[Cinéma] Critique – Wonder Woman 1984

Après de multiples reports dus à la situation sanitaire, c’est finalement le 25 Décembre 2020 en plein Noël que sort Wonder Woman 1984. Et qui pour la première fois dans le média, aura bénéficié d’une sortie simultanée à la fois sur une plateforme de streaming (HBO Max), et au cinéma dans les rares salles pouvant l’accueillir. Voici ce que j’ai retenu des dernières aventures de Diana Prince qui sont loin de m’avoir enthousiasmé…

Avant-propos

Pourtant, je trouve que le premier Wonder Woman sorti 4 ans auparavant et déjà chapeauté par Patty Jenkins, fait partie des meilleurs films de l’univers cinématographique de DC aux côtés de Man of Steel, Aquaman et le tant décrié Batman v Superman : L’Aube de la justice dont j’ai déjà parlé il y a quelques années. D’ailleurs, c’est dans ce dernier qu’on avait aperçu la guerrière Amazone pour la toute première fois dans un film. Et qui avait déjà marqué les esprits malgré son temps d’apparition assez court.

Suite à ça je n’avais qu’une envie, c’était de la revoir dans son propre film. Un opus que j’ai bien apprécié avec une Gal Gadot charismatique qui incarnait brillamment Diana. Sa romance avec Steve Trevor plutôt réussie et assez touchante. Une photographie de qualité avec à la fois la dépaysante ile de Themyscira, et l’atmosphère de la Première Guerre Mondiale assez bien retranscrite. Mais sans être irréprochable avec certains personnages caricaturaux, et un dernier acte qui m’a presque sorti du film tant il allait loin dans la surenchère.

Au-delà de ça, c’était à sa sortie un des rares films où une super-héroïne était mise au premier plan. Surtout à une époque où les films du genre sont majoritairement masculins dans leurs castings principaux. Si Diana peut à son tour servir de modèle et d’inspiration pour la gente féminine, ça ne peut être que bénéfique. Puis quand je repense aux catastrophes qu’étaient Catwoman et Elektra, je me dis qu’on revient de loin. En tout cas c’est ce que je croyais avant de voir ce WW84 qui m’a grandement déçu.

Distribution

La première grosse déception se situe au niveau du casting, ou devrais-je dire de la manière dont jouent certains acteurs. Le plus flagrant étant Pedro Pascal en tant que Maxwell Lord. Le « méchant » principal qui en fait des caisses comme c’est pas permis. Et qui au fil du film devient une caricature de lui-même.

Vient ensuite le cas de Kristen Wiig aka Barbara Ann Minerva. Passant du cliché de la « geek » aux lunettes maladroite mais attachante, à une Cheetah sans aucune saveur et avec des effets-spéciaux dégueulasses me rappelle l’horrible film Cats.

Concernant Gal Gadot, bien que je la trouve toujours irréprochable en tant que Wonder Woman, ce film ne la dessert pas à sa juste valeur. Beaucoup de cabrioles pas nécessaires en particulier durant la séquence en Égypte. Des actions incohérentes de sa part. Ainsi qu’un speech final interminable et niais au possible.

D’ailleurs Barbara et Diana ont eues leur lot de moments très gênants malgré elles. J’ai arrêté de compter le nombre de fois où elles se sont fait aborder très lourdement, reluquer, et même agresser par des hommes. Je pense qu’on aurait pu se passer de ce genre de scènes qui pour moi n’apportent rien au film. Surtout à une époque où les femmes essaient de lutter contre ça.

Le dernier personnage que j’évoquerai est celui qu’incarne Chris Pine. Un Steve pas trop mauvais et fidèle à sa personne. Même si j’aurais préféré que les bandes-annonces, affiches et autres pubs, nous aient gardé la surprise d’un retour que j’ai trouvé très discutable malgré les raisons évoquées dans le scénario. Car désamorçant totalement l’enjeu dramatique du premier volet. En revanche, j’ai trouvé pertinent l’inversion des rôles entre lui et Diana. Dans le premier opus, cette dernière qui avait vécu exclusivement sur l’ile des Amazones, avait tout à découvrir du monde extérieur par l’intermédiaire de Steve.

Près de 70 ans plus tard, c’est Diana à son tour qui lui montre les années 80 durant des scènes assez drôles montrant à quel point Steve est aussi ébahi que paumé face à un mode de vie et une technologie qui le dépasse, ou presque. Après il faut se mettre à sa place. Si nous faisons un tel saut dans le temps depuis 2021, pas sûr qu’on trouverait nos repères facilement dans un monde qui aura drastiquement changé.

D’ailleurs, je n’ai rien à redire quant à la retranscription de cette époque. Du style vestimentaire de la populace, en passant par les marques de voitures, décors colorés, contexte historique de la Guerre Froide et j’en passe. On s’y croirait. Ce qui m’amène à dire que l’esthétique globale du film est très bonne même si je regrette de ne pas avoir vu davantage l’ile de Themyscira.

Musique

Autre point qui m’a étonnamment déçu, la bande-son de ce WW84. Déçu non pas par sa qualité qui est loin d’être mauvaise quelques thèmes accrocheurs dont ceux de l’intro du film à Themyscira. Mais déçu car j’en attendais bien mieux du compositeur qui n’est autre que Hans Zimmer. Globalement, j’ai trouvé sa composition assez impersonnelle et peu marquante. J’ai même préféré le fameux thème de Wonder Woman dans les anciens films du DCU qu’ici.

La pierre de la discorde

Si toute l’intrigue ne tournait pas autour d’un certain objet, je pense sincèrement que le film aurait été bien plus intéressant. Ça aurait évité que son scénario demeure une aberration constante. Pour m’expliquer, je vais devoir spoiler légèrement.

L’objet en question est une pierre magique qui aurait la capacité d’exaucer les vœux de la personne qui la tient entre ses mains. Une version moderne de la lampe du Génie d’Aladdin, mais sans le Génie. Ce qui fait qu’on a quasiment aucune limite en termes de vœux car on peut souhaiter tout et n’importe quoi.

Le premier problème que pose cette pierre est d’abord sa propre existence. Ses pouvoirs sont beaucoup trop puissants pour que le commun des mortels puisse s’en servir. Presque tout ce qui se passe durant le film que ce soit le retour de Steve, le changement de personnalité de Barbara, le bordel monstre dans le dernier acte du film, c’est à cause de cette pierre. C’est comme si on avait gravé « facilité scénaristique » dessus.

Second problème et qui m’aura fait halluciner à plusieurs reprises, c’est ce que les gens font de cette pierre durant le film. Sans déconner il n’y en a pas un seul qui n’aura pas fait un vœu purement égoïste ou matériel. Et c’est là que je me dis que le méchant du film, ce n’est ni Maxwell, ni Barbara. C’est l’humanité toute entière qui finit par se mettre elle-même en danger à cause de ses choix stupides.

Pour prendre un autre exemple mais issu d’un autre univers cinématographique, cette pierre rend ringarde le Gant de l’Infinité de Thanos. En y réfléchissant bien, ses pouvoirs sont les mêmes mis à part qu’il n’y a pas de gemmes à rassembler, son usage n’est pas unique, et le tribut à payer est bien moins lourd à son utilisation. Tout ça pour dire que si les gens avaient une once de logique, l’intrigue aurait pu se conclure en un vœu ou claquement de doigts.

Conclusion

Je ne comprends pas comment on a pu en arriver là. Surtout après un premier volet qui à côté, était encourageant sans être parfait. Ce film est tellement incohérent dans son propos qu’il n’est même pas raccord avec ceux du DCU qui sont censés le suivre. Je ne vois pas comment on aurait pu passer sous silence tous les événements abracadabrantesques survenus dans ce WW84.

En plus du casting qui est loin de briller, et du scénario qui n’a pas dû être relu, c’est aussi un film beaucoup trop long pour ce que ça raconte et qui met bien 1h à démarrer. Comportant beaucoup de scènes sans intérêt aussi bien pour le déroulement de l’intrigue que sur le plan purement visuel.

Ça me fait mal de dire ça mais vous attendez la réouverture des cinémas en France pour aller le voir, vous pouvez passer votre chemin.

[Cinéma] Critique – TENET

Dernier film en date de Christopher Nolan qui met une fois de plus le temps à rude épreuve, voici mon avis sans spoilers sur TENET sorti le 26 Août dans les salles obscures françaises.

Nolan n’a pas l’temps

Ceux qui connaissent un tant soit peu la filmographie de Nolan savent qu’il a toujours eu une certaine obsession pour le temps. De la manière dont il s’écoule et dont il dessert le scénario. Au point d’en faire le thème central de films comme Memento et Inception que je ne spoilerai pas ici, mais que j’ai trouvé nettement plus limpides que ce TENET qui a tendance à se noyer dans son propre concept par moments.

Un concept pourtant loin d’être inintéressant dans l’idée. Puisqu’il est non pas question de voyage dans le temps à proprement parler, mais  de « renversement temporel ». Présenté ainsi ça parait barbare mais le film prend bien le temps (peut-être trop même) de nous l’expliquer à travers ses personnages. Des explications aux faux airs de cours de physique et nécessitant d’être bien réveillé durant la séance au risque de ne rien capter. Au point où j’ai dû moi-même éplucher 2-3 articles et vidéos sur le net pour comprendre certains éléments du scénario, et voir les nombreux indices et détails qui m’ont échappé lors du premier visionnage.

Comme cette histoire avec le « carré de SATOR » qui est évoqué dans le film d’une manière assez subtile, et une théorie très intéressante sur le personnage de Neil qui pourrait expliquer certaines de ses actions, et son dévouement envers le Protagoniste.

Autant je ne suis pas contre les films qui poussent à une certaine réflexion et laissent libre court à l’interprétation du spectateur, autant dans le cas de TENET, je trouve que ça va beaucoup trop loin. Pour moi, un film et son seul visionnage devrait se suffire à lui-même pour en saisir les enjeux principaux. À moins qu’on veuille développer un autre regard sur la chose.

Toutefois fallait y penser, surtout quand un paquet de films ont déjà traité du voyage temporel avant ça. Au risque de se retrouver avec un bon nombre d’incohérences scénaristiques et faux-raccords visuels. Aussi perfectionniste que soit Nolan, il est probable que son film en ait fait les frais, mais ça ne m’a pas sauté aux yeux si c’est le cas.

Esthétique

En termes de réalisation et de photographie, TENET se situe dans le haut du panier des films de Nolan, et du genre en général. Le fait de l’avoir vu au Grand Rex de Paris la veille de sa sortie a beaucoup joué sur mon appréciation. Même si le son était un peu trop fort à mon goût mais bref. La plupart des séquences et scènes d’action sont de qualité et certaines m’ont fait penser à du James Bond dans l’esprit, surtout durant la première partie du film.

Comme la toute première à opéra que j’ai trouvé excellente sur ces aspects, avec un rythme effréné caractéristique du film, et la puissante musique de Ludwig Goransson qui accompagne l’action tout du long. Musique qui par moments fait penser à du Hans Zimmer, le partenaire musical habituel du réalisateur jusqu’ici.

D’autres scènes ont le mérite d’être assez originales dans leur exécution. Comme celle dans un certain avion, ou la « course poursuite inversée » sur une autoroute. À ma connaissance, aucun film avant lui n’avait été filmé de cette manière.

Seul point noir, « l’assaut final » que j’ai trouvé très brouillon et où j’ai décroché de l’action tellement ça partait littéralement dans tous les sens.

Distribution

Globalement le casting s’en tire avec les honneurs même si je ne me suis pas autant attaché aux personnages comme ce fut le cas dans un autre film de Nolan qu’était Interstellar par exemple. Avec John David Washington plutôt convaincant dans son rôle de l’autoproclamé Protagoniste. Robert Pattinson mystérieux mais excellent en tant que Neil, et dont sa prestation m’a encore plus donné envie de le revoir endosser le costume du Batman. Elizabeth Debicki très classe en tant que Katherine et qui a une évolution intéressante.

Celui qui m’a le plus marqué étant Kenneth Branagh endossant le costume du vilain. En incarnant un Andrei Sator (comme le carré du même nom tiens) effrayant et avec un accent Russe étonnant en VO connaissant ses origines Irlandaises. Même si vers la toute fin il frôle la caricature.

Conclusion

Bien qu’il ne soit pas mon préféré de la filmographie de Nolan, çe TENET est un film audacieux. Ce qui est à la fois sa force et sa plus grande faiblesse. La faute à un concept qui a défaut d’être original, m’a perdu à plusieurs reprises durant la séance. J’ai passé trop de temps à assimiler les nombreuses infos et comprendre ce qu’il se passait, au lieu de profiter du film comme il se devait. Toutefois, ça reste un long-métrage à voir au ciné au moins une fois ne serait-ce que pour profiter de la réalisation, surtout en ces temps qui courent. « Pour la postérité. »