[Cinéma] Critique – 007 : Mourir peut attendre

25ème film de la franchise du plus célèbre des espions anglais, et le 5ème avec Daniel Craig qui aura endossé le smoking pour l’ultime fois. Voici mon avis sans spoilers sur Mourir peut Attendre. Un opus dont la crise sanitaire a fait repousser sa sortie 3 fois depuis Avril 2020 pour finalement arriver le 6 Octobre 2021 chez nous. Que valent les dernières aventures de Bond, James Bond ?

La fin d’une ère

Avec ce volet, ce n’est pas seulement la fin de l’ère de Craig qui aura interprété l’agent double zéro durant ces 15 dernières années. C’est surtout la fin du personnage de 007 tel qu’on l’aura toujours connu depuis presque 60 ans au cinéma. Puisque ce matricule iconique n’est plus porté par l’homme brun britannique (qui est devenu blond aux yeux bleus avec Craig) imaginé par Ian Flemming, mais par une nouvelle recrue également britannique mais du sexe féminin cette fois.

Il s’agit du personnage de Nomi interprétée par Lashanna Lynch. Une des figures féminines fortes de ce film qui m’a fait plutôt bonne impression. Faisant quasiment jeu égal avec Bond sans pour autant l’éclipser de son propre film. Les levées de boucliers à son égard lorsqu’elle fut annoncée dans le rôle sont totalement injustifiés pour le coup. De toute manière, elle n’a jamais eu pour vocation de devenir la nouvelle « James Bond ». Ça ne veut rien dire. C’est simplement un autre agent double avec son propre caractère et ses propres convictions, qui partage le même nom de code que Bond, c’est tout. Et je trouve que ces deux-là forment un excellent binôme.

Histoire de rester sur les personnages féminins, j’aimerais en placer une pour celle qui m’aura le plus marqué. Paloma, jouée par Ana De Armas et que j’ai trouvée incroyablement classe et humble malgré sa courte apparition. Ça fait bien longtemps que je n’avais pas vu de « James Bond Girl » de cette trempe et de cette élégance.

Après tout si je devais reprendre une phrase du film résumant tout ce que je viens de dire : « Ce n’est rien qu’un numéro ». Au final, n’importe peut être 007. Ce qui compte c’est surtout l’homme et dans le cas de ce film, la femme derrière ce numéro.

L’être humain derrière l’agent double

Depuis Casino Royale, on sentait une volonté de rendre le personnage de Bond plus sombre et aussi plus vulnérable. Afin de mieux voir l’homme qui se cache derrière cette machine à tuer. Et dans ce volet qui est la conclusion de l’arc scénaristique du Bond de Craig, c’est là où son côté humain ressort le plus.

Cela est beaucoup aidé par sa relation amorcée dans l’opus Spectre avec le personnage de Madeleine toujours incarnée par Léa Seydoux. Avec qui il coule des jours heureux depuis son retrait des services secrets britanniques. Et cela est surtout beaucoup aidé par un « autre personnage aux yeux bleus » pour ne pas en dire plus, mais qui est intrinsèquement lié à ces deux-là.

Et pour revenir à Bond lui-même, bien qu’il n’ait pas livré une prestation aussi incroyable que dans Skyfall qui pour moi demeure toujours comme étant le meilleur film 007 avec Craig, ce film conclut le personnage de la plus touchante et de la belle des manières. Quand j’y repense, c’était une décision extrêmement couillue de la part de la production. Une initiative à saluer là où beaucoup n’osent pas prendre de tels risques sur des licences aussi lucratives.

Les réminiscences de Spectre

Suite oblige, l’organisation du Spectre qui avait mis bien des bâtons dans les roues de l’Aston Martin de Bond est toujours d’actualité. Elle qui m’avait tant déçu dans le précédent volet. Une menace toujours présente par l’existence des membres restants et du Franz de Christoph Waltz qui reste toujours aussi intimidant même sous les barreaux. Mais à cela s’ajoute le vilain de ce nouvel opus qu’est Safin.

Et c’est encore une déception pour ma part. Due non pas par l’interprétation de Rami Malek que je trouve plutôt réussie, mais par l’impact de son personnage au sein du film. Il n’est au final pas si menaçant qu’il ne ne laisse paraitre malgré sa très bonne entrée en matière au début du film. Il réussit même l’exploit d’être encore moins menaçant que Franz qui lui-même l’était moins que ses vilains prédécesseurs. Pour moi le seul véritable haut fait de Safin se situe à la toute fin du film. Où il fera quelque chose à Bond qui forcera ce dernier à prendre la décision la plus difficile de son existence. Qu’aurions-nous faits à sa place ?

Esthétique

Les films 007, et par extension les films d’espionnage en général, ont toujours eu pour vocation de nous faire voyager aux 4 coins du monde. C’est toujours le cas ici avec de belles séquences en Jamaïque, à Cuba, et en Norvège pour ne citer qu’eux. Le tout appuyé par une réalisation toujours aussi efficace, et quelques cascades un peu plus rares qu’auparavant.

C’est d’ailleurs un des opus qui comporte le moins de scènes d’action et de chorégraphies de l’ère Craig. Le film prenant davantage de temps de se concentrer sur les personnages que sur le reste. Mais ça n’a pas évité certaines longueurs et moments de flottements qui ralentissent un rythme global assez soutenu. D’autant plus que le film dure presque 3h. Et à titre personnel, je regrette toujours que durant cette ère que les gadgets aient été si peu mis en avant.

Conclusion

Sur la forme, Mourir peut Attendre reste un film très classique. Pas aussi marquant pour moi que Casino Royale et Skyfall, mais bien plus intéressant que Quantum of Solace et Spectre. Mis à part pour l’histoire de la passation du matricule, la formule ne change pas et on demeure en terrain connu au niveau du déroulement du scénario, des personnages, et de l’ambiance.

Mais dans le fond, il s’agit certainement du film le plus profond et le plus sincère de toute la franchise. Et aussi une parfaite conclusion au Bond de Daniel Craig qui a su réinventer ce personnage mythique du cinéma. Merci à lui pour avoir tant donné de sa personne, et ainsi qu’à tous ceux qui ont contribué à cette saga.

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