST l’accompagnant ? Qui ici, s’adapte selon le lieu, le contexte, et même l’époque avec des tambours, violons et de la musique « électronique ». Et bien qu’elle dure 4h dans sa version complète je vous invite chaudement à l’écouter.

En tout cas Guerilla avait placé la barre très haute sur un jeu étonnamment bien optimisé. Puisqu’il tournait avec brio et sans ralentissements sur ma PS4 Pro même quand il se passait beaucoup de choses à l’écran.

Man vs Machine

Si Horizon devait avoir un crédo, ça serait “chasser ou être chassé”. Et il vaut mieux au vu des nombreuses machines hostiles foulant le monde du jeu et qu’il faudra apprendre à affronter et à apprivoiser. Des plus petites comme les Veilleurs et Galopeurs, aux plus imposantes telles que les Cracheurs et les Ravageurs, chaque créature à son pattern, ses forces et ses faiblesses qu’il faudra bien prendre le temps d’étudier avant l’assaut afin d’être préparé en conséquence.

Comme le fait qu’elles sont plus ou moins sensibles à un élément en particulier. Les bonbonnes pour le feu. Les batteries pour l’électricité. Une pièce d’armure ou un canon détachable grâce à une munition de « choc ». C’est tellement jouissif de ramasser leurs armes à feu et de s’en servir contre eux.

Se focaliser la dessus est la priorité en plein combat. Le reste dépendra de nos réflexes et de l’analyse de leur pattern.

Les machines sont pour moi très réussies dans leur globalité. Par leur design, leur intelligence artificielle, et surtout leur comportement très « animal ». Le bestiaire est plutôt varié avec des robots terrestres, aquatiques, et ces (satanées) créatures aériennes.

Hors combat, l’interaction avec ces machines se fait via notre lance qui ne sert pas qu’à attaquer au corps à corps. Car elle permet aussi de les pirater pour peu qu’on ait débloqué la capacité en explorant les Creusets dédiés. À l’exception de celles qui sont déjà corrompues et plus puissantes que leur congénères. L’intérêt est de pouvoir en faire des montures pour aller plus vite, mais surtout de les retourner les uns contre les autres. Ce qui aide beaucoup lors d’une partie de chasse puisque l’attention de la cible sera attirée sur son congénère corrompu par nos soins.

Plus d’une corde à son arc

Ma situation après avoir fini le jeu

Autre point fort du jeu, la richesse de son Gameplay qui s’étoffe au fur et à mesure de la complétion de l’arbre de compétences ci-dessus. Permettant un nombre indéfini d’approches différentes en plus des classiques « infiltration » et « assaut « . À chacun de voir quelle manière de jouer convient le mieux selon la situation.

Même si je préconiserai une approche discrète (une flèche en pleine tête le plus souvent) pour les ennemis humains qui deviennent vite difficiles à gérer en surnombre avec leurs attaques à distance répétées. D’ailleurs, les affrontements contre eux ne sont pas les plus pasionnants.

Même constat lorsque de nombreuses machines nous attaquent simultanément et rendant les affrontements assez brouillons. En particulier face aux créatures aériennes me faisant regretter l’absence de verrouillage automatique de la cible désirée.

En tout cas, j’ai bien apprécié à quel point Aloy se déplace de manière naturelle à la manière d’un Uncharted. C’est fluide, dynamique, et surtout très agréable manette en mains. La quintessence survenant lorsqu’on ralentit le temps pour porter un coup fatal à une cible en mouvement.

Le monde d’Horizon est un immense terrain de chasse en ciel ouvert nous permettant d’utiliser la nature et la topologie à notre avantage pour piéger et mettre les machines hors d’état de nuire. Comme poser un piège sur leur passage, ou les surprendre depuis les hautes herbes. Un aspect survie que l’on ressent davantage en craftant les (très) nombreuses ressources que le jeu met à notre disposition pour fabriquer entre-autres, des munitions pour les armes dont je vais parler.

En termes d’équipements, c’est plus ou moins varié. Avec des armes qui existent en plusieurs déclinaisons faisant qu’on s’y perd un peu. Je pense qu’il aurait été plus judicieux d’en regrouper certaines afin d’en faire une arme à part entière. Comme l’arc qui est décliné en « guerre », « chasseur », et « précision ». Ma préférée étant le lance-corde très efficace contre ces (foutues) machines volantes, pour peu qu’on ait lâché suffisamment de cordes pour les soumettre.

D’ailleurs la gestion de l’inventaire est tout sauf pratique. Pourquoi ne pas avoir fusionné les onglets « artisanat » et « inventaire » sachant qu’on y retrouve la même chose ?

Et l’objet le plus important du jeu étant le Focus nous permettant de « voir l’invisible ». Ajoutant un brin de technologie dans un monde qui en est quasiment dépourvu. Grâce à lui, on peut étudier en profondeur tout ce qui nous entoure comme les machines et leur points faibles mis en évidence, et même de réécrire l’histoire du passé du jeu dont je vais parler de suite.

Aube Zéro

Avant de conclure, je voulais parler du scénario d’Horizon qui à mon grand étonnement, est l’aspect m’ayant le plus marqué dans celui-ci. Scénario réparti sur deux lignes narratives distinctes. Une dans le présent du jeu et n’étant pas la plus intéressante surtout au début. La faute à une intrigue trainant trop en longueur et assez peu prenante.

L’autre ligne narrative se situant dans le lointain passé des « Anciens « . Et nettement plus intéressante pour moi. Une autre histoire racontée par le paysage et les ruines qu’ils ont laissés derrière eux. Et aussi à travers le Focus d’Aloy qui révèlera au fur et à mesure, des récits et hologrammes d’époque de ces fantômes du passé.

Mais passé un certain cap ou les deux lignes narratives s’entrecroisent, la machine s’emballe, les révélations s’enchainent, et le jeu prend une tout autre dimension. Et ce cap survient dès la première cinématique / hologramme parmi les trois m’ayant le plus marqué. Survenant vers le milieu du jeu et se déroulant au sommet d’une tour à l’issue d’une sympathique ascension, avec la première très grosse révélation scénaristique du jeu.

La seconde sobrement intitulée « BAD NEWS » confirme les révélations de la première en expliquant clairement ce qui est arrivé aux Anciens. Et est tout bonnement glaçante quand on le transpose à notre propre civilisation. Je me dis que ça serait vraiment le pire des scénarios possibles si ça devait nous arriver un jour.

Et enfin la troisième qui suit dans la foulée « GOOD NEWS » explique le principe du fameux projet « Aube Zéro » donnant son titre au jeu. Et que l’on doit à un seul personnage dont je tairai le nom mais extrêmement important (et je pèse mes mots) en plus d’être intrinsèquement lié à l’héroïne. Et c’est à partir de ces trois révélations que je n’ai plus jamais vu le jeu du même œil.

Conclusion

En plus de tenir toutes ses promesses initiales, Horizon Zero Dawn se révèle être un jeu marquant et très complet. Avec un visuel époustouflant qui aura fait les joies de mon mode photo. Un univers post apocalyptique crédible et chargé d’histoire. Un Gameplay bien rodé et nerveux. Un scénario prenant même s’il met un certain temps avant de prendre son envol. Et surtout une Aloy attachante qui entre dans mon panthéon des plus grandes héroïnes du Jeu Vidéo.

Même si je regrette la répétitivité des quêtes annexes type « fedex » se limitant à du pistage, de la chasse et le nettoyage de camps de bandits. Et l’inventaire qui aurait pû être mieux géré.

En tout cas, même si ce fut tard, je suis très content d’avoir pu venir à bout de l’aventure principale de cet incontournable de la PS4. Et dont j’attends la suite de pied ferme. Sur ce, il est temps pour moi de m’aventurer dans les terres enneigés de l’extension Frozen Wilds.

Merci de m’avoir lu.

Bilan 2019 (1/3) – Récap Articles

La fin de l’année étant imminente, c’est l’heure de mon récap annuel de 2019 en 3 articles. Avec ce premier qui reviendra sur mes articles publiés cette année. Un second qui sera consacré aux conventions / festivals où j’ai pu me rendre cette année. Et un dernier qui regroupera une poignée de publications de mes comptes Facebook, Twitter, Instagram et SensCritique que j’ai jugé pertinent de partager ici.

Articles

Tests JV

Seulement deux Tests auront été publiés cette année. D’abord celui de Super Smash Bros. Ultimate en Février, et celui de l’extension Torna – the Golden Country de Xenoblade 2 le mois d’après.

Critiques Ciné / Animes

2019 aura été l’année la plus prolifique en termes de Critiques Ciné car j’en aurai publié 5 sur Glass, Avengers – Endgame, Godzilla 2, One Piece Stampede, et Star Wars IX qui fut le dernier article publié avant ce bilan .

Et ça aura aussi été l’année ou j’aurais publié ma première Critique d’Anime sur la saison 3 de l’Attaque des Titans.

Avis JV

Une année encore une fois consacrée à Nintendo en termes d’actu vidéoludique. Le tout premier article que j’aurais publié cette année concernait mon opinion sur l’affaire Metroid Prime 4 qui a été repris par Retro Studios. S’ensuivit le Nintendo Direct du 13 Février qui dévoila quelques uns des plus gros jeux Switch de 2019. Dont Super Mario Maker 2, Tetris 99, Astral Chain et surtout le Remake de Link’s Awakening.

Et mon avis sur l’annonce de la Nintendo Switch Lite.

Conférences / Shows JV

En plus d’avoir été présent physiquement à l’E3 2019, je l’ai couvert de la manière habituelle avec mon avis sur les Conférences, mon Top 10 des jeux marquants de cette édition, et nouveauté cette année, des Previews de jeux dont je reparlerai dans la partie 2 de mon bilan.

Ainsi que mon résumé et avis sur les Games Awards 2019 de ce mois-ci qui auront élu Sekiro jeu de l’année

Art & Galeries

Beaucoup de galeries cette année. Dont une série de 3 sur des Consoles Fake de chez Playstation, Xbox, et Nintendo. Des fanarts sur God of War PS4.

Une galerie photos sur le Model Kit de Siren de Xenoblade 2 que j’ai monté. D’autres fanarts sur Marvel par Ultraraw64. La première série de Wallpapers par Tokyo Genso.

Et mon Unboxing de l’édition collector de la version Switch de Zelda Link’s Awakening.

Tops

Partie 1Partie 2Partie 3Partie 4

Cette année aura été celle des Tops. Avec ma série de 4 articles sur mes 20 circuits favoris de Mario Kart. Et mon tout récent et unique article de mes 10 jeux vidéos de la décennie.

Cosplays

Et pour terminer avec les articles, le retour des galeries Cosplays après 1 an d’absence. Avec ceux que j’ai pris en photo à la Japan Expo 2019, et une sur des cosplays de Naruto.

Statistiques – Articles les plus vus

Reparlons chiffres. Sans compter cet article bilan, j’aurais publié 57 articles en 2019. Et très exactement 281 depuis la création de mon WordPress en Juillet 2015. Ci-dessous et comme l’année passée, voici une capture d’une grosse douzaine d’articles parmi les plus vus cette année.

Mais au-delà des chiffres que je dois en très grande partie aux sites référents tels que Facebook, Twitter et Gamekyo où je reposte / partage mes articles, l’intérêt là-dedans est de voir quel type d’article a le plus de visibilité. Et je trouve ça rassurant car je sais que mes écrits ont une certaine portée et que je ne le fais pas dans le « vent » finalement.

À suivre dans la Partie 2, mon récap des Conventions de 2019

[Test] Xenoblade Chronicles 2: Torna – The Golden Country

Moins d’un an après un Xenoblade Chronicles 2 que j’ai beaucoup apprécié, j’ai voulu prolonger l’expérience avec cette extension solo faisant figure de préquelle de 5 siècles avant les événements du jeu d’origine. Un voyage dans le passé du monde d’Alrest et ses Titans. Le passé des personnages déjà connus comme Jin, Mythra, Malos, et le Prêteur Amalthus. Mais aussi le passé des “nouveaux venus” tels que Lora et Addam.

Voyage dans le temps en musique

Et je dois dire que j’ai été agréablement surpris de ce que Torna proposait par rapport à XC2. À l’exception d’un point dont je parlerai en fin de Test. Déjà par son ambiance parfois joyeuse, souvent mélancolique, qui est accentuée par une bande-son aux sonorités plutôt “jazzy” pour marquer l’aspect “à l’ancienne”. Et comportant quelques nouvelles pistes dont d’anciennes remixées pour l’occasion. Et même si le tout n’est pas aussi « épique » que la soundtrack du jeu de base, elle reste néanmoins très agréable à écouter. Pour vous en convaincre, je vous propose de tendre l’oreille au thème de combat classique ci-dessus que je trouve diablement entraînant.

Équipe de choc

Je suis content qu’ils aient retiré un des aspects que j’aimais le moins dans XC2. Les lames en surnombre et le système permettant de les éveiller avec des cristaux cœur plus ou moins rares. Ici ce n’est plus le cas car en plus des pilotes (Lora, Addam et Hugo), même les lames du scénario (Mythra, Brighid, Haze et etc) sont jouables en temps réel. Et on peut très facilement basculer de l’un à l’autre aussi bien en balade qu’en plein combat.

D’ailleurs, le Gameplay des affrontements déjà très correct, a été légèrement remanié. Car dorénavant, chaque Art lancé sur un ennemi fait apparaitre une orbe élémentaire au-dessus de lui. Ce qui diminue sensiblement la durée des affrontements en plus de les dynamiser davantage.

Addam et Eve Lora

Autant on pouvait reprocher pas mal de choses (à raison) sur les protagonistes du jeu d’origine, autant pour ceux de Torna je trouve qu’il n’y a quasiment rien à jeter. Qu’il s’agisse de ceux déjà connus, ceux qui ont été vus brièvement ou simplement mentionnés, ou les nouveaux venus, ils m’ont tous fait une très bonne impression.

Ici, les protagonistes sont plus matures (mais pas trop). Ce qui dans un sens est logique puisque ce sont déjà tous des adultes accomplis là où Rex pour ne citer que lui, n’était qu’un adolescent qui avait tout à découvrir du monde d’Alrest. D’ailleurs le très généreux Addam, qui forme une excellente paire avec la Mythra du passé, me rappelle un peu Rex en moins stupide et beaucoup plus supportable.

Typiquement l’effet que Lora fait à notre cœur

Et que dire de Lora, qui elle frôle la perfection. Une de celles que j’avais le plus envie de connaitre dans le jeu d’origine. Et que je considère maintenant comme le meilleur personnage féminin de cet univers après avoir fini cette extension. Altruiste, humble, forte, courageuse, touchante, ce ne sont pas les adjectifs qui manquent pour la décrire. Et cerise sur le gâteau, elle n’est pas hypersexualisée contrairement à d’autres (coucou Pyra). Sa relation avec Jin dans ce titre est très touchante également.

Et Mythra justement parlons-en. Déjà que dans le jeu de base elle était difficile à encadrer, dans Torna c’est encore pire. À tel point que les autres membres du groupe ne se priveront pas de la charrier et la remettre en place en cas de besoin. Ce qui est souvent très drôle à voir.

Par contre un mini coup de gueule s’impose. C’était vraiment nécessaire d’appliquer une censure à la limite du grotesque sur Mythra ?  Encore le fait de masquer son décolleté plongeant je veux bien l’accepter. Mais de là à appliquer une texture noire sur ses jambes pour faire style « collant » c’est juste ridicule. Et le pire, c’est que dans certaines cinématiques cette censure n’est même pas appliquée. Au studio Monolith, assumez le chara-design de vos personnages jusqu’au bout la prochaine fois.

Alrest n’est pas en reste

Pour les environnements, on a ici deux Titans d’explorables. Ou devrais-je dire un Titan et demi. Puisqu’on retrouve d’abord celui de Gormott qui a été réduit en une seule zone et avec une topologie assez différente de celle qu’on lui connait. Même sa musique à légèrement changée.

Et ensuite le Titan entièrement inédit de Torna. D’une taille modeste et découpé en plusieurs zones assez variés. Dont une ville, la jolie capitale royale d’Auresco qui grouille de vie et est un nid à quêtes annexes.

Il est vrai que comparé au jeu de base, cela peut paraitre peu. Mais il ne faut pas oublier la nature de ce titre, celui de contenu additionnel. Après j’aurais aimé avoir enfin une « encyclopédie » recensant les créatures que l’on croise, et répertoriant les objets amassés ainsi que leur emplacement. Surtout que certains de ces objets se trouvent sur des emplacements uniques. Et quand on s’en rend compte après avoir fouillé les Titans de fond en comble, c’est rageant.

Quêtes pas si annexes

Et pour finir, je vais aborder le point épineux de la durée de vie. Me concernant, j’ai mis quasiment 40h pour en faire le tour en prenant mon temps et avec 80% des quêtes annexes (que je vais abréger en “QA”) de complétées je dirais. Ce qui n’est pas mal du tout pour un tel contenu vendu séparément. Du moins, vu de l’extérieur.

Car au moins la moitié voire plus du temps de jeu effectif leur sera dédié. Et je ne parle pas des quêtes “fil rouge” indispensables pour progresser dans le scénario non. Mais bien des QA, qui ici seront indispensables pour avancer dans le scénario passé un certain palier. J’ai halluciné quand j’ai fait ce constat le moment venu.

Mais avant d’en parler, je me dois d’évoquer une des nouvelles features du jeu qu’est l’Arbre de Solidarité. Une espèce de répertoire de tous les PNJ qu’on aura croisé dans l’aventure et qui reflète le taux d’appréciation de la population envers notre équipe de pilotes / lames.

Pour le faire monter en niveau, il faut d’abord avoir préalablement parlé à des PNJ au moins une fois. Et rien que cette action casse le rythme puisqu’une animation se déclenche systématiquement montrant l’ajout du PNJ dans l’arbre. Puis, il faudra leur rendre service en effectuant les fameuses QA qu’ils réclament. Et je peux vous garantir que quand vous devez le faire des dizaines et des dizaines de fois pour chaque PNJ d’Alrest, c’est usant. Ceci dit, ça facilite pas mal la recherche de quêtes puisqu’on sait où se trouve précisément tel PNJ lorsqu’il aura besoin d’aide.

Sauf que juste avant l’affrontement final, on nous dit qu’il faudra monter le niveau de Solidarité jusqu’à 4. Et ça c’est problématique. Car il est impossible de finir le jeu sans avoir farmé suffisamment de QA, qui pour la plupart ne présentent que peu d’intérêt. Ça se résume à aller chercher tel individu, récolter telles ressources, chasser tels monstres et ainsi de suite.

En temps normal, je n’ai aucun souci avec ce genre de quêtes tant que cela reste en marge de l’histoire principale. Mais l’imposer de cette manière-là, c’est non. Puis le principe d’une QA, c’est bien d’être “annexe” non ? Alors pourquoi ce non-sens ? Si c’était pour gonfler de manière aussi sournoise et artificielle la durée de vie de ce Season Pass, autant ne rien faire dans ce cas. Et là je vais spoiler un peu.

Tu l’as dit bouffi… Heu Leo

Surtout que le joueur qui à déjà fait le jeu d’origine, connaît les enjeux du scénario de Torna et comment cela va (mal) finir. Quel intérêt de se casser la tête à faire de multiples quêtes pour un royaume que l’on sait déjà condamné d’avance ? Après je peux comprendre la volonté des développeurs, de créer un sentiment d’attachement entre nous et les Torniens avant l’inéluctable. Sauf que dans l’exécution ça ne passe pas. De simples cinématiques auraient largement suffi et elles font déjà très bien le travail. Fin du spoil.

Conclusion

Si, et seulement si vous avez aimé le jeu de base, je ne peux que vous recommander chaudement de faire ce Torna qui est presque un jeu à part entière. Même si il demeure bien plus court et moins dense en contenu et lieux à explorer. Et inversement, ceux qui n’ont pas encore joué à XC2 peuvent tout à fait le faire afin de découvrir son univers en douceur. Une préquelle qui apporte pas mal de réponses, mais qui laisse toujours quelques mystères en suspens.

Et si vous outrepassez le coté remplissage forcé avec des quêtes annexes obligatoires, il y a des chances que vous passiez un bon moment. Presque tout ce que le jeu de base faisait, Torna le fait en mieux. Avec des personnages marquants et touchants donnant lieux à beaucoup de moments savoureux et émouvants. Et un Gameplay encore mieux rodé avec la possibilité de jouer tout le monde. Mon seul regret est le sentiment de ne pas en avoir assez vu. Au revoir Alrest, la boucle est bouclée pour de bon.