Le mardi 9 juin 2026 à 16h, Nintendo diffusa son premier Direct majeur de l’année. Voici mon retour à froid de ce que j’ai retenu de cette présentation avoisinant les 1h.

Un Partner Showcase déguisé ?

Quand je regarde un Nintendo Direct, je m’attends principalement à y voir des jeux Nintendo. Or, j’ai davantage eu l’impression d’avoir été face à un Partner Showcase comme celui du 5 février 2026, au vu de la quantité ahurissante de portages ou autres « Ultimate Edition » de jeux tiers, qui ont été montrés au détriment des pures exclusivités de chez Nintendo. Chose qui, pour ne rien vous cacher, m’avait profondément ennuyé pendant le visionnage de ce Direct. Afin que vous pussiez vous en rendre compte, j’en ai fait la liste.

Pour les portages de jeux datant de plusieurs années qui ont eu droit à leur propre segment, on a eu Lies of P: Complete Edition, Devil May Cry V: Special Edition, Metaphor: ReFantazio, Minecraft, KINGDOM HEARTS Collection [I~III], et d’autres.

Et concernant ceux montrés durant le Partner Spotlight Sizzle Reel vers la fin du Direct, Warhammer 40,000: Space Marine, DayZ, Metal Gear Solid: Master Collection Vol 2, Rise of the Tomb Raider: 20 year Celebration (probablement une erreur car cet opus est sorti il y a 10 ans), Snow Runner, et j’en passe.

Ce n’est pas la première fois que Nintendo nous a bombardés de portages durant ses présentations. Il suffit de se remémorer l’époque de la première Switch où ils furent déjà légion. Mais pour ce Direct, j’avais atteint le point de rupture. Pour moi, c’était beaucoup trop. Surtout pour une console qui vient de fêter son premier anniversaire, et dont on attend autre chose que des resucées de jeux déjà connus.

Mais avec du recul, je dois reconnaitre que cette présentation fut rassurante sur le fait que les éditeurs tiers n’ont jamais autant pris Nintendo au sérieux que maintenant. Terminé les jeux qui devaient être refaçonnés de zéro pour être compatibles avec l’architecture d’une console telle que la Wii U avec son gameplay asymétrique. Exit les concessions de fou furieux qui ont dû être faites sur la première Switch pour faire tourner des titres comme le DOOM de 2016 ou The Witcher 3.

Puisque la Switch 2 est désormais suffisamment puissante pour proposer un rendu plus que satisfaisant même sur des jeux de cette génération de consoles. Qu’il s’agisse de ceux déjà sortis tels que Dragon’s Dogma 2: Dark Arisen, et Stellar Blade. Et ceux à venir comme RuneScape: Dragonwilds, Lords of the Fallen II, Onimusha Way of the Sword, et Rayman Legends Retold pour ne citer qu’eux.

Et même un certain Kingdom Hearts IV. Que je ne m’attendais pas à revoir dans un Nintendo Direct plus de 4 ans après son premier trailer. Un choix surprenant qui aurait pu faire croire un court instant à un passage en exclusivité chez Nintendo, mais rien de tout cela. Car en plus de la Switch 2, il est toujours prévu sur les autres supports à une date encore inconnue.

Pour les autres jeux tiers qui m’ont interpellé, il semblerait que le style visuel du DRAGON QUEST I & II HD-2D Remake en a inspiré plus d’un. Avec l’annonce de Final Fantasy Resonance, une version retravaillée de l’ancien jeu mobile Final Fantasy: Brave Exvius.

Je n’ai jamais eu l’occasion de jouer au Muramasa: The Demon Blade originel sur Wii en 2009. Un opus qui aura été porté quelques années plus tard sur PlayStation Vita en tant que Muramasa Rebirth. Et que l’on reverra l’année prochaine sur Switch 2 et ailleurs sous le nom de Muramasa: Revenant Blades. Qui sera d’ailleurs le tout premier jeu du studio VanillaWare à paraitre sur PC.

En tout cas, pour les personnes qui ne possèdent que la Switch 2, ou n’ayant pas de PC suffisamment puissant sous la main, toutes ces annonces côté tiers c’est du pain béni pour eux. Mais pour celles et ceux comme moi qui ont déjà de quoi les faire tourner sur d’autres supports, et qui attendent surtout les annonces Nintendo, une très grosse portion de ce Direct n’a que peu d’intérêt.

Quoi de neuf chez Nintendo ?

Et bien pas grand-chose finalement. Puisque la plupart des jeux first party montrés durant ce Direct, étaient déjà connus de présentations antérieures, ou via des leaks.

À commencer par Rythm Heaven Groove prévu pour le 2 juillet. Révélé lors du Nintendo Direct du 27/03/2025 qui fut le dernier intégralement dédié à la première Switch, et ayant servi d’ouverture pour celui de ce 9 juin.

Je trouve ça quand même étonnant de la part de Nintendo d’avoir choisi un jeu qui, de base, était markété pour la Switch 1, afin d’introduire une conférence attendue depuis plus de 9 mois. Personnellement, j’aurais préféré quelque chose de plus pertinent pour la Switch 2, et surtout plus « impactant ». Comme Xenoblade Genesis pour que le citer et dont je reparlerai plus bas.

Puis faut se rappeler que la semaine passée, on a eu un State of Play, Summer Game Fest, et Xbox Game Showcase qui ont démarré respectivement par Marvel’s Wolverine, Resident Evil Veronica, et Gears of War: E-Day. Ça avait quand même plus de gueule en comparaison.

Ce direct aura été l’occasion de revoir Fire Emblem: Fortune’s Weave, et surtout le magnifique Orbitals figurant parmi mes plus grosses attentes vidéoludiques de 2026. Et qui a déjà une des jaquettes les plus stylées de l’année. Un doublage intégral en VF a d’ailleurs été confirmé.

Seul bémol pour ces deux titres, un lancement prévu durant un mois de septembre déjà extrêmement chargé en sorties de jeux.

Nous n’avions plus aucune news concrètes de The Duskbloods depuis le Nintendo Direct du 02/04/2025. L’exclusivité Switch 2 par From Software. Et qui n’a visiblement pas encore envie de se montrer pleinement, ni de révéler une fenêtre de sortie. Pour le moment, il faudra se contenter d’une bêta fermée dans le courant de cet été.

J’ai quelques questions qui me sont venues suite à cette annonce. Primo, pourquoi ne figure-t-il pas parmi le lineup de lancement de la Switch 2 ? C’est typiquement le genre de jeu familial et accessible à tous qui peut vendre des consoles par camions. Comme ce fut le cas pour ses ancêtres sortis sur Wii il y a quasiment 20 ans. Même si pour sa défense, ce Nintendo Switch Sports Resorts aura mis moins de temps à débarquer après le lancement de sa console (1 an et 4 mois), que son prédécesseur Nintendo Switch Sports en 2022 sur Switch 1 (plus de 5 ans).

Secundo, c’était vraiment nécessaire cette section de 3-4 minutes sur le mini-jeu de la bataille des pouces ? Le segment consacré à ce nouvel opus représentait déjà l’un des plus longs du Direct, il fallait en plus qu’on se coltine un gameplay de ça ? J’ai soufflé du nez très fort à ce moment-là.

Mais juste avant, il y a eu deux annonces successives sur une licence qui m’est chère, et qui m’avait « réveillé » après 25 min de Direct. D’abord les versions Switch 2 des trois Xenoblades Chronicles numérotés. Élevant à trois le nombre de rééditions qu’aura eu le premier opus. Qui est passé de la Wii à la 3DS, puis la Switch 1 avec sa Definitive Edition, et disponible juste après le Direct sur Switch 2. Ça commence à faire beaucoup là aussi.

Pour ma part, même si ce sont tous d’excellents jeux et que les petits ajouts sont bienvenus (dont un véhicule pour aller plus vite), je ne les referai pas dans ces versions. Plus le temps de m’investir sur des opus que j’ai déjà bien poncés, et qui me prendront une centaine d’heures chacun.

Puis, une annonce que je n’avais pas vue venir. Et qui, avec le jeu final, a sensiblement élevé le niveau de ce Direct pour moi. Un tout nouveau Xenoblade prévu en 2027 par le studio Monolith. Qui, pour la première fois, se débarrasse du sous-titre Chronicles pour laisser place à Genesis. Sans doute pour marquer un changement d’ère et aussi d’univers. Puisque l’ambiance fantasy des précédents Xenoblade a laissé place à quelque chose de plus proche du fantastique et chevaleresque. Avec des montures et des dragons. Ça ne m’aurait pas étonné qu’à l’origine, ce Genesis fut une toute nouvelle production à laquelle Monolith a rajouté le nom Xenoblade pour que ce soit plus vendeur.

Et il se pourrait bien que ce soit le cas si on en croit l’article de GoNintendo. Qui mentionne un petit couac apparu brièvement dans le trailer. Un chemin d’accès à certains fichiers du jeu, dont un mentionnant le mot « Legacy » . Nous renvoyant presque 10 ans en arrière à une époque où le studio recrutait pour un « Project Legacy«  . Et dont les seules informations concrètes que l’on avait sont les concepts art ci-dessus.

L’idée de partir sur un tout autre univers pour cette franchise me va très bien. De toute manière, j’imagine difficilement ce qui aurait pu être raconté de plus après un 3e opus qui, selon moi, bouclait la boucle (au sens littéral) avec brio.

En tout cas, l’aspect de démesure propre aux Xenoblade sera toujours d’actualité. Même si, à priori, elle ne sera plus représentée par des titans mais par la structure de ce monde en forme d’anneau que l’on distingue nettement sur ce plan ci-dessous à la fin du trailer. Et qui m’a donné le vertige comme c’est pas permis.

Reste à voir ce que donnera le gameplay pour l’exploration et les combats. Et surtout en termes d’écriture des personnages et de scénario. Même si je pars déjà confiant en connaissant le passif du studio.

Il aura fallu attendre six mois pour que Nintendo décide enfin de célébrer d’une manière ou d’une autre les 40 ans de The Legend of Zelda. Avec cette ultime annonce qui aurait dû me faire sauter au plafond et hurler de joie pendant le Direct. Sauf que ça ne m’est pas arrivé. Tout simplement car j’ai été ôté de l’effet de surprise plusieurs mois auparavant à cause des rumeurs insistantes sur l’existence d’un remake de The Legend of Zelda: Ocarina of Time. Et par extension, de celui de Star Fox qui sort le 25 de ce mois. J’étais donc quasiment sûr de le voir à la toute fin. Et ça m’agace profondément.

Cette frustration mise à part, je suis naturellement extrêmement enthousiaste à l’idée de replonger dans une toute nouvelle version d’un de mes jeux vidéo préférés de tous les temps. Une aventure qui a durablement marqué l’enfant que j’étais au début des années 2000, et en grande partie forgé le joueur que je suis aujourd’hui.

Et du peu de ce que le trailer laisse entrevoir, il y a des chances que ce remake apporte bien plus de changements et d’évolutions qu’on pourrait l’imaginer en comparaison à l’original. Un peu à l’instar de Resident Evil 4 chez Capcom. Rien que le rendu visuel du jeune Link, tranche radicalement avec son look d’antan.

Un changement qui s’est aussi fait sur le logo. Reprenant le style de Breath of the Wild et les opus qui suivirent. Avec cette teinte jaunâtre et effet de vieillissement davantage marqué sur le « Zelda » de l’intitulé. Alors que celui de l’opus originel fut rouge écarlate. Peut-être un indice sur une potentielle orientation « open-world » ? On en saura plus dans les prochains mois.

Et il est amusant de voir à quel point l’histoire se répète. Puisque l’année 2011 a déjà été marquée par la sortie de nouvelles versions d’Ocarina of Time et Star Fox 64 sur 3DS. Respectivement 13 ans et 14 ans après les jeux d’origine. Contre 15 ans entre les opus 3DS et ceux à venir sur Switch 2.

Conclusion

En toute honnêteté, j’ai eu beaucoup de mal à être captivé durant une bonne partie de ce Nintendo Direct. Chose qui ne m’était rarement arrivée à ce point là. Pourtant, mes attentes n’étaient pas grandiloquentes. Je n’espérais pas, par exemple, avoir des nouvelles d’un nouveau Super Smash Bros ou d’un Super Mario 3D. Pas à moins d’un an de la sortie du Kirby Air Riders de Masahiro Sakurai. Et de Donkey Kong Bananza développé par la même équipe que Super Mario Odyssey, et venant tout juste d’être gratifié d’un nouveau contenu qui rend d’ailleurs hommage à Mario.

En revanche, j’attendais de ce Direct, quelque chose de réellement impactant qui pourrait me convaincre d’acheter une Switch 2 que je n’ai toujours pas en ma possession. Qu’il s’agisse d’un jeu, ou d’une annonce côté hardware. Et le remake d’Ocarina of Time pourrait remplir ce rôle. Surtout s’il y a une édition collector du jeu ou de la console prévue derrière. Sauf qu’il ne s’agit pas d’un épisode totalement inédit, et qu’on n’en a presque rien vu pour le moment.

Et c’est tout le problème de ce Direct. Le manque de véritables nouveautées montrés. Entre les innombrables portages qui m’ont eu à l’usure, les jeux déjà connus de conférences antérieures, les remakes, j’espérais un peu plus d’originalité et d’ambition pour une console venant tout juste de souffler sa première bougie. C’est principalement pour ça que j’ai trouvé cette conférence décevante dans son ensemble. Même si tout n’est pas à jeter encore une fois. Contrairement à ce que beaucoup pensent, je n’irai pas jusqu’à dire que « c’est le pire Nintendo Direct de tous les temps ». Ceux qui tiennent ces propos devraient doser d’une part. Et surtout, jeter un œil à l’E3 2015 de Nintendo qui est incontestablement pire.

Ah et quid de Mario Kart World ? Aucune nouvelle mise à jour de contenu à l’horizon ? C’est quand même fou de se dire que Bananza qui est sorti peu de temps après lui, et Pokopia il y a quelques mois de ça, ont un meilleur suivi que ce Mario Kart qui fut pourtant un des jeux de lancement de la Switch 2. Beaucoup de joueurs réguliers risquent de l’abandonner à ce rythme.

N’hésitez pas à me dire dans les commentaires ce que vous en avez pensé de ce Direct et des annonces.

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